Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration Connexion + Créer mon blog
overblog
MENU
Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances Tous les blogs Religions & Croyances
Recherche
Connexion + Créer mon blog Suivre ce blog Administration
Partager

Le Blog de Lazare

Articles récents Articles les plus lus Contacter Lazare Liens
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 11:25

L’agressive Amérique, née en 1776, n’est restée en paix que durant 20 ans

L’agressive Amérique, née en 1776, n’est restée en paix que durant 20 ans
Une guerre nucléaire contre Moscou, c’est le suicide collectif assuré.

Méfiance, car l’Amérique est capable du pire, toujours !

N’oublions pas que le général Mac Arthur voulait raser la Chine en 1951, avec 34 bombes atomiques. Et en 1945, les mêmes qui ont exterminé les Indiens sans le moindre état d’âme projetaient de larguer 204 bombes atomiques pour détruire 66 villes russes, histoire d’évacuer définitivement la menace communiste. C’est cela la Pax Americana.

Ces bons Américains envisageaient de passer directement du stade expérimental observé à Hiroshima et à Nagasaki, à l’échelle industrielle, si j’ose dire, en désintégrant la Chine et l’URSS sous un déluge atomique. On appelle ce pays le camp du Bien.

Poutine a raison. Autoriser Zelensky à frapper la Russie en profondeur, c’est déclencher une guerre entre l’Otan et la Russie. Dès lors que l’Ukraine a besoin du renseignement satellitaire occidental et des spécialistes otaniens pour mettre en œuvre les missiles longue portée, l’Occident confirme son statut de cobelligérant, encore plus qu’il ne l’est déjà.

La Maison Blanche peut bien bêler au scandale et juger les propos de Poutine « incroyablement dangereux », c’est bien l’Amérique qui nous rapproche d’un conflit ouvert entre la Russie et l’Otan. L’escalade constante, avec chars, missiles, F-16 et bientôt les missiles de 800 km de portée, est de l’entière responsabilité des Anglo-Saxons et de leurs caniches européens.

Le risque nucléaire est donc bien réel. Une frappe tactique sur la Pologne ou la Roumanie n’est pas à exclure et peut mener au pire. Ce n’est pas parce que Poutine a laissé franchir toutes les lignes rouges sans réagir qu’il acceptera que son pays soit menacé dans ses intérêts vitaux. L’Otan joue avec le feu nucléaire.

Trente mois de mensonges otaniens permanents ne changeront rien à la réalité. C’est bien l’Amérique qui a voulu cette guerre pour anéantir la Russie et pas l’inverse.

Rappelons que les États-Unis sont le pays le plus belliqueux de la planète. Depuis 1776, ils n’ont été en paix que durant une vingtaine d’années. À peine l’Afghanistan évacué dans une débandade et une panique ahurissantes, ils ont engagé une guerre par procuration contre la Russie, en rejetant toutes les initiatives de paix depuis 2022. Et les faucons du Pentagone, se croyant invincibles, pensent déjà à leur prochaine guerre contre la Chine, en prétextant la défense du confetti chinois Taïwan. La véritable Amérique se lit dans ce lien :

https://french.news.cn/2021-09/17/c_1310192755.htm

Non content d’avoir exterminé les tribus indiennes, ce pays veut éliminer tous ceux qui menacent son hégémonie mondiale, sur tous les plans. La tyrannie américaine entend régner sans partage. Donc pas question de tolérer l’émergence d’une superpuissance européenne, s’étendant de Gibraltar à Vladivostok et possédant un trésor géologique en Russie, estimé à plus de 54 000 milliards de dollars.

Après la chute du Mur, Gorbatchev a dissous le pacte de Varsovie en 1991, croyant à la promesse des Américains de ne jamais élargir l’Otan à l’Est.

En réponse, Washington a renforcé l’Otan, passée de 16 membres en 1990 à 32 en 2024.

Quand Gorbatchev pensait pouvoir rejoindre l’Otan, l’Amérique a dit non.

Quand Gorbatchev a manifesté le souhait d’intégrer l’Europe, celle-ci a dit non.

En 2014, c’est la CIA qui a renversé le gouvernement pro-russe de Kiev pour y placer un valet de Washington. Tout a été fait pour briser tout lien entre l’Europe et Moscou. Je rappelle donc que la démocratie que nous défendons à Kiev n’est en réalité qu’un coup d’État de la CIA.

Depuis cette date, les États-Unis préparent leur guerre par procuration contre Moscou, attisant les braises et cautionnant les exactions de Kiev contre les populations russes du Donbass.

Toutes les demandes de Poutine pour garantir la sécurité en Europe ont été rejetées avec mépris par Washington. La dernière, fin 2021, ultime tentative pour éviter la guerre, a été traitée de la même manière. Washington voulait cette guerre, mais en faisant porter le chapeau à Poutine.

Personne ne dit que c’est à la demande des républiques séparatistes du Donbass, appelant Moscou à leur secours, que Poutine a lancé son offensive en février 2022.

On connait le bilan de ces trente mois de guerre.

600 000 soldats ukrainiens ont été tués. L’armée russe, totalement sous-estimée par des généraux occidentaux aussi aveugles qu’arrogants, est au faîte de sa puissance, soutenue par une industrie de l’armement inégalable.

Les sanctions économiques qui devaient mettre la Russie à genoux en trois mois se sont retournées contre l’Europe, qui voit son économie à l’arrêt depuis des mois.

Le régime mafieux et corrompu de Kiev continue de sacrifier son peuple, en détourant les milliards de l’aide occidentale et en revendant les armes de l’Otan sur le darknet.

Jamais des fortunes aussi colossales ne se sont bâties aussi vite au cours d’une guerre.

Mais vu l’acharnement de Zelensky et de ses soutiens anglo-saxons, tout cela pourrait s’achever dans un gigantesque feu d’artifice nucléaire. Évacuer ce risque d’un revers de la main est irresponsable.

L’embrasement que nous avons évité durant les 45 ans de guerre froide pourrait devenir réalité si le camp otanien s’acharne à crier victoire face à l’Ours russe, qui possède la supériorité des armes, aussi bien conventionnelles que nucléaires.

Sur les 13 000 têtes nucléaires que se partagent les neuf puissances atomiques actuelles, Russie, USA, Chine, France, Royaume-Uni, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël, la Russie en possède environ la moitié. L’Iran devrait devenir la 10e puissance nucléaire.

Contrairement au discours otanien, ce ne sont ni la Corée du Nord, ni l’Iran qui menacent la paix du monde, mais les États-Unis, qui ne cessent de pousser à l’escalade contre Moscou.

