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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 04:13
Jésus s’est présenté comme prophète israélite martyr

On a souvent insisté sur la correspondance entre la mort violente de Jésus sur la croix et le thème vétérotestamentaire du Serviteur souffrant d’Isaïe.

Il est vrai que cette profonde méditation sur le sort du Serviteur de Dieu (individuel et collectif) aide à comprendre le sacrifice du Christ. On a souvent relu ce passage d’Isaïe en quelque sorte comme une anticipation de la mort rédemptrice de Jésus. Ce thème de la rédemption qui parcourt toute la Bible et que l’on retrouve dans la christologie de Paul : « livré pour nos offenses, ressuscité pour notre justification »(Rm 4.25).

En réalité, c’est le thème du « prophète martyr » qui tient la plus grande place dans les paroles que Jésus a prononcées pour envisager sa propre mort.

Lorsque la terre d’Israël a été envahie par Antiochus Epiphanos, au 2ème siècle avant notre ère, et que la population juive a été persécutée, des traditions orales sur le martyre des innocents se sont répandues, mettant en valeur le courage et la détermination des témoins du vrai Dieu face à l’arrogance meurtrière des païens envahisseurs.

Ces traditions de la période maccabéenne ont mis en évidence la mort des justes et des prophètes. Toute cette jeunesse juive fidèle à ses convictions de foi traditionnelles massacrée par la brutalité haineuse de l’envahisseur. Or ces écrits sont méconnus, car ils ne font pas partie du canon du Premier Testament retenu des siècles plus tard par l’Eglise au début de l’ère chrétienne. Pourtant, faisant suite à cette étape marquante, ils ont eu un impact réel sur la perception des tragiques événements survenus du temps de l’occupation romaine. Jésus lui-même connaissait de façon certaine ces traditions résurrectionnelles sur le sort des prophètes, et il en a été inspiré pour déchiffrer la destinée qui allait être la sienne.

Le Livre des Jubilés affirme que la parole des prophètes de Dieu n’est pas prise au sérieux, et ils se font tuer au lieu d’être écoutés. L’Hénoch éthiopien dit la même chose sur ce qui attend les envoyés de Dieu. Le texte intitulé « Les vies des prophètes » récapitule les éléments essentiels de ces traditions.

Certains de ces textes ont circulé oralement avant d’être mis par écrit plus tard sur des parchemins, et ils insistent sur la fin tragique des envoyés de Dieu : Isaïe fut scié en deux, Jérémie mourut lapidé, Amos et Osée ont été assommés et jetés d’une falaise, Ezekiel fut également supprimé. A cela s’ajoute le meurtre de Zakarie fils de Jodaé, se référant à un texte biblique. A la naissance de l’ère chrétienne, ces traditions vont prendre un relief particulier dans le contexte de l’époque.

l s’agit bien d’une littérature religieuse juive qui ne sera pas reconnue dans le canon, mais qui porte avec réalisme les aspirations de milieux proches du courant pharisien, soucieux de la justice de Dieu et de la rétribution des témoins prophétiques. Contrairement à certains textes apocryphes postérieurs, ils ne comportent rien de contradictoire avec l’essentiel de la foi au Dieu vivant qui aime son peuple. Ils ne glissent pas vers des croyances mythologisantes.

A travers ces courants mystiques, le personnage d’Abel le juste est présenté comme le premier martyr, l’innocent mis à mort. Dans le Livre d’Hénoch, un passage est éclairant en ce sens. Alors qu’Hénoch visite le séjour des âmes des morts, il entend des cris : « Interrogeant Raphaël, je demandai : de qui est cet esprit dont la voix parvient jusqu’au ciel et livre ses plaintes ? Il fut répondu : cet esprit est sorti d’Abel que son frère Caïn a tué, et il l’accuse jusqu’à ce que cette génération meurtrière soit anéantie sur la surface de la terre ! » (Hén. Eth. 22,6)

 

La croyance de l’époque s’exprime par une représentation du séjour des morts divisé en localisations différentes, correspondant au degré d’innocence et de souffrances endurées pour la cause de Dieu. Il y une place privilégiée pour 2 sortes de justes, ceux qui sont morts sans violence, et les martyrs. Celle des justes martyrs représentés par Abel est la plus lumineuse.

Si nous relisons les textes d’évangile abordant les paroles de Jésus prévoyant sa mort, nous constatons que le thème de la passion des prophètes est prédominant. Reprenant le style des traditions sur les justes martyrs, Jésus se lamente sur « le sang des justes répandu sur la terre depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zakarie, fils de Barachie, assommé entre le sanctuaire et l’autel » (Mt 23.35). Jésus n’hésite pas à stigmatiser « les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes ». Il dit : « Malheur à vous qui bâtissez les sépulcres des prophètes et décorez les tombeaux des justes. » Selon la tradition, Isaïe et Zakarie fils de Jodaé avaient un sépulcre à Jérusalem, et Jésus en colère pensait à leurs tombeaux édifiés comme lieux expiatoires de vénération. Les prophètes morts semblaient en effet plus importants à ces esprits fermés que les prophètes d’une parole en prise avec l’actualité !

Lors de l’exécution de Jean Baptiste, (Mc6.17) Jésus reprend le flambeau de l’annonce du règne de Dieu. L’événement a dû le rendre plus attentif aux traditions mettant en lumière le martyre des prophètes de Dieu. Le livre de Jérémie pouvait lui faire pressentir son propre sort de la part de ceux qui refusaient d’écouter son message.

Il y a de nombreux textes dans le Nouveau Testament qui présentent Jésus comme un prophète prêt à assumer une mort violente en raison de son engagement pour la Parole de Dieu. Le « sang de l’alliance nouvelle et éternelle » que Jésus évoque lors de son dernier repas est une reprise des propos de Jérémie.

« Nous l’avons entendu dire que Jésus le Nazaréen détruirait le temple » (Act 6.13). Il y a là un écho de l’épisode où Jésus renverse les tables des changeurs et chasse les marchands du temple. Le temple était le lieu de la Présence, mais les Sadducéens complices des Romains l’ayant capté à leur service, Jésus souhaitait que ce système impie prenne fin. Le livre de Jérémie apporte son propre éclairage à cette séquence : « Le peuple peut bien proclamer sans cesse sanctuaire de Yahvé ! Sanctuaire de Yahvé ! cela ne sert à rien, car ainsi parle Yahvé : je vais traiter ce temple qui porte mon nom et dans lequel vous placez votre confiance comme j’ai traité le sanctuaire de Silo » ce sanctuaire fut détruit.

