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26 octobre 2024 6 26 /10 /octobre /2024 03:44
Qui rencontre Jésus Christ rencontre le judaïsme, car le peuple juif n’a jamais été «déicide»

Si tout a commencé à changer depuis bien des décennies dans les relations entre l’Eglise et la Synagogue, c’est parce qu’en 1965, une réflexion commune entre chrétiens et juifs a abouti et s’est transformée côté catholique en déclaration conciliaire dénommée « Nostra Aetate ».

Quelques années plus tard, la même démarche se dessinait côté protestant.

Evidemment, ce changement à 180° n’allait pas avoir un effet immédiat et n’avait pas le pouvoir magique de gommer instantanément tous les effets des sombres siècles d’antijudaïsme chrétien. Car le contentieux est lourd et s’écrit en lettres de sang. Certes, les chrétiens ne sont pas responsables de tout, mais ils y ont été pour beaucoup, institution ecclésiale comprise.

Aussitôt après la Shoah, en 1947, des intellectuels juifs et chrétiens ont compris qu’il serait désormais impossible de faire de la théologie comme avant ce séisme. Ils se sont réunis à Seelisberg, en Suisse, pour élaborer ensemble une plateforme de propositions, qui allait faire son chemin et refonder de nouvelles relations réciproques.

Puis, après la mise en route du processus de renouvellement entériné par le Concile Vatican II, il y eut l’engagement personnel du pape Jean Paul II, qui encouragea le dialogue judéo-chrétien tout au long de ses 28 ans de pontificat, avec des temps forts marquants et des formulations novatrices. Non seulement il développait avec conviction le fait que l’Eglise ne se substitue pas à Israël, que le peuple juif n’a jamais été « déicide », mais il instaurait chez les catholiques – par ses mises au point, ses multiples visites et rencontres – des relations d’estime envers les juifs et le judaïsme.

Sa formule-choc «qui rencontre Jésus Christ rencontre le judaïsme !» (1980) a ouvert des pistes de travail irréversibles.

A partir de là se découvre tout un champ d’exploration passionnant, où spécialistes juifs et chrétiens ont pu collaborer à une plus exacte compréhension du message évangélique grâce aux clés juives d’interprétation.

Mais ce ne sont pas seulement les racines du christianisme qui sont juives, comme si on repartait dans une quête archéologique, mais c’est aussi son actualité ! La richesse spirituelle du judaïsme éclaire toute la catéchèse et la liturgie. Dans le domaine de la lecture biblique, comment comprendre certains textes du nouveau testament sans faire référence aux mashalîm de l’époque où prêchait le rabbi Yeshua, ou encore aux targoums, commentaires imagés du premier Testament ? 

Comment ne pas se familiariser avec les modes d’expression hébraïques pour mettre en relief le sens spirituel des premières affirmations de foi post-pascales? De même, l’eucharistie, qui est au centre de la vie chrétienne, est une manifestation rituelle d’essence entièrement judaïque, reliée à l’histoire d’Israël et à la révélation vétéro-testamentaire.

mettre en évidence l’héritage commun n’a pas pour but de brouiller les identités spécifiques de chaque tradition, mais au contraire de les valoriser et les renforcer

David Flusser, grand savant juif engagé dans le dialogue, écrivait que Jésus lui apparaît comme un excellent juif observant et pratiquant, et que rien de ce qu’il a dit ne lui semble contraire au judaïsme. Cela dit, le professeur Flusser ajoute un commentaire pertinent qui reste tout à fait d’actualité : mettre en évidence l’héritage commun n’a pas pour but de brouiller les identités spécifiques de chaque tradition, mais au contraire de les valoriser et les renforcer. 

Ainsi un juif n’a pas à se sentir pris en otage par la théologie chrétienne de « l’accomplissement » du judaïsme par Jésus. « Je ne suis pas venu pour abolir mais accomplir »…(Mt 15.17)

Il est clair que par son enseignement Jésus ne rend pas la Torah obsolète, et qu’il ouvre une voie de salut qui lui est propre sans pour autant rejeter le judaïsme, qui à l’époque est très diversifié. Jésus n’a jamais prétendu créer une nouvelle religion. 

Cela ne signifie pas aujourd’hui qu’un juif doive entrer dans la voie christique pour être un bon juif accompli, car affirmer cela serait disqualifier le judaïsme rabbinique. Il serait lamentable de continuer à devoir dénigrer le judaïsme pour valoriser le christianisme présenté comme alternative. Beaucoup ont pensé ainsi, hélas, à la suite de St Augustin et de bien des commentateurs à courte vue de l’histoire du salut et autres apologètes mal intentionnés.

C’est à cette croisée des chemins que la théologie du 21ème siècle a encore du pain sur la planche, pour distinguer, et unir sans opposer, les deux voies issues du même tronc hébraïque. 

L’épître aux Romains apporte à cette perspective une lumière décisive : le refus historique par un courant juif de reconnaître Jésus Messie ne le condamne pas et ne le disqualifie pas ; car en vertu de l’Alliance tout Israël sera sauvé par Dieu qui ne renie jamais ses promesses. 

L’élection d’Israël n’est en aucun cas révoquée par l’événement Jésus Christ (ou Yeshua–Mashiah), et la nouvelle Qehila élargie aux craignant-Dieu d’origine païenne a eu en tout état de cause besoin d’elle pour exister.

Ce libre refus doit même avoir un retentissement positif dans la réflexion chrétienne, et c’est le rôle des théologiens chrétiens que d’interpréter positivement aux côtés de l’Eglise l’existence d’un Israël non chrétien dans les temps de l’histoire qui vont vers un achèvement heureux grâce à la dimension messianique. D’autant plus qu’Israël, comme l’Eglise, témoignent du même Dieu vivant et de ses valeurs humanistes au milieu de structures païennes idolâtriques. Jean Paul II et à sa suite Benoît XVI ont particulièrement affectionné l’expression « nos frères aînés » dans la même foi biblique, conscients de l’importance du témoignage commun pour la sanctification du Nom. Le pape François a tenu des propos allant dans le même sens et a pris récemment la défense de la légitimité d’Israël, dénonçant l’antisionisme comme cache-misère de l’antisémitisme.

En Luc 2.29, on peut lire les paroles du vieux sage juif Siméon, tenant l’enfant Jésus dans ses bras : « Mes yeux ont vu le salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire pour ton peuple Israël ».

Il est certain qu’après des siècles d’écrits et de manifestations anti-juives de toutes sortes, depuis les Pères de l’Eglise judéophobes jusqu’aux hostilités meurtrières et séculairement coutumières en chrétienté, il est extrêmement difficile de changer réellement le logiciel antérieur des relations entre chrétiens et juifs, car de part et d’autre, des blocages mémoriels demeurent et freinent la refondation de liens fraternels. 

Pourtant, soyons réalistes ! Le temps presse, et c’est pourquoi toute initiative qui va dans ce sens est si importante, compte tenu des menaces qui pèsent de plus en plus sur le monde libre. 

Même si nous gardons un regard constructif sur nos potentialités, ne sous-estimons pas les périls liés à l’infiltration inéluctable de concepts sociétaux incompatibles avec les valeurs judéo-chrétiennes ; et contraires à cette spiritualité humaniste issue d’Israël, dans laquelle de nombreux non juifs et non chrétiens peuvent se reconnaître. La lutte contre l’antisémitisme n’est pas un bouclier en faveur des juifs, c’est un combat pour l’humanité dans son ensemble.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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6 octobre 2024 7 06 /10 /octobre /2024 00:30
Quand l’Eglise a dû définir qui est Jésus…

C’est au 4ème siècle que s’est produit un tournant décisif dans l’histoire du christianisme, avec des conséquences considérables pour la vie chrétienne et l’unité de l’Eglise.

C’est le concile de Nicée, en 325, qui a produit un credo, une charte de la foi élaborée par un concile oecuménique, en réponse au danger d’éclatement qui menaçait la chrétienté entière. 

Après de longues périodes d’hostilité et de cruelle persécution, il  y eut une rupture dans la politique romaine envers les chrétiens. En 313, deux empereurs romains, Constantin, empereur d’Occident, et Licinius, empereur d’Orient, promulguèrent l’édit de Milan, une promotion inédite de la tolérance religieuse, qui allait permettre à l’Eglise chrétienne d’avoir une existence officielle reconnue dans l’empire, aux côtés des autres religions traditionnelles. 

Ainsi, une église catholique allait pouvoir ouvrir ses portes aux côtés d’un temple d’Apollon ou à proximité d’un sanctuaire de la déesse Isis. Le texte de l’édit le formule d’ailleurs ainsi :

« moi Constantin Auguste et moi Licinius Auguste, avons cru devoir arrêter ce qui concerne le respect de la divinité pour accorder aux chrétiens et A TOUS le libre pouvoir de suivre la religion de leur choix… »

Mais en 321, Arius, un prêtre catholique lybien formé à Antioche développait une théologie dissidente qui donnait naissance à un courant schismatique : l’arianisme. L’hérésiarque déclare :

« les essences du Père, du Fils et du St Esprit sont séparées par nature, étrangères, disjointes, sans contact ni communication. Ainsi le Fils n’a rien à voir avec le Père. Le Fils n’a rien de commun avec le Père, et il n’est pas la vraie puissance de Dieu ».

Ces péremptoires affirmations hétérodoxes lui valurent l’excommunication de la part de l’évêque Alexandre, puissant évêque égyptien qui écrivit à son clergé :

« Vous avez souscrit aux lettres que j’ai adressées à Arius et aux siens, les invitant à renier l’impiété et à s’attacher à la foi saine et catholique. Vous avez tous manifesté votre bonne résolution et votre attachement aux dogmes de l’Eglise catholique ».

L’empereur d’Orient Licinius était en sympathie avec les thèses d’Arius, bien que marié à la sœur de Constantin de tendance adverse. Il décida de convoquer un concile à Nicée pour mettre en valeur les positions ariennes. Mais le conflit entre les deux empereurs s’aggrava et se solda finalement par la victoire de Constantin, convaincu de l’orthodoxie chrétienne. Ce dernier reprit l’idée d’un concile et il convoqua à Nicée 300 évêques, dans le but de clarifier officiellement la controverse religieuse qui mettait également en danger la paix civile. 

L’enjeu théologique du concile de Nicée était le suivant : il fallait dégager une position claire et officielle à partir des deux tendances contradictoires qui s’affrontaient et dont l’issue pouvait confirmer ou infirmer la divinité de Jésus Christ.

1ère option : Jésus Christ est un être d’une perfection morale incomparable, intermédiaire entre Dieu et les hommes, miroir humain de la perfection divine, mais simplement homme et pas plus.

2ème option : dans sa nature même, Jésus Christ est Dieu, créateur du ciel et de la terre, envoyé à l’humanité par la volonté du Père céleste qui a donné son Fils unique pour le salut du monde.

Pour dénoncer le point de vue arien, le concile s’appuyait sur les textes du nouveau testament affirmant que le Verbe vient de Dieu. Ce à quoi les ariens répondaient en s’appuyant sur les écrits de Paul estimant que tout ce qui existe vient de Dieu. Mais également sur un passage d’évangile où Jésus dit :

« le Père qui m’a envoyé est plus grand que moi ». Ou encore : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ! ».

Un évêque arien, Eusèbe de Nicomédie protestait en ces termes :

« Jamais nous n’avons entendu parler de deux inengendrés ! mais d’un seul inengendré, puis d’un autre, étranger à toute participation à la nature inengendrée… »

C’est pour cette raison qu’Athanase d’Alexandrie, grand adversaire de cette doctrine refusa catégoriquement de réintégrer plus tard Arius, malgré de multiples demandes pressantes. Les évêques ariens furent donc désavoués et condamnés à l’issue de ce concile qui s’était donné pour objectif pastoral d’expliciter l’union de l’humanité et de la divinité présente en Jésus Christ. 

Le nouveau testament affirme : Jésus est le Fils de Dieu. Les Grecs essaient de préciser avec leurs outils conceptuels ce qui signifie une telle expression issue du judaïsme. Dans leurs écoles de pensée, la réflexion commune se basait sur l’idée qu’il ne peut y avoir qu’un seul Dieu suprême. La philosophie platonicienne (5ème siècle avant JC) sera reprise par Plotin au 3ème siècle après JC pour schématiser trois grands principes du monde : l’Un ou le Bien, sommet divin de l’univers, puis le Verbe ou l’intelligence (Logos) émanant du premier, et enfin, l’âme du monde, (Psychè), issue du second.