Trois puissances nucléaires font la guerre à la Russie par Ukraine interposée, en franchissant toutes les lignes rouges de la façon la plus inconsciente et irresponsable qui soit. USA, France et Grande-Bretagne jonglent avec des flacons de nitroglycérine, en poursuivant une escalade suicidaire vers l’irréparable.

« La menace d’un « Armageddon » nucléaire est de retour pour la première fois depuis la crise des missiles de Cuba« , déclarait Biden en octobre 2022.

Ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre une escalade sans fin, en faisant miroiter une impossible victoire à Kiev.

Rappelons aussi que Zelensky, qui joue sa survie en prolongeant cette guerre, avait appelé à frapper la Russie avec des armes nucléaires, le 6 octobre 2022. Une frappe préventive… Comme si Poutine allait rester les bras ballants !

Méfions-nous de cet impérialisme américain qui entretient 800 bases à travers le monde et qui est responsable, par sa politique interventionniste tous azimuts, de 20 millions de morts au bas mot depuis 1945.

Rien ne peut égaler la puissance de feu nucléaire russe

Avec son missile Sarmat, la Russie peut atteindre n’importe quel objectif et vitrifier un pays comme la France en quelques minutes.

Avec 10 ogives dirigées sur différentes cibles, ce missile se déplace à mach 20 et peut raser 650 000 km2 sans aucune parade possible. C’est 500 fois la puissance d’Hiroshima.

Quant au drone sous-marin Poséidon, dont nous avons déjà parlé, il se déplace à 1 000 mètres de profondeur, plus rapidement qu’un sous-marin et peut transporter une charge de 100 mégatonnes. Son autonomie est illimitée. Son explosion au large des côtes américaines provoquerait un tsunami gigantesque, avec une vague radioactive de 500 mètres de hauteur, qui rendrait un territoire de         500 000 km2 inhabitable pour des siècles.

Et ceux qui pensent qu’une frappe préventive sur la Russie, avec quelques centaines de missiles, mettrait l’Ours russe à genoux, se trompent lourdement.

En admettant qu’une frappe nucléaire préventive massive anéantisse toutes les défenses russes, un système automatique de riposte ultime lancera une frappe de représailles quel que soit le degré d’anéantissement de la Russie. En clair, il n’y aura pas de sauve-qui-peut possible pour l’agresseur. Ce sera spectacle son et lumière pour tous.

https://www.notre-planete.info/terre/fin_du_monde/guerre-nucleaire-consequences.php

Tout cela transformera la planète en enfer, éliminant la moitié de l’humanité par les radiations, les famines, la disparition de la couche d’ozone etc.

En 1962, avec la crise de Cuba, nous sommes passés à deux doigts de l’Apocalypse. Mais aujourd’hui, les illuminés de Washington, ivres de leur puissance passée, sont bien capables de pousser Poutine dans ses derniers retranchements pour le forcer à user d’une frappe nucléaire tactique contre l’Ukraine ou même contre l’Europe. L’Ukraine et son régime mafieux valent-ils ce prix démentiel ?

Mais si les Américains s’imaginent que la guerre se cantonnera au continent européen, ils se trompent lourdement. À 26 000 km/h, un missile Sarmat est vite arrivé… sans parler d’un Poséidon qui explose au large de New York, histoire de plonger tout le monde dans le bain nucléaire.

Je pense que cette guerre n’a que trop duré et que l’avenir de l’Europe ne se fera jamais contre la Russie. Que des pays comme l’Allemagne, la France ou la Pologne soient dirigés par de dangereux irresponsables, des guignols totalement dépassés, c’est une évidence, mais il va bien falloir que la raison et la sagesse l’emportent, avant l’irréparable.

Il suffisait aux crétins belliqueux de Kiev et à leur suzerain américain de respecter les accords de Minsk, pour que l’Europe vive en paix. Mais avoir gagné la guerre froide ne suffit pas aux Américains. Ils veulent l’anéantissement de la Russie. C’est de la pure folie. Cela n’arrivera jamais car la puissance militaire russe, en pleine expansion, reste inégalée.

Poutine est un sage qui est parfaitement conscient du risque nucléaire. Mais le drame est que les faucons occidentaux prennent cette sagesse pour de la faiblesse et son discours de mise en garde pour du bluff. Par conséquent, le pire reste possible.

Ajoutons que l’Amérique, grâce au dollar, vit à crédit sur le dos de la planète et n’a plus les moyens de sa politique agressive et dominatrice. Voici les chiffres rappelés par le général Delawarde :

Quelques données économiques US au 14 septembre 2024:

PIB : 28.658 milliards de $

Dette fédérale: 35.373 milliards de $ soit 123,5 % du PIB

Intérêts de la dette fédérale: 943 milliards de $

Dépenses de défense: 925 milliards de $

Déficit budgétaire: 1.892 milliards de $

Déficit commercial: 1 098 milliards de $, dont déficit avec la Chine: 277 milliards de $

À quand l’effondrement des États-Unis et du monde occidental ? Nous y allons tout droit.

Jacques Guillemain

 

https://ripostelaique.com/lagressive-amerique-nee-en-1776-nest-restee-en-paix-que-durant-20-ans.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
15 novembre 2025 6 15 /11 /novembre /2025 01:19

Les musulmans et la machine de guerre nazie

Les musulmans et la machine de guerre nazie

Bat Ye’Or a lu “Les musulmans et la machine de guerre nazie“*, de David Motadel, et elle a souhaité le faire découvrir aux lecteurs de Dreuz.

Le public francophone peut se réjouir de disposer d’un travail qui expose dans le détail et avec l’exactitude minutieuse de la recherche historique tout le panorama de l’alliance germano-islamique durant le XXe siècle. Certes il existe déjà de nombreux travaux sur ce sujet. Cependant le livre de Motadel a l’immense avantage de se placer sur le temps long de l’histoire et d’étudier dès la fin du XIXe siècle la géostratégie islamophile de l’Allemagne, ses développements ultérieurs au cours des deux guerres mondiales y compris dans l’entre-deux-guerres et ses conséquences jusqu’au XXIe siècle. Les activités politiques ou idéologiques de chaque personnalité citée sont mentionnées d’une guerre à l’autre dessinant un remarquable paysage géostratégique et idéologique homogène vis-à-vis de l’islam avec ses réseaux, ses incidences, ses projections.

Un autre aspect novateur du livre consiste à analyser la mobilisation et l’instrumentalisation de la religion musulmane dans la guerre et dans ce cas précis son exploitation par l’Allemagne nazie dans sa géostratégie militaire pour atteindre ses propres objectifs. Cette orientation s’était déjà manifestée dès le début de la Première Guerre mondiale en 1914-1918 dans l’alliance de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie avec l’Empire ottoman contre les Forces de l’Entente : France, Grande-Bretagne, Italie, Russie, Serbie et Monténégro. C’est en effet, à l’instigation de l’Allemagne qu’en novembre 1914 le sultan-calife ottoman lança aux musulmans son appel au djihad contre leurs ennemis communs. Le facteur religieux du djihad associait l’islam aux objectifs politico-stratégiques germaniques.