Au regard de l’hostilité grandissante à son égard, Jésus en est venu à pressentir sa mort : il a peut-être envisagé la mise en croix, supplice romain, ou la lapidation comme pour Jérémie. (Châtiment prévu pour les blasphémateurs)

Or, à Béthanie, voici qu’une femme verse sur lui du parfum. Jésus interprète le geste en disant : « D’avance elle a parfumé mon corps en vue de l’ensevelissement » (Mc14.8) Manière d’annoncer qu’après une mort de condamné, il n’aurait sans doute pas droit aux onctions rituelles.

Plusieurs textes font de Jésus un prophète martyr. Ainsi Jésus fait savoir que vraisemblablement, il sera « tué » comme les prophètes du passé.  Et en Mc9.31, il est écrit : « Le Fils de l’Homme est livré aux mains des hommes ». « Etre livré » donne une note spécifique à cette mort, car elle entre dans une économie du salut. Paul reprend le thème dans sa lettre aux Romains : « Dieu n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous ! » (Rm8.32)

Ce qui illustre le don volontaire de sa propre vie par Jésus pour se mettre en harmonie avec la volonté du Père. En même temps on peut y trouver une grande résonance à cette vive espérance qui anime Jésus au moment de subir le supplice de la croix.

Il avait certainement à l’esprit la tradition maccabéenne des innocents persécutés et la vision d’Hénoch au séjour des morts où les justes sont les plus heureux auprès de Dieu. Bien que ces rouleaux aient été plus tard classés comme apocryphes, ils contenaient une proclamation de la foi en la résurrection. Ce qui, à cette heure si sombre, plaçait déjà Jésus dans la lumière de l’exaltation céleste promise aux prophètes de Dieu et aux justes martyrs.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 02:08
Messe en latin, messe en français

Divers articles enflammés sont parus à la suite du Motu proprio décrété par le Pape François récemment : « Traditionis custodes ».

On peut lire ainsi ces derniers jours sur Civitas que le pape « veut détruire la messe en latin » et sur Boulevard Voltaire que le pontife romain a donné un « coup de Trafalgar » qui fera que, à l’inverse de la posture de Benoît XVI, beaucoup se sentiront « rejetés ». Sur Riposte laïque, c’est Bernard Anthony qui réagit sur le motu proprio en dénonçant en préambule les positions de François sur d’autres questions, mais pour lui, la messe en latin s’assimile quasiment à un dogme intangible.

Qu’en est-il exactement ?

Ceux qu’on surnomme « les tradis » sont en fait très diversifiés. La FSSPX a repris son thème favori de la « messe de toujours », assez fragile historiquement. Comment tout d’abord, oublier que l’évêque Marcel Lefebvre à l’origine de la dissidence traditionaliste avait voté oui à la réforme liturgique au Concile Vatican II pour ensuite s’élever avec vigueur contre ce qu’il avait contribué à promulguer.

Mais il faut reconnaître que parmi l’ensemble des protestations des tradis, beaucoup de revendications sont justifiées.

 

A notre époque de spiritualité déclinante, il faut saluer le rappel vital de la transcendance, de la sacralité et de la beauté. Depuis Vatican II, il y a eu tant de dérives en matière de liturgie, avec des chants indignes de ce nom, des homélies horizontalistes, des préfaces arrangées au goût du jour, des bricolages de niveau colonie de vacances avec un contenu débilitant. Donc tout ce qui dans ces milieux traditionnels s’engage à préserver ces hautes valeurs indispensables ne peut pas être critiqué.

Cependant, s’il est légitime de relever les aspects problématiques de la ligne du pape François et ses postures en matière de société et d’ouverture au monde, il ne serait pas justifié de l’accuser de « détruire » la messe en latin. Le motu proprio recadre les liturgies latines qui pourront continuer, mais uniquement par un accord avec l’évêque du lieu.

 

On ne peut se cacher que certains groupes s’abritent derrière la nostalgie latine du passé pour promouvoir des idées anti-ecclésiales de tendance sectaire. On retrouve chez certains le rejet de Vatican II sous l’angle du refus de tout dialogue avec les diverses composantes de la société, on y retrouve aussi l’antisémitisme, et un certain complotisme instrumentalisant les mutations au niveau international. Le pape François tient des propos qui méritent d’être discutés, par exemple le fameux « Qui suis-je pour juger », souvent interprété comme laxiste, mais de là à stigmatiser tous ses discours, c’est un peu rapide. Le pontife romain, par exemple dans la dénonciation de l’avortement, ne peut pas être assimilé à un relativiste sans critères. Ne perdons pas de vue que c’est le pape Jean Paul II qui a institutionnalisé la dimension de la « Miséricorde », avec les conséquences qu’on peut en tirer dans les problèmes de société, mais ce n’est pas le pape François

On peut admettre que le ton du motu proprio sur la liturgie n’est pas un chef d’œuvre de communication, et que la rudesse du propos a pu exaspérer. Mais il présente la messe en français comme la forme habituelle de la liturgie, et la messe en latin, qui n’est pas interdite depuis le concile, comme la forme extraordinaire. Qui refuserait de constater les bienfaits de la restauration de la veillée pascale par le pape Pie XII, ainsi que ceux de l’extension conciliaire des textes bibliques lus à la messe. Certains traditionalistes estiment qu’il faut plutôt rétablir les prières au pied de l’autel, les anciennes prières d’offertoire et la lecture du prologue de Jean à la fin de chaque célébration.

La réforme liturgique menée par le concile sur des bases sérieuses et approfondies n’est pas le produit d’un sérail de franc-maçons et de communistes comme certains le prétendent. S’il est vrai que des situations fâcheuses ont dérivé de l’ouverture offerte par Vatican II, la parabole du semeur nous rappelle que l’infertilité de certains terrains ne remet pas en cause la valeur des semences.

Il vaut la peine de retracer quelques étapes historiques éclairantes pour situer le débat et l’enjeu actuel autour de la messe tridentine dite de St Pie V. Pourquoi le concile a-t-il voulu revitaliser la liturgie dans les années 60 ? Au moment de la mise en oeuvre des déclarations conciliaires, les années 70-80 ont été marquées par des crises institutionnelles qui ont affecté profondément l’Eglise catholique. Dès les années 50, le centre de pastorale liturgique avait fait un travail de recherche conséquent tenant compte de l’apport anthropologique des sciences humaines. Déjà à cette période, la liturgie est appréciée différemment par deux camps opposés. Ceux qui militent pour le latin, langue des pères de l’Eglise, et ceux qui désirent le passage aux langues vivantes pour répondre à la rapide déchristianisation du public. Le latin est ressenti comme une langue sacrale de chrétienté, et ceux qui souhaitent revitaliser l’évangélisation pour les temps modernes aspirent au français avec un retour aux sources inspirés des premières liturgies des siècles apostoliques.