Cette conception hellénistique allait influencer la perception du mystère de la révélation judéo-chrétienne, puisque le Verbe était commun à cette philosophie et à la Trinité. Le nouveau testament tenait à défendre l’unicité de Dieu héritée du judaïsme, et confortait l’idée que le Dieu suprême était le Père, inengendré. Mais la révélation de Jésus proclamé Fils supposait qu’il reçût son existence d’un autre, le Père, et que de ce fait il ait été engendré. D’où la réticence de certains à estimer que Jésus puisse être Dieu dans le même sens que le Père.

Or les débats du concile considérèrent que si Jésus n’est pas Fils de Dieu, il ne nous communiquerait rien de Dieu. Athanase s’écriait : Arius m’a volé mon sauveur ! Il fut donc admis que le Fils reçoit la nature même du Père, la seule supériorité du Père étant qu’il engendre le Fils ; mais la relation d’amour entre le Père et le Fils – identifiée à l’Esprit – entraîne l’égalité du Père et du Fils. 

Le terme grec utilisé fut « homoousios », consusbstantiel : l’être du Fils rejoint l’être du Père, créateur de vie. La catégorie d’être du Fils est donc identique à celle du Père qui lui a donné visage humain. Dans le même registre, le Christ johannique déclare :

« Tout ce qui est à toi est à moi, tout ce qui est à moi est à toi ».

Par son autorité, le concile oecuménique édictait ainsi un dogme qui serait confirmé à Constantinople en 381, dans le but de pacifier les esprits et de faire face aux tentatives de dissolution du noyau dur de la foi reçue des apôtres. Cette charte constitutive promulguée par l’Eglise catholique reçut le nom de « symbole de Nicée ».

Sa formulation concernant la relation du Père et du Fils est la suivante :

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Il est Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. »

Ce credo, complété par la position du concile de Chalcédoine (451) affirmant la nature humaine et divine du Christ, est la synthèse de réflexions théologiques animées, en raison des enjeux qui en découlent. Cependant, l’arianisme revint en force par l’intermédiaire des Barbares semer le trouble en Occident où il survécut jusqu’au 7ème siècle. Lorsque Clovis appelé à devenir roi des Francs décida de se convertir au christianisme, et se fit baptiser en tant que catholique à la cathédrale de Reims, les territoires ariens étaient encore puissants en Europe, et son intérêt, politiquement parlant, aurait plutôt été de devenir arien. Mais le charisme de son épouse Clotilde, princesse burgonde de Genève, l’amena à choisir le catholicisme, ce qui donna aussitôt une orientation toute différente à l’avenir du royaume de France et en posa les bases civilisationnelles prometteuses.

 

 
 
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24 septembre 2024 2 24 /09 /septembre /2024 03:22
La division de la lune par Allah

Les apostats sont en train de faire bouger les lignes, au point où certains pays musulmans sentant le danger arrivé, veulent supprimer du net énormément de hadiths et des explications (tafsirs) des versets coraniques qui montrent l’absurdité de l’islam qui est basé sur l’ignorance qui a été sacralisée par ‘les sachants islamiques’. C’est un vrai vent de panique qui secoue le monde arabo-islamique au point que certaines autorités religieuses refusent de débattre avec les apostats.

Le seigneur islam sera bientôt, inchallah, déshabillé. Sa sacralisation est en train de s’effriter.

Devant ce phénomène jamais égalé de l’apostasie dans l’histoire islamique, et ceci grâce aux réseaux sociaux, les oulémas tentent d’effacer toute trace de preuve prouvant la barbarie et l’ignorance sacralisées de l’islam. Et ce qui choque le plus ceux qui quittent l’islam, ce sont les comportements immoraux de Mahomet, le prophète qu’on présente comme le plus parfait des hommes qu’Allah ait créé sur terre, et le Dernier de ses messagers. Son mariage avec Aïcha la gamine de six ans ne passe pas et surtout tous les droits sexuels qu’il s’est octroyés. Beaucoup de musulmans sont choqués quand ils découvrent la pédophilie assumée de leur prophète. Et en plus, même Allah la cautionne (verset 4 de la sourate 65).

Ce n’est qu’un début et c’est pour cette raison que j’ai écrit cet article sur la division de la lune par Allah, avant que les preuves que l’islam est une religion qui est basée sur les mythes, les légendes et les mensonges ne soient supprimées définitivement de google et tout autre support sur internet. Pour les mahométans, c’est la panique à bord, alors ils insultent en menaçant  toute personne qui étale sur la place publique les absurdités de l’islam.

Selon la tradition islamique, un jour, des Mecquois avaient exigé  de Mohammed  Ibn Abdellah de leur faire un miracle afin de leur prouver qu’il était réellement le prophète d’Allah. Alors Dieu vint à son secours et divisa la lune en deux parties, avant de les recoller.  Le Coran rapporte cet événement :

« L’Heure approche et la lune s’est fendue en deux. » (Coran 54:1)

Le prophète Mohammed récita  ce verset devant les Mecquois lors des grandes assemblées hebdomadaires.

Les Mecquois avaient dit : « Mahomet est un  prophète  menteur; la lune ne s’est jamais fendue en deux, nous n’en avons jamais été témoins, ce n’est qu’une illusion ».

Mais cette division de la une est confirmée par la tradition en s’appuyant sur les versets coraniques de 1 à 3 de la sourate 54 : « L’heure approche et la lune s’est fendue en deux. S’ils voient un prodige, ils s’en détournent et disent : « Ce n’est qu’une illusion passagère ». Ils rejettent la vérité et ne suivent que leurs passions ».

Les ‘savants de l’islam‘ confirment cette séparation de la lune en deux parties par de nombreux témoignages invérifiables, car il n’y a aucune preuve matérielle de cette division.

Le miracle lunaire de Mahomet a-t-il réellement existé ?

Le juriste traditionaliste, commentateur du coran et historien musulman ibn Kathir (1301-1373), rapporte que la division de la lune a été mentionnée  par des écrits dans certaines parties de l’Inde. Dans les livres des hadiths, notamment Boukhari et Muslim, un compagnon du prophète, Abou Saïd Al-Khoudri (à son actif plus de 1170 hadiths)  a dit qu’il avait assisté  à la rencontre d’un roi hindou avec le Prophète et qui confirma la division de la lune.

D’après la légende islamique, ce roi embrassa l’islam et fut dès lors l’un des leurs. Son nom fait d’ailleurs partie de la longue liste des compagnons du Prophète.

Le verset de la séparation est  décrit par les oulémas comme un miracle de Mahomet ; il aurait ainsi fendu la lune en deux afin de prouver sa Prophétie aux Koreïchites qui le considéraient comme un charlatan.

Ce premier verset de la sourate 54 a fait couler beaucoup d’encre chez les exégètes musulmans qui ont fait un gigantesque effort d’interprétation pour étaler les miracles de Mahomet, et prouver ainsi qu’il est un vrai prophète. Or quand on creuse dans l’histoire des religions, et notamment dans le judaïsme, ces versets 1 à 3 de la sourate 54 est fortement apocalyptique et trouve des parallèles dans le Livre d’Ezéchiel ou l’épitre des Hébreux. Cette  division de la Lune est un phénomène récurrent qu’on retrouve dans les anciens écrits comme l’Ascension de Moïse.

Pour démontrer cette division lunaire en deux parties, les ‘sachants islamiques’ se sont appuyés sur la Nasa qui, soit disant, a découvert la déchirure qui a provoqué la fente de la lune par Allah à la demande de Mahomet. Pour mettre fin à cette rumeur farfelue, sans fondement scientifique, la  Nasa par l’intermédiaire du Dr Brad Bailey a déclaré : « Ma recommandation est de ne pas croire tout ce que vous lisez sur Internet. Les articles évalués par les pairs sont les seules sources d’information scientifiquement valables. Aucune preuve scientifique récente n’indique que la Lune ait été scindée en deux parties (ou plus), puis réassemblée à un moment quelconque du passé ».

Finalement, l’islam est basé sur des mythes et des légendes. Et sa grande prouesse, c’est le recyclage de ces thèmes en les attribuant à Allah, le dieu créateur.

Hamdane Ammar

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16 septembre 2024 1 16 /09 /septembre /2024 09:20
L’étoile de la rédemption : histoire du Magen David

Au fil du temps, l’étoile de David est devenue le symbole du judaïsme.

Non sans arrière-pensées, certains commentateurs minimisent son sens et prétendent qu’elle est d’apparition récente. Or il n’en est rien, puisqu’au 9ème s. avant notre ère, à l’époque du roi Achab, fils de Salomon, l’étoile apparaît sur un mur de Megiddo, ainsi qu’au 7ème s. avant JC, où elle figure sur un sceau trouvé à Sidon. Ce symbole devient beaucoup plus visible durant la période du Second Temple, c’est-à-dire depuis le retour des juifs en Judée au 6ème s. avant JC jusqu’au 1er s. de l’ère courante.

Magen David signifie bouclier de David (Scrutum Davidis) parfois renommé sceau de Salomon par les Arabes. En Occident, ce symbole se généralise au Moyen Age, puisque la Bible hébraïque du codex de Leningrad est illustrée par un Magen David en 1008. Au 18ème s. le quartier juif de Vienne est distingué du quartier chrétien par une borne comportant une étoile d’un côté et une croix de l’autre.

On sait que pour les pharisiens docteurs de la Torah, l’étoile à 6 branches symbolisait les 6 jours de la semaine conduisant au shabbat représenté par le centre de l’hexagramme. Les six branches induisaient la plénitude biblique du chiffre sept. Mais la prophétie de Balaam (Nombres 24, 1-25) déclare : « Un astre issu de Jakob devient souverain, un sceptre se lève, issu d’Israël », ce qui annonce la survenue d’une étoile messianique provenant de la maison de David, d’où précisément son nom, Étoile de David. Certains exégètes estiment que l’expression « bouclier de David » résulte de l’épisode biblique racontant comment David, pourchassé par Saül, s’est retrouvé caché dans une grotte, à l’entrée de laquelle il fut protégé par une grande toile d’araignée tissée en forme d’étoile à six branches.

Mais Gershom Sholem nous donne une interprétation à la fois philosophique et spirituelle de l’hexagramme : dans les deux triangles qui se complètent, le triangle dont la base est en bas montre l’aspiration de l’homme vers Dieu, et l’autre triangle dont la base est en haut indique la compassion de Dieu tourné vers l’homme.

 

Un commentaire du Shir ha shirim, Cantique des cantiques, sous la plume du rabbin Abraham Ibn Ezra (1093-1167) précise que la « rose » citée dans le texte (Cantique 2,2) est un lys (shoshana), de la même racine que le chiffre 6 (shesh) symbole du peuple d’Israël. (Il existe un chant connu : Erev El Shoshanim).

Le roi Salomon voulut placer de part et d’autre de l’entrée du Temple deux colonnes d’airain (Boaz et Yakin) pour marquer l’entrée au sanctuaire par une dimension mystique. (Cette posture sera d’ailleurs reprise par de nombreux bâtisseurs de cathédrales, avec deux tours à l’entrée de l’édifice sacré). Or la partie supérieure de chaque colonne du temple de Salomon était constituée d’une couronne imposante en forme de lys à 6 branches. « Et sur les colonnes il plaça des couronnes en forme de lys » (1 Rois7,19).

Le Magen David a pris une nouvelle dimension politique, d’abord effrayante durant le pouvoir nazi qui a utilisé l’étoile jaune pour désigner les juifs comme candidats à leur élimination sociale et finalement physique. Mais le même Magen David a été promu figure d’une résurrection, comme symbole du sionisme, devenant dès 1948 l’effigie de la nation juive renaissante. Puis il a reçu une signification philosophique dans les travaux de Franz Rosenzweig avec son ouvrage « L’Etoile de la rédemption » pour lequel les triangles expriment les éléments d’une réalité : Dieu, l’univers et l’homme.