Le livre est divisé en trois parties, chacune subdivisée en chapitres centrés sur différents thèmes. Dans les chapitres de la première partie, Motadel examine la représentation de l’islam et des musulmans dans la stratégie de guerre germanique. Cette vision, très favorable aux musulmans, se construit dès le XIXe siècle dans le contexte des rivalités européennes coloniales. La solidarité militaire de l’alliance germano-ottomane de la Première Guerre mondiale renforce l’islamophilie germanique de la Seconde. Dans l’entre-deux-guerres des équipes d’experts, de diplomates, d’intellectuels et de militaires allemands s’intéressent à l’islam aux plans religieux et militaires dans une perspective privilégiant le pangermanisme. La littérature souligne les affinités idéologiques entre nazisme et islam. Axé sur le djihad, la guerre sainte et le martyr, ce mouvement issu des contacts du précédent conflit renforce la collaboration des leaders nazis avec des chefs religieux musulmans, muftis, imams prestigieux, leaders panislamistes qu’ils courtisent. Se posant en défenseur de l’islam, Berlin favorise les soulèvements de musulmans en Crimée, dans le Caucase et dans les colonies françaises et britanniques.

L’auteur examine à partir de 1941 la politique allemande envers l’islam élaborée par le ministère des Affaires étrangères et l’instrumentalisation des thèmes du djihad et du terrain religieux. Berlin devient un centre de ralliement d’Arabes venus de Syrie, de Palestine, d’Irak, d’Afrique du Nord. D’autres musulmans arrivent des Balkans, de Turquie, de Crimée, du Caucase, des républiques musulmanes d’Union soviétique, d’Afghanistan. Des muftis, des imams, des officiers musulmans supervisés par des cadres supérieurs allemands, assurent leur endoctrinement et leur formation militaire. Par leurs relais dans les pays musulmans ils diffusent dans une thématique religieuse une intense propagande haineuse contre les Alliés et surtout les juifs destinés à l’extermination.

La seconde partie composée de trois chapitres, examine la collaboration nazie-musulmane en 1939-45 dans les trois zones de guerre où l’enrôlement de volontaires musulmans fut important. Ces régions sont l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, notamment dans les pays arabes où réapparaissent les anciennes collaborations germano-musulmanes de 1914-18. Cette particularité se manifeste aussi sur le front de l’Est (Ostland) qui comprend, outre la Biélorussie et l’Ukraine, le Caucase, la Crimée, la Tchétchénie, les frontières asiatiques de l’URSS, la Pologne où est créé un siège de mufti, la Lituanie, la Lettonie, les Etats sur la Baltique avec l’enrôlement de leurs populations musulmanes tatares dans la Wehrmacht ou les SS. Enfin le front des Balkans avec leurs nombreuses populations musulmanes résiduelles installées depuis l’occupation ottomane de territoires chrétiens européens. Chacun de ces chapitres étudie minutieusement l’organisation de la collaboration à tous les niveaux de l’administration nazie avec les populations musulmanes et leurs chefs religieux dans les domaines militaires et la diffusion d’une propagande religieuse propagée dans l’ensemble du monde musulman. Cette partie expose l’imbrication des forces de l’Axe avec presque un demi-million de soldats musulmans d’ethnies diverses dispersés par le régime nazi sur les nombreux théâtres de guerre et dans les camps d’entraînement des pays occupés par le IIIe Reich.

La troisième partie composée de trois chapitres analyse les thématiques des activités militaires des musulmans engagés volontaires dans l’administration germano-fasciste nazie. Ces chapitres étudient les mécanismes psychologiques et religieux de mobilisation de larges populations musulmanes, leur enrôlement dans la Wehrmacht et les SS, leurs assignations dans l’armée ou la police, dans le Service de renseignement intérieur (RSHA sous la responsabilité de Ernst Kaltenbrunner) impliqué dans les génocides et les massacres, leur répartition dans la garde des camps d’extermination. Sous le sous-titre : « L’islam et la politique dans l’armée », quatre thèmes sont regroupés : le pôle religieux dans le recrutement des soldats musulmans, les rituels du culte et la discipline militaire, le rôle des imams et leurs écoles. L’auteur nous décrit la hiérarchie militaro-religieuse d’imams militaires commandant ces secteurs et leur formation. Le dernier chapitre de cette partie étudie le rôle de l’islam dans la propagande militaire et l’endoctrinement. Ces  secteurs se moulent dans les structures idéologiques et militaires du djihad, guerre théologique contre l’infidèle. L’instrumentalisation de la religion islamique par les nazis se manifeste dans  la mobilisation des musulmans et la propagande.

Cette masse musulmane accourue servir le IIIe Reich se chiffre à plusieurs centaines de milliers de volontaires venus d’Afrique du Nord, des pays arabes du Levant, y compris la Palestine, des Balkans, d’Albanie, d’Herzégovine, de Bosnie, du Caucase, de Crimée et d’Asie centrale, des Indes et de la Baltique. Bosniaques, Albanais, Azéris, Tatars, Arabes sont enrôlés. À l’époque où l’Europe occupée traque ses juifs et les extermine du fœtus au vieillard, elle accueille les musulmans avec égard et bienveillance. Elle leur accorde des privilèges spéciaux pour leurs célébrations religieuses et leurs mœurs, allant au-devant de leurs désirs et recommande de les traiter avec tact, de respecter leur religion, de s’abstenir de boire de l’alcool en leur présence, d’éviter les paroles offensantes, de ménager leur sensibilité.

L’islamophilie est telle que plusieurs hauts fonctionnaires nazis se convertissent, en premier Himmler, le cerveau et l’architecte de cette vaste stratégie transnationale associant les musulmans à l’idéologie et à la stratégie nazies d’extermination du judaïsme et du christianisme enjuivé. Tous les gouvernements des pays européens occupés y collaborent. Des équipes conjointes d’orientalistes allemands et européens travaillent ensemble avec des muftis, des imams, des ulémas. Ensemble ils coordonnent une propagande et un endoctrinement haineux diffusés sur la planète du Maroc aux Philippines. Le plus actif dans ce domaine est le mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, qui opère la fusion du militarisme nazi avec le djihadisme théologique par l’actualisation des versets coraniques et des hadiths.