 

Le pape Pie XII – assez peu réputé moderniste- reconnaît le mouvement liturgique comme un « signe des dispositions providentielles de Dieu sur le temps présent » et un « passage de l’Esprit Saint dans son Eglise ».

Finalement le concile n’abrogera pas l’usage du latin mais il donnera une dimension très large aux « linguae vernaculae » dans la célébration de la messe et dans les sacrements.

En 1970, le « missel de Paul VI » remplace celui du Concile de Trente, 1570. Le rituel se présente comme la manifestation plus claire de la cohérence et du dynamisme des diverses parties de la messe. En 1969, le pape déclare : « N’imaginons pas que la rénovation du missel a été improvisée ! ». De nouvelles prières eucharistiques s’inspirant de l’Eglise primitive illustrent l’apport de nouvelles lectures bibliques au spectre plus large. La prière eucharistique IV ne vient pas de nulle part, elle offre un style poétique qui puise dans la Tradition : « Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce, de te glorifier, Père très saint, car tu es le seul Dieu, le Dieu vivant et vrai. Tu étais avant tous les siècles, tu demeures éternellement, lumière au-delà de toute lumière. Toi le Dieu de bonté, la source de la vie, tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup se réjouissent de ta lumière… »

 

A l’occasion du synode des catholiques de Suisse (1974), une prière eucharistique est proposée dans un langage actuel, avec quatre préfaces : Dieu guide son Eglise, Jésus notre chemin, Jésus modèle de charité, l’Eglise en marche vers l’unité. C’est autour de l’an 600, à partir d’éléments plus anciens, que s’était constituée la liturgie romaine autour d’une seule prière eucharistique en latin ; désormais, l’élan conciliaire en propose dix, dans diverses langues à choix.

Mais on peut imaginer qu’avant l’an 600 et la fixation de ce canon, d’autres prières issues de la période apostolique ont été prononcées dans les assemblées chrétiennes. Elles s’enracinent dans des traditions judéo-chrétiennes vivantes et nourries de paroles bibliques. L’anaphore, action de grâce adressée au Père par l’Eglise, est la base de la prière eucharistique, elle est constituée d’éléments contemporains de la période de formation du Nouveau testament à partir de l’Ancien.

Au monastère de Bobbio en Italie, un palimpseste a été longtemps conservé, il témoigne de formules antiques qui ont pu jouer un rôle décisif par la suite. Les vénérables traditions qui apparaissent dans le texte ne sont pas contestables, on trouve ainsi en langue latine une louange adressée au seul Père, dans sa souveraineté, sa sainteté et sa toute puissance. Est mise en lumière la médiation sacerdotale du Christ dans la prière de l’Eglise. Ces prières offraient un canevas à partir duquel le célébrant pouvait improviser une partie en concluant son oraison avec la formule « par Jésus ton Enfant ».

Dans le De opere et eleemosynis, St Cyprien de Carthage présente une prière eucharistique proche de celle exprimée sur le palimpseste de Bobbio. On y retrouve le thème johannique de la nouvelle naissance. Il est frappant de voir que les divers documents antiques témoignent d’une certaine unité théologique laissant supposer des traditions liturgiques peu à peu normatives. Mais la révélation intéressante de cette recherche d’anaphores anciennes, c’est que, en Gaule, en Espagne et en Italie, la tradition liturgique occidentale s’enracine dans l’Afrique proconsulaire du 3ème siècle, ce qui fait qu’à cette époque, l’Eglise d’Afrique très vivante est en réalité le berceau de la chrétienté latine. Il semble qu’historiquement une tradition plus ancienne venue d’Orient a été adaptée en latin fin du 2ème s. en Afrique du nord, alors que les Eglises d’Occident continuent de parler grec. Les premières intercessions sont marquées par l’eschatologie judéo-chrétienne dans l’attente de temps nouveaux, et le vocabulaire est anté-nicéen. (Concile de Nicée, 325, définissant la double nature humano-divine du Christ). On retrouve dans les prières la théologie du Nouveau testament et des Pères qui considèrent le Dieu Père, le Christ Jésus son Fils et l’action mystérieuse de l’Esprit par le déploiement du salut dans le temps des hommes. Cette antique tradition est largement introduite dans les nouvelles prières eucharistiques issues de Vatican II. C’est alors que se structure définitivement le mouvement de la prière ad Patrem per Christum, vers le Père par le Fils. Dans la messe en français, les oraisons s’adressent de ce fait toujours au Père par le Fils.

 

Les prières eucharistiques, dont fait partie le canon tridentin revendiqué par les traditionalistes, présentent une colonne vertébrale issue de traditions antiques attestées, comme l’anaphore apostolique de Syrie, celle d’Addaï et Mari, ou encore l’euchologe de Sérapion (Egypte). On y retrouve l’énoncé de la rédemption donnée par le Père et accomplie dans l’envoi du Fils. Des formes archaïques sont fondées sur une typologie voyant en Jésus le messager eschatologique de Dt 18,18 à la suite de Moïse, d’Isaïe (Is 6,8), de Jérémie (Jr 1,7), d’Ezekiel (Ez 2,3), d’Abdias (Ab 1), Zakarie (Zk 1,10), Malachie (Ml 3,23). La prière du Yotser Or, qedusha des thérapeutes d’Egypte a également inspiré la préface de la messe aboutissant au sanctus.

C’est un écho direct des premières communautés chrétiennes qui ont commencé à s’exprimer dans l’oral avant l’écrit. La prière liturgique, l’anaphore, est considérée comme parole divine qui perpétue l’action du Christ. Justin de Rome (2ème s.) développe cette doctrine eucharistique qu’on trouve esquissée dans la Didakè. La diversité géographique et linguistique des premières communautés eucharistiques nous montre étonnamment une unité prometteuse dans la foi autour des fondamentaux.

A partir de cette réflexion rétrospective, on peut se demander pourquoi sacraliser un canon devenu emblème controversé- mais aucunement interdit- en oubliant les présupposés théologiques de sa formation historique en Eglise ?