Notons que l’hexagramme à six branches se retrouve fréquemment dans les vitraux, sur les fresques et dans les sculptures des sanctuaires chrétiens, sans doute en référence à la phrase du livre de l’apocalypse de St Jean, mais aussi pour rappeler aux contemporains le lien indéfectible entre Premier et Nouveau testaments : « Je suis le Fils, le descendant de David, je suis l’étoile brillante du matin »(Ap 22,16)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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16 septembre 2024 1 16 /09 /septembre /2024 02:57
Interview de Bat Ye’or sur le djihad
Bat Ye’or est une romancière, essayiste et conférencière britannique. Pionnière, elle a analysé la dhimmitude, statut cruel et déshumanisant des non-musulmans, spoliés de leur terre, sous domination islamique après avoir été vaincus par le djihad, et Eurabia, alliance euro-arabe visant à « fondre l’Europe dans un ensemble méditerranéen euro-arabe où le multiculturalisme et la fusion des populations et des langues, grâce à l’immigration, imposeraient la destruction des frontières, des identités nationales et religieuses, gages de la paix en Méditerranée ».

Elle répond à nos questions sur le djihad, ses fondements, ses modalités et ses conséquences pour les peuples vaincus, ainsi que sur des enjeux contemporains. Cet article vise à informer et espère susciter des études dans diverses disciplines – histoire, droit, diplomatie, « art de la guerre », polémologie, etc. – sur le djihad.

Qu’est-ce que le djihad ?

Le djihad est un concept à la fois de conquête et de transformation du monde. Il concrétise une obligation incombant à l’oumma (l’ensemble de la communauté musulmane), incluse dans sa foi.

Selon le Coran, l’oumma, dans sa totalité, a conclu un pacte avec Allah : elle s’engage à combattre la mécréance pour imposer sur terre la loi d’Allah, chacun selon ses moyens, et, en contrepartie, Allah permet exclusivement aux musulmans d’accéder au Paradis éternel (IX : 112, Dieu a acheté des croyants leurs biens et leur personne pour qu’il leur donnât en retour le paradis ; ils combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et serons tués.) 

Le djihad est donc censé concrétiser l’ordonnancement du monde selon une volonté divine qui ne peut être transgressée. Ses paramètres et ses catégories ne sont pas modifiables par l’esprit humain.

Quel en est le fondement ?

La conceptualisation du djihad, ses paramètres et son mode de raisonnement sont essentiellement religieux. 

Ils se fondent sur le Coran, les bibliographies du Prophète Mahomet et la Sunna, recueil des comportements ainsi que des paroles attribués à Mahomet et qui ont tous valeur et obligation normatives.

On peut donc dire que le djihad est non seulement une catégorie essentielle de la théologie islamique, mais aussi de sa jurisprudence. 

A la fois théologie, loi et politique, le djihad constitue le fondement structurel obligatoire des relations de la communauté islamique avec les non-musulmans.

Aujourd’hui cependant, ces propos méritent d’être nuancés. Il y a une différence entre une doctrine inscrite dans des textes millénaires et les opinions individuelles des membres d’une communauté s’élevant à plus d’un milliard et demie de personnes.

Les contextes aussi ont évolué.

On pourrait donc parler de droit ou de jurisprudence islamique du djihad…

Le djihad est structuré par le droit religieux et la source de sa jurisprudence est Mahomet. 

C’est précisément cette armature théologique et juridique très minutieuse qui différencie le djihad des autres guerres.

Dans Chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude (Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2007), vous écrivez : « Si, sur le plan des tactiques, le jihâd ne se différencie guère des batailles ordinaires, en revanche, au plan idéologique, le jihâd est une guerre exceptionnelle, voire unique. C’est, en effet, la seule guerre de caractère offensif éternel et universel attachée à un système religieux… L’ensemble des stratégies qui constituent le djihad représente le moyen de contraindre par la force des populations ciblées à entrer dans la dhimmitude  » (p. 262). Peut-on comparer le djihad à la guerre sainte occidentale chrétienne, par exemple au Moyen-âge ?

Ce sont des guerres très différentes. 

Le djihad est une guerre menée selon des préceptes coraniques, obéissant à sa propre logique théologique qui n’est pas celle du christianisme. La doctrine chrétienne n’a pas en son cœur un code de guerre obligatoire permanent contre les non-chrétiens. C’est pourquoi les déclarations de journalistes qui affirment benoîtement que l’islam évoluera parce que le judaïsme et le christianisme ayant pratiqué les mêmes excès que l’islam, ont évolué, n’ont aucun fondement. Tout d’abord le judaïsme n’a jamais pratiqué de guerres de conversions contre ses voisins païens et la doctrine du jihad lui est totalement étrangère. Ces religions sont différentes et l’évolution des mentalités et des valeurs implique des modifications spécifiques à chacune. 

Qu’elles aient été aussi féroces et cruelles de part et d’autre, je vous l’accorde volontiers.

Certes, mais l’Eglise, par exemple, a initié au Moyen-âge un mouvement visant à pacifier l’Occident chrétien, à moraliser le comportement des chevaliers – Trêve de Dieu qui suspendait la guerre pendant certaines périodes de l’année (Noël, Carême) -, à contrôler le recours à la violence par des féodaux – définition de la « guerre juste » -, etc. Dans le djihad, la hudna est-elle une trêve particulière ? Est-ce différent de la muhâdana (trêve provisoire liée à la conjoncture politique » ? (Les chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude, p. 28)

La hudna est la trêve, mais celle-ci introduit des modalités spécifiques aux différentes situations : certaines exigeaient un tribut, d’autres des livraisons régulières d’esclaves africains ou la contribution de soldats chrétiens aux guerres djihadistes contre d’autres royaumes chrétiens. 

En 1095, le pape Urbain II a initié la Première Croisade, ou « pèlerinage en armes », afin de restaurer l’accès aux lieux de pèlerinages chrétiens en Terre sainte, interdit par les Turcs Seldjoukides dès 1071, et afin de répondre à la demande de l’empereur d’Orient. Le djihad au Moyen-âge est présenté par certains islamologues comme une réaction défensive du « monde musulman », essentiellement de l’empire seldjoukide, contre les Croisades. Est-ce conforme à l’Histoire ou bien est-ce une version islamique, une inversion de la réalité historique ?

Cette fable ne repose sur rien d’autre que la volonté de représenter l’agressé comme l’agresseur pour souligner le caractère maléfique de la mécréance.

Le djihad a commencé avec Mahomet par ses guerres contre les tribus païennes et les Juifs d’Arabie. Elles servirent de fondement structurel à la théorie et à la pratique du djihad.

Les croisades débutèrent à la fin du XIe siècle (1095), après quatre siècles de djihad permanent contre des royaumes chrétiens. 

Existe-t-il un « grand djihad » et un « petit djihad » ?

Il existe une conception militaire combative théologique très structurée et détaillée du djihad guerrier, et une autre invitant le croyant à un effort personnel de perfectionnement moral et spirituel pour une plus grande justice envers les musulmans. 

Le djihad spirituel prescrit l’imitation de Mahomet, prophète de l’islam, afin de marcher dans la voie d’Allah. Il prône les valeurs de la charia et du Coran où le combat contre la mécréance représente le stade le plus achevé du mérite. 

Perfectionnement moral et spirituel dans l’esprit coranique – application des peines corporelles, statut de la femme, soumission aux préceptes de la charia, lois de la dhimmitude, etc. – et djihad militaire contre la mécréance, se rejoignent. 

Dans la conception biblique, le perfectionnement moral s’oppose à la violence contre le prochain et la guerre qui implique des tueries concrétise le mal. Dans l’islam, la guerre contre les mécréants pour imposer la loi d’Allah est le plus haut degré moral.

Ainsi petit et grand djihads ne se contredisent pas, mais sont complémentaires.

Quel est le but du djihad ?

Le djihad vise à supprimer toute loi et tout gouvernement non islamiques afin d’établir la charia, le gouvernement d’Allah, sur l’ensemble de l’humanité. 

La terre appartenant à Allah, celui-ci en a attribué la propriété à sa communauté pour qu’elle y fasse régner sa loi. Le djihad est l’instrument par lequel les musulmans se réapproprient les pays qu’Allah leur a donnés, mais que les mécréants détiennent illégalement. 

Au regard du droit islamique, le djihad de conquête n’est jamais offensif mais défensif, car il rétrocède à la communauté d’Allah un bien lui appartenant déjà et qu’il est de son devoir de reprendre aux infidèles afin d’y établir la loi d’Allah. 

Le djihad est justifié par la prééminence de l’islam sur toutes les autres religions (Coran IX : 33). Gratifiée d’une religion parfaite, l’oumma est élue pour faire triompher l’islam. 

Comment le djihad a-t-il marqué l’histoire de l’islam ? 

Sans le djihad, l’islam serait resté à la Mecque. C’est le djihad qui permit l’expansion et la construction d’immenses empires islamiques enjambant trois continents.

Quelles sont les modalités du djihad ?

Les modalités du djihad sont nombreuses, car les juristes théologiens ont prévu toutes les éventualités des hasards de la guerre. 

Le djihad peut être mené par des moyens militaires comme à l’époque de la grande expansion arabe (VII-VIIIe siècle), relayé plus tard en Europe par les Turcs islamisés. La tactique de guerre prévoit le harcèlement des frontières du dar al-harb (domaine de la guerre) par des bandes armées de pilleurs, qui incendient les villages, s’emparent d’otages et d’esclaves, massacrent pour chasser les indigènes et faciliter la progression des armées par des empiètements progressifs territoriaux.

L’activité conquérante ne doit jamais se relâcher, que ce soit par la da’wa ou prosélytisme de la parole, par l’achat des cœurs ou corruption, par le harcèlement de la razzia : destruction des villes et des villages et implantation de la loi islamique dans tout territoire conquis, ou par la piraterie maritime et le grignotage territorial selon les opportunités de l’immigration sur les terres des infidèles comme dans le cas de l’islamisation de l’empire byzantin en Anatolie et dans les Balkans, par le terrorisme contre les mécréants, l’enlèvement de leurs femmes et la prééminence islamique consécutive à l’implantation en territoire mécréant des lois de la charia. 

Ces formes « douces » d’avancées djihadistes préparent les victoires des grandes expéditions militaires dont les étapes, le sort des territoires conquis et celui des vaincus, des prisonniers, des femmes, des enfants, ainsi que les répartitions du butin sont déterminés par le droit islamique.  

Quand une portion du dar al-harb (domaine de la guerre) est incorporée dans le dar al-islam (domaine de l’islam), ses habitants (harbis) constituent des prisonniers de guerre. L’imam peut, selon les circonstances de la conquête et en choisissant toujours l’intérêt de l’islam, les condamner au massacre, à l’esclavage, à l’exil ou traiter avec leurs représentants, généralement leurs chefs religieux. Il peut accorder à ceux qui possèdent un livre révélé un pacte de protection (dhimma) qui les soumet à la capitation et à un statut d’humiliation. Ils deviennent des dhimmis, des protégés contre les déportations, les conversions forcées, l’esclavage ou la mort prescrits par les lois du djihad contre les mécréants. La dhimma octroyée par Mahomet aux Juifs quand il les assiégea (628) dans leur oasis de Khaibar (Arabie), servit de modèle aux traités ultérieurement accordés par les conquérants musulmans aux indigènes vaincus qui peuplaient les territoires hors d’Arabie (Le Dhimmi, p. 35).

Dans « Un silence religieux. La gauche face au djihadisme », Jean Birnbaum (Seuil, 2016), rédacteur en chef du Monde des livres, analysait à la fois la double communication politique du FLN (Front de libération nationale) et la cécité de la gauche envers l’imprégnation islamique des moudjahidine algériens. En 1966, le “pied rouge” Pierre Maillot soulignait dans un article refusé par la revue Esprit que le FLN avait une face “internationaliste et laïque” à usage externe et une autre, à usage interne, “nationaliste et religieuse” : “Dans cette guerre, il n’était pas question de combattre pour le socialisme […] ou les libertés démocratiques. […] Il s’agissait de djihad. Je comprenais […] que le FLN n’aurait jamais eu le soutien des masses populaires avec les thèmes de démocratie, révolution, laïcité, modernité, bref avec les thèmes occidentaux qu’il gardait pour sa politique extérieure . »

Dans son livre « Le Voyage interdit. Alger-Jérusalem » (Ed. Les Provinciales, 2020), le réalisateur né en Algérie Jean-Pierre Lledo, auteur du documentaire éponyme, évoque la projection de son film « Algérie, histoires à ne pas dire » en 2007 lors du Festival de Toronto : des universitaires spectateurs « n’avaient pas été préparés à entendre de la bouche même des moudjahidine que ladite « guerre de libération » avait été aussi une guerre d’épuration des non-musulmans… Que la guerre d’indépendance avait été pratiquée et vécu d’abord comme un djihad ». Le réalisateur définit ainsi les moudjahidine : « Dans le monde musulman, sont ainsi nommés tous les combattants, quelles que soient leurs causes. On peut y reconnaître la racine djihad… La guerre « fi sabil Illah » pour la cause d’Allah ».Y a-t-il d’autres « guerres d’indépendance » imprégnées par le djihad ou dont le caractère religieux a été ou demeure occulté ? 