Cette immense fresque expose l’ensemble des stratégies allemandes avec le monde musulman. Celles-ci sont coordonnées par les services du ministère nazi des Affaires étrangères dirigé par Ernst von Weizsäcker, par le ministère de la Propagande sous Goebbels, celui des Territoires occupés commandé par Alfred Rosenberg, les dirigeants de la Wehrmacht (Oskar Ritter von Niedermayer) et celui des SS dirigé par Heinrich Himmler. Tous ces ministères sont en lien avec les chefs musulmans d’unités militaires constituées exclusivement de volontaires musulmans d’Europe, d’Asie et d’Afrique.

Cette étude globale exhaustive dessine l’interpénétration fusionnelle de l’idéologie et des institutions politiques et militaires du IIIe Reich avec les armées musulmanes rassemblées, endoctrinées et organisées par le régime d’Hitler. C’est la concrétisation de l’islamo-nazisme. On est au cœur d’une humanité barbare nourrie d’une émulation du pire entre le nazisme exterminateur et le djihadisme génocidaire. Le rejet méprisant d’un christianisme issu du judaïsme stimule l’islamophilie des dirigeants du IIIe Reich.

Cette section examine aussi les derniers mois et semaines de la guerre où dès l’automne 1944, les désertions nombreuses, le refus de se battre et la panique désorganisent cette masse considérable de musulmans étrangers rassemblés en Allemagne ou dans les territoires occupés. Abandonnés par leurs chefs en fuite ou arrêtés beaucoup passent à l’ennemi. Dans les Balkans, les unités du Turkestan enrôlées dans la Wehrmacht rejoignent le camp des résistants. Après la guerre, ceux du Caucase, de Crimée, d’Union soviétique sont rapatriés par Moscou dès l’été 1945 et jugés. Mais la majorité des recrues musulmanes restèrent dans des camps en Allemagne. Bénéficiant en 1946 du statut de personnes déplacées, ils se fixèrent dans divers pays d’Europe occidentale. Quant à Amin al-Husseini, il fut remis en mai 1945 aux Français qui, après l’avoir hébergé en lieu sûr pendant un an, le laissèrent filer au Caire où il fut reçu en héros. Car même si la guerre contre les Alliés avait pris fin par une défaite, celle contre les juifs continuait.

L’Épilogue fait le bilan de la politique nazie d’instrumentalisation des musulmans au service des visées stratégiques de conquête impériale germanique et des moyens considérables mis en œuvre. Hitler et ses collaborateurs percevaient l’islam comme une force unifiée et amie. Dans les dernières semaines du régime, Hitler préconisait pour la nouvelle Europe qu’il projetait de construire  (p.300).

Dans cet Épilogue l’auteur précise que son travail examine les formes d’instrumentalisation de l’islam religieux par l’idéologie militariste du IIIe Reich et non les réactions variées et contradictoires des musulmans à cette entreprise. Il constate qu’excepté l’exécution des grands criminels ou leur fuite, les principaux architectes du nazi-islamisme appartenant au ministère des Affaires étrangères, à la Wehrmacht ou aux SS sortirent indemnes de la guerre et réintégrèrent leurs fonctions, même ceux dont les peines furent réduites.

L’Épilogue retrace brièvement le sort de la masse des engagés volontaires musulmans du IIIe Reich restée après la guerre en Allemagne et notamment en Bavière. Désormais c’est la CIA qui instrumentalise l’islam, notamment le djihad durant la Guerre froide. Washington soutient les mouvements djihadistes contre le communisme et l’embauche des musulmans ayant servi les nazis dans la politique américaine antisoviétique. Une sorte d’internationale nazi-islamique d’après-guerre se dessine entre les Etats-Unis, l’Europe où résident la majorité des nazis et leurs collaborateurs européens et les islamo-nazis des pays arabes et musulmans.

Malgré la richesse et l’abondance du matériel étudié, la structure du livre et l’ordonnance de ses thèmes confèrent à l’ouvrage une remarquable clarté agrémentée par une excellente traduction française qui en facilite la lecture. De nombreuses photographies témoignent de l’historicité irréfutable du récit.

Ce travail monumental appelle quelques commentaires, car il est clair que cette immense toile géographique transnationale ne disparut pas du jour au lendemain après la défaite allemande. Au Proche-Orient, al-Husseini réussit à faire immigrer dans des pays arabes certains de ses collègues musulmans au service des nazis. En outre il se constitua une milice et fit appel aux soldats musulmans de la Wehrmacht  parmi lesquels ceux de la division Handzjar qui perpétra des massacres de masse en Yougoslavie et un génocide de Serbes, de Juifs et de Roms. Avant même le déclenchement de la guerre arabo-israélienne de 1948 les hommes du mufti s’étaient introduit dans les villages arabes de Palestine et mêlés à la population menaient une guérilla sanglante contre  les juifs, alors que les armées de cinq Etats arabes se massaient aux frontières. Bien que le premier Secrétaire-Général de la Ligue arabe, Abdoul Rahman Hassan Azzam Bey annonçait « une guerre d’extermination et un massacre dont on parlerait comme de ceux des Mongols », aucun pays européen, excepté la Tchécoslovaquie, n’accepta de vendre des armes aux Israéliens. Après tout, deux ans seulement auparavant leurs trains sillonnaient leur pays emportant les juifs vers les camps d’extermination. Azzam bey prédisait un vaste pillage et le déferlement de volontaires musulmans venant des Indes, d’Afghanistan, de Chine et d’ailleurs excédant le nombre des Arabes de Palestine, et même des centaines de volontaires anglais. Utilisant les formules d’Hitler qui inversaient les réalités, il accusait les juifs de provoquer une guerre avec les Arabes. (D. Barnett et E. Karsh, « Azzam’s Genocidal Threat”, Middle East Quartely, Fall 2011, pp. 85-88).

La mentalité du mépris de la vie juive et conjointement l’admiration pour l’islam qui avait prévalu en Europe bien avant 1939, était encore très présente après 1945. Elle contribua à créer un organisme, l’UNRWA, financé par l’ONU et exclusivement réservé aux Arabes qui avaient fui la Palestine et auxquels s’étaient joints les soldats perdus du nazi-islamisme attirés par les promesses de génocide et de pillage. La seconde manifestation de la rémanence du nazisme fut l’élection comme premier président de la Commission européenne de Walter Hallstein (1958-67), nazi convaincu et auteur en 1938 du projet approuvé par Hitler d’une Europe sans juifs ni frontières régie par le IIIe Reich et économiquement liée au monde arabo-musulman. En Allemagne fédérale le chancelier en 1966-69 fut Kurt Georg Kiesinger, membre actif du parti nazi dès 1933 et travaillant sous Goebbels dans la section Propagande destinée au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord. L’ONU avait à sa tête de 1972 à 1981 Kurt Waldheim, officier autrichien dans la Wehrmacht sur le front des Balkans durant les génocides. En France, Maurice Couve de Murville, ancien fonctionnaire de Vichy décoré de la Francisque, menait une carrière diplomatique distinguée avant de devenir Premier ministre. On pourrait multiplier ces exemples quand la Communauté européenne dès les années 1970 accepte secrètement l’entraînement sur son territoire de terroristes palestiniens. Réminiscences des exercices militaires des musulmans engagés dans la Wehrmacht et les SS.