 

Messe en latin, messe en français, où est l’essentiel ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 00:04
Saint Valentin ou Cupidon ?

Valentin était un évêque romain.

Il fut décapité sur ordre de l’empereur Claude en 268, parce qu’il avait transgressé les décisions impériales en osant célébrer un mariage chrétien entre Serapia et Sabin. A l’époque se déroulait chaque printemps la fête des Lupercales, donnant l’occasion à de jeunes hommes et à de jeunes femmes de laisser le hasard désigner par tirage au sort les partenaires d’un jour. 

Ces festivités orgiaques étaient organisées sous le patronage de la déesse Junon et du dieu Pan, et les prêtres de Lupercus organisaient des fêtes hystériques. Face à ces solennités païennes et à leurs débordements, des chrétiens voulurent réagir en mettant en valeur  l’amour véritable entre un homme et une femme. Ils se situaient à l’évidence à contre-courant de l’opinion majoritaire où tout était permis! Ils s’inspiraient de la magnifique prière biblique de Tobie et Sara (Tb 8,4)

« Nous sommes les descendants d’un peuple de saints, nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu ! Seigneur, tu le sais, si j’épouse cette fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions. Mais c’est seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles.. » 

Serapia et Sabinn’étaient nullement desrabat-joie complexés, mais des êtres convaincus que l’amour vraiment respectueux des personnes est fondé sur un engagement mutuel, selon les valeurs éthiques de la Parole de Dieu. 

D’après la chronique, Serapia et Sabin ont fait appel à l’évêque Valentin pour qu’il bénisse leur union basée sur un amour réciproque, sincère et définitif. Comme pour d’autres mariages semblables célébrés par Valentin en infraction des décrets de l’empereur, ces démarches furent aussitôt réprimées par le martyre. (Il faut préciser qu’une des raisons d’interdiction du mariage – outre la licence des mœurs omniprésente – était qu’un soldat marié avait moins de motivation pour partir faire la guerre). 

Mais comment les opinions modernes en sont-elles arrivées à confondre le témoignage courageux de Valentin avec ce Cupidon capricieux, décochant ses flèches pour des partenariats sans lendemains ? 

On entend souvent l’argument selon lequel l’Eglise aurait été assez habile, dans les premiers siècles,  pour évangéliser des rites païens. Or, si l’on observe bien le cours des choses, c’est exactement l’inverse qui s’est produit ici : la Saint Valentin, initialement dédiée à une union loyale et durable, est devenue la fête des amoureux pour partenaires provisoires. A l’inverse des idées reçues, la société a donc paganisé et popularisé une fête aux motivations spirituelles, en occultant ses dimensions éthiques initiales. 

Mais c’est au XIV° siècle que la Grande Bretagne a popularisé la St Valentin pour les amoureux. Il se trouve que le promoteur de la célébration était un Vaudois établi outre-Manche, le capitaine Othon de Grandson, qui dans ses poèmes mettait en valeur les serments d’avenir que se font les véritables âmes sœurs (« Le souhait de Saint Valentin »). William Shakespeare fait mention de la St Valentin dans Hamlet : il compare poétiquement les amoureux qui échangent de doux messages avec les oiseaux qui commencent leurs approches nuptiales au printemps. 

C’est cette mise en valeur de l’amour d’un couple qui aurait préparé ce qui donnera naissance au jeu médiatique tel qu’on le connaît aujourd’hui. 

Finalement, il est tout de même étonnant de voir le courageux évêque St Valentin – qui a donné sa vie pour avoir consacré d’authentiques mariages – devenir à notre époque un logo publicitaire de rencontres frivoles sous l’égide de Cupidon, fils de Vénus et de Mars dans la mythologie romaine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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6 juillet 2024 6 06 /07 /juillet /2024 11:03
Pour l’islam, la femme est déficiente mentalement

Au nom du Dieu de La Mecque, l’Omniscient :

« Ô vous qui avez cru, quand vous contractez une dette pour un terme fixé, mettez-là par écrit, et qu’un scribe l’écrive entre vous, en toute justice. Un scribe ne peut refuser d’écrire selon ce que Dieu lui a enseigné. Qu’il écrive donc, et que dicte celui sur lequel repose la dette. Qu’il se prémunisse de Dieu son Seigneur, et qu’il n’omette rien. Mais si celui sur lequel repose la dette est mentalement incapable, ou faible, ou incapable de dicter, que son tuteur dicte alors en toute justice. Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes. Et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux dont vous agréez comme témoins. Ainsi, si l’une d’elles s’égare, l’autre pourra lui rappeler. Les témoins ne doivent pas refuser quand ils sont appelés. Et ne vous lassez pas de l’écrire, qu’elle soit petite ou grande, pour son terme. Cela est plus équitable auprès de Dieu, et plus droit pour le témoignage, et plus susceptible d’écarter le doute, sauf dans le cas d’une transaction immédiate que vous négociez entre vous ; dans ce cas aucune faute ne vous sera reprochée si vous ne l’écrivez pas. Prenez des témoins quand vous concluez un contrat. Et qu’aucun tort ne soit fait à un scribe ou à un témoin. Si vous en faites, cela serait de la méchanceté de votre part. Prémunissez-vous de Dieu. Dieu vous enseigne et Dieu est Connaissant de toute chose. » ( sourate 2 verset 282).

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes, et protègent en secret ce qu’Allah a protégé. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d´elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » ( sourate 4 verset 34).

Allah considère que la femme est une handicapée (demeurée) mentale et que son témoignage vaut la moitié de celui d’un homme d’une part et d’autre part, elle doit satisfaire les besoins sexuels de son mari à tout moment de la nuit ou de la journée, et si elle refuse de s’exécuter, Allah l’autorise à la corriger physiquement. Selon certains oulémas, il doit lui asséner des coups sur tout le corps, exception faite du visage. Et en plus, Allah et les anges la maudissent pour ne pas avoir satisfait sexuellement les désirs de son époux.