Jusqu’à présent aucune autorité islamique n’a récusé le djihad, et, dans la conception islamique, toute guerre contre les mécréants est un djihad.

L’OLP (Organisation de libération de la Palestine) est une organisation djihadiste terroriste bien que des chrétiens y aient occupé de hautes fonctions. La représentation de l’OLP comme une organisation de « résistants contre l’occupation » est une construction européenne délibérément fallacieuse destinée à maquiller dans un vocabulaire occidental acceptable mais aberrant les relations de domination djihadiste avec les dhimmis, dans ce cas les Juifs. Que ce truquage ait été fait après 1967 par des collaborateurs nazis et des antisémites n’est pas étonnant compte tenu des liens étroits d’Européens, ayant adhéré au nazisme, avec des musulmans et chrétiens Arabes dans les années 1930-40, notamment ceux de Palestine mandataire. 

Les guerres de reconquête islamique sont des djihads. Dans la guerre d’Algérie, le combat contre les musulmans considérés comme « traîtres » fut excessivement cruel, conformément aux stipulations djihadistes qui les condamnent bien plus sévèrement que les mécréants.

Quelle est la vision de l’humanité selon le djihad ?

Le djihad divise l’humanité en deux parties irréconciliables : le domaine de l’islam (Dar al-Islam) régi par la loi islamique et où règnent la paix et la justice émanant du gouvernement de la charia, et le domaine de la guerre (Dar al-Harb) destiné à être conquis. Ses habitants, les harbis, les mécréants, doivent être éternellement combattus jusqu’à leur soumission et l’incorporation de leur pays dans le domaine de l’islam. 

Entre ces deux extrêmes, la loi reconnaît deux autres catégories qui permettent de suspendre provisoirement la guerre contre les pays non-musulmans : les pays de la trêve (dar al-Sulh), pays qui obtiennent un armistice moyennant le paiement d’un tribut, et les pays du Pacte (dar al-‘Ahd) dont les chefs mécréants offrent des compensations à l’oumma en échange de l’absence d’hostilités. Ces compensations peuvent être d’ordre militaire comme la mise à dis-position du calife de contingents chrétiens dans les armées djihadistes ; les empereurs byzantins y furent parfois contraints. L’aide peut prendre la forme de constructions de mosquées en territoire chrétien et d’autres compromis ou à notre époque, de soutiens diplomatiques. 

On pourrait dire que depuis 1974, après la grande vague de terrorisme djihadiste palestinien amorcée en 1969 par la piraterie aérienne, suivi en 1973 du djihad économique par l’arme pétrolière utilisée dans le boycott  visant des pays amis d’Israël – pétrole dont le prix avait quadruplé d’octobre 1973 à mars 1974 – l’Europe est devenue dar al-Ahd après avoir accepté les exigences de la Ligue arabe : reconnaissance d’un « peuple palestinien  », de son leader Yasser Arafat, recul d’Israël sur les lignes d’armistices de 1949 et soutien indéfectible à l’OLP. Cette décision fut prise à Bruxelles le 6 novembre 1973 dans une Résolution conjointe des neuf pays de la Communauté économique européenne (CEE).

Elle devint le fondement de la politique méditerranéenne de l’Union européenne (UE) qui adopta envers Israël l’interprétation djihadiste de la guerre. Cette interprétation intervertit l’agresseur et l’agressé, Israël, comme tout mécréant, étant toujours coupable. L’UE, de par son adhésion au djihad palestinien, légitima le terrorisme anti-israélien en le désignant « résistance » contre les « colons » juifs qui défendaient leur pays  dont le nom antique, la Judée, fut remplacé dans les textes officiels par « Rive Ouest » (« West Bank ») [du Jourdain, Ndlr] ou Cisjordanie. On peut dire que l’Europe, ne serait-ce qu’en supprimant de son propre chef et unilatéralement le nom géographique et l’histoire d’un territoire ne lui appartenant pas, a agi en puissance coloniale et agressive.

Une fois le territoire conquis par le djihad, que se passe-t-il pour les terres et les habitants ? A quoi servent les butins des razzias ? Qui administre ces territoires conquis ?

Si les territoires sont conquis par la guerre et avec des traités donnés aux infidèles (dhimma), leurs stipulations doivent être respectées. 
S’ils le sont par la guerre, ce qui fut la majorité des cas, ces pays deviennent la propriété (fay) de l’Etat musulman représenté par le calife. Ils sont incorporés au dar al-islam où s’applique la loi islamique privilégiant les musulmans. 
Concernant les vaincus, le calife est libre de choisir entre plusieurs options dans l’intérêt des musulmans. Il peut les passer au fil de l’épée, les réduire à l’esclavage ou en otages pour les échanger contre des musulmans prisonniers ou obtenir des rançons, les déporter hors de leur pays, garder les femmes et les enfants esclaves ou les remettre en liberté. 

Les dispositions légales envers les vaincus et envers les populations dhimmies varient en fonction des différentes écoles de droit, mais ces différences ne sont pas très grandes. L’école hanbalite appliquée en Syrie et l’école mâlikite adoptée au Maghreb et en Andalousie dès le VIIe siècle furent les plus sévères et intolérantes.  

La population païenne a le choix entre l’épée ou la conversion. Les peuples détenteurs d’une révélation écrite (juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, nestoriens) peuvent se convertir ou garder leur religion à condition de se soumettre à un système d’exploitation fiscale, d’abaissement et d’humiliation qui seul garantit leur vie. Mais ils peuvent garder leur religion, leurs lieux de culte, et s’administrer selon leur propres lois. C’est la dhimmitude que j’ai largement décrite dans mes livres. Ces peuples indigènes deviennent des dhimmis, c’est-à-dire des vaincus qui échappent à la mort ou à l’esclavage auxquels les condamnent les lois du djihad par un pacte de protection qui les maintient obligatoirement dans une sorte de sous-humanité. 

Dans l’ensemble, les peuples indigènes sont dépossédés de leurs terres et désarmés, la majorité de leurs lieux saints islamisés. Ils ne peuvent posséder ni terre, ni armes. La paysannerie dhimmi se maintient dans les campagnes comme métayers soumis à de nombreuses contributions, impôts, rançons, extorsions et corvées souvent extorquées sous la torture. Dans de nombreuses circonstances les populations dhimmies furent chassées ou déportées notamment dans le contexte de peuplement musulman remplaçant les indigènes. Cette politique pratiquée à toutes les époques, se répéta au XXe siècle dans l’empire ottoman avant et pendant la Première Guerre mondiale au cours des massacres et du génocide des Arméniens remplacés par les muhagirs (émigrés musulmans) venus du Caucase et des Balkans. La politique de peuplement des muhagirs se développa aussi en Judée pour neutraliser le sionisme. La terre comme butin de guerre demeurait la propriété exclusive du calife. Ce n’est que vers le milieu du XIXe siècle à la suite de réformes exigées par les Puissances occidentales que musulmans et non-musulmans purent accéder à la propriété foncière dans certaines provinces de l’Empire ottoman.

Le djihad et les razzias procurent le butin des pillages ainsi que des esclaves juifs, et surtout chrétiens, hommes, femmes et enfants des côtes et des îles méditerranéennes, des Balkans, dans les pays slaves plus au nord, mais aussi dans l’Afrique païenne et chrétienne. Butin et esclaves sont partagés selon les lois coraniques prescrites par Mahomet, le quint, ou cinquième, étant réservé au calife. Toutes les communautés juives des pays islamisés prévoyaient dans leur modeste trésorerie une somme d’argent destinée aux rachats de leurs coreligionnaires. 

Menacé par la Russie tsariste, le sultan ottoman Abdul-Majid proclame en février 1856, l’égalité de tous ses sujets et un train de réformes en échange de la garantie franco-britannique de l’intégrité territoriale de son empire. C’est l’acte officiel d’abolition du statut du dhimmi dans l’empire, mais l’instauration des réformes nécessaires fut combattue par les instances religieuses musulmanes au prétexte qu’elles étaient contraires à la charia. 

Quid de la guerre de Mahomet en Arabie – tribus juives, païens – et dans la conquête islamique ?

 

Les guerres menées par Mahomet en Arabie, à partir de 622 jusqu’à sa mort, contre les tribus païennes et juives servirent de modèles pour tracer les grandes lignes du djihad et les lois relatives aux vaincus, au butin et aux biens fonciers et mobiles. 

On doit noter cependant que les traités sur le djihad, les biographies du Prophète et les livres de droit n’apparaissent qu’à l’époque abbaside, deux siècles après les grandes conquêtes arabes. 

Les conquérants musulmans surent admirablement profiter des circonstances géostratégiques et politiques en Orient au VIIe siècle et de l’épuisement des puissances ennemies, la Perse sassanide et l’Empire byzantin. Le ralliement de certaines tribus Arabes chrétiennes chargées de protéger les frontières de ces deux empires, et leur collaboration à l’offensive militaire de tribus musulmanes, facilitèrent la conquête musulmane. 

L’appareil théologique doctrinaire et la jurisprudence furent élaborés sous les Abbassides [califat abbasside de 750 à 1258, Ndlr] et jusqu’au XIe siècle.

Les victoires militaires furent partout suivies de l’ébranlement de tribus entières d’Arabie avec femmes et enfants, immigrant vers les pays conquis et auxquelles le calife octroyait à titre temporaire et à certaines conditions les terres et les villages des populations vaincues. Ce fut une colonisation démographique, culturelle, politique et religieuse organisée et implantée par la corrélation du djihad et de la dhimmitude sur trois continents : Europe, Afrique et Asie. 

Quelles sont les périodes d’activités du djihad contre l’Europe ? Et contre l’Asie ?Les attaques djihadistes se développèrent dans l’empire byzantin du Proche et Moyen Orient, le bassin méditerranéen oriental contre les îles grecques dès le VIIe siècle. Les populations de Cos, Chypre (649), Rhodes (672), Crète (674), Paros, furent massacrées ou réduites en esclavage et déportées en Arabie. 

Puis du IXe au XIe siècles, les razzias dévastèrent les côtes européennes, la Sardaigne, la Sicile, les côtes de France et d’Italie, les Cyclades et les côtes grecques. Les incursions arabes remontèrent la botte italienne jusqu’à Ostie (840) et Rome dont tous les alentours furent dévastés, les églises pillées et incendiées (846). 

A l’ouest les Arabes passèrent en Espagne (712), de là à Narbonne (720), Poitiers (732), Marseille (838), Toulouse et jusque dans les Alpes suisses. Toutes ces régions furent saccagées, les populations massacrées ou réduites en esclavage et déportées d’après les textes contemporains arabes, grecs et chrétiens. 

Dans l’Anatolie byzantine, les Arabes parvinrent deux fois jusqu’à Constantinople, firent des esclaves, détruisirent le royaume d’Arménie et déportèrent les populations. 

En Asie, les Arabes parvinrent au-delà du Syr-Daria (751) .

On doit toutefois replacer la cruauté de ces guerres dans le contexte de l’époque où toutes les armées se montraient aussi féroces. 