J’ai décrit dans des livres et articles la rémanence d’un antisémitisme/antisionisme prégnant dans les institutions de l’UE, conjointement à une islamophilie bienveillante envers une immigration musulmane portes ouvertes. Des dates jalonnent cette politique, il serait trop long de les citer ici. Rappelons seulement les attentats terroristes anti-juifs, la piraterie aérienne, le boycott arabe du pétrole et la reddition européenne, les accords officieux du Dialogue euro-arabe entre les députés de tous les partis de la CEE et les pays arabes, accords qui pavèrent la voie de la dhimmitude en Europe et l’insécurité grandissante des juifs d’abord, puis des non-juifs. Les réseaux transnationaux de l’euro-nazisme avec l’islamo-nazisme perdurèrent dans les décennies de l’après-guerre. Ils conditionnèrent le soutien européen à l’OLP, organisation terroriste héritière du projet nazi-islamique d’éradication d’Israël. Le désir d’Himmler de remplacer le judéo-christianisme par l’islam s’exprime dans les lamentations actuelles sur les défaites musulmanes à Poitiers, Lépante et au siège de Vienne en 1683. Le nazisme revit dans la subversion de l’histoire par l’attribution à l’islam du patrimoine biblique, fondement du christianisme, dans la délégitimation de l’Etat hébreu pour justifier sa suppression, dans l’inversion de la vérité faisant des Israéliens des nazis et des Arabo-Palestiniens engagés volontaires dans les forces du IIIe Reich, ses victimes.

C’est de cette toile invisible tissée dans la guerre d’extermination de 1939-45 contre les juifs par le nazi-islamisme que se développent aujourd’hui tous les poisons détruisant la civilisation judéo-chrétienne occidentale, cible du jihad depuis treize siècles. C’est de là aussi que sourd la haine anti-trumpiste de l’Europe et son silence désapprobateur des accords d’Abraham. Trump qui écrasa d’un coup de pied toutes les entourloupes euro-arabes nazies savamment dissimulées dans la Palestinocratie. Un livre indispensable pour comprendre les sources de la désagrégation actuelle de la civilisation européenne.

Bat Ye’Or pour Dreuz.info.

 

https://ripostelaique.com/les-musulmans-et-la-machine-de-guerre-nazie.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
11 septembre 2025 4 11 /09 /septembre /2025 10:34

L’abolition de l’esclavage : ses conséquences et la colonisation de l’Afrique

J’ai fini un pavé de 600 pages sur Toussaint Louverture de Pierre Pluchon, cet initiateur de l’indépendance de l’île de Saint Domingue, devenue Haïti, par la volonté de Jean Jacques Dessalines, le premier Empereur de cette ancienne colonie, surnommée la « perle des Antilles ».

L’abolition de l’esclavage : ses conséquences et la colonisation de l’Afrique

Le moins que l’on puisse dire est que les affranchis et les esclaves n’étaient pas des anges et que la couleur n’était pas une garantie de tolérance, d’empathie, de gentillesse envers les Blancs. Il faut dire qu’en tant qu’esclaves ou ex-esclaves, les Blancs se comportaient parfois très durement avec eux. 

Le code noir, qui fut, quoiqu’en disent les descendants d’esclaves et surtout ceux venus d’Afrique, une très légère avancée compte tenu de ce qui se passait en Jamaïque, aux USA ou dans les colonies espagnoles et portugaises. J’ai bien dit une légère avancée qui permettait de considérer les esclaves en tant qu’êtres humains avec des droits, des devoirs… et non des bestiaux à la tâche. Reste qu’être esclave est et reste le signe d’une appartenance physique d’un humain à un autre humain, et ce n’est pas être salarié comme certains syndicalistes osent le dire.

Toussaint Louverture était un affranchi qui possédait une propriété et avait lui-même des esclaves qui lui appartenaient légalement. Contrairement à Jean Jacques Dessalines qui lui, était un esclave soumis au Code noir. (Source)

C’est la Révolution française qui fera exploser le système rentable de la Perle des Antilles. L’abolition de l’esclavage. Le 29 août 1793, au Cap, le commissaire civil Sonthonax proclame l’abolition de l’esclavage.

Toussaint Louverture était un autodidacte qui profita de l’aubaine et par son intelligence sut profiter des opportunités et de la naïveté des autorités françaises en place.

Massacres après massacres contre les métis de Guiraud qu’il détestait et des Blancs qui n’avaient pu fuir ou continuaient d’espérer qu’il serait plein de mansuétude avec eux, il a fini par conquérir toute l’île, y compris la partie espagnole.

C’est le premier consul Bonaparte qui mit fin à son aventure de « gouverneur général » de l’île. Le capitaine-général Leclerc le fit arrêter en douceur, le déporta en France où il mourut peu après, et tout cela avec la complicité du « général » noir, Jean-Jacques Dessalines.

Peu après, Jean-Jacques Dessalines renversa la vapeur et prit la tête de l’île. Il vira le reste des soldats français bien mal en point avec la fièvre jaune, déclara l’indépendance en 1804, nomma l’île Haïti et se fit Empereur. Tout cela sur le dos de milliers de morts, blancs, métis, noirs, et les assassinats de femmes, d’enfants, de vieillards de toutes les couleurs. Il est aujourd’hui admiré et encensé par les Noirs de tous les horizons, y compris en Afrique. Comme quoi, trahir Louverture et massacrer le tout-venant ne laissent pas trop de traces. Il fut assassiné lui aussi. 

Ce fut une épuration totale qui se serait appelée aujourd’hui, une épuration ethnique !

Haïti aura vécu 224 ans de drames, entre Rois et Empereur et désormais République, y compris les Duvalier et les célèbres « Tonton Macoutes« , et toujours la même misère !

La Perle des Antilles est devenue un enfer pour les descendants d’esclaves. Saint Domingue, le pays voisin, n’aura pas vécu cette série de monstruosités à répétition. Elle n’est guère plus riche, mais s’en sort mieux.