Selon un hadith du prophète de l’islam, la femme est déficiente mentalement, rapporté dans Sahih Bukhari ( n° 3-48-826).
« Une fois que l’apôtre d’Allah est allé au Musalla pour faire de la prière d’Al-Fitr. Puis il passa près des femmes et dit : “O femmes ! Faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’Enfer étaient vous (les femmes).” Ils demandèrent : “Pourquoi en est-il ainsi, ô apôtre d’Allah ?” Il répondit : “Vous maudissez fréquemment et vous êtes ingrates envers vos maris. Je n’ai vu personne plus déficiente en intelligence et en religion que vous. Un homme prudent et sensé pourrait être égaré par certains d’entre vous.” Une femme lui demanda : “O Apôtre d’Allah ! Qu’est-ce qui manque à notre intelligence et à notre religion ?” Il a dit : “Le témoignage de deux femmes n’est-il pas égal au témoignage d’un homme ?” Ils ont répondu par l’affirmative. Il dit : “C’est le défaut de son intelligence. N’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles ?” La femme a répondu par l’affirmative. Il a dit : “C’est le défaut de sa religion.”
Le Prophète a dit aussi : “Le témoignage d’une femme n’est-il pas égal à la moitié de celui d’un homme ?” Les femmes ont dit : “Oui.” Il a dit : “C’est à cause de la déficience de l’esprit d’une femme.” »

« Si celui qui prie, n’a pas placé devant lui un rempart comparable à la partie arrière du palanquin [c’est-à-dire une sut’rah], sa prière (salât) sera annulée par l’âne, la femme et le chien noir qui passent devant lui » (rapporté par Muslim, n° 510).

Lire aussi le verset 43 de la sourate 4 où Allah place la femme au même niveau des excréments de son époux:
“Ô les croyants ! N’approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d’impureté [pollués] -à moins que vous ne soyez en voyage -jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins ( excréments), ou si vous avez touché à des femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité, est Indulgent et Pardonneur”.

Ces trois Hadiths prouvent que l’islam a rabaissé la femme au rang d’une arriérée mentale, dépourvue d’intelligence et plus grave encore, il l’a carrément déshumanisée (animalisée).
Sans oublier aussi l’héritage où sa part équivaut à la moitié de son frère ( sourate 4, verset 11) :
« Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S’il n’y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s’il n’y en a qu’une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d’eux le sixième de ce qu’il laisse, s’il a un enfant. S’il n’a pas d’enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s’il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu’il aurait fait ou paiement d’une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d’Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage. »
Où se trouve la propagande islamique qui prétend qu’Allah et son prophète ont honoré la femme?
Le viol de la femme de soixante-quinze ans à Ozoir-la-Ferrière ( Seine-et-Marne), devant son mari handicapé dans leur propre maison en pleine nuit par un individu, prouve une fois de plus que l’endoctrinement coranique fait des ravages en France qui accueille au nom de la fraternité si chère à l’oligarchie, toute la misère islamique avec tous ses frustrés sexuels qui sont un danger permanent pour les citoyennes françaises.

L’agression sexuelle d’une fillette de sept ans au Trocadéro par un Afghan de trente-cinq ans est une preuve supplémentaire que l’islam est misogyne et criminogène. Cette agression n’est pas le fait d’un pervers pédophile mais résulte de la culture islamique qui encourage la pédophilie.
Mahomet, le prophète de l’islam, ne s’était-il pas marié avec la gamine Aïcha à l’âge de six ans et ne l’a-t-il pas culbutée à l’âge de neuf ans, selon la tradition islamique ?
Allah, lui-même, approuve la pédophilie dans le chapitre 65 ( le divorce), verset 4.

Que les journalistes de la bien-pensance aient un peu de courage et disent la vérité, toute la vérité, sur la pédophilie et le viol en islam qui est autorisé contre les mécréantes de six ans à quatre-vingt-dix-neuf ans ( 99) et qu’ils arrêtent de noyer le poisson (
Lire le verset 24 de la sourate 4 ).
La mascarade a trop duré… Mais où sont-elles passées les néo-féministes qui s’acharnent contre Gérard Depardieu et qui ne laissent pas la justice faire son travail dans la sérénité ?

Quand, il s’agit de l’islam, ces féministes des salons parisiens se voilent la face, car elles ont peur d’affronter la dure réalité islamique. Leur courage à deux balles qu’elles affichent devant les caméras, s’évapore par enchantement face aux cavaliers d’Allah.
Mais pour le moment, seules les femmes soldates de l’armée israélienne ( Tsahal) qui sont au front à Gaza l’arme à la main et qui combattent avec courage les sauvages islamistes du Hamas, sont en train de montrer à la face du monde la bravoure et la détermination de celles qu’Allah et son prophète, depuis quatorze siècles, qualifient d’arriérées mentales, de moins que rien, qui se limitent à une vulve au service de la procréation islamique, dépourvues de conscience et de raison.

Ces jeunes israéliennes de Tsahal sont en train de prouver aux musulmans que la femme n’est pas une déficiente mentale mais aussi aux féministes occidentales, et qu’elles sont de vraies guerrières capables de porter la vie mais aussi de la défendre âprement.
Quelle leçon d’humilité et d’abnégation, ces jeunes soldates israéliennes administrent à la religion de paix et d’amour.
Ces Amazones israéliennes sont la fierté de toutes les femmes du monde entier comment avant elles, les combattantes kurdes qui ont fait reculer les hordes barbares de Daesh.
Les soldats d’Allah qui se font descendre par des combattantes femmes, ne rejoindront jamais le paradis selon une fatwa où les attendent les soixante-douze houris, ces superbes offrandes sexuelles d’Allah. Et ces hordes dont l’esprit reste ancré encore au VII siècle refusent d’affronter ces guerrières et fuient le combat dès qu’ils les aperçoivent, de peur de ne pas mourir en martyr(shahid).
Une arriérée mentale les fait déguerpir comme des lapins, c’est le comble pour l’islam. Cette Cette lâcheté est un abîme de la mécréante!

Par contre, la France est en train de glisser vers une république arabo-islamique avec la complicité de l’oligarchie politico-médiatique, sans oublier aussi la responsabilité du peuple français qui est en pleine crise de la haine de soi et qui lui a donnée les pleins pouvoirs pour mener cette politique suicidaire depuis des décennies.
Donc matin et soir, les français doivent se dire en répétant, pour ne pas sombrer dans une schizophrénie dévastatrice, que l’islam est incompatible avec la liberté, la démocratie et les droits de l’homme, afin d’échapper à la dhimmitude qui finira par engendrer une pleine et entière soumission.

Hamdane Ammar

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6 juillet 2024 6 06 /07 /juillet /2024 08:58
Evolution des religions dans le monde – 1949 à 2023

Intéressante illustration animée de l’évolution relative des religions dans le monde (y compris l’absence de religion).

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6 juillet 2024 6 06 /07 /juillet /2024 07:40
Islam – Christianisme, dilemme de civilisation
Dans une société occidentale malade de son relativisme, fractionnée en individualismes sans limites morales, avec d’une part un christianisme affaibli et dévitalisé, et d’autre part un judaïsme si discret, il n’est pas difficile pour l’islam de se prétendre le seul témoin de la transcendance, fût-ce au prix d’une violence verbale ou physique suscitée par son texte sacralisé.

Dans les pays séculairement façonnés par le christianisme, aux valeurs civilisationnelles incontestables, la désertion de leur foi par les chrétiens apparaît comme une aubaine pour l’islamisation, qui visiblement s’accélère, avec la complaisance des dirigeants politiques. Les tout derniers événements, en particulier ceux de Conflans-Saint-Honorine et de Nice ont provoqué à juste titre un traumatisme émotionnel dans les opinions publiques.

Lors des attentats de Charlie hebdo, un grand mouvement avait rassemblé au nom de la liberté d’expression des milliers de manifestants autour du slogan « Je suis Charlie ». Après les meurtres islamistes dans la basilique Notre Dame, on peut toujours rêver de voir les mêmes défiler aujourd’hui avec la revendication « Je suis catho »…

 

Des chrétiens commencent cependant à se poser les questions de fond, alors que la majorité d’entre eux est encore dans une approche très confuse de la coexistence entre islam et valeurs chrétiennes (même laïcisées). La déchristianisation et la perte des repères peut expliquer cette difficulté, et l’onde de choc qui suit les attentats n’est pas un ressort suffisant et durable pour se positionner clairement envers l’avenir.

D’où vient le sentimentalisme attentiste des chrétiens face à la menace islamique ? Le concile Vatican II, dans un réflexe de bienveillance altruiste avait encouragé une approche positive à l’égard des religions, afin de prendre en compte ce qui est bon chez les autres, et d’y retrouver les « semences du verbe » (Ad gentes). Cela part sans doute d’une bonne intention, mais est-ce aujourd’hui la posture adaptée à la situation d’insécurité et de confusion qui prédomine ?

 

Le dernier texte du pape François ajoute à l’ambiguïté. « Tutti fratelli » un beau titre pour une exhortation à humaniser le monde en proie aux luttes fratricides. Mais la référence papale aventureuse au grand imam d’Al Azhar est piégée dans la mesure où elle met sur le même plan théologique christianisme et islam. Ceci est contraire au concile lui-même, qui n’a jamais demandé un dialogue entre catholicisme et islam, mais plus simplement entre chrétiens et musulmans, (au niveau des personnes) lorsque cela est possible. Certes, les êtres humains sont frères en humanité, mais ils ne sont pas frères en convictions religieuses qui impliquent des anthropologies et des visions du monde différentes et même antagonistes. La persécution violente ancienne et actuelle des chrétiens en est un des aspects majeurs à ne jamais perdre de vue.

 

Les catholiques ont eu depuis un siècle une curieuse tentation idéaliste de retrouver les traits de leur foi dans la religion islamique. Inconsciemment, les particularités de l’islam ont ainsi été superficiellement christianisées, sans trop approfondir le contenu. L’influence d’orientalistes comme Massignon n’y est pas pour rien, et beaucoup s’imaginent qu’une mosquée est l’équivalent d’une église, et que le coran est une simple variante de la bible.

La montée du relativisme culturel depuis les années 70 a permis à l’islam de se faire une place dans le supermarché des idées, et à travers les « dialogues interreligieux » de se poser en interlocuteur en passant par la grande porte des religions officielles, comme le judaïsme et le christianisme. Des personnages publics comme Tariq Ramadan ont prétendu « moderniser l’islam », alors que le projet réel des Frères musulmans est d’islamiser la modernité.

Pourtant, la lecture comparative du coran et de la bible laisse assez vite apparaître l’incompatibilité fondamentale entre les doctrines. L’illusion fréquente consistant à penser que « nous avons le même Dieu » ne résiste pas à l’analyse des textes. Le musulman dit : « il n’y a de dieu qu’Allah » (« ashadu an lâ ilâha illa I-illâh »), pour affirmer l’unicité de Dieu. Or, on constate que la formule est négative («  = il n’y a pas… »), ce qui annonce la foi islamique comme religion du rejet de tout ce qui n’est pas conforme à sa vision spécifique. Cette négation-affirmation exclusiviste se dit chargée d’évacuer tout polythéisme. C’est avec cette perception catégorique que le coran dénonce la foi trinitaire des chrétiens, surnommés « associateurs » parce que Jésus est appelé Fils de Dieu. Les musulmans s’imaginent que les chrétiens adorent trois dieux (Dieu, Jésus et Marie). Pour les chrétiens, en revanche, Dieu est un Dieu unique, même s’il s’exprime en tant que Fils et en tant qu’Esprit Saint, hypostases consubstantielles.

 

Il y a donc entre musulmans et chrétiens un véritable contentieux. L’essentiel de la foi chrétienne est nié : Jésus n’est pas mort en croix, il n’est pas Fils de Dieu, il n’y a pas de rédemption, etc. Pour l’islam, Allah s’incarne dans un Livre, parole divine incréée. Le coran est-il Allah ? La réponse : « Lâ huwa lâ gayruhu !», c’est-à-dire : « il n’est ni lui, ni autre que lui ! » Pour les chrétiens, le Dieu unique s’exprime parfaitement à travers Jésus, un homme qui est son Fils, mais qui pour les musulmans est seulement un prophète de l’islam. Aucun des 99 noms d’Allah n’évoque qui est Dieu. Car les qualificatifs ne sont pas ontologiques, ils sont seulement descriptifs. Or le mot amour ne fait pas partie de la liste. Beaucoup de « savants » estiment ainsi qu’Allah ne peut pas « aimer », car selon eux, cela passe obligatoirement par le sexe. Dieu n’est donc pas « père » de ses enfants, et encore moins de son Fils Jésus, puisqu’il n’a pas eu d’épouse…L’idée d’un Dieu qui engendre à la vie n’est pas comprise.

Al Ghazali (12ème s.) a écrit un célèbre traité sur l’amour, en tant que degré spirituel qui mène à l’union avec le divin. Mais pour le mystique musulman, cet amour n’est en aucun cas une définition de l’être même de Dieu. Dans sa « réfutation de la divinité de Jésus », Ghazali s’oppose fermement à la foi des chrétiens pour lesquels l’amour est l’essence même de Dieu. L’islam insiste sur la « miséricorde » d’Allah, mais qui est réservée uniquement à ceux qui l’adorent exclusivement et suivent ses préceptes, dans la soumission à sa toute-puissance et au destin qu’il a prévu pour chacun. « Allah pardonne à qui il veut et il châtie qui il veut » (5,18).

La miséricorde est mise en avant par la tradition coranique, mais elle ne se confond pas avec l’amour qui devrait logiquement en être la source. Pour l’islam, Allah est dieu pour lui-même, et pour le judéo-christianisme, Dieu est Dieu pour les êtres humains. C’est le sens même de l’alliance. De ce fait, la question qui surgit des divergences entre islam et christianisme, c’est : faut- il obéir, ou faut-il aimer ?

 

Etonnamment, la soumission à une transcendance autoritaire semble attirer un certain nombre de nos contemporains, angoissés par le vide existentiel et l’absence structurelle de voies d’humanité. Mais les philosophes modernes ont proposé des éthiques de dialogue et de responsabilité qui peuvent ouvrir des espaces spirituels malgré la pesanteur de l’individualisme régnant. Et la spiritualité biblique est riche d’alternatives au désenchantement de nos sociétés maladives.

Il y aura donc une grande différence entre la foi en un Dieu-amour et l’obéissance à une divinité contraignante sans visage, pour laquelle la raison doit s’effacer sous peine de châtiments (fermeture des portes de l’ijtihad). Pour St Augustin, seul l’amour permet d’obéir à des commandements avec sérénité. « Aime et fais ce que tu veux ! »

Plutôt que de se transformer en ONG, ou en supplétif politicien au gré des modes idélologiques, la mission de l’Eglise du Christ est aujourd’hui de témoigner de la transcendance à travers le visage d’un Dieu d’amour, par la mise en valeur de la tradition biblique, porteuse de lumières d’avenir face à l’emprise islamique et au matérialisme ambiant. Son rôle spirituel est aussi de dire aux chrétiens que si il est vrai que tout être humain a droit à de la considération, un système de pensée et d’action mondial tel que l’islam mérite urgemment une analyse approfondie qui ne se contente pas de bons sentiments.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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6 juillet 2024 6 06 /07 /juillet /2024 01:24
Mahomet n'a jamais existé

La figure de Mahomet n'est pas historique, comme les musulmans se l'imaginent. La réalité historique de cette figure s'est effacée depuis très longtemps, depuis le Moyen Age. En fait, la tradition musulmane va raconter Mahomet et créer, au début du IXe siècle, cette figure de prophète, soit deux siècles après sa mort.

Origine réelle de l'islam - Le prophète Mohamed n'est pas réél - Origine du prénom Mohamed c'est jésus christ loué ou béni ou choisi - Arabes chrétiens anti trinitaire de Khorasan - Omeyyades étaient des chrétiens - Les abbassides et la révolution contre les omeyyades - Origine de l'islam en asie centrale Korassan #

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Transcription

 

 

 

 
ologiens islamiques comme le

 

 

 

 

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5 juillet 2024 5 05 /07 /juillet /2024 23:22
Un chef islamiste menace Macron, la France et l’Occident

Un chef islamiste devant la mosquée Al-Aqça s’adresse à Macron et menace la France et l’Occident.

La civilisation de la France et de l’Occident est une civilisation de mensonges et de péchés, une civilisation d’athéisme et d’hérésies.
Ils détestent la religion d’Allah, la religion du monothéisme.
Leur civilisation est celle de la prostitution, de la promiscuité et de l’homosexualité.
C’est pourquoi ils nourrissent des sentiments de haine envers le prophète Mahomet.

[La foule autour de cet islamiste hurle et menace Macron :]
« Ô Macron ! Connais tes limites ! Avec le jihad nous détruirons ton honneur ! »
« Ô Macron ! Espèce de voyou ! Demain, nous conquerrons Paris ! »

[Puis, l’islamiste poursuit ses menaces :]
Depuis la mosquée al-Aqsa, nous disons à Macron, l’ennemi d’Allah et de son messager :

Ô ennemi d’Allah et de son messager ! Voici la nouvelle qui va vous déplaire !
Bientôt, il y aura un califat bien guidé sur le chemin du prophète Mahomet !
Ses grandes armées avanceront en criant « Allah akbar » et « Il n’y a de divinité qu’Allah », pour envahir la France et conquérir Rome, afin d’y instaurer la justice et d’y répandre la lumière.

Ô Macron ! Bientôt nous éliminerons votre civilisation corrompue et purgerons la terre de la saleté de votre capitalisme.

Bientôt, si Allah le veut, nous vous gouvernerons avec la justice et la magnifique civilisation de l’islam.
Les peuples d’Europe doivent se rendre compte à quel point ils ont été égarés par la Révolution française.
La seule réponse à la France et à son président est de déclarer le Jihad pour la cause d’Allah.

Texte traduit par Maurice Saliba

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18 juin 2024 2 18 /06 /juin /2024 11:01
Invocation à Saint Michel Archange
 
 

L’archange St Michel s’appelle en réalité MIKAËL, ce qui signifie : « Qui est comme Dieu ? ».

 

 

Ainsi, ce messager des plus belles réalités célestes porte un nom qui est une question ! C’est-à-dire une invitation pour l’être humain à se situer dans la création, dans son salut, et devant son avenir. (Voir Daniel 12,13 et Josué 5,1).  >>>Cette prière s’adresse à Dieu par son messager, elle est inspirée de l’oraison du pape Léon XIII.

 

Saint Michel Archange, viens nous défendre dans nos luttes  pour que triomphe le bien! Sois notre secours contre les ruses et les pièges des forces du mal. Que Dieu oppose à Satan la puissance de son règne.

Et toi, Prince des armées célestes, appelle la force divine et fais refluer vers les abîmes du néant tous les esprits du mal qui parcourent le monde pour détruire les âmes humaines.

Glorieux Prince des armées célestes, Saint Michel Archange, sois notre défense dans le combat contre les puissances et les entités agissant pour le monde des ténèbres, les esprits néfastes et malveillants qui obscurcissent l’atmosphère. Viens en aide aux êtres humains que Dieu a voulus à son image et à sa ressemblance, ces otages d’une tyrannie démoniaque qu’il a rachetés à grand prix.

La Sainte Eglise te vénère comme son gardien et son protecteur, c’est à toi que sont confiées les âmes délivrées de l’emprise du mal pour qu’elles parviennent au véritable bonheur du monde à venir.

Que par ta présence à nos côtés, le Dieu de paix nous rende capables de neutraliser les séductions de Satan, afin de lui retirer le pouvoir de nous retenir captifs et de nuire à l’Eglise.

Présente nos prières au Très haut afin que les bénédictions du Dieu de compassion descendent sur nous.

Empare-toi de l’insaisissable serpent qui n’est autre que Satan et repousse-le au loin dans le néant, afin que plus jamais il ne maintienne son emprise sur les peuples.

Reformulée par l’abbé Alain René Arbez

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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18 juin 2024 2 18 /06 /juin /2024 08:57
Jesus Unrolls the Book in the Synagogue James Tissot 1894

Jesus Unrolls the Book in the Synagogue James Tissot 1894

Jésus, juif galiléen observant, s’exprimait en hébreu. Lors de sa visite en Israël, alors que le chef du Gouvernement Benjamin Netanyahou rappelait que Jésus parlait hébreu, le pape répondit que Jésus parlait araméen…

 

 

Que signifie cette divergence montrant le souci israélien – légitime et positif – de restituer à Jésus sa judéité et de le rapatrier culturellement, tandis que le pape François semble minimiser cette appartenance en instrumentalisant l’araméen ? Au-delà de toute controverse, les deux ont finalement raison, car Jésus parlait quotidiennement l’hébreu, mais il parlait également l’araméen, et sans doute quelques mots de grec.

La vraie question est surtout :

 

  1. est-ce que Jésus enseignait en araméen ou en hébreu, et
  2. les évangiles rédigés par les disciples l’ont-ils été en hébreu ou en araméen avant d’être traduits en grec ?

 

Une affirmation très répandue circule depuis des décennies, qui consiste à prétendre sans complexe que, à l’époque de Jésus, l’hébreu était une langue morte, et que par conséquent la seule langue en usage était l’araméen.

L’araméen est une langue sémitique, proche de l’hébreu, mais qui ne lui est pas identique. Elle a été introduite en terre d’Israël par les exilés de retour de Babylone, et elle a été la langue des élites de Jérusalem beaucoup plus que celle du petit peuple.

 

Globalement, cela veut dire que les gens cultivés parlaient l’araméen, et que la population galiléenne et judéenne, peu instruite, parlait l’hébreu. Au temps de Jésus, il y a donc 4 langues qui coexistent dans la région : l’hébreu, l’araméen, le grec et le latin. Comme le peuple souffre de la présence occupante romaine et de ses impôts exorbitants, le latin n’est donc pas spécialement bien vu dans les couches populaires, plutôt orientées vers la résistance culturelle, impliquant l’hébreu.

Un auteur biographe de Jésus osait affirmer dans les années 60 que Jésus avait dialogué en latin avec Pilate lors de son procès, ce qui est invraisemblable. Quant au grec, il avait été introduit en Judée, Galilée et Samarie lors de l’invasion d’Antiochus Epiphane 2 siècles avant JC. Mais du fait que la Bible hébraïque avait été traduite en grec vers 270 avant JC pour être accessible aux communautés juives résidant en diaspora, le grec pénétra peu à peu dans les classes dirigeantes à Jérusalem, tandis que le peuple continuait de parler hébreu.

En ce qui concerne le statut de l’araméen en terre d’Israël, l’évaluation est plus contrastée, puisqu’ il y a dans les évangiles des expressions araméennes :

Le nom Abba que Jésus donne au Père, le « talitha koum » (fillette, lève-toi !) et le cri de déréliction de Jésus en croix « elahi, lama sabactani » sont mentionnés dans les évangiles. Dès le début du 20ème siècle, des chercheurs sont de ce fait persuadés que derrière le grec des évangiles se cache la langue araméenne. Plus tard, dans les années 80, les travaux de l’abbé Carmignac et ceux du bibliste catholique Claude Tresmontant ont démontré que le grec des écrits néo-testamentaires s’était structuré non pas à partir de l’araméen mais à partir de l’hébreu. Certains ont pu imaginer que des emprunts au grec de la Septante avaient été effectués pour rédiger les évangiles, mais la qualité linguistique de ces passages n’est pas du niveau de la Septante. Mieux, Claude Tresmontant décèle dans les paraboles et les logia exprimés par Jésus des articulations verbales qui ne prennent sens qu’en hébreu. Les jeux de mots dans le texte ne fonctionnent qu’à partir de l’hébreu seul. Par ailleurs, des passages représentatifs tels que « l’agneau qui porte le péché du monde » (Seh HaElohim, hanoseh hatat HaOlam) sont typiquement hébraïques. Notons aussi que Papias et Eusèbe de Césarée, ainsi que Jérôme, font allusion à un évangile de Matthieu primitif rédigé en hébreu avant les transpositions postérieures.

 

En conséquence, ni le grec, ni l’araméen ne peuvent correspondre à l’enseignement donné par Jésus à des auditeurs de couches populaires parlant quotidiennement l’hébreu. Jésus avait choisi d’adresser son message d’espérance messianique à des laissés pour compte, à des personnes vulnérables, des populations modestes, en quête de spiritualité pour leur vie de chaque jour et leur avenir. De plus, les citations et références bibliques nombreuses relayées par Jésus dans ses discours ne peuvent être également qu’en hébreu : à la synagogue, les rouleaux de la Torah et des Prophètes sont écrits et lus en langue hébraïque.

Certes, l’évangile de Marc relate en araméen le dernier cri de Jésus crucifié « Elahi, lama sabactani ! ». Or, cette citation de la première séquence du psaume 22 n’a pu être exprimée qu’en hébreu par jésus agonisant (Eli, eli, lama azavtani) selon la forme habituelle de la liturgie. D’autre part, le jeu de mot prêté à un témoin : « il appelle Elie » n’est pas possible avec l’araméen, mais seulement avec l’hébreu.

Quant à l’inscription (titulus) Jesus Nazarenus Rex Judaeorum placardée par dérision sur le poteau d’exécution de Jésus, elle est écrite selon St Jean en hébreu, en latin et en grec. Pas question d’araméen ici ; en hébreu : Yeshoua haNotsri Wemelekh HaYehoudîm, dont les initiales correspondent au tétragramme, manière pour Jean de suggérer que la présence divine se manifeste dans l’événement pascal.

Dans les Actes des Apôtres, (26,14) n’oublions pas qu’il est précisé spécifiquement que le Ressuscité s’adresse à Schaoul (Paul) en hébreu puisque celui relate le fait de la manière suivante : « J’ai entendu une voix me dire EN HEBREU : Schaoul, Schaoul, pourquoi me persécutes-tu ? »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez prêtre, pour Dreuz.info.

 

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