Ce fut la première vague djihadiste d’islamisation (632-750) menée d’abord par les tribus arabes de l’Arabie (Tanukh, Kalb, Tamim, Qays, etc.). Elle provoqua un ébranlement de toutes les tribus vers les terres conquises, Egypte, Judée (ou Judea Capta, comme le mentionne une monnaie romaine représentant la Judée captive par une femme pleurant sous un dattier), Syrie, Mésopotamie, Perse, Afrique du Nord et Espagne pour ne citer que le pourtour méditerranéen. Les contemporains, dont le clergé, parlent de grands massacres, et d’esclavage

La deuxième vague fut la vague turque (1071-1683). Elle détruisit l’empire byzantin en Anatolie et établit la domination turque dans les Balkans – Grèce, Serbie, Albanie, Bosnie, Hongrie, Moldavie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie – arrivant aux portes de Vienne (1529, 1683) et de Venise

Les deux vagues d’islamisation furent différentes. La vague arabe fut semblable à un tsunami par le déferlement des tribus sur les terres chrétiennes conquises du sud Méditerranéen, en Europe et vers l’Asie bouddhiste. Par contre, la vague turque procéda par une lente pénétration migratoire au cœur des territoires chrétiens, soutenue par des raids, des destructions, une insécurité généralisée isolant les villes et les villages et faisant fuir les indigènes. Une pléthore de sources très diversifiées – grecques, latines, serbes, bulgares, hongroises, arabes, turques – fournit des renseignements sur la turkification de l’Anatolie, de la Grèce et de l’Europe centrale. Ces deux vagues d’islamisation procédèrent par étapes dans tous les secteurs : démographique, appropriation des terres, culturels (interdiction des langues indigènes), économique, social, dhimmitude. Elles profitèrent des guerres interchrétiennes : catholiques romains contre Grecs orthodoxes et Eglises orientales dissidentes. Etalée sur cinq siècles (XI-XVIIe siècles), la phase turque fut minutieusement décrite par les contemporains. 

La supériorité militaire européenne mit un terme à l’expansion turque après 1683, et au XIXe siècle, avec l’aide de l’Amérique, à la piraterie maritime en Méditerranée. Cette avancée fut propice à la colonisation du Maghreb (France), en Asie (Grande-Bretagne) et en Afrique. La colonisation européenne, quels que furent ses crimes (massacres, racisme, etc.), fut d’une toute autre nature que l’impérialisme religieux djihadiste. 

Contenu par la puissance des Etats européens, le djihad se manifesta néanmoins durant tout le XIXe siècle à l’intérieur de l’empire ottoman contre les mouvements d’indépendance des peuples chrétiens des Balkans et donna lieu à de véritables génocides de Grecs, de Serbes, de Bulgares et à la fin du siècle d’Arméniens. 

Comment s’est déroulé le djihad au XXe siècle ?

Dès le début de la Première Guerre mondiale, le calife-sultan ottoman allié à l’Allemagne impériale et à l’empire d’Autriche-Hongrie, proclama un djihad contre les pays de l’Entente. Le parti des Jeunes Turcs au pouvoir procéda durant la guerre au génocide des Arméniens, des Assyro-Chaldéens et des Grecs pontiques

Après la Déclaration Balfour (1917) et le morcellement de l’Empire ottoman consécutif à sa défaite (1918), le djihad, soutenu par des mouvements européens antisémites, combattit le sionisme sous le drapeau de l’Arabisme. C’est le début de l’alliance djihadiste euro-arabe qui culmina sous le fascisme et le nazisme, notamment durant le génocide des Juifs dans la Deuxième Guerre mondiale, la Shoah. Alliance dont Mohammed Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem, Frère musulman palestinien, représentant du mouvement arabe antisioniste islamo-chrétien en est l’emblème. Al-Husseini fut le chef spirituel des régiments musulmans SS et eut un rôle prééminent dans l’enrôlement des musulmans des Balkans, d’Eurasie, d’Afrique et des Arabes dans les forces de l’Axe et dans la diffusion d’une propagande haineuse antijuive dans le monde musulman. 

La participation européenne au djihadisme antisioniste parcourt tout le XXe siècle sous des formes diverses : diffusion de l’antisémitisme européen dans les pays arabes, Dialogue Euro-Arabe, pro-palestinisme, soutien inconditionnel à l’OLP, délégitimation d’Israël, BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) réclamé par les co-présidents de l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe. Ce militantisme euro-djihadiste contre Israël s’évertue à créer depuis 1974 un « peuple palestinien », modelé à l’image du peuple Juif dans le but de remplacer l’Etat souverain d’Israël par la Palestine arabe et islamique.

Ailleurs, le djihad reprit sous forme de guerres de décolonisation contre les Etats européens, et se poursuivit dans le terrorisme en Europe et contre Israël ainsi que dans une politique concertée d’immigration en Occident et de non-intégration. 

En Afrique, le djihad ne s’est jamais arrêté.

En 2006, l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi  a prononcé un discours diffusé par Al-Jazeera : « Il y a 50 millions de musulmans en Europe. Des signes montrent qu’Allah accordera à l’islam la victoire en Europe – sans épées, sans fusils, sans conquêtes. Les cinquante millions de musulmans d’Europe en feront un continent musulman en l’espace de quelques décennies. » (Source : MEMRI)

On pourrait citer aussi Recep Tayyip Erdogan, président (Parti de la justice et du développement) de la Turquie depuis 2014, déclarant en 1997  : « Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes, les croyants nos soldats… »

Mais, lors d’une session du Forum mondial de la jeunesse à Charm el-Cheikh, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a été interrogé sur le sujet des pays occidentaux qui ferment leurs portes aux immigrants des pays sous-industrialisés. Il a répondu : « Vous [migrants, Ndlr] exigez d’entrer chez eux avec votre culture, que vous considérez comme non négociable. Vous dites : « Nous sommes ainsi et vous devez nous accepter [par respect] des droits de l’homme. » Non. D’ailleurs, si vous vous rendez dans un autre pays en tant qu’invité, vous devez respecter scrupuleusement ses lois, ses coutumes, ses traditions et sa culture. Vous devez les respecter pleinement ! Si cela ne vous convient pas, ne partez pas. Ne vous attendez pas à ce qu’ils vous ouvrent leurs portes, pour que vous entriez dans leur pays et leur causiez des problèmes. Non. […] Vous vous livrez bataille depuis 40 ans, et vous attendez [de l’Occident] qu’il vous ouvre ses portes ? Non”. (Source : MEMRI)

Quid de l’Occident face au djihad ?

L’industrie pétrolière, la dépendance de l’Europe envers le pétrole, les liens de gouvernements européens fascistes et collaborationnistes avec les leaders arabes, la crainte du communisme, l’attrait des grands marchés et de la mondialisation, les rivalités politiques incitèrent des Etats européens et les Etats Unis à collaborer avec le djihadisme, par exemple, dans l’alliance de l’Europe avec l’OLP et la Ligue Arabe contre Israël (Dialogue euro-arabe), ou celle des Etats Unis avec les Talibans, favorisant l’expansion des madrasas coraniques contre l’Union soviétique.

Le djihad continue-t-il ?

En fait, conformément au commandement religieux qui prohibe l’arrêt du djihad tant que la mécréance n’a pas été entièrement éliminée, le djihad ne s’est jamais arrêté et se poursuit jusqu’à aujourd’hui sur toute la planète. 

Cependant il est combattu par beaucoup d’Etats musulmans et d’intellectuels qui récusent ses principes et ses procédés. 

Aujourd’hui le djihad est une source de divisions et de fortes répressions au sein du monde musulman.

Quid du Califat ?

Le calife qui réunit les pouvoirs religieux et temporels (politique) doit appliquer sur terre les lois d’Allah prescrites par les textes sacrés musulmans. 

Le califat fut aboli en 1924 par Moustapha Kemal (Ataturk) qui s’efforça de moderniser la Turquie.  

 

Le 29 juin 2014, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a annoncé le rétablissement du califat, et est dénommé ensuite « Etat islamique » (EI). Il s’est étendu en Iraq et en Syrie, a fomenté des attentats terroristes islamistes notamment en Europe, etc. Dirigée par les Etats-Unis, une coalition anti-ISIS est parvenue à réduire son territoire et à éliminer ses chefs. Quel est le rôle du fort dans le djihad comme Raqqa en Syrie ?

Le développement de la situation à Raqqa est typique du processus de conquête djihadiste qui construisait des cités forteresses (ribât) sur les confins du dar al-harb

Les soldats de la guerre sainte, les ghazi, accourraient avec femmes et enfants pour piller et harceler les populations non-musulmanes frontalières. Ces forteresses drainaient de l’hinterland musulman des aventuriers avides de butin et de gloire. Les cadis, instruits dans les prescriptions du djihad y affluaient pour les stimuler à la guerre sainte et les encadrer. Fanatisés par les théologiens ces bandes de ghazi suivaient les armées de guerre. Leurs harcèlements et leurs coups de main sur les villages limitrophes vidaient ces territoires de leurs populations indigènes et facilitaient la progression djihadiste. 

Ces tactiques furent appliquées contre Israël de 1949 à 1967, et même jusqu’à aujourd’hui avec le Hamas. La guerre civile libanaise offre aussi un exemple de l’enrôlement de ghazi étrangers dans les milices terroristes de l’OLP où opéraient aussi des chrétiens arabes et des Européens contre Israël. 

L’édification récente d’un califat ou Etat islamique en Syrie et en Irak a reproduit exactement la mentalité et les lois politiques et sociales des Etats musulmans qui appliquaient la charia, décrits en détail dans toutes les chroniques et les recueils de droit. Aussi, peut-on s’étonner de la surprise des populations européennes devant la résurgence d’évènements issus de guerres et de souffrances sans fin de leur propre histoire. 

Cette histoire du djihad est occultée jusqu’à nos jours par certains. Ainsi, parmi les commémorations en 2019, figurait la prise de Narbonne par les musulmans en 719. Dans Les Chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude (p. 40, 328), vous avez publié le témoignage d’Ibn al-Athîr sur le jihad par l’armée envoyée par Hichâm, prince d’Espagne. Cette page a disparu du site Internet des Célébrations nationales et aucun événement ne s’est déroulé en 2019 pour rappeler cet évènement historique… 

Dans le contexte du multiculturalisme, du « vivre ensemble » et de la mixité de populations hétérogènes, le gouvernement a jugé sans doute inutile de rappeler cet épisode historique.

Quid de la taqyia ?

La taqyia ou tromperie et ruse envers l’ennemi est une tactique de guerre utilisée depuis l’aube des temps. 

Dans le contexte djihadiste, c’est-à-dire religieux, elle est légitimée et même recommandée envers les mécréants, les harbis puisque ceux-ci sont des ennemis dans une guerre permanente qui exclut le concept de paix.

Cependant tromper et ruser avec l’ennemi fait partie des guerres et des batailles de tous les peuples.

Dans Le Dhimmi (Ed. Les Provinciales, 2017), vous soulignez l’exploitation économique des dhimmis : « Les peuples infidèles pouvaient en effet être de précieux auxiliaires pour les conquérants. Formant toute l’infrastructure économique, experts dans des professions inconnues des Arabes, ils subventionnèrent par leurs taxes en nature (fournitures à l’armée) et en argent l’appareil militaire arabe, qui put ainsi se consacrer uniquement au djihad… Expropriation et oppression fiscale résultant de la conquête décimèrent les paysanneries dhimmi ». (p. 41-42)Qui mène et finance ces djihads en ce début du XXIe siècle ? 

Les organisations les plus connues sont l’Etat Islamique (ISIS ou OSIL) en Syrie et en Irak, soutenu par la Turquie, le Hamas financé par l’Iran, Boko Haram en Afrique, Aqmi dans le Sahel, et les mouvements terroristes qui opèrent au Mali et sur d’autres territoires adjacents. En Afghanistan et au Pakistan, les Talibans. Aux Philippines et en Indonésie, les mouvements djihadistes s’attaquent aux chrétiens et aux bouddhistes. Le géopoliticien Alexandre Del Valle est le meilleur spécialiste sur ce sujet.

Par ailleurs il y a plusieurs djihads en Occident : militaires, terroristes, culturels, économiques, propagandes, corruptions, judiciaires, immigrationniste… 

Outre des pays pétroliers et l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) qui financent le djihad culturel dans des universités et certains médias, par l’achat des cœurs de politiciens influents et d’élites, ainsi que tout « le business juteux de l’immigration clandestine » en Occident, on peut citer la Turquie, le Qatar et l’Iran pour le djihad militaire au Levant.

Le plus ancien des mouvements djihadistes à l’époque contemporaine et qui servit de modèle aux autres fut le djihadisme arabo-palestinien auquel l’UE a grandement contribué de multiples façons. Le Président Donald Trump a supprimé les financements américains. 

En général, une partie de la gauche européenne collabore au djihad depuis son alliance avec Yasser Arafat survenue en 1979 sous le leadership du chancelier autrichien Bruno Kreisky et du chancelier allemand Willy Brand

Comme déjà dit, le djihad pour ne parler que de l’ère moderne, fut manipulé par des Etats non-musulmans qui menaient leur propre guerre dissimulée dans le drapeau islamique. Le conflit israélo-arabe en est le prototype : nous y voyons des chrétiens dhimmis participer activement contre les Juifs aux actions terroristes djihadistes de l’OLP et à sa propagande. 

On peut dater de 1840 avec l’affaire de Damas, [un blood libel, Ndlr] entièrement concoctée  par le consul français, le début d’une association islamo-chrétienne, patronnée par la France sous le gouvernement de Thiers, où les chrétiens s’affichent comme les protecteurs des musulmans contre « la malfaisance diabolique » des juifs. Un thème appelé à un grand succès en Algérie avec Edouard Drumont. 

Aujourd’hui le dépit de l’UE à l’annonce des « accords d’Abraham » entre Israël et les Emirats arabes unis (E.A.U.) et le Bahreïn, le quasi-silence réprobateur qui l’accueillit et la démonisation médiatique intensifiée du Président Donald Trump qui les parraina, illustrent l’engagement de l’Europe dans le djihad des Arabes de « Palestine » visant à l’éradication de l’Etat hébreu. 

Cette attitude hostile évoque son rejet glacial du traité de paix israélo-égyptien en 1979 et son émission, pour contrebalancer cette paix exécrée, de la Déclaration de Venise en 1980, le texte le plus sévère contre l’Etat hébreu et qui demeure encore un dogme sacro-saint. 

Dans un document d’archive interne, l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe se vante d’en être l’inspiratrice. 

Cette alliance euro-djihadiste contre Israël se manifeste par l’acquiescement enthousiaste de l’UE à l’islamisation des lieux saints juifs (JérusalemHébron), l’effacement de son histoire et de son identité par la suppression de ses désignations territoriales (Judée, Samarie). Ces procédés constituent l’essence même des lois de la dhimmitude qui dépouillent les vaincus de leur territoire, civilisation, identité et culture. 

Nous voyons ainsi que derrière le djihad se cachent aussi des guerres inavouables européennes.

Certes, mais après samedi, dimanche : l’Autorité palestinienne détruit maintenant des vestiges chrétiens… Dans l’indifférence générale.

Cette situation résulte des priorités que s’est fixée la CEE depuis les accords du Dialogue Euro-Arabe (1974) et la Déclaration de Barcelone (1995) qui a officialisé les accords antérieurs Euro-Arabes  et y a intégré Israël après les Accords d’Oslo (1993) avec exceptionnellement pour l’Etat hébreu une condition menaçante. Les objectifs primordiaux de l’UE furent le fusionnement des deux rives de la Méditerranée avec la mixité culturelle et civilisationnelle par l’immigration, et le remplacement du judéo-christianisme par l’islamo-christianisme avec éventuellement l’enracinement du christianisme dans le Jésus musulman  (« Îsâ » du Co-ran), bien que le Coran n’indique pas qu’« Îsâ » ait vécu en Judée ni son époque spécifiquement.

Dès l’époque nazie, les Arabes de la Palestine mandataire furent une carte privilégiée de la politique antisioniste d’Etats européens pour détruire Israël puisqu’ils étaient sur place. Le führer Adolf Hitler avait laissé carte blanche à leur représentant, le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, oncle d’Arafat, pour les exterminer comme lui-même le faisait. C’était une demande d’al-Husseini durant son entrevue avec Hitler le 28 novembre 1941, à Berlin.

A l’époque de la guerre civile libanaise (1975-90), l’UE sacrifia le courageux peuple libanais à la « Palestine ».  

Alors, maintenant que l’avenir semble si problématique en Europe-même, qui voulez-vous qui ait le courage de réprimander le peuple-idole ? 

Peut-on parler de djihad entre musulmans, par exemple entre sunnites et chiites, ou entre sunnites et alaouites ?

Le djihad contre des musulmans implique des pénalités plus sévères que celles contre le dar al-harb car les notions de trahison et d’apostasie y sont associées. 

Ces conflits, qui apparaissent dès le décès de Mahomet et continuent jusqu’à aujourd’hui, sont motivés par la contestation de la légitimité de la faction au pouvoir (à l’origine des guerres entre shi’ites et sunnites), des divergences d’interprétation des textes sacrés, des accusations de collaborer avec l’ennemi, d’apostasie, de déviation par rapport à l’orthodoxie, de rébellions tribales contre le calife.

Le droit international public enseigné en France ignore le djihad. Est-ce une particularité française ? Le djihad a-t-il été analysé et enseigné par des professeurs, historiens ou juristes ?

Le djihad était certainement enseigné dans les disciplines d’islamologie en Europe. 

La France, la Grande-Bretagne, l’Italie, la Hongrie, les Pays-Bas et l’Allemagne ont donné de grands érudits dans les domaines du droit, des langues, de l’histoire et des civilisations islamiques. 

Après tout, Arabes et Berbères occupèrent durant plus d’un millénaire des pays européens aux portes des grands royaumes chrétiens. L’empire ottoman a progressé durant des siècles sur des terres chrétiennes européennes au cri du djihad parvenant jusqu’aux portes de Vienne. 

Les bibliothèques occidentales recèlent des kilomètres d’étages et d’étagères contenant des analyses et des traités sur l’islam dès le VIIe siècle, auxquels s’ajoutent le courrier diplomatique pluri-centenaire d’ambassadeurs et de consuls européens en poste dans les pays musulmans et plus tard dans les colonies. 

Ce que le public découvre aujourd’hui avec sidération était connaissance courante du menu fretin jusque dans les années 1960. 

Vers le milieu de cette décennie et surtout après la victoire d’Israël contre l’agression tripartite de l’Egypte, la Syrie, et la Jordanie, le Président Charles de Gaulle révulsé annonça dans une grande conférence de presse, le 27 novembre 1967, sa décision de faire de sa collaboration avec le monde Arabe la base fondamentale de sa politique étrangère. C’est l’amorce des grandes transformations exécutées sous ses successeurs. 

Entre autres conséquences, elles induisirent l’adoption par l’Europe de la vision islamique du djihad qui culpabilise les mécréants et réhabilite la guerre de conquête. 

Le chantre de cette inversion historique culpabilisant les agressés fut un dhimmi chrétien égyptien, Edward Saïd, membre de l’OLP. Acclamé partout, adoré et mythifié, il fit une brillante carrière en Europe et aux Etats Unis dans les milieux universitaires avides de recevoir son message de haine raciste, antioccidental et antisémite, conforme au concept essentialiste du Mal caractéristique du dar al-harb.

Que représentent des Etats juif ou chrétien pour l’islam ?

On ne peut parler d’islam de façon générale car les mentalités, les lois, les mœurs évoluent. 

Par rapport à la théorie classique du djihad, valable encore aujourd’hui pour des courants traditionnels, les Etats juif ou chrétien font partie de la mécréance destinée à être éliminée indépendamment des traités de non-belligérance imposés par des conjonctures défavorables aux conquêtes et non par l’abolition de la théorie du djihad. 

Mais ces théories sont inacceptables pour d’autres courants qui les rejettent totalement et les combattent.  

Quid du djihad judiciaire et musical avec le rap ?

Le djihad judiciaire relève de la notion de blasphème qui est une notion beaucoup plus complexe en islam que dans le judéo-christianisme. 

Le jihadmusical dans le rap diffuse la haine et le mépris de la mécréance. 

Quid du « djihad de proximité » prôné par l’Etat islamique ?

Il se réfère à des versets du Coran dont IX : 124 « O croyants ! Combattez les infidèles qui vous avoisinent ; qu’ils vous trouvent toujours sévères à leur égard. Sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent ».

Ce que l’on appelle des « incivilités », des violences inouïes ou barbares, constituent-elles des éléments de djihad ? L’effroi fait-il partie de ce que veut produire le djihad pour faciliter sa conquête ?

C’est un comportement prescrit par les lois de la dhimmitude envers les dhimmis, qui ne l’oublions pas, sont des mécréants vaincus. Il vise à leur imposer, comme cela est inscrit dans de très nombreux recueils répétitifs de droit musulman, la peur, l’humilité craintive et le respect envers le musulman. Ce comportement fut subi par les juifs et les chrétiens des pays musulmans dans le passé ; il a en partie motivé leur départ, un exil causé aussi par les spoliations des biens et les discriminations professionnelles, religieuses et sociales. Leur importation en Europe révèle la primauté des lois de la charia et de la dhimmitude sur celles des pays d’accueil. A cela s’ajoutent les tactiques djihadistes consistant à incendier et détruire les biens des infidèles, à les terroriser pour les faire fuir afin d’accaparer leur territoire.

Il importe toutefois d’affirmer haut et fort que tous les musulmans ne partagent pas ces opinions. Un grand nombre les combattent et s’évertuent à les dénoncer. Les gouvernements aussi, comme en Egypte et d’autres pays, les réprouvent et les punissent.

Ces comportements n’obéissent pas à un ordre social obligatoire comme autrefois, mais émanent d’individus endoctrinés appartenant à de puissants courants théologiques.

La propagation de ces comportements en Europe résulte du déni idéologique abyssal de la réalité par les autorités politiques européennes seules responsables d’un laxisme de plusieurs décennies. 

Soulignons tout de suite que la théorie du djihad n’est pas acceptée ni même connue par l’unanimité des Etats musulmans et de l’oumma. Les musulmans qui s’y opposent sont trop nombreux pour être cités ici. 

Par ailleurs, la majorité des pays musulmans vivent en paix avec des Etats non-musulmans. 

Les « accords d’Abraham » ont révélé la fin du « veto palestinien » (Caroline Glick) et correspondent à une « nouvelle donne » au Moyen-Orient née du pragmatisme et du réalisme du Président Donald Trump ainsi que de la menace iranienne…

Aujourd’hui, le traité de paix entre les E.A.U. et Israël confirme cette ouverture moderniste. L’accueil glacial de l’UE à cette paix révèle son implication dans la guerre djihadiste visant à isoler Israël du reste du monde et à l’enfermer par la campagne BDS dans une catégorie démoniaque dont le contact serait une souillure.

Vatican II avait définitivement aboli le principe du peuple déicide obligé d’errer en exil, selon St Augustin et la théologie de la substitution, fondements du refus de la souveraineté d’Israël dans sa patrie historique. 

Or aujourd’hui le combat de délégitimation d’Israël peut toujours recourir aux notions djihadistes détruisant l’identité des peuples indigènes préislamique et les spoliant de leur patrimoine historique – le cas de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en Turquie, transformée aujourd’hui en mosquée en est l’exemple – et prétendre que les Israéliens ne sont pas le peuple indigène qui a libéré son pays des lois du djihad et de la dhimmitude les ayant condamnés à l’exil, mais un ramassis de « colons » s’emparant du patrimoine arabe. 

Ces liens euro-islamiques antisionistes, renforcés sous les régimes fasciste et nazi des années 1930-40, se ressoudèrent dans les accords d’Eurabia dès 1973-74 par l’alliance avec Arafat et l’OLP contre Israël. C’est cette politique que l’UE défend aujourd’hui contre celle du Président Donald Trump et qui motive sa campagne internationale de démonisation de ce chef d’Etat, à un degré qui empoisonne la planète. Rien que l’épaisseur de cette lèpre démontre la force de l’engagement de l’UE dans le djihadisme anti-israélien. C’est cette participation occidentale qui occulta toute l’histoire du djihad jusqu’à en bannir même le nom dans le langage courant encore récemment.

Il importe cependant de connaître l’histoire du djihad et de la dhimmitude car elle détermine jusqu’à aujourd’hui les destinées du monde. En cas de résurgence du djihad comme on le voit maintenant, et si les circonstances s’y prêtent, notre ignorance nous condamnerait à la dhimmitude dont l’ombre terroriste et totalitaire s’étend déjà en Occident au grand effroi de réfugiés musulmans qui ne cessent de nous en avertir.

Le combat mené avec les musulmans pour sauvegarder la dignité et les libertés de l’homme devrait réclamer de l’oumma une renonciation officielle au djihad. 

L’acceptation et la normalisation avec l’Etat d’Israël comme le souhaitent de nombreux Etats et peuples musulmans pourraient en être les prémices et amorcer enfin des relations de paix et de bon voisinage entre les peuples. 

Cette paix parrainée par le Président Donald Trump, révolutionnant les esprits et les mentalités, n’a été possible, que parce qu’Israël a été libéré du carcan haineux de l’euro-djihadisme qui lui imposait des conditions de paix suicidaires pour maintenir l’état de guerre.

GLOSSAIRE(Extrait de « Les Chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude » de Bat Ye’or.Jean-Cyrille Godefroy, 2007)

« Amân : sauvegarde accordée au harbî en territoire musulman, sans laquelle sa vie et ses biens sont à la merci de n’importe quel agresseur.

Ata : solde militaire.

Awarid : taxes exceptionnelles, rançons ou extorsions, en français : avanies, traitement humi-liant et extorsion d’argent.Dâr al-harb : pays de guerre où ne rège pas la loi de l’islam.

Dâr al-islâm : pays gouverné par la loi islamique.

Devshirme : système de recrutement d’enfants chrétiens parmi les populations dhimmî dans les Balkans, en vue de l’esclavage, de l’affectation à l’armée, au service du palais et aux charges administratives de l’Etat ottoman.

Dhimma : à l’origine, protection, pacte, traité, accordé par le Prophète aux populations juives et chrétiennes qu’il avait soumises.

Dhimmî (zimmi, raya) : indigène juif, chrétien ou zoroastrien, soumis par la conquête arabe ou turque à la loi islamique, et bénéficiant de la dhimma.

Fatwa : avis légal émis par un jurisconsulte fondé sur le Coran et la Sunna.

Fay : butin de guerre enlevé aux Infidèles, appartenant à l’umma et administré par le calife.

Fedayyins : héros de l’islam, « combattants de la foi ».

Furûsiyya : « culture de guerre » islamique des cavaliers d’élite musulmans.

« Ghazwa : raid (razzia) des tribus bédouines.

Hadîth : tradition attribuée au Prophète.

Harbî : habitant du Dâr al-harb, pays de guerre.

Jâhiliyya : destruction des civilisations jugées barbares.

Janissaires :  enfants chrétiens en bas âge enlevés lors de razzias, contingentés dans le quint du butin de guerre ou du devshirme. Ils étaient réduits en esclavage et convertis à l’islam. Soumis à une éducation militaire et religieuse intense, ils constituaient les troupes d’élite de la puissance musulmane.

Jihâd : guerre sainte contre les non-musulmans, dont les buts, la stratégie et les tactiques constituent une doctrine théologico-juridique.

Jizya : capitation payée par les dhimmî à l’Etat musulman.

Kharaj : impôt foncier. 

Mamlouk : esclave affecté au service militaire.

Millet : « nation », collectivité ethno-religieuse.Ribât : couvent-forteresse établi sur les frontières de l’ennemi.

Sharî’a : recueil juridique fondé sur le Coran et la Sunna.

Sunna : actes et paroles attribués au prophète Muhammad.

Sürgün (exil) : déportations de population. »

Taqîya (taqiyya, takia) : dissimulation ou tromperie, obligatoire ou autorisée dans certaines circonstances, envers des sunnites ou à l’égard des non-musulmans.

« Umma : communauté des musulmans.

Waqf : biens religieux de mainmorte.

Zakât : aumône légale », souvent versée lors du mois du Ramadan.

Source : Veronique Chemla

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10 septembre 2024 2 10 /09 /septembre /2024 09:39
Jésus enfant d’Israël…

Au début du 2ème siècle de notre ère, un certain Marcion avait décidé que les Ecrits du Premier testament n’avaient plus rien à faire dans la vie des chrétiens.

Pour cet hérésiarque amnésique et antisémite, tout commençait de zéro avec Jésus Christ et il jetait la Bible hébraïque aux oubliettes. La réaction de l’Eglise catholique fut immédiate et radicale : Marcion fut excommunié et sa communauté, pourtant importante au départ, disparut peu à peu. Mais l’esprit marcionite continua de travailler les consciences croyantes au cours des siècles et aujourd’hui encore, certains esprits, non sans illogisme, s’évertuent toujours à affirmer que le judaïsme n’a rien à faire dans les questions de la foi des chrétiens, en particulier dans certains milieux traditionalistes.

Or, sans même évoquer le courant philosémite minoritaire mais toujours présent dans l’Eglise au cours des siècles, l’après-guerre a vu apparaître des initiatives telles que la rencontre de Seelisberg, où protestants, catholiques et juifs firent le point sur les errances idéologiques ayant préparé le terrain à la Shoah. Le christianisme retrouvait sa matrice originelle et ouvrait de nouveaux horizons de compréhension de la foi. Ainsi, après de trop longues périodes d’antijudaïsme et de déviances doctrinales, un nouvel avenir des relations judéo-chrétiennes se dessinait sur les bases retrouvées d’un héritage spirituel commun. L’intervention de Jules Isaac auprès de Jean XXIII posait même les bases du Concile Vatican II, avec la promulgation de Nostra Aetate, suivie par des déclarations analogues de la part des Eglises réformées.

Côté catholique, de nombreux textes officiels abordant les relations judéo-chrétiennes furent publiés durant les 28 années de pontificat du pape Jean Paul II. Ainsi en 1985, le document romain « Pour une présentation correcte des Juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse » apportait des éclairages déterminants sur le sujet. Le St Siège estimait que les prêtres et les catéchistes ne mettaient pas suffisamment en valeur la judéité de Jésus et la fraternité en alliance des chrétiens avec les juifs. 

C’est pourquoi le document affirme avec force : « Les juifs et le judaïsme doivent occuper une place centrale et non marginale ou occasionnelle dans la catéchèse et la prédication ». 

La question qui se pose est de savoir dans quelles proportions ce rappel explicite a été pris au sérieux dans les paroisses. En a-t-on tenu compte dans la formation des prêtres au séminaire ?

Ce fut une ligne de pensée qui allait faire son chemin puisque en 2001, la commission biblique pontificale publiait sous la signature du cardinal Joseph Ratzinger « Le peuple juif et les saintes Ecritures dans la Bible chrétienne ». Texte où il est entre autres recommandé aux catholiques d’entrer dans la démarche de compréhension juive des textes du Premier Testament afin d’enrichir leur rapport à la Parole de Dieu. 

Quoi qu’il en soit, le document catholique le plus insistant et le plus clair sur les mentalités complices du marcionisme se trouve dans le rapport du Colloque sur l’antijudaïsme en milieu chrétien organisé à Rome en 1997 par le prêtre genevois Georges Cottier à la demande du pape Jean Paul II. Il vaut la peine d’en citer quelques extraits :

« Cela concerne l’interprétation théologique correcte des rapports de l’Eglise du Christ avec le peuple juif dont la déclaration conciliaire Nostra Aetate a posé les bases.

Des interprétations erronées et injustes du Nouveau Testament relatives au peuple juif ont trop souvent circulé, engendrant des sentiments d’hostilité à l’égard de ce peuple. Ils ont contribué à assoupir bien des consciences, de sorte que, quand a déferlé sur l’Europe la vague des persécutions inspirées par un antisémitisme païen qui, dans son essence, était également un antichristianisme, à côté de chrétiens qui ont tout fait pour sauver les persécutés jusqu’au péril de leur vie, la résistance spirituelle de beaucoup n’a pas été celle que l’humanité était en droit d’attendre de la part de disciples du Christ. …/…

A l’origine de ce petit peuple situé entre de grands empires de religion païenne qui l’emportent sur lui par l’éclat de leur culture, il y a le fait de l’élection divine. Ce peuple est convoqué et conduit par Dieu, créateur du ciel et de la terre. Son existence n’est donc pas un pur fait de nature nid de culture, au sens où par la culture l’homme déploie les ressources de sa propre nature. Elle est un fait surnaturel. Ce peuple persévère envers et contre tous du fait qu’il est le peuple de l’alliance et que, malgré les infidélités humaines, le Seigneur est fidèle à son Alliance. Ignorer cette donnée première, c’est s’engager sur la voie d’un marcionisme contre lequel l’Eglise avait réagi aussitôt avec vigueur, dans la conscience de son lien vital avec l’Ancien Testament, sans lequel le Nouveau Testament lui-même est vidé de son sens. Les Ecritures sont inséparables du peuple et de son histoire, laquelle conduit au Christ. …/…

Ceux qui considèrent le fait que Jésus fut juif et que son milieu était le monde juif comme de simples faits culturels contingents, auxquels il serait possible de substituer une autre tradition religieuse dont la personne du Seigneur pourrait être détachée sans qu’elle perde son identité, non seulement méconnaissent le sens de l’histoire du salut, mais plus radicalement s’en prennent à la vérité elle-même de l’incarnation ».

A cela on pourrait ajouter la phrase célèbre de Jean Paul II qui résume bien la problématique :

« Qui rencontre Jésus Christ rencontre le judaïsme ».

Ces rappels devraient permettre aux nostalgiques d’une théologie de la substitution de ne pas passer à côté de la réalité historique et théologique de la foi judéo-chrétienne. Car comme M. Jourdain qui faisait de la prose, sans le savoir, on peut être inconsciemment marcionite et participer d’une vision tronquée de la Révélation totalement injustifiée envers les « frères aînés ». C’est aussi ce qu’a précisément mis en lumière le document magistériel « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » publié fin 2015 par le cardinal Kurt Koch, en présence du Rabbin David Rosen, afin d’avancer – chrétiens et juifs- dans la réciprocité active des questionnements autour du patrimoine commun de la Révélation biblique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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10 septembre 2024 2 10 /09 /septembre /2024 07:37
Chemin d’éveil

O Christ, alors qu’il t’avait combattu à travers tes disciples, Paul le pharisien t’a rencontré sur son chemin. Il a fait l’expérience lumineuse de ta présence, signe de ta résurrection.

Aussitôt, le voile de son regard est tombé et il a été délivré de tout ce qui l’empêchait de voir la réalité à venir. Ayant découvert qui tu es,  il s’est mis à parcourir le monde pour l’annoncer.

Seigneur, tu es le visage de l’amour du Père parmi nous. Tu rayonnes la bienveillance créatrice de Celui qui a dit : que la lumière soit ! Tu nous fais passer des ténèbres à la clarté du jour à venir, tu es la lumière de ton peuple et par lui tu la propages aux nations sous le joug des idoles.

Comme pour Moïse à la montagne sainte, que brûle devant nos yeux la flamme chaleureuse de la présence divine, et que, grâce à ton « Je suis ! », notre intelligence de la vie soit transformée jour après jour.

Avec ton peuple en marche vers ton royaume sans déclin, que l’Esprit qui te relie au Père nous guérisse de nos aveuglements, fais-nous reconnaître les reflets de ton visage chez ceux qui font le bien.

Laisse-nous percevoir les échos de Ta Parole au cœur même des événements que nous traversons et rends ainsi notre cœur accueillant à Tes appels. Que l’horizon souvent assombri ne nous détourne jamais du monde à venir, et que les blessures du mal ne nous fassent pas perdre de vue l’espérance que tu animes en nous. Fortifie-nous par la puissance de la Parole et par celle du Pain partagé en action de grâces. Toi, le Dieu vivant pour les siècles, Amen.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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10 septembre 2024 2 10 /09 /septembre /2024 05:35
La Vierge Marie chez Luther et Calvin
Les protestants voient dans la dévotion à Marie de l’idolâtrie, mais l’approche protestante de la Vierge Marie est diversifiée. Pour Martin Luther, il est évident que Marie est auprès de Dieu, dans la communion des saints, écrit l’abbé Alain René Arbez dans cet article.

L’approche protestante de la Vierge Marie est diversifiée, issue des positions des Réformateurs. Étonnamment, elles ne correspondent pas toujours à ce que l’on imagine !

Ainsi, Martin Luther qui avait pris position à juste titre contre des déviances piétistes envers la Vierge Marie, écrit tout de même, après qu’il ait maintenu trois célébrations mariales, « que les pasteurs ne créent pas de querelles à cause des fêtes. Qu’on laisse à chacun la liberté de fêter celles que souhaitent ses paroissiens. Qu’ils respectent avant tout les dimanches, la fête de l’Annonciation, de la Visitation, de la purification, la fête de St Jean Baptiste, la Saint Michel, celle des apôtres et de Marie-Madeleine » (WA 26.22.)

80 prédictions sur la Vierge Marie

Martin Luther a prononcé 80 prédications sur la Vierge Marie.

 Il la cite souvent dans ses écrits, même si son souci réformateur l’amène à prendre des distances avec certaines pratiques catholiques.

Visiblement Luther a repensé le rôle de Marie en fonction de la christologie. En effet, Marie n’a pas de fonction salvatrice en elle-même, elle est associée à l’action rédemptrice de son Fils.

Virginité perpétuelle

Luther défend la virginité perpétuelle de Marie, en ce sens qu’elle est signe de l’incarnation du Verbe divin. En elle transparaît le mystère des deux natures du Christ. Mais elle n’est la Vierge Marie qu’en fonction du salut réalisé par le Christ.

Le thème de la maternité de Marie est significatif pour Luther. Grâce à elle, le Christ est né vraiment homme, mais sans péché.

Il estime que la Vierge est l’instrument du Saint Esprit, son temple. Il considère qu’il y a similitude entre la destinée de Marie et celle de l’Eglise.

La dignité de Marie se manifeste essentiellement dans son humilité.

Marie est mère de l’Eglise dont elle est le membre le plus éminent, et également mère de chaque membre de l’Eglise.

Louange à Marie

Pour Luther, il est évident que Marie est auprès de Dieu, dans la communion des saints. Selon le Réformateur, Marie est reine en raison de sa condition d’humble servante.

Luther considère toute louange de Marie mène à la louange de Dieu, et il ne condamne pas l’invocation des saints, car ils sont l’exemple toujours vivant de la miséricorde de Dieu.

Cette approche mariale de Luther sera confirmée par le protestant Philippe Melanchton dans son apologie de la confession d’Augsbourg.  Melanchton  rappelle la nécessaire orientation christologique de la piété mariale. Luther rappelle que « la Vierge Marie n’a pas chanté son magnificat seulement pour elle-même, mais aussi pour nous tous, afin de nous entraîner à le chanter à sa suite ».

Ainsi la position luthérienne affirme qu’un protestant exprime avec joie dans sa foi la place que le credo attribue à Marie. Il loue Dieu pour ce qu’il a donné à Marie d’être et de faire.

De plus, il ne méprise pas celui qui associe le nom de Marie à celui du Seigneur dans son action de grâces.  Pour cela il se sert des paroles mêmes de l’ange lors de l’annonciation, de la bénédiction de sa cousine lors de la Visitation, et encore de celle du vieux Syméon lors de la présentation au temple.

La prière du « Je vous salue Marie » est précisément composée des paroles bibliques de l’ange de l’annonciation et de la bénédiction d’Elisabeth lors de la visitation. 

Critiques récentes

Le pasteur Albert Greiner souligne que les attitudes critiques des milieux protestants, à l’égard des pratiques catholiques et orthodoxes concernant Marie, sont relativement récentes.

 Les premières remontent seulement au 18ème siècle. Elles se développent au 19ème en réponse aux positions mariologiques de l’Eglise catholique. Selon Calvin ajoute-t-il, la Vierge Marie est « trésorière de grâce ». Pour le réformateur genevois, « il nous faut regarder à Marie, non pour nous y arrêter, ni pour en faire une idole, mais pour que, par son moyen, nous soyons conduits à Notre seigneur Jésus Christ, car c’est celle là qu’elle nous renvoie ! »

Vatican II et la Vierge Marie

L’Eglise catholique a depuis Vatican II redéfini le sens des dévotions par rapport à l’essentiel qui est le Christ, seul pasteur de son Eglise.

De manière assez claire, le pape Paul VI déclarait en 1974 : « La volonté de l’Eglise catholique – sans renier le caractère propre de la vénération mariale – est d’éviter avec rigueur toute exagération susceptible d’induire en erreur les autres frères chrétiens sur sa doctrine authentique ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 10:08
La figure de Marie dès les premiers temps de l’Eglise
Certains théologiens réformés, méfiants envers la vénération catholique et orthodoxe de la Vierge Marie, ont parfois affirmé que le culte marial était apparu à Ephèse, haut lieu de la déesse Artémis lors du concile de 431.

En réalité, cette prise de position conciliaire n’avait pas pour but de considérer Marie mère de Jésus pour elle-même, dans le but de la « diviniser », mais de renforcer les critères christologiques définis par les deux conciles précédents obligés de faire face aux hérésies périlleuses autour de la nature du Christ.

Ephèse présente Marie comme la Theotokos, la « mère de Dieu ». On retrouve à Rome l’expression latine « deiparae Virginis Mariae » issue de « deipara » celle qui a enfanté Dieu. C’est donc l’incarnation du Verbe en ce monde qui est ici mise en évidence. 

Ce qui répond à la polémique autour du titre marial puisque s’opposaient les tenants de la theotokos (mère de Dieu) et ceux de l’anthropotokos (mère de l’Homme). Cyrille d’0Alexandrie a alors insisté pour dire que le véritable enjeu n’est pas de donner un statut spécial à la Vierge Marie, mais de souligner la vérité de l’incarnation. L’objectif est bien christologique avant tout. 

Argument historique qui invalide l’idée de l’influence de la déesse Artémis à Ephèse, c’est que 100 ans après la mort du Christ à Jérusalem on voit déjà apparaître des figures mariales comme représentations de piété éminemment christiques avant d’^tre mariales. Dans les catacombes de Priscilla à Rome, une fresque montre une Madone à l’Enfant. A la même période primitive, Justin et Irénée de Lyon présentent la Vierge Marie comme une Eve nouvelle qui fait revivre l’humanité. Les pères de l’Eglise vont abondamment écrire sur le sens de cette maternité, parmi lesquels St Ambroise à Milan et St Jean Damascène en Orient.

Au VIème s. est célébrée à Jérusalem la fête de la Dormition de la Vierge Marie, dénommée Assomption en Occident.

Au Moyen Age, les bâtisseurs de cathédrales donneront partout le nom de Notre Dame aux sanctuaires qui s’élèveront au milieu des villes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 08:07
Victoire Rasoamanarivo, témoin majeur de la foi à Madagascar
Victoire Rasoamanarivo est née en 1848 à Antananarivo (Madagascar) au sein d’une famille aristocrate influente qui tient une place de premier rang dans l’histoire du pays. Lorsque se consolide l’unification du royaume merina s’étendant à toutes les régions de la grande île, le roi Andrainapionimerina a parmi ses conseillers un certain Andriatsilavo, ancêtre de la famille de Victoire.

Dans cette période, Madagascar est l’objet de convoitises concurrentes de la part des Anglais et des Français. Les Anglais reconnaissent Radama I comme roi de Madagascar. Ce qui amène rapidement des missionnaires protestants à s’implanter dans l’Ile. En 1838, à leur initiative, la Bible est traduite en langue malgache, idiome d’origine indonésienne. Cet épisode est déterminant dans l’histoire de la culture malgache. En 1820, déjà, le pasteur David Jones s’était procuré des documents, un dictionnaire français-malgache, et il a avait fondé la première mission. La bible est traduite « ho teny gasy », en langue malgache en deux étapes : 1830, le nouveau testament, 1835, la bible complète. Cette traduction en langue gasy a exercé une grande influence sur la constitution d’un vocabulaire malgache national, même si quelques décennies plus tard le colonisateur impose le français comme langue officielle.

Lorsque l’une des nombreuses femmes de Radama, dénommée Ranavalona, prend le contrôle du pouvoir en 1828, son règne s’inaugure par la terreur et la persécution des chrétiens, faisant des centaines de martyrs. Victoire enfant a dû être témoin des supplices horribles infligés aux chrétiens que l’on précipitait dans le vide du haut d’une falaise. Cette cruelle souveraine meurt en 1861 et c’est son fils Radama II qui lui succède. Il proclame quant à lui la liberté de religion, et fait revenir les missionnaires. Ainsi, des pasteurs protestants reprennent leurs activités d’évangélisation dans plusieurs provinces malgaches, des jésuites et des sœurs de St Joseph de Cluny s’attachent à transmettre la foi catholique aux habitants merinas des hauts plateaux.

Victoire reçoit le baptême en 1863 à l’âge de 15 ans. Lorsque le roi Radama est assassiné dans son palais à Antananarivo, c’est la reine Rasoherina qui lui succède pour un temps très court. Cette souveraine signe des accords avec la France et avec l’Angleterre. Elle est suivie de la reine Ranavalona II qui est baptisée dans le protestantisme et s’active pour attirer dans cette confession les nouveaux adeptes catholiques. La famille de Victoire est devenue majoritairement protestante et fait pression sur elle pour qu’elle aussi adopte la foi réformée. Victoire résiste et persiste dans ses convictions. Un mariage arrangé l’amène à épouser Radriaka, un noble débauché et tyrannique, mais commandant d’une partie de l’armée malgache. La bénédiction est donnée à l’église d’Andohalo selon la volonté de Victoire. Le couple n’a pas d’enfant. Dans cette situation compliquée, Victoire supporte ses conditions de vie déplorables avec constance durant 24 ans. Mais lorsque son mari est près de mourir, Victoire qui a prié pour lui avec patience, malgré les déconvenues successives, l’entend lui demander le baptême. Et en l’absence des missionnaires expulsés de l’île en 1883, c’est elle qui le baptise dans la foi catholique au seuil de la mort.

Lorsque les missionnaires catholiques sont arrivés à Antananarivo en 1861, accompagnés des sœurs de St Joseph de Cluny, la première école catholique pour jeunes filles avait été ouverte, et Victoire fut une de leurs premières élèves. C’est là qu’elle reçut une formation spirituelle qui la prépara à son baptême à l’église d’Andohalo en 1863.

Victoire fait construire un immeuble près du palais de la reine. Elle concilie ses obligations familiales avec ses devoirs de dame de la cour auprès de la souveraine. Mais elle consacre quotidiennement du temps à la prière, à laquelle elle associe son personnel de maison. Son comportement de bienveillance envers chacun, son témoignage de foi courageux, toute son attitude force l’admiration. Son ascendant moral est indiscutable dans l’entourage royal où prédomine l’influence protestante.

En 1876, le RP Caussèque est nommé curé de la paroisse d’Andohalo et la mission catholique connaît une grande vitalité. Victoire est présidente de la congrégation laïque de la Vierge Marie, et ne se contentant pas de simple dévotion mariale, elle encourage l’engagement concret de tous ses membres envers les pauvres et les lépreux de la capitale Antananarivo.

Lorsque survient le conflit franco-malgache en 1883, les missionnaires français sont expulsés. Avant de quitter la ville, le prêtre d’Andohalo confie à Victoire la mission de soutenir les fidèles grâce à son autorité morale largement reconnue, et il demande aux membres de l’union catholique de veiller au sort des églises et des écoles durant l’absence des prêtres sur l’Ile.

Les églises catholiques sont fermées par les militaires sur ordre du pouvoir en place. Victoire intervient au Palais pour les faire rouvrir et elle y rassemble les fidèles pour les encourager à continuer de vivre leur foi malgré les pressions multiples. Victoire n’hésite pas à visiter les communautés en apportant de la solennité à l’assemblée réunie sans prêtre. Elle commente elle-même les évangiles et anime la prière commune privée d’eucharistie. Pour catéchiser, elle a le secours du frère des écoles chrétiennes Raphaël Rafiringa élu par la communauté. Ainsi, des catholiques victimes de persécutions sont sauvés grâce aux interventions courageuses de Victoire qui interpelle les magistrats en soulignant le côté illégal des interdictions : des enseignants catholiques étaient injustement traduits devant des tribunaux par des protestants pour avoir réuni des fidèles et prié avec eux.

En 1886, après 3 ans d’absence, les missionnaires peuvent revenir à Antananarivo. C’est un nouveau départ pour l’Eglise, car un évêque, Mgr Cazet, est nommé pour administrer Madagascar. Victoire lui est alors présentée par l’union catholique comme étant de fait le véritable chef intérimaire de l’Eglise, qui a su  protéger les fidèles des persécutions et poursuivre leur édification spirituelle malgré les violentes oppositions.

 

Victoire reprend alors simplement sa place dans la paroisse où elle se dévoue sans compter auprès des malades, des pauvres et des lépreux d’Antananarivo. En 1890, sa santé s’altère subitement, et son état s’aggrave. Elle meurt le 21 août 1894, son chapelet à la main. Une année après sa mort, la France conquiert Madagascar en prétextant un protectorat qui la conduit à annexer l’Ile en 1896, non sans avoir pris en otage la reine exilée à La Réunion. En reconnaissance de ses grandes vertus personnelles de foi et de courage au service de la communauté catholique, en 1931, Mgr Fourcadier annonce le processus de béatification de Victoire. La cérémonie de béatification a lieu en 1989, solennisée par le pape Jean Paul II devant 400000 personnes à la cathédrale d’Andohalo. Le pontife la définit comme « une vraie missionnaire », un « modèle pour les laïcs d’aujourd’hui ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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