Se pose la question de l’esclavage. Les esclaves venaient d’Afrique. Louverture venait de la Guinée comme des Noirs, comme Dessalines, dans cette île esclavagiste. Avant l’abolition, il y avait des esclaves qui s’enfuyaient des îles voisines comme de la Guadeloupe pour rejoindre Saint Domingue. Après l’abolition, seule restait la Martinique sous l’esclavage et l’occupation anglaise.

On peut légitimement se poser la question de savoir ce que sont devenus les autres Africains, capturés par les tribus noires et qui n’étaient pas destinés à la traite négrière en destination de l’Amérique du Sud, du Nord et des Antilles !

Capturés par les razzias arabo-musulmanes et les tribus noires, ils ont fini dans le commerce transsaharien, dans les usines à castrer, dans les harems pour les plus belles, et envoyés dans les pays de l’Arabie, de Zanzibar, ou sous la coupe des Ottomans.

Titiane N’diaye  l’explique très bien dans son livre le « Génocide voilé ».

Kakou Ernest Tigori – L’Afrique à désintoxiquer

Bernard Lugan – Les guerres d’Afrique

Olivier Pétré Grenouilleau – Les traites négrières

On n’oubliera pas non plus les plus d’un million d’Européens capturés sur les côtes, y compris en Irlande, par les barbaresques de Tripoli, Tunis, Alger et les corsaires marocains de Tétouan, de Salé, ou de Larache.

Que ce soit les Arabes, les Berbères qui eux pourtant furent les premières victimes de l’esclavage arabo-musulman car les conquérants arabes de Damas trouvaient leurs femmes belles, ou les tribus noires qui sévissaient sur les côtes africaines, l’esclavage a toujours été une donnée économique constante. Ce n’est pas la couleur de la peau qui importait, mais bien le rapport économique. Sauf pour un eunuque blanc qui valait dix fois plus cher qu’un noir ! 80 % des castrés mouraient, suite à la castration totale, y compris du pénis !

Toutefois, chez les arabo-musulmans, il y avait une vision raciste en plus de l’esclavage.

L’historien Ibn Kaldun (1332/1406) affirmait que « seuls les peuples à accepter l’esclavage sont les nègres en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal ». (L’histoire à l’endroit – Bernard Lugan)

De même avant lui, Iyad Al Sabdi (1083/1149) affirmait « ils sont des hommes les plus corrompus et les plus adonnés à la procréation (…) leur vie est comme celles des bêtes. Ils ne prêtent attention à rien des affaires du monde si ce n’est au manger et aux femmes » (cité par Gordon).

On peut constater que les Arabo-musulmans n’avaient qu’une piètre considération pour les Africains. Pas plus pour les chrétiens captifs d’ailleurs par la suite. C’est pourquoi je m’étonne toujours de voir des femmes africaines voilées alors qu’elles furent les premières victimes de l’islam et des conquérants arabes. Une inculture profonde de ces femmes, deux fois captives de leur croyance.

Que l’on considère aujourd’hui que les Blancs, et seulement eux, étaient d’horribles salauds d’esclavagistes en 2024, n’interdit pas de penser, de réfléchir et d’admettre que l’esclavage bien avant les Grecs et les Romains, était monnaie courante.

L’esclavage a toujours existé et c’est aux Européens que l’on doit son abolition et son interdiction. Les Anglais comme les Français ont fait la chasse aux esclavagistes de tous les horizons.

Les Français en colonisant l’Afrique, ont permis de freiner l’esclavage, d’interdire le cannibalisme, les sacrifices humains, etc. Sans doute, il y a eu des abus divers et variés. Fallait-il les laisser évoluer à leur vitesse ?

L’un des rois les plus cruels et les plus meurtriers de son temps, le roi Behanzin et sa famille.

Doit-on regretter d’être intervenu dans leur monde tribal ? Je fais partie de ceux qui finalement le regrettent. La Troisième République des radicaux socialistes du 19e siècle et début du 20e siècle a préparé les catastrophes invasives de notre France du 21e siècle.

Quand un jeune imbécile inculte, sorti d’on ne sait où, d’une école quelconque, me dit que je suis un vieillard sénile qui radote, qu’il faut regarder le présent et non le passé, j’ai envie de sortir une massue. N’étant pas stalinien, je me contente de le traiter seulement d’imbécile.

En attendant, des femmes comme Taubira la Guyanaise, ou l’Africaine Obono n’auraient jamais pu être là où elles sont sans ces interventions européennes. Pas plus d’ailleurs que l’ensemble des Antillais qui souvent nous abreuvent de « leurs frères africains« , ces enfants des ancêtres qui les ont vendus aux négriers blancs ! On se souviendra des cris d’orfraie d’Obono sur un article de Valeurs relatant une capture d’esclaves en Afrique.

Un mot pour finir sur ce sujet. Le Liberia n’a jamais connu la colonisation.

Il fut créé par une association américaine qui souhaitait permettre aux anciens esclaves américains de retourner dans l’Afrique de leurs ancêtres. La première chose qu’ils firent est de reconduire le mode de vie de leurs anciens maîtres et de placer en esclavage les habitants des lieux. Cela a fini en guerre civile entre Noirs américains et natifs Africains. Là non plus, personne n’en parle !

Que seraient-ils devenus tous ces « braves gens » sans cette intervention dans la vie africaine de leurs ancêtres ? Personne ne leur dit dans les écoles que leurs vies auraient probablement été bien différentes.

On ne le saura jamais.

Gérard Brazon

 

https://ripostelaique.com/labolition-de-lesclavage-ses-consequences-et-la-colonisation-de-lafrique.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 10:56

15 août 1944 : l’Armée de Lattre débarque en Provence

15 août 1944 : l’Armée de Lattre débarque en Provence

« Le 15 août 1944, 100 000 soldats, américains, canadiens et britanniques, ont débarqué sur les plages du Var, avec plus de 250 000 Français de l’Armée « B », future « 1ère Armée », composée de troupes venues des colonies françaises en Afrique, qui ont repris Toulon puis Marseille en moins de deux semaines. Ce succès reste un épisode souvent méconnu mais décisif de la libération de l’Europe… qui a permis à la France de s’asseoir à la table des vainqueurs… Placée sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, l’Armée « B » comptait 84 000 pieds-noirs… 12 000 soldats des Forces Françaises Libres (FFL)…et 12 000 Corses, mais aussi 130 000 soldats musulmans… » (Sud-Ouest (1)).

Depuis des années, je me fais un devoir de commémorer des victoires ou des événements à la gloire de nos armes. Camerone, Bazeilles ou Diên-Biên-Phu sont des défaites mais j’estime qu’elles font partie de notre roman national car elles glorifient le courage, le sens de l’honneur et le sacrifice de nos meilleures troupes. Il faut que les jeunes générations sachent ce qu’elles doivent à leurs aînés.
En France, les seules dates qui semblent compter sont le 14 juillet, le 8 mai, le 11 novembre, plus quelques dates « mémorielles » imposées par une volonté de culpabilisation du peuple français et de repentance à l’égard des Juifs, des minorités et de nos anciens colonisés.

De son côté, le Français moyen, souvent nul en histoire, connaît cependant quelques dates : Marignan en 1515 ; le 14 juillet (dont il situe l’origine à 1789, prise de la Bastille, alors qu’on honore la « Fête de la Fédération » un an plus tard) ; le 11 novembre 1918, fin de la saignée de 14-18 (2) ; et le 8 mai 1945, capitulation de l’Allemagne et fin de la guerre en Europe (3).
Les plus « beaufs » connaissent aussi 1664, naissance de Kronenbourg et les vieux soixante-huitards, devenus des Bobos, honorent le 10 mai 1981, date à laquelle, selon Jack Lang, notre pays passa « de l’ombre à la lumière » en élisant un homme ombrageux qui n’était pas une lumière.

Cette année, nous célébrons en grandes pompes les 80 ans de notre libération ; c’est bien !
Pour les cérémonies autour du Débarquement, le 6 juin 1944, Macron s’est déplacé et, selon son habitude, il a fait un de ses interminables discours filandreux qui rappellent Fidel Castro. Mais n’a pas voulu y inviter Poutine ce qui traduit un mépris total pour le rôle de l’URSS dans la victoire finale. L’Europe a été libérée par 90 divisions anglo-américaines, quelques divisions françaises et 360 divisions soviétiques. Même un anticommuniste primaire comme moi n’oublie pas cette réalité.

Macron était dans sa démagogie racoleuse habituelle. Il a également refusé la participation des athlètes russes aux JO, ce qui est une grave atteinte à l’esprit de l’olympisme. Les athlètes russes ne sont pas responsables du conflit en Ukraine. On ne devrait jamais mêler la politique et le sport !

Le 6 juin 1944, début de l’opération « Overlord », nom de code de la bataille de Normandie, la 2e Division Blindée du général Leclerc est entrée dans l’histoire, et elle le mérite grandement ! Le Débarquement en Normandie fait partie du mythe, entretenu depuis 1945, de « la France libérée par elle-même ». En revanche, on parle peu de l’autre débarquement, celui de Provence, commencé le 15 août 1944. Sous le nom de code d’« Anvil Dragoon », c’est une vaste opération menée par les Alliés dans le sud-est de la France. Appelée à l’origine « Anvil » (enclume en anglais), le nom a été changé en « Dragoon » par Winston Churchill qui était contre ce débarquement. Dans ses mémoires, il déclara y avoir été « contraint » (dragooned en anglais) par les Américains.

Les objectifs de l’opération étaient de libérer Toulon et Marseille, puis de remonter la vallée du Rhône pour effectuer la jonction avec les forces armées de l’opération « Overlord » débarquées massivement en Normandie à compter du 6 juin.

À partir du 15 août 1944, ce sont 260 000 combattants de la 1re Armée Française du général de Lattre de Tassigny qui vont arriver dans le Sud de la France. Durant la nuit du 14 au 15 août, des commandos français sont débarqués sur les plages : « Rosie Force » débarque les 67 hommes du Groupe Naval d’Assaut du capitaine de frégate Seriot sur l’aile Est à Miramar pour couper la route aux renforts allemands venant de l’Est ; « Romeo Force » débarque le Groupe des Commandos d’Afrique du lt-colonel Georges-Régis Bouvet sur l’aile Ouest, de part et d’autre du cap Nègre…

Le 16 août, à J + 1, débarque « Force Garbo » aux ordres du général américain Alexander Patch, et composée de la VIIe Armée américaine et de la 1re Armée française commandée par le « Roi Jean » de Lattre de Tassigny. Les trois quarts de « Force Garbo » étaient sous commandement français avec, presque exclusivement, des unités de l’Armée d’Afrique : 10 % des combattants étaient originaires de la métropole (les « Français Libres »), 90 % venaient d’Afrique du Nord dont une écrasante majorité d’anciens soldats de l’Armée d’armistice (devenue vichyste). 48 % étaient des «Pieds noirs». Cette armée, c’était « l’Armée Giraud », et, pour certains « l’Armée du maréchal ».

Elle était constituée par : la 3e Division d’Infanterie Algérienne du général de Monsabert ; la 1ère Division Blindée du général Touzet du Vigier et la 1re Division Française Libre du général Diégo Brosset (gaulliste). Dans les jours suivants, ces unités furent renforcées par : La 9ème Division d’Infanterie Coloniale du général Magnan ; la 2ème Division d’Infanterie Marocaine du général Dody ; la 4e Division Marocaine de Montagne du général Sevez ; la 5e Division Blindée du général de Vernejoul et les deux groupements de Tabors Marocains du général Guillaume.

Après de rudes combats, les troupes du général de Lattre volent de victoire en victoire ; en deux semaines la Provence est libérée. Digne et Sisteron sont atteintes le 19 août, Gap le 20 août, Grenoble est prise le 22 août (soit 83 jours avant la date prévue), Toulon le 23 août, Montélimar le 28 août, Marseille le 29 août, Lyon le 3 septembre. Les Alliés, remontant la vallée du Rhône, rejoindront le 12 septembre, à Nod-sur-Seine, au cœur de la Bourgogne, celles du front de l’Ouest.

J’ai souvent écrit que c’est l’Armée d’Afrique qui a libéré la France. Certes, comme je l’ai raconté dans un de mes livres (4) elle n’était pas seule, tant s’en faut, mais la vérité historique – ou, l’honnêteté intellectuelle – voudrait qu’on cesse d’entretenir le mythe, aussi stupide que mensonger, de « la France libérée par elle-même » et du général De Gaulle boutant le Teuton hors de France, aidé par les FTP communistes (5). L’histoire mérite d’être nuancée car elle n’est pas aussi… simpliste.

Rappelons, juste pour mémoire, que lors du débarquement en Provence, le général Giraud mobilisa 27 classes de Français d’Algérie. Du jamais vu, même pendant la Grande Guerre !

176 500 furent réellement incorporés. Ils se sont remarquablement battus et leur taux de pertes au feu fut deux fois supérieur à celui des autres unités alliées ayant participé à la libération du sol national. Et tant pis s’il faut contredire les auteurs du film Indigènes (6) mais l’effort demandé aux musulmans fut moindre : sur 14 730 000 habitants de l’Algérie, 233 000 furent mobilisés soit 1,58 % de la population. La majorité était constituée d’engagés volontaires. L’effort consenti librement par les musulmans d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie ET Maroc) fut 10 fois moins important que celui demandé aux seuls « Pieds noirs ». C’est une réalité occultée par presque tous les historiens.

Il faut aussi se souvenir que le 6 juin 1944, les « Français Libres » qui débarquèrent ce jour-là étaient…177 : les « bérets verts » du commando Kieffer. D’ailleurs, les Alliés n’avaient même pas jugé utile de prévenir De Gaulle de l’imminence du débarquement. La 2ème Division Blindée du général Leclerc – celle qui est entrée dans l’histoire – n’a débarqué qu’en août 44, presque deux mois plus tard, sur le sol de France. Et, aussi glorieuse soit-elle, ce n’était jamais qu’UNE division.

On me dit parfois que j’oublie le rôle important de la Résistance. Non, je n’oublie rien et j’ai un respect – profond et total – pour les vrais résistants. Mais la Résistance, d’après l’historien Basil H. Liddell Hart, a représenté l’équivalent de deux divisions au maximum ; deux… sur les 500 venues à bout de l’Allemagne. Il faut se souvenir aussi que lors de la Libération, l’Armée a réussi à incorporer – péniblement – moins de 100 000 résistants alors que, sur les trois départements d’Algérie, le général Giraud, lui, avait réussi à mobiliser 300 000 hommes. Ceci se passe de commentaire !

Pourquoi nos manuels d’histoire nous parlent-ils si peu de l’Armée d’Afrique ?

Je suppose que c’est pour faire oublier qu’après une guerre gagnée militairement, le 19 mars 1962, la France a lâchement, tragiquement, honteusement, abandonné les soldats d’Afrique du Nord venus la libérer en 1944… C’est aussi pour faire oublier que la plupart des chefs de l’Armée « B » du général de Lattre avaient fait allégeance à Pétain et préféraient Weygand et Giraud à De Gaulle, c’est d’ailleurs pour ça que ce dernier n’aimait pas les « Pieds-noirs ».

Eric de Verdelhan

1)- Sud-Ouest, édition numérique du 13 août.
2)- Mais les combats ont continué – aux Dardanelles entre autres – jusqu’en 1920.
3)- Le japon a capitulé le 2 septembre 1945.
4)- Hommage à NOTRE Algérie française (Éditions Dualpha ; 2019).
5)- J’ai traité ce sujet dans Mythes et Légendes du Maquis  (Éditions Muller ; 2018).
6)- (Mauvais) film de propagande réalisé par Rachid Bouchareb, en 2006 

 

https://ripostelaique.com/15-aout-1944-larmee-de-lattre-debarque-en-provence.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
20 août 2025 3 20 /08 /août /2025 07:20

Impérialisme américain : de la Doctrine de Monroe à l’expédition de Suez (1823-1956)

Impérialisme américain : de la Doctrine de Monroe à l’expédition de Suez (1823-1956)

« L’Amérique aux Américains et l’Europe aux Européens »
Comte Richard Coudenhove-Kalengi – Fondateur de l’Union Paneuropéenne

Prenant modèle sur l’empire dont ils se sont libérés, les États-Unis se perçoivent comme un empire dès leur origine. Dans une lettre au marquis de Lafayette, George Washington décrit la nation dont il est le président comme un « mini-empire ». Benjamin Franklin partage ce point de vue. La doctrine de Monroe confirme cette vision que la nation a d’elle-même.

La Doctrine Monroe

Tirée du nom du cinquième président des États-Unis, James Monroe, la politique étrangère états-unienne condamne toute intervention européenne dans les affaires des Amériques, tout comme celle des États-Unis dans les affaires européennes ; elle a caractérisé la politique étrangère des États-Unis du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle.
Lors de son septième message annuel au Congrès des États-Unis, le 8 décembre 1823, James Monroe a défini quelques principes de la nouvelle politique étrangère du pays qui étaient plus particulièrement destinés aux très puissantes nations européennes :
– Les deux Amériques du Nord et du Sud ne sont plus susceptibles d’être colonisées
– Toute intervention européenne dans les deux Amériques sera perçue par les États-Unis comme une menace pour leur sécurité et pour la paix
– De leur côté, les États-Unis n’interviendront pas dans les affaires européennes.
Au début du XXe siècle, Théodore Roosevelt (1901-1909) prononce le « corollaire de la doctrine Monroe ». Dorénavant, les États-Unis ne toléreront plus que l’on s’oppose frontalement à leurs intérêts dans les deux Amériques. Les États-Unis souhaitent donc avoir le monopole de l’expansion coloniale vers l’Amérique latine. Ces prétentions provoquèrent l’indignation des dirigeants européens, et plus particulièrement de l’empereur allemand Guillaume II.

La crise du canal de Suez (1956) et le début de l’impérialisme américain en Europe

La crise du canal de Suez en 1956 marque le début de l’impossibilité pour la France et le Royaume-Uni de mener une politique indépendante de Washington. Elle a permis aux États-Unis d’affirmer leur suprématie historique sur les « vieilles » puissances impériales européennes.
Les gouvernements français et anglais, croyant encore dominer le monde, préparent en secret avec Israël une intervention militaire pour renverser le président égyptien Nasser et mettre fin à la nationalisation du canal de Suez. Le gouvernement français reprochait aussi à Nasser son soutien à la rébellion algérienne du FLN et de lui fournir des armes.
Mais suite à l’intervention des États-Unis, la crise marqua en fait une rupture historique dans la conduite du monde. C’est la fin des guerres « impérialistes » européennes et le début de la domination américaine militaire et monétaire sur l’Occident conduisant très rapidement et inéluctablement à un impérialisme américain en lieu et place de l’impérialisme européen.

Les États-Unis, passifs au tout début du débarquement des Royal Marines britanniques ainsi que du largage des troupes françaises aéroportées à Port Saïd, exigent très rapidement le retrait des forces militaires pour désamorcer la crise. Ils lancent de plus une violente attaque monétaire qui fut décisive contre la livre sterling. Les Britanniques demandèrent immédiatement l’aide du FMI, mais celle-ci fut refusée. Eisenhower ordonna alors de vendre les obligations en livres sterling détenues par le Trésor américain. Privés de pétrole suite à la fermeture du canal et craignant un effondrement de la livre sterling, le gouvernement anglais se voit obligé, sans consulter le gouvernement français, de renoncer à l’expédition.
Entre-temps, les États-Unis avaient envoyé des forces navales et aériennes pour interférer dans le dispositif militaire franco-anglais et interdit l’usage de matériel militaire français financé par des aides américaines. De plus l’URSS menaçait la France, le Royaume-Uni et Israël d’une riposte nucléaire. Sous la pression du monde entier, l’Angleterre et la France sont contraintes, malgré leur victoire militaