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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 08:36
La nature nous voit

L’être humain, dans son insubordination égocentrique, se pense sommet de l’intelligence. Le regard corrompu sur sa croyance de facilité à dominer les autres règnes, le pousse à croire qu’il peut agir extérieurement à la nature dans laquelle il grandit depuis sa naissance. Le respect du sacré, de toutes formes de vies, des végétaux qui nous donnent à respirer, des minéraux qui glissent en nous pour nous maintenir vivants et des animaux avec lesquels nous cohabitons en mouvements ont le sens profond de la même intelligence, celle de l’unicité. C’est par nature que nous sommes présents. C’est par inclination qu’il nous est possible depuis la nature de vivre. Quelles pensées peut se penser extérieure aux phénomènes du cosmos et obliger d’autres à agir ainsi hormis l’insolence ? Quelle ignorance aussi bien pour celles et ceux qui croient devoir convaincre d’autres et ceux qui y sont convaincus d’abandonner le vrai sens d’être vivant !

La nature nous voit, elle nous observe, cache son mystère et se dévoile, nous oriente selon notre niveau d’implication, nous offre ses richesses selon ce que nous sommes prêt(e)s à recevoir, en termes d’unions, en qualités de vivre et en communions de sagesse. Croire que les richesses de la nature sont celles de la quantité ou de la qualité est une bien belle illusion dans l’esprit d’un être humain. Ce que nous donne la nature, c’est la vie. Ce qu’elle retranche, c’est la vie. Ce qu’elle fait fructifier c’est la vitalité d’être en grâce de vivre. Les niveaux d’éveils aux potentiels logés dans l’être sont gardés par la nature, ils sont déployés par elle et ne peuvent être une obligation que selon notre capacité à nous incliner envers elle. Elle nous construis, permet de déployer les organes sensibles, les organes de perceptions, d’assimilations, d’intellectualisations, d’émotions, de sentiments. Quel esprit peut encore croire que l’on puisse agir en-dehors de la nature en la malmenant hormis un esprit insolent ?

La nature nous regarde, elle sait ce qui pulse en nous. Elle sait ce qui habite un cœur. Elle sait ce qui est vital, de ce qui est inutile, elle nous parle très fort et nous écoute avec de nombreuses oreilles, elle connait le moindre de nos sentiments, la moindre pensée, la plus infime faille comme les plus belles œuvres. Elle accompagne en silence tout en parlant par lui, nous inspire quand nous lui reconnaissons sa grande sagesse, nous guide quand nous marchons sur sa peau délicate. Nous ressent quand on cueille un fruit. Se penser en-dehors de sa capacité intelligible c’est ne pas croire en notre propre capacité à raisonner en osmose avec elle. Nous pouvons écouter la nature, la ressentir vibrer, la voir agir par nous, la comprendre par nos sens humains, l’étreindre par notre souffle.

La nature nous voit quand on veille, quand on dors, quand on naît et quand on meurt. Elle est plus vaste que notre capacité à l’intégrer, elle est plus vaste que notre capacité à lui dicter, elle est plus vaste que notre étroitesse d’esprit. Elle sait, comprend, réagit. Rien ne peut détourner son regard de notre vie. Rien ne peut l’empêcher d’agir avant même que nous le sachions. Elle nous éveille et nous garde, elle nous protège et nous surveille, elle nous oriente et nous perd aussi. Elle sait que rien n’est en dehors et que tout est à sa place. Que nul ne peut chambouler son imbrication sans être enseigné par son coeur de vivre.

La nature nous voit. Par nous, par toutes les entités vivantes, par tous les cœurs, toutes les pensées, tous les regards, tout ce qui se meut ou tout ce qui existe. Elle nous chante sa mélodie, nous murmure ses ondes, nous maintiens indivisible, nous fait éclore, nous montre parfois son esprit, son âme et par son corps égaye plus que nécessaire notre présence.

La nature nous danse. Elle nous inspire, nous rend mouvant, si tenté que l’on accepte de s’assouplir. Elle nous donne la grâce des caresses et des gestes. Prends nos actions comme ses faisceaux de consciences. Prends nos souffles comme ses gouttes de pluies, se sait sereine de nous ressentir vivre. Et même mourir. Car elle sait que ce qui gardera sa filiation profonde, les héritages en seront nombreux.

On ne peut mesurer l’étendu de la nature qui nous voit que par l’inclination à la laisser nous surprendre et nous initier à son mystère. On ne peut mesurer l’étendu de la nature qui regarde que par le sens sacré d’être vivant. Et on ne peut mesurer l’étendu du sacré de la nature que par le respect qu’implique vivre tous ensemble.

Que la nature soit ce qu’elle est dans votre vie.

Source: https://osmosexdiamants.com/

 

 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 04:32
Par Photo by Giuseppe Enrie, 1931 —

Par Photo by Giuseppe Enrie, 1931 —

Le suaire de Turin, ou linceul de Turin, est un drap de lin jauni de 4,42 mètres de long sur 1,13 mètre de large montrant l'image floue (de face et de dos) d'un homme présentant les traces de blessures compatibles avec un crucifiement. Puisque la représentation figure certains détails de la crucifixion de Jésus de Nazareth décrite dans les évangiles canoniques, elle est l'objet de piété populaire et est considérée par l'Église catholique comme une icône. Certains croyants la vénèrent comme une relique insigne, le « Saint-Suaire ».

Les premières mentions documentées et non contestées de ce drap proviennent de la collégiale de Lirey, en Champagne, dans la seconde moitié du XIVe siècle. Les ostensions de l'objet aux fidèles sont interdites à deux reprises par les évêques de Troyes, qui affirment avoir découvert le faussaire responsable de la supercherie. En 1390, le pape Clément VII publie une bulle autorisant l'ostension du linge, mais il défend que soient faites « les solennités en usage lorsqu'on montre une relique » et exige que la foule soit avertie qu'on ne montre pas l'objet en tant que relique, mais en tant que « figure ou représentation du Suaire du Christ ». Après diverses pérégrinations, l'objet devient en 1453 la propriété du duc de Savoie Louis Ier ; à partir de la seconde moitié du XVe siècle, il est vénéré comme une relique de la Passion. Il est conservé depuis 1578 dans la chapelle de Guarini de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin.

L'essor de la photographie amène en 1898 Secondo Pia à publier une image du linceul dont le négatif offre toutes les qualités d'un positif, suscitant dès lors d'âpres débats sur l'authenticité du linceul et sa datation : le Suaire de Turin devient l'« artéfact le plus étudié de l'histoire » pendant près d'un siècle. Les techniques modernes d'analyse relancent le sujet en 1978 avec une équipe de scientifiques du Shroud of Turin Research Project qui, le 18 avril 1981, conclut à l'impossibilité d'exclure que le suaire soit celui décrit dans les évangiles.

En 1988, la datation par le carbone 14 fait consensus pour donner une origine médiévale du suaire (XIIIe – XIVe siècle), qui ne peut donc pas être qualifié comme une relique authentique. Dès leur publication, ces résultats sont acceptés par le pape Jean-Paul II[1] et l'archévêque de Turin[2]. La même année, Jean-Paul II qualifie le linceul de « provocation à l'intelligence » et invite les scientifiques à poursuivre leurs recherches (néanmoins, l'Église catholique, propriétaire du linceul depuis 1983, ne s'est jamais prononcée officiellement sur son authenticité)[3].

Les partisans de l'authenticité contestent la validité de l'échantillon ou les conditions de la datation au carbone 14, ou bien fondent leur argumentation sur des hypothèses, notamment une image discutée du linceul qui daterait du XIIe siècle, des pièces de monnaie qui auraient été placées dans les orbites ou l'existence d'inscriptions qui figureraient sur le tissu. Pour d'autres, comme les historiens Andrea Nicolotti et Gary Vikan, le suaire est bien une image fabriquée au milieu du XIVe siècle pour la collégiale de Lirey, et correspond à l'aspiration de l'art de cette époque pour une description détaillée des souffrances de la Passion du Christ[4],[5].

SOURCE : WIKIPEDIA

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 12:37
Le baptême, c’est tendance

Un phénomène qui s’amplifie : les demandes de Baptêmes ! Oui j’ose ce titre provocateur « Le Baptême, c’est tendance », même si l’abbé G….., l’abbé de ma chapelle FSSPX dans la campagne bretonne, va voir ses cheveux se dresser sur la tête, j’ose ce titre de communicant car je pense qu’il n’est pas faux et je pense aussi qu’il est « porteur » comme l’on dit et, après tout, portons, portons, il est temps que la France redevienne la France.

J’ai vu comme tout le monde les chiffres des Baptêmes de 2023, plus de 12 500 d’adultes et d’adolescents, contre un peu plus de 4000 en 2022. Ils ont donc triplé et l’an prochain ils doubleront sans doute.

Par ailleurs, même évolution concernant les participants au Pèlerinage 2023 de la Pentecôte, le Pèlerinage de Chartres, qui a vu marcher en chantant 42 000 jeunes, contre quelques milliers seulement trois ans auparavant. Alors pourquoi ces bonnes nouvelles? La France semble faire enfin le lien entre Chrétienté, Civilisation et Identité, et donc entre Chrétienté, souveraineté, force, pouvoir et sécurité. La France comprend enfin qu’en désertant ses églises elle a contribué amplement à laisser la place à l’islam ! C’est une évidence, la nature ayant horreur du vide comme chacun sait. Et quand je parle de vide, il y a le vide physique, les églises vides, mais aussi le vide du cerveau et de l’âme, privés de cette nourriture spirituelle et créatrice qui a fait de nous un peuple immense !

Par parenthèse, la France a une excuse de poids : Vatican II, ce Concile toxique de 1962, qui a voulu promouvoir le mensonge et la facilité, a bel et bien, ce faisant, tué l’Eglise et fait fuir les fidèles. Ils ont fui leur religion, celle de leur peuple, mais beaucoup ont aussi fui toute spiritualité nourrissante. À croire que tout cela était voulu afin, là encore, d’appliquer le plan désertifiant et mortifère du mondialisme…

La prise de conscience d’un retour salvateur aux valeurs chrétiennes dans un ultime combat contre l’islamisme n’est pas, évidemment, la seule explication à cet afflux de Baptêmes : le modelage de la nouvelle France que nous imposent nos dirigeants, athéisme, nihilisme, wokisme, lgbtisme, ivg, pma et changement de sexe, etc. ne plaît pas à tout le monde, tant s’en faut, et est en train de susciter une saine réaction.

Le sentiment de vide intérieur que génère cette société affreusement matérialiste, et toutes ses incidences, drogue, suicides, violences et la soif de sacré que l’humain a de tout temps, même dans les époques très reculées, portée en lui, le poussent à lever les yeux vers plus grand que lui. La France se rassure dans ses valeurs familiales et dans le retour à des pratiques religieuses rigoureuses et vraies, en se tournant à nouveau vers le Catholicisme de ses aïeux.

Dans la chapelle de ma paroisse, bondée à craquer chaque dimanche à 10 h, 25 % des fidèles sont des nouveaux ! Et tous ces gens n’ont pas choisi la facilité de Vatican II, cette fausse messe qui s’apparente davantage à un happening pour colonie de vacances de CM2 qu’à la célébration du sacrifice de Jésus sur la Croix, non, ils ont choisi la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, la Tradition, la Messe selon le rite Tridentin, c’est-à-dire la Messe en latin, langue sacrée de l’Église, la Messe de toujours. Ils ont choisi d’écouter des homélies qui nous parlent de Jésus, de Marie, des Évangiles, des Apôtres, et pas du mariage triste ni du bienheureux-vivre-ensemble-avec-nos-égorgeurs. Dans mon entourage, six catéchumènes adultes seront baptisés à Pâques prochaine, tous dans la Tradition de la FSSPX, dont quelqu’un de ma propre famille.

Je pense que la lecture, que je vous recommande à tous, du puissant, révélateur, scientifiquement très argumenté et merveilleux livre d’Yves-Michel Bolloré et Olivier Bonnassies qui s’intitule « Dieu, la science, les preuves », n’est pas étranger à la décision de gens par ailleurs intelligents et instruits, et qui, pour certains, ont cherché toute leur vie, en s’égarant parfois dans le bouddhisme ou dans la forme triangulaire ! Tous ces nouveaux ont la foi du charbonnier, ils bossent dur pendant les mois précédant leur baptême, leur assiduité et leur enthousiasme met du baume au cœur de tous ceux qui, contre vents et marées, et souvent grosses tempêtes, caricatures et grande injustice, ont tenu bon.

Alors vive les nouveaux catéchumènes et surtout qu’ils arrivent en masse, il est temps, et le retour de la Chrétienté sonnera le retour de la France, la vraie, c’est inévitable. Même si les motivations ne sont pas les mêmes pour tous, même s’il y a en effet une part de suivisme, de « tendance » pour certains (les Messes de Noël sont très courues et deviennent un must auquel on ne déroge plus), qu’importe, ils grossissent les rangs d’une armée en train de se reconstituer.

Oui, la Chrétienté est une armée et les Sarrasins et les faiseurs de mort vont bientôt l’apprendre à leurs dépens, d’autant qu’un autre phénomène vient enjoliver cette renaissance… nos soldats créent des familles nombreuses, très nombreuses, très très nombreuses, qui essaimeront partout dans la société. Et bientôt face à chaque Sarrasin… il y aura dix jeunes Cathos Tradis ! Alors à tous les dégénérés qui s’attaquent à l’identité, à l’âme, à la sagesse et à l’équilibre de notre France profonde, à tous les malades mentaux qui veulent nous imposer leurs phantasmes répugnants, j’envoie en pleine figure ce que disait déjà en 1793 François Athanase de Charette, Général de l’armée Catholique et Royale : « Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… on nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions, faut rire ! En face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu, la jeunesse de la fidélité !
Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créature humaine, la liberté de l’homme intérieur. »

La liberté de l’homme intérieur, voilà le sacré dans l’humain, voilà la zone de force et de confiance que construit la foi en Dieu et que bien des Français redécouvrent avec émerveillement… Même si nous sommes entrés dans des temps qui tentent de mettre à mort, et à tout prix, cette liberté si chérie, la lame de fond du retour de la Chrétienté qui s’annonce et qui enfle déjà, porte avec elle, j’en suis convaincue, le retour de notre grande et belle Civilisation.

 

Catherine Blein

Catho Tradi, patriote et fière d’être les deux.

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26 janvier 2025 7 26 /01 /janvier /2025 05:08
Considération judéo-chrétiennes sur les lieux cultuels antiques
L’hébreu est la plus ancienne langue de la Bible, mais aussi la plus ancienne langue parlée au tournant du 1er s. de notre ère.

A cette époque le cananéen avait disparu. Même lorsque l’araméen a gagné du terrain, l’hébreu était tout sauf une langue morte. Les manuscrits de Qumrân avaient été majoritairement rédigés en hébreu plutôt qu’en araméen.

Lors de la crucifixion de Jésus au Golgotha vers l’an 33, l’inscription du titulus (Jésus de Nazareth roi des Juifs) était en latin, en grec et en hébreu. Pas en araméen.

Sur les ossuaires retrouvés à Bethphagé près de Jérusalem, les inscriptions sont en hébreu. De même sur ceux retrouvés au Mont des Oliviers, et d’autres sur le Mont Scopus : « Hanania fils de Jonathan le Nazarite ». L’hébreu était en effet une langue quotidienne de communication. On retrouve cela sur la tombe de Jacques, dans la vallée du Cédron. Des fouilles récentes à la montagne du Temple à Jérusalem font apparaître une inscription monumentale en lettres paléo-hébraïques. Quant aux découvertes archéologiques de Massada, on y recueille des documents hébreux datant des années 70 après JC, ayant appartenu aux défenseurs de la citadelle assiégée. Parmi ces écrits, des fragments de psaumes, du Lévitique et de la Genèse. De même, l’hébreu était utilisé pour les activités cultuelles : les rouleaux, les offrandes, la dîme des prêtres, tout indique que l’hébreu avait une place éminente au 1er s.

Les documents découverts dans une grotte de Bar Kokhba montrent également que des écrits non bibliques étaient aussi rédigés en hébreu au 1er s. Par exemple sur un phylactère, un hymne de funérailles, des actes de mariage, des transactions immobilières, des contrats de loyer, etc.

Transition des pratiques hébraïques aux pratiques chrétiennes

L’époque de Constantin a joué un rôle important dans la construction d’églises et de chapelles sur des lieux de vénération antérieure. Des chapelles commémoratives ont été élevées sur les lieux mentionnés dans le Premier Testament et dans les évangiles : le site des bergers à Bethléhem, celui de la multiplication des pains, celui du sermon sur la montagne, celui de la transfiguration, celui de l’apparition du Christ après la résurrection, celui d’Emmaüs… Ces lieux étaient considérés comme reliés à des épiphanies.

Mais d’autres sites reliés au Premier Testament montrent le sens de la continuité chez les croyants issus du mouvement christique : le site du buisson ardent au Sinaï, une église de Saint Jacob à Béthel, le lieu d’ensevelissement de Eleazar fils d’Aaron, le lieu de la traversée du Jourdain par Elie et Elisée, etc. Pour les chrétiens des premiers siècles, la vénération des lieux événementiels rapportés par le Premier et par le Nouveau testaments ont la même valeur.          

L’appel à la sainteté lié au territoire faisant partie de l’alliance est concrètement pris en compte par les premiers chrétiens. On trouve une attestation majeure de pèlerins chrétiens pérégrinant en terre sainte fin 2ème début 3ème s. Des églises sont construites à partir du 4ème s. dès la fin des persécutions, ce qui démontre l’attachement spirituel des pèlerins aux lieux saints bibliques.

Chez les juifs rabbiniques d’après 90, les prières juives anciennes laissent toujours apparaître le rôle central du pays d’Israël. La prière pour le rassemblement des exilés révèle la conviction que la galout est transitoire et non pas définitive. On prie trois fois par jour pour la rédemption messianique du peuple. En s’exprimant de cette manière, le peuple juif continue de rattacher sa destinée à la fois à Israël comme peuple et à Israël comme pays. La tragédie de l’an 70 n’a pas éradiqué ce repère central de la mission d’Israël que même les communautés de diaspora ne perdront pas de vue.

Les perspectives eschatologiques d’un avenir béni sont présentes dans les rites d’inhumation à Beth Shearim et à Tiberiade : au sol même du pays est attribué un rôle expiatoire « Le pays fera l’expiation pour le peuple » (Dt 32,43). Les rabbins affirment que « quiconque est inhumé en Eretz israel, c’est comme s’il était inhumé sous l’autel ou trône de gloire du temple ». On était persuadé que les morts inhumés en terre d’Israël seraient les premiers à ressusciter à l’ère messianique.

On comprend à travers ces réalités que la conception juive du rôle central du pays a influé sur la théologie chrétienne de la terre sainte dans l’Eglise primitive. De nombreux sanctuaires chrétiens commémorent des événements du Premier Testament. De ce fait, l’inhumation de reliques de martyrs dans des églises montre une continuité avec les rites juifs.

Pour illustrer le lien à la terre donnée par Dieu à son peuple, l’évangile de Jean insiste particulièrement sur l’enracinement de ses épisodes (Cana, le puits de Jacob, Jérusalem) dans le pays réel, pas dans un Israël céleste et abstrait. Ainsi la vision du monde des premiers chrétiens semble toujours focalisée sur la terre d’alliance. 

On peut remarquer que la vénération de la tombe des saints joue un rôle important chez les juifs du 1er s. Si la religion officielle est étrangement muette sur le sujet, les écrits pseudépigraphiques et les récits de pèlerins juifs du Moyen Age abondent dans le sens avéré d’un culte traditionnel de mémoire des saints. Les tombes des saints bibliques vont, dans la même logique, jouer un rôle mémoriel pour les chrétiens des communautés primitives. On lit chez Matthieu : « les tombes s’ouvrirent et de nombreux saints endormis se relevèrent et sortant des tombeaux, ils pénétrèrent dans la cité sainte et apparurent à beaucoup » (27,52)  Il s’agit bien ici de saints d’avant l’ère chrétienne qui sont remis en lumière face aux croyants de l’après-résurrection de Jésus.

Cette donnée littéraire et culturelle est le signe d’une transmission de la vénération propre à la religion populaire. L’ouvrage « Vitae prophetarum » écrit vers 130 ap. JC met en lumière l’importance d’une dévotion chrétienne envers les saints du 1er testament, qui passe par une connaissance des tombeaux juifs dédiés aux prophètes.

Lorsque se développent intensément les pèlerinages chrétiens autour du 4ème s. l’écrit anonyme intitulé « Pèlerin de Bordeaux » mentionne neuf tombeaux de saints, parmi lesquels finalement un seul relève du Nouveau testament, celui de Jésus à Jérusalem. Egérie, rédactrice de son périple en terre d’Israël, se donne pour but de visiter les tombes des saints du premier Testament. Elle nomme ainsi six tombes dont seulement deux sont du Nouveau testament. Elle tient aussi à honorer les grottes mentionnées dans la Bible : celle de Moïse, celle d’Elie, celle d’Abraham, et celle où Abdias cacha des prophètes menacés.

Pierre le Diacre quant à lui dénombre vingt tombeaux de saints à visiter : seize sont du premier Testament et quatre du Nouveau : Jésus, Jacques, Jean Baptiste et le fils de la veuve de Naïm.  Cela s’explique par le fait qu’Egerie et Pierre associent les grottes à des théophanies, ce ne sont donc pas les lieux en eux-mêmes qui les intéressent, mais les événements dont ils sont porteurs. Cette tradition chrétienne perpétue une tradition juive préexistante.

On constate par-là que, dans ces premiers temps de développement  parallèle du christianisme et du judaïsme rabbinique, l’idée biblique de peuple de Dieu est visiblement reconnue de part et d’autre comme étant liée à la réalité historique de la terre d’Israël. Ce sont les événements fondateurs du salut qui l’ont imprégnée et qu’elle offre à la vénération des générations de croyants en vue de leur cheminement en lien avec le Dieu de la Bible.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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12 janvier 2025 7 12 /01 /janvier /2025 12:01
Le Juif Jésus est né en Judée, pays des Bnei Israël

On est parfois stupéfait des extrapolations hasardeuses faites à partir du récit de la Nativité.

Il n’est que de constater certaines récupérations idéologiques d’un enfant Jésus subitement privé de sa judéité et de son époque, pour être transformé en symbole de réfugié du Moyen Orient. Arafat n’avait pas hésité à acter cette captation d’héritage spirituel en faisant de Jésus le premier feddayin palestinien !

Mais à l’époque des grands flux de migrants illégaux, on trouve facilement des commentaires journalistiques ou même ecclésiastiques qui intronisent l’enfant de Bethléem comme le premier nouveau-né « sans papiers » ! Retournement récupérateur de situation plutôt paradoxal lorsque l’on peut lire dans les évangiles que Joseph et son épouse Marie se sont rendus à Bethléem, à la demande des autorités romaines, précisément pour y décliner leur identité et se faire enregistrer officiellement avec leur fils…

C’est dans le même ordre d’idées que le 19ème siècle n’a pas hésité à mythologiser la figure de Joseph, père adoptif de Jésus : du simple fait qu’il était charpentier, il s’est retrouvé promu représentant emblématique des prolétaires. A tort, car s’il est vrai que tout travailleur, même au bas de l’échelle sociale est digne de reconnaissance et de respect, on sait aujourd’hui que le statut de charpentier dans la Judée du 1er siècle correspond à celui d’un homme instruit et aisé, qui gagne bien sa vie, du fait de sa compétence artisanale polyvalente : il est performant dans la construction de poutraisons pour les toitures, comme dans la fabrication de meubles et d’objets d’art, et parfois même dans la taille de pierres.

Certains ont mis en doute le fait que Jésus soit né à Bethlehem, et même que Bethlehem ait existé ! Or le pharaon Akhnaton mentionne Bethlehem dans les lettres d’Amarna. On trouve Bethlehem dans le Livre de la Genèse comme lieu de la sépulture de Rachel, épouse de Jacob. Mais aussi dans le livre de Ruth, comme lieu d’origine du mari de la veuve moabite et de Booz, son goel. De leur union naît Obed, père de Jessé et grand-père de David. C’est pour cette raison que le Livre de Samuel désigne Bethlehem comme lieu d’origine du clan de Jessé, et c’est là que Samuel consacre David. « Yahvé dit : Lève-toi et oins-le ! L’Esprit de Yahvé descendit sur David… » (1Sam 16,12) Le prophète Michée annonce que le Messie naîtra à Bethlehem : « Et toi Bethlehem Ephrata, petite parmi les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera en Israël » (Mi 5,2)

Bethlehem, maison du pain, source de nourriture spirituelle, le Christ que Jean l’évangéliste désignera comme le « Pain de Vie ». Depuis les origines du christianisme, dans les évangiles et dans la tradition, Bethlehem est honorée comme lieu de la naissance de Jésus. Au 2ème s. Justin et Origène le mentionnent. En 333, le Pèlerin de Bordeaux désigne Bethlehem comme célèbre lieu de vénération de la Nativité.

Quoi qu’il en soit, le récit édifiant de la naissance de Jésus par Luc et Matthieu est porteur d’espérance. C’est pourquoi il n’a pas à être détourné au service d’une idéologie partisane et horizontale. Ces ambiguïtés révèlent combien l’utilisation souvent biaisée du récit de la Nativité confirme l’intense fragilité de cet événement survenu dans la plus grande humilité. C’est une révélation qui dérange.

Or cette vulnérabilité, signe de la compassion et de la proximité de Dieu, fait partie, avec tout le réalisme possible, de l’identité de Jésus et de la mission qu’il a assumée. Nous savons que cet enfant juif, de la lignée de David, instruit dans la Torah, est devenu le maître d’un art de vivre généreux au sein d’un peuple témoin environné de nations païennes hostiles. En 1950, 90% de la population de Bethlehem était chrétienne. Aujourd’hui, ce n’est plus que 15%…

Jésus avait clairement choisi de dépasser tous les clivages, anciens et modernes, pour offrir à tous un chemin d’humanité solidaire, relié à Dieu, libéré des manipulations politiciennes et axé sur la réalité à venir appelée Royaume de Dieu, ce futur messianique toujours espéré et attendu dans chaque tradition de son peuple, Israël d’une part, et l’Eglise, d’autre part, en vertu d’une alliance indéfectible.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

 

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11 novembre 2024 1 11 /11 /novembre /2024 12:20
L’amnésie spirituelle de l’occident

La plupart des pays occidentaux, dont l’histoire a été profondément façonnée par le judaïsme et le christianisme, voient aujourd’hui la pratique religieuse désertée par les nouvelles générations. Ces dernières sont bien souvent ignorantes du patrimoine spirituel de leur civilisation et inconscientes du potentiel humaniste qu’il recèle face aux enjeux d’avenir.

 

Sous l’influence de sciences telles que la sociologie, ou la politologie, et avec un a priori idéologique, les religions sont continuellement décriées et accusées d’être les marqueurs et les déclencheurs de conflits meurtriers entre les peuples ou les groupes humains.

Des situations historiques choquantes du passé sont souvent sorties caricaturalement de leur contexte pour montrer du doigt des chrétiens ou des représentants de l’Eglise dont le comportement n’était pas à la hauteur de leur mission. Les intellectuels d’un occident chrétien devenu laïque n’ont pas hésité à forcer la note – quitte à utiliser des critères anachroniques – pour critiquer globalement le christianisme historique, tout en laissant complaisamment dans l’ombre d’autres croyances et options beaucoup plus problématiques. L’historien français et catholique René Rémond a d’ailleurs publié une étude éclairante sur ce thème : “le christianisme en accusation”…

Dans le monde d’aujourd’hui, la plupart des zones de conflit sont directement liées à une confrontation religieuse qui révèle celle du projet de conquête universelle de l’islam. La répétition des attentats meurtriers, les multiples menaces qui pèsent sur le monde libre et démocratique incitent les opinions publiques mal informées à mettre négativement sous le même registre toutes les religions, à partir de la seule posture islamique dont les effets violents et terrorisants inondent les médias.

Dans la conjoncture actuelle, on a pu remarquer combien les Eglises chrétiennes sont particulièrement ciblées par les critiques unilatérales des faiseurs d’opinion…Mais cela n’est pas étranger aux partis-pris journalistiques reflétant les stratégies des décideurs économiques et des politiciens qui influent sur les destins des peuples à l’époque d’une mondialisation ravageuse.

C’est dans ce contexte que des oppositions virulentes de parlementaires européens s’étaient manifestées lors de l’élaboration de la charte de l’Union européenne pour empêcher catégoriquement que soit mentionné l’héritage judéo-chrétien comme contributeur majeur de l’histoire du vieux continent…

Nouvelles cultures

Ces prises de position ne tombent pas du ciel et ne sont pas le seul fruit de manœuvres maçonniques dont les réseaux s’activent à tous les niveaux pour subvertir les valeurs dites « traditionnelles », ce qui est, à leurs yeux méprisants, une marque de discrédit infâmant. On doit donc s’interroger sur une certaine vision philosophique du monde extrêmement réductrice ainsi que sur son emprise grandissante auprès des jeunes. Ce sont en effet ces générations montantes imprégnées de relativisme et d’individualisme qui feront le monde de demain, en ce troisième millénaire commençant.

De nouvelles cultures sont en train de se constituer, autour de concepts et de critères aléatoires, à travers nos systèmes socio-politiques, en particulier par des moyens audio-visuels invasifs. Toutes ces représentations commercialisées du monde et de l’humain véhiculent une perception subliminale de l’humanité qui est loin d’être neutre et sur laquelle il faut s’interroger, car l’enjeu est fondamental : au-delà de la survie d’institutions confessionnelles, la crise met en cause avant tout la destinée de l’être humain et sa qualité de vie.

En d’autres termes, quel type d’homme sommes-nous actuellement en train de faire émerger pour les temps à venir ? Par quoi seront animés les jeunes qui se forment aujourd’hui dans les écoles et dans les universités ? Peuvent-ils acquérir une vision globale constructive alors que la thématique des “produits médiatiques” dont ils s’alimentent est axée sur la consommation individualiste, sur le sexe et la violence, dans une logique qu’on peut qualifier bien souvent de culture de mort, parce qu’elle nie par beaucoup d’aspects la dignité, le courage et les capacités créatrices de l’être humain ?

Un des caractères essentiels des religions historiques telles que le judaïsme, et le christianisme, c’est de permettre aux hommes et aux femmes  concrets de notre temps de se référer à des valeurs spirituelles fondamentales qui conditionnent l’avenir, en s’inscrivant dans une tradition plurimillénaire qui transcende les générations car elle a profondément marqué l’histoire du monde.

Ces questions fondamentales habitent sans doute la plupart des êtres humains, mais plus explicitement les croyants issus de la relation au Dieu vivant et Un, dont Abraham a fait l’expérience voici trente huit siècles, en faisant rupture avec l’univers de l’idolâtrie ! Abraham a fait confiance au mystérieux appel qui résonnait en lui, et il s’est mis en route résolument vers une vie différente à découvrir, en relation avec un Autre qui parlait à son cœur…Cette nouvelle manière d’exister en tant qu’homme et croyant a eu pour conséquence de lui ouvrir, selon la  promesse, une postérité spirituelle impressionnante, dont nous sommes issus, juifs et chrétiens, grâce à nos appartenances et aux acquis de nos traditions respectives…

A condition de franchir le seuil répulsif des clichés, judaïsme et christianisme restent donc aujourd’hui des ressources existentielles vitales pour des masses innombrables d’hommes et de femmes, situés dans la vie comme membres d’une culture ou comme croyants, et  appartenant à des communautés aux spiritualités spécifiques porteuses de valeurs pour les choix de vie quotidiens.

Positivisme

Au 19ème siècle, les positivistes estimaient que la religion n’est qu’une forme primitive et aléatoire de compréhension du monde qui devait être remplacée par la pertinence des sciences et par le progrès illimité. Pour les marxistes, la religion n’était qu’une superstition émanant du système, liée à une perception de la réalité déformée par les injustices sociales, et donc une imposture en vue de s’approprier du pouvoir et de l’argent.

En réaction à ce rationalisme simplificateur, des philosophes essayèrent de mettre en valeur le caractère spécifique et irremplaçable du facteur religieux dans la société. Au début du 20ème siècle, les découvertes de la phénoménologie religieuse de spécialistes tels que Mircea Eliade et d’autres, eurent l’intérêt de faire apparaître le caractère primordial et irréductible de l’élément “religion”, et cela sans pour autant dévaloriser la démarche des sciences. Il est utile de rappeler en passant l’importance quantitative et qualitative des croyants dans le développement de la science.

Sacre

Le sacré correspond à un aspect fondamental de l’être humain, et qui n’est le produit de rien d’autre : il a sa valeur par lui-même, dans l’ordre de la gratuité. L’expérience religieuse est un processus intime qui met l’homme en relation avec le monde sans se réduire aux dimensions actuellement connues de ce monde.

Cela rejoint ce que tout être humain peut expérimenter lorsqu’il perçoit dans sa vie une dimension plus profonde que la sphère du vécu quotidien et profane : par exemple, la contemplation d’un ciel étoilé et la perception des espaces cosmiques infinis peut éveiller (comme chez Pascal) un sentiment de sacré, d’infini et d’absolu. Dans la vie de chaque jour, on peut également vivre les événements avec une singulière résonance spirituelle : dans le cas d’un accident, on peut y voir une simple malchance ou l’interpréter comme un signal à méditer. Quelqu’un en permanence, et sans que l’on en ait tellement conscience, nous fait chaque jour le cadeau de la vie, une main invisible nous guide dans nos labyrinthes émotionnels !

Dans le domaine de la vie morale, chacun peut être confronté à un choix décisif, et se sentir au plus profond de soi appelé, sollicité à répondre à un appel qui ressemble à un devoir sacré, ou à une mission qui dépasse l’individualité, en lien avec une réalité mystérieuse qui s’impose et apparaît plus signifiante que le temps qui s’écoule.

Si je suis un pratiquant juif, ou chrétien, ou gardant un lien culturel avec l’une de ces traditions, je trouve dans ma sphère religieuse de quoi être sans cesse éveillé au réel, et aussi de quoi confirmer mon adhésion à Dieu tout en approfondissant en quoi cette mise en mouvement spirituelle m’aide à m’améliorer en tant qu’être humain vivant parmi d’autres êtres humains, attentif à la marche du monde.

Pour certaines personnes très imprégnées de religiosité, c’est le monde lui-même qui est sacré. Il y aurait dans la matière elle-même du divin qui lui permettrait d’auto-alimenter sa propre évolution au cours des siècles et des millénaires, et c’est cette matière éternelle qui serait à l’histoire son propre moteur. L’homme ne serait qu’un produit parmi d’autres de cette évolution, et il n’aurait donc de compte à rendre qu’à lui-même, la transcendance étant illusoire…Cette sensibilité philosophique revient en force actuellement dans le lien affectif à la nature que certains promeuvent et au travers duquel ils perçoivent des énergies divines dans tout ce qui vit. Dans cette optique, Dieu n’est plus qu’une énergie panthéistique diffuse qui vibre dans les êtres vivants et dans la matière, il suffit de la capter pour se sentir bien…

Au regard de la révélation biblique, en revanche, le monde n’est pas sacré en lui-même, il est créé par Dieu. Le Livre de la Genèse montre bien cette désacralisation des croyances astronomiques : ce ne sont pas les astres qui décident des destins humains. Dieu maintient en quelque sorte ce monde au-dessus du néant et lui donne l’être en permanence. La matière ni l’être humain ne sont à eux-mêmes leur propre Source. L’humain se reçoit d’une entité supérieure avec laquelle il peut entrer en synergie. Le Dieu de l’Alliance est le Dieu de la relation et du dialogue intérieur. Son projet est l’Amour.

L’accueil par le croyant de cette réalité transcendante et créatrice de Dieu qui parle à l’homme, et qui le fait progresser sur le chemin de sa destinée, donne du sens à l’existence. C’est ainsi que la tradition biblique confie à l’homme la mission de perfectionner la création, le tikun olam, parfaire le monde.

Ersatz

Les civilisations modernes, à l’exception des pays peu développés, ne permettent plus aussi simplement de ressentir ce qui constitue le cadre de vie quotidien comme chemin d’une autre réalité plus subtile. Les objets et les modes de vie fabriqués par l’homme grâce aux technologies ont tendance à repousser vers la marge la dimension du sacré et l’expérience religieuse. Le visible occupe tout le champ de conscience et détourne de l’invisible. Tout devient consommable et la course au high tech  donne le vertige.

Mais le risque pour la qualité de la vie est considérable, si l’on perd de vue à cause d’un rideau de fumée l’importance de la dimension religieuse et des implications éthiques qui y sont liées. Bien souvent, ce sont des ersatz de religion qui prennent la place des vraies valeurs spirituelles, et une religiosité individuelle superficielle et jetable prétend se substituer à la véritable culture traditionnelle du sacré, comme dans un fast-food spirituel ! Cela explique en partie la progression des mouvements marginaux et pseudo-mystiques, en parallèle aux grandes traditions religieuses, et qui correspondent bien souvent, sous un emballage de nouveauté attirante, à de vieilles croyances recyclées…

La crise de la culture moderne ou post-moderne semble directement liée à la crise religieuse, principalement en Occident.

Dans l’antiquité, l’homme pouvait vivre son expérience religieuse en lien avec la nature et au cœur des événements de son existence. Tout était rempli de sens pour lui sur un mode poétique et mystique. L’accès à Dieu lui semblait direct.

Aujourd’hui, plus la conscience de la valeur spirituelle du vécu se perd, plus la relation de l’homme avec lui-même et avec le monde va s’altérer, et plus l’humanité va se fragiliser. Beaucoup recherchent plutôt la sensation immédiate, la séduction de l’instant, et on assiste à une fragmentation des comportements, par une réticence à l’adhésion profonde à des convictions éthiques exigeantes et à l’engagement de soi dans un projet de vie durable. Les performances techniques de notre société – aux possibilités fantastiques, comme par exemple dans le domaine médical – ne seraient alors qu’une façade qui cache un certain vide, et l’homme généré par ce système dénué d’ancrage religieux ne serait qu’un colosse aux pieds d’argile quelque peu schizophrène ! « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il y perd son âme ? » L’idéologie de l’humanité « augmentée » et robotisée va dans cette direction. Le sacré n’a pas disparu de nos champs de vision, il s’est en fait déplacé, a quitté le religieux pour s’investir dans des objets qui ne le méritent pas. Les conséquences de cette confusion peuvent être catastrophiques !

Or nos traditions religieuses nous rappellent prophétiquement que l’homme n’est pas fait pour vivre dans l’insignifiance. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ! » Il y a en l’être humain une voix mystérieuse qui l’appelle à dépasser sa brisure des origines, à surmonter ses pulsions de violence ou de délire, à accepter des repères pour tracer des voies d’humanité et créer du lien.

Car l’homme ne peut être à lui seul son propre sauveur, son propre guide. Prétendre receler en soi-même ses propres fondements ontologiques comme l’ont affirmé Marx, Nietzsche, Freud et Sartre expose à des dérives existentielles dramatiques et à des désillusions tragiques… Le drame de l’existentialisme athée est d’avoir posé le postulat : si Dieu existe, la consistance de l’homme disparaît ; pour reconquérir son autonomie, son seul recours est de rejeter Dieu. Mais ceux qui croient en un Dieu qui ne soit pas une idole mortifère savent au contraire que plus Dieu est présent dans la vie des humains, plus l’homme existe, car dans la Bible, Dieu n’est pas le rival de l’homme, mais son meilleur soutien ! Qui est le meilleur garant de la vérité et de la justice, sinon Dieu ?

Le rejet philosophique d’un Dieu allié de l’homme conduit à un désenchantement source d’angoisse et de déprime. Combien de nos contemporains ne souffrent-ils pas de ces traumatismes de l’âme, parce qu’ils se sont heurtés à la nocivité des autoproclamassions du salut de l’homme par lui-même ? S’exposer au néant expose à l’attraction d’un vide mortel.

Désenchantement

Combien de jeunes n’ont-ils pas sombré dans la désespérance et dans la drogue à partir de cette impression qu’ils sont au monde finalement sans raison et sans but, et que, Dieu n’habitant plus les églises et les temples fermés pour cause d’inventaire, personne ne les accompagne dans l’existence ?

Le mythe du progrès illimité fait perdre à l’être humain sa conscience d’être sur terre pour répondre à un projet qui vient de plus loin que les simples contingences matérielles du moment. Ce qui suppose de reconnaître que la vie nous est confiée avec un aboutissement à réaliser par une attitude de vie, à gérer jour après jour. Individuellement et collectivement.

S’il n’y a pas de perspective à l’aventure humaine avec cette dimension du mystère de la vie qui prend sa source en Dieu, et se poursuit dans la responsabilité de l’homme, alors il y a risque de disparition, et du sens et de l’éthique, tous deux indispensables pour que la planète soit habitable.

Car, comme le disait Teilhard de Chardin, il ne suffit pas qu’il y ait des hommes sur terre, l’hominisation ne suffit pas, il faut une humanisation des personnes et des groupes, aux prises avec tant de défis redoutables à relever. La survie de l’humain vraiment humain ne sera possible qu’en réintégrant la dimension spirituelle, c’est à dire avec l’apport irremplaçable de la foi monothéiste, dans ses traditions juive et/ou chrétienne. La notion d’incarnation dans la théologie chrétienne n’a pas d’autre perspective.

Quel type de connaissance de Dieu est aujourd’hui crédible, quelles sont les voies de l’expérience spirituelle qui doit hisser les hommes à un niveau d’humanité qualitativement meilleur ?

Foi chrétienne

En partant de la foi chrétienne, présente sur terre depuis 20 siècles, on aborde un rapport à Dieu qui se situe à l’intérieur d’une histoire sainte plus ancienne, une histoire du salut initiée dans la vie d’un petit peuple, Israël, porteur d’une Parole, pour lui-même d’abord, mais aussi pour toute l’humanité depuis 35 siècles. Chez les chrétiens, disciples de Jésus, cette foi biblique se célèbre de manière trinitaire.

Parler de Dieu Trinité à des non chrétiens peut paraître à première vue éloigné du pur monothéisme. Pourtant, les disciples du Christ aux premiers siècles de notre ère, n’ont jamais eu le sentiment d’attenter dans leur foi à l’unicité transcendante de Dieu. Ils ont continué, comme leurs frères aînés juifs, de croire au Dieu unique, le Père, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse et des prophètes d’Israël. La Bible des chrétiens comporte intégralement la bible hébraïque, sans laquelle l’évangile n’aurait pas de sens. Cela, parce qu’ils ont reconnu en Jésus la présence même de Dieu, une présence personnelle, une incarnation historique unique de l’Amour éternel de Dieu, avec  le don de l’Esprit qui actualise cette présence dans les générations successives et dans les cultures du monde entier.

Le Dieu des chrétiens n’est donc pas trois, comme l’imagine le Coran, mais Un, en ses trois visages, du Père, du Fils et de l’Esprit. Les premiers disciples du Christ récitaient d’ailleurs le shema israël durant les décennies initiales. L’être de Dieu est unique, et comme le disait un mystique chrétien en réponse à un musulman : le soleil, son rayonnement et sa lumière ne font pas trois soleils !

Jésus a tellement impressionné ses contemporains, tant par sa parole que par son action, qu’ils ont été nombreux à reconnaître en lui la Parole et la Sagesse de Dieu, le profil du Fils qui communique la vraie filialité.

Depuis son origine, l’Eglise chrétienne est vitalement liée au judaïsme. Elle peut même être considérée comme une branche du judaïsme de l’époque de Jésus, qui était lui-même un juif pratiquant appartenant à la mouvance pharisienne du rabbi Hillel, un sage en même temps très proche de l’Ecriture et très proche de la vie des gens. Jésus n’était ni fondamentaliste ni légaliste, et il croyait à un Dieu de tendresse et de pardon qui recherche sa gloire dans la réussite de la vie des hommes et leur transfiguration en éternité.

Après la mort et la résurrection de Jésus, ses disciples ont célébré sa présence dans le mémorial de la cène, et dans son enseignement, qu’ils se sont efforcés de vivre comme une bonne nouvelle, c’est-à-dire un évangile destiné aux juifs comme aux païens sympathisants. Sous l’impulsion de Paul, la communauté ecclésiale s’est élargie à des membres venus du paganisme et c’est ce qui a peu à peu modifié les équilibres de départ : devenus majoritaires, les pagano-chrétiens ont fait sentir leur culture grecque, et la judéité de la foi chrétienne s’est estompée, pour aboutir à une distanciation. Ainsi, avec la rupture progressive entre la Synagogue et l’Eglise au cours des 4 premiers siècles, l’antijudaïsme s’est malencontreusement développé au sein même des communautés chrétiennes.

A l’époque des Pères de l’Eglise, comme Chrysostome, des attitudes hostiles envers les juifs et la synagogue se sont affirmées jusqu’à devenir pure agressivité, rejet, puis persécution, ce qui a contaminé et infléchi la doctrine de l’Eglise pendant de longues périodes de l’histoire en Orient et en Occident. Cette tendance est devenue hélas dominante, même si à toutes les époques de cette sombre et ingrate inimitié il y a eu des papes, des évêques, des prêtres et des laïcs proches des juifs et conscients de l’héritage incomparable reçu d’Israël. Toutefois, il faut reconnaître que jusqu’à Vatican II, l’Eglise se pensait globalement comme étant le substitut d’Israël, “Verus Israel“. C’était la fausse théologie de la substitution.

La tragédie de la Shoah a été l’aboutissement des idées antijudaïques martelées dans les esprits durant des générations. La conférence épiscopale allemande, dans sa demande de pardon à la communauté juive, affirmait que la voie de l’extermination des juifs avait été pavée durant des siècles par les concepts théologiques chrétiens. Le terme d’antisémitisme avait été forgé en 1879 par le pamphlétaire allemand Wilhelm Marr non pas pour désigner le rejet des sémites en général, mais en réalité exclusivement des juifs.

Après les horreurs du nazisme, des chrétiens ont pris la mesure de cette injustice fondamentale du point de vue chrétien jusqu’ici dominant, et une conférence œcuménique a d’abord eu lieu à Seelisberg en 1947. Cela a été le prélude à un grand virage, tardif, mais qu’il faut saluer et qui a été l’œuvre de Jean XXIII et du concile Vatican II, ainsi que de la persévérance de personnalités juives comme Jules Isaac, admirateur de Charles Péguy.

La déclaration nostra aetate a réitéré en 1965 ce qu’avait déjà souligné le concile de Trente au 16ème siècle, à savoir que le peuple juif ne pouvait pas être tenu pour  responsable de la condamnation de Jésus à la crucifixion. Jésus a donné sa vie pour les péchés de tous les hommes. Après cette étape du concile, la pseudo-théologie du remplacement était définitivement abolie.

Retour aux sources

Toute une réflexion théologique a suivi cette nouvelle impulsion, dans un authentique esprit d’humilité et de retour aux sources, car il s’agissait de redécouvrir combien les Eglises chrétiennes ont reçu du peuple d’Israël, dont l’alliance n’a d’ailleurs jamais été révoquée par Dieu.

Les chrétiens doivent, par cette démarche, sortir de leur suffisance et de leur arrogance du passé : toutes les confessions chrétiennes sont greffées sur le tronc hébraïque dont elle reçoivent la sève. “Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte !” (Rom 11.18) Cette prise de conscience doit donc permettre de retrouver une attitude de fraternité, une nouvelle manière d’être ensemble pour témoigner du Dieu d’Israël.

Dans la population chrétienne, et même chez les prêtres, il est clair que beaucoup reste à faire pour transformer les mentalités jusqu’ici dominantes envers les juifs. Les vieux clichés ont la vie dure et nécessitent un effort prolongé pour traduire dans la prédication et la catéchèse ordinaires ce profond rééquilibrage.

Au service de ces objectifs, il faut noter l’existence de groupes de réflexion “chrétiens et juifs” à divers niveaux, comme à Genève et ailleurs ; des collaborations se sont également mises en place, avec des études bibliques communes, des réflexions sur l’actualité, des conférences, des projets concrets. Pour une part essentielle, ces relations entre juifs et chrétiens sont porteuses d’avenir, autour d’une promesse vitale, mais cela dépend avant tout de ce que, de part et d’autre, nous en ferons !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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11 novembre 2024 1 11 /11 /novembre /2024 09:14
Vers un monde de zombies “viva la muerte” ?
Quelques semaines après les insoutenables massacres perpétrés par les fanatiques du Hamas, les manifestations d’Halloween ont propulsé dans les rues des enfants et des adultes déguisés de façon à incarner la culture de mort.

 

Il s’agit de l’importation de lointaines traditions celtiques recyclées aux Etats Unis et récupérées en Europe pour contrer les célébrations de la Toussaint et des défunts. Les celtes et leurs druides magnifiaient la mort et beaucoup ignorent aujourd’hui que les citrouilles sculptées en forme de têtes illuminaient la nuit grâce à la combustion de la graisse humaine dont elles avaient été remplies, après des sacrifices.

Ces manifestations commercialisées par la vente de tenues de sorcières, de vampires, de cadavres, ont envahi les rues peu de temps après que l’on ait su comment les malheureuses victimes israéliennes des islamistes avaient été poignardées et décapitées, bébés et vieillards, hommes et femmes démembrés. Dans ce climat d’horreur,  voir une telle promotion de la culture de mort sous prétexte de fête a de quoi poser question. On a vu des enfants le visage peint ensanglanté et traversé par de faux couteaux, mais aussi des figures cadavériques grimaçantes, des squelettes agitant des haches, des momies effrayantes, tout ce carnaval macabre célébrant dans la rue la mort violente  et le triomphe du néant au cœur d’une population en voie de décérébration.

Comment des parents peuvent-ils accepter de promouvoir la mort à travers ces déguisements de leurs enfants déjà si imprégnés par la tristesse des événements du monde, en particulier par les massacres récemment commis contre des civils innocents du sud d’Israël  et crûment évoqués par les émissions de télévision regardées en famille ?

Des parents palestiniens inculquent à leurs enfants combien la mort est plus profitable que la vie, car c’est un honneur de mourir martyr pour rejoindre le paradis d’Allah. Une vidéo a enregistré sur place les témoignages d’enfants des Territoires qui en sortant de l’école racontent tous sans sourciller leur attrait pour la mort, et leur désir de tuer des juifs. Tout cela à partir de programmes scolaires officiels rédigés par des militants locaux mais financés par les Européens.

Qui prendra la peine de relire Evangelium vitae, un cri autrefois lancé par le pape Jean Paul II pour dénoncer la « culture de mort » qui phagocyte les esprits et rend le monde de plus en plus invivable ?

Le mal existe, ne pas le nommer et l’identifier, c’est lui ouvrir encore davantage de boulevards. Avec tous ceux qui cultivent l’espérance, avec ceux qui adhèrent à la résurrection, il faut promouvoir la vie et avec les rescapés affirmer quoi qu’il arrive : Lé khaïm !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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7 novembre 2024 4 07 /11 /novembre /2024 12:14
L’union homme femme, couple/famille

Rappelons-nous que dans son enseignement, jamais Jésus ne cherche à culpabiliser qui que ce soit, il désire seulement responsabiliser chaque croyant, ce qui est tout différent.

 

Il ne distribue pas des certificats de bonne conduite aux uns et des blâmes aux autres, il donne simplement le sens du chemin vers Dieu ! A chacun de faire ensuite ses choix en toute conscience. Nous connaissons tous des situations où des personnes mariées sont confrontées à des problèmes de couple, à des ruptures et des séparations, et cela, jusque dans notre entourage et dans nos familles. Dans les groupes de catéchisme, on constate que de plus en plus d’enfants appartiennent à des familles dites « recomposées ».

Alors que des idéologies négatrices du couple et de la famille gagnent du terrain, y compris par la voie des votations, cet évangile peut nous aider à mieux comprendre comment Jésus considère l’union d’un homme et d’une femme, et quelle est sa vision de l’être humain. 

La base de la pensée de Jésus sur cette question sensible, c’est simplement d’être fidèle à la logique de la Parole de Dieu : dès le début de son enseignement, Jésus déclare qu’il ne veut pas abolir la loi de Moïse, mais au contraire la perfectionner…Jésus se situe donc dans la  tradition de son peuple en ce qui concerne l’union d’un homme et d’une femme, ce contrat de confiance qui seul mérite le nom de « mariage ». C’est une question grave, car dans le Décalogue, transmis par Moïse au peuple d’Israël, nous voyons que la dénonciation de l’adultère vient immédiatement après celle du meurtre! 

Jésus ne veut pas éluder ou banaliser l’enjeu du mariage : il se situe d’abord au niveau du cœur et du respect mutuel des deux personnes en cause, aussi bien l’homme que la femme. Si la séparation est décidée par convenance futile et superficielle, l’homme ou la femme devient adultère, c’est à dire dans le langage biblique, à la fois infidèle, et idolâtre. 

Ici, au niveau du couple, Jésus met l’accent sur le lien fondamental de fidélité réciproque, car cela renvoie à l’alliance, c’est à dire l’engagement fidèle de Dieu envers ceux qui s’attachent à lui et à sa loi d’amour.

Voici que des interlocuteurs sont venus piéger Jésus, à partir d’une question anodine. Dans ce débat sur le mariage et le divorce, il y a, en Israël, à l’époque de Jésus, deux positions antagonistes parmi les sages Pharisiens : une position stricte, exigeante, celle des disciples de Shammaï, minoritaires, et une position libérale assez répandue, celle des disciples de Hillel.

Nous serons peut-être étonnés de constater que Jésus refuse de résumer sa conviction sur le couple au point de vue purement juridique, alors il opte pour la position exigeante de Shammaï que les médias qualifieraient aujourd’hui de réactionnaire ! En effet, ce sont les rigoristes qui ici sont les meilleurs défenseurs de la cause féminine, puisqu’ils exigent une réciprocité homme-femme dans le respect mutuel et que donc ils dénoncent comme injustifiable toute séparation par égoïsme! 

C’est en ce sens que Jésus donne sa réponse en se référant à la Genèse : « Dieu crée l’être humain homme et femme ». Dans le premier livre de la Bible, la Parole de Dieu n’est pas de la mythologie, même s’il est écrit que la femme a été conçue par Dieu à partir d’une côte d’Adam, pour souligner symboliquement le fait que la femme n’est pas inférieure à l’homme, pour rappeler qu’ils sont l’un et l’autre de même nature! (Dans un langage scientifique contemporain, on dirait qu’ils sont tous deux issus du même matériau génétique!) Et les mots hébreux pour désigner l’homme et la femme sont ish et isha, ce qui exprime à partir de la même racine de mot, l’unicité primordiale de la nature humaine, par-delà la différenciation sexuée, nécessaire à la succession des générations.

C’est précisément sur cette volonté initiale du Créateur que Jésus développe sa vision de l’amour humain. Pour lui, la femme ne se réduit jamais à une fonction utilitaire, ou à un objet du bon plaisir de l’homme : les deux sujets du couple ont une même dignité et leur responsabilité commune se vit en harmonie avec la Parole de Dieu. En raison des fragilités humaines, mais aussi de la pression grandissante de l’idéologie individualiste, des ruptures se produisent fréquemment : des adultes, mais aussi des enfants, se retrouvent en souffrance. Les liens de la filiation sont endommagés et la transmission des valeurs fragilisée. On comprend que dans ce contexte, l’indissolubilité du mariage que réaffirme l’Eglise soit perçue comme étant une position dérangeante, à contre-courant des mentalités modernes qui considèrent les êtres humains comme des produits jetables. 

Or, la conviction de Jésus est fondée sur la tradition biblique. Sans amour authentique, pas de durée ni de stabilité, pas de sécurité affective pour les enfants en croissance. 

Cela dit, le discours de Jésus sur la question du couple et de la famille est avant tout un discours positif et constructif. Il ne s’agit évidemment pas de porter des jugements infâmants sur des personnes ou d’imposer un carcan autoritaire. Il s’agit d’un idéal de vie proposé. Le contrat de confiance qui se vit au quotidien dans un couple et dans une famille évoque le pacte d’Alliance que Dieu a établi avec son peuple. Tout ce qui va dans ce sens aura des répercussions positives sur l’ambiance relationnelle de l’univers entier. La paix de l’ensemble de la famille humaine passe souvent par la paix à l’intérieur de chaque famille et même de chaque personne.

Seul cet amour construit au fil du temps, et édifie chaque personne en vue de son accomplissement dans le royaume éternel. Il consolide les bases de la société et renforce les solidarités. Notre espérance nous prépare jour après jour à cette étape finale où Dieu pourra établir définitivement sa demeure dans nos cœurs transfigurés par sa lumière.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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1 novembre 2024 5 01 /11 /novembre /2024 00:42
Le courageux abbé Damien Dutertre exhorte les catholiques à fuir Bergoglio

Le courageux abbé Damien Dutertre exhorte les catholiques à fuir Bergoglio, pape François qui accélère son agenda mondialiste. 

Le jeune abbé Dutertre ne mâche pas ses mots en avertissant les catholiques que Bergoglio n’est pas seulement un hérétique, mais celui qui a un plan méthodique, détaillé et sur plusieurs années pour liquider la véritable Église. Lequel ne s’en cache d’ailleurs pas, le dit, le défend et l’enseigne en affirmant être partie au processus de globalisation.

Aussi le fougueux abbé appelle-t-il les chrétiens à se séparer urgemment de cet imposteur et notamment par le refus de l’una cum du Canon de la messe, c’est-à-dire « de ne pas être en communion avec cet individu-là qui mène ses brebis à l’abattoir ». 

Sur la base de la parabole du bon pasteur, l’abbé alerte : « Si vous ne reconnaissez pas en François la voix du Christ,  courez, vous avez affaire à un mercenaire, à un loup déguisé en pasteur ».

« Il faut arrêter de considérer cet homme, Bergoglio, comme la règle de foi et le vicaire du Christ ».

Une heure durant, l’abbé Damien Dutertre montre des preuves du nuisible à la tête du Vatican.

D’extraits de vidéos et de déclarations officielles du souverain pontife, on voyage de Fratelli tutti, l’encyclique qui a tant ému Mélenchon, à la non-excommunication des francs-maçons, l’apologie de toutes les religions, en passant par la déclaration d’Astana, cité d’architecture maçonnique et le culte à Pachamama rendu au Vatican !

Et l’abbé Dutertre d’affirmer, a contrario de l’antipape François que « non, les migrants n’ont pas les mêmes droits que les citoyens d’un pays. C’est contraire à l’ordre naturel, tout simplement ! ».

Autant de pérégrinations du chef de la secte conciliaire dont le but est de créer une nouvelle religion au service du nouvel ordre mondial dont les piliers sont l’écologie et ses idoles, l’accueil des migrants et la vaccinolâtrie « acte d’amour de son prochain », dont il fait preuve lors de la dictature covidiste, au service des multinationales de laboratoires.

François Bergoglio, la Voix des Loges  –  Abbé Dutertre

https://youtu.be/9Jm8Q_U09tE?si=k0SL_0nLCBEnePGx

Damien Dutertre a été ordonné prêtre en 2018 par monseigneur Donald Sanborn, à Verrua Savoia, en Italie, dans la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul, du séminaire Saint-Pierre Martyr, de l’Institut Mater Boni Consilii. 

L’abbé Damien Dutertre a étudié au séminaire de la Très Sainte-Trinité, en Floride, aux États-Unis. Il est professeur de théologie.

Bernard Bayle

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28 octobre 2024 1 28 /10 /octobre /2024 02:40
Le petit David à jamais face à Goliath

La taille de David le juif, n’a jamais changé, ou alors si peu… elle a toujours été une miniature tout comme l’est l’État d’Israël…

Les ennemis de David n’ont jamais été en petit nombre, mais étaient des colosses et en grande quantité… et ils le sont à ce jour. Les Juifs n’ont jamais appris à s’imposer ni à se multiplier de façon à pouvoir tenir tête et se mesurer aux vagues immenses de tous ceux qui voulaient, œuvraient, et veulent et œuvrent à ce jour, pour leur disparition.

Les Juifs n’ont pas tenté d’imposer leur foi, tout comme les chrétiens et plus tard les musulmans… qui ont maintenu des guerres de conquête, conversions forcées, et soumission. Ils sont restés fidèles à leurs lois qui leur défendent de « tuer l’autre… de le soumettre et de lui imposer sa religion ».

Quel est le nombre exact de Juifs de nos jours ?

Selon les estimations pour 2020, la population mondiale de Juifs est de 14,8 millions, la fourchette variant de 14,8 à 23,8 millions, selon la façon dont on définit la notion de Juif.

Les Chrétiens : en 2021, le nombre total de chrétiens dans le monde est évalué à 2,546 milliards, ce qui en fait la religion comptant le plus de fidèles.

Les musulmans : en 2021 les musulmans représentent environ un cinquième de la population mondiale, soit 1,926 milliard de personnes. Ils forment la majorité de la population dans près de 50 pays et territoires concentrés en Asie et en Afrique.

L’hindouisme avec 1,074 milliard d’hindous est une bagatelle, comparé aux chrétiens et aux musulmans.

David le Juif, est resté depuis minuscule. Il faut avouer que le judaïsme n’est accessible que par l’étude et l’initiation aux lois et aux rituels.

Pourtant les Juifs, avec leur vingtaine de millions d’individus, font beaucoup parler d’eux. Ils sont surveillés, guettés, avilis, accusés et vivent sous une loupe grossissante… mais surtout haïs.

Qu’est-ce une vingtaine de millions face aux milliards des autres religions ? Un coup de pied ? Une virgule ? Un point d’interrogation ?

Il faut un sacré culot pour se faire appeler « peuple », « nation », « entité… » Et ce Juif ne cesse de narguer le monde avec sa petitesse, sa faiblesse, sa stupidité puisqu’il a osé se maintenir, avec difficultés, il faut l’avouer, et a survécu à tant de peuples, d’empereurs, de civilisations qui étaient venus pour effacer de la face du globe cette masse hirsute de personnes qui insistent à se faire appeler « Juifs ».

C’est tout à fait naturel qu’il devienne la risée, le marchepied pour certains, le maudit pour beaucoup, l’insolent pour tout le monde !

Cette vingtaine de millions de Juifs défie les milliards de musulmans et de chrétiens, qui ne veulent pas de leur présence au Moyen-Orient ou partout ailleurs. Ils veulent les voir fondre dans l’obscurité de leur foi, de leurs lois qui dérangent, qui chamboulent, qui perturbent et qui finalement les placent devant une conscience qu’ils cherchent à étouffer.

Alors, le petit David avec sa fronde et son caillou veut combattre ces milliards qui se sont ligués contre lui…

Une folie… comment ose-t-il dire non, refuser de baisser la tête et crier : « Je veux vivre » ? Je combattrai jusqu’à ma dernière goutte de sang pour ma liberté, pour mon choix, pour ma foi, pour ce morceau de terre hérité de mes ancêtres…

Mais si je meurs, et il faut aussi prendre cela en considération, j’emporterai avec moi tous ces milliards de musulmans et même de chrétiens, qui refusent d’admettre qu’ils sont nés du socle de la foi juive. Car sans moi, leurs racines, lois et foi n’auront plus de raison d’être, n’auront plus d’amarres.

Que dira le musulman à son fils, lorsque celui-ci lui demandera qui était Abraham, Sarah, Isaac, Jacob, dont parle le Coran ? Des musulmans… impossible, l’Islam naquit 600 ans après le Christ. Un Hébreu… Oui. Il sera appelé alors à lui parler des hébreux… Qui était Moïse, qui était Salomon, David… Où était le temple de Jérusalem… et tant d’autres « Célébrités » dont le Coran s’est servies comme éléments fondamentaux de l’Islam ? Les musulmans auront beau essayer de contourner la vérité, elle sera toujours présente, pour les rattraper.

Tout comme pour les Chrétiens : Jésus était juif, né juif et circoncis selon le rite juif. Il était même un bon juif qui avait fait ses études dans le temple de Jérusalem. Il n’a jamais cherché à créer une nouvelle religion. L’histoire ne peut pas être réécrite.

Et c’est le même cas pour l’Islam.

Alors, chers ennemis du Juif, vous ne pourrez jamais l’effacer, car le Juif vit en vous, dans votre foi, dans vos légendes, dans vos réalités, dans vos rituels.

Tuer le petit David… c’est simplement se tirer des balles dans les pieds.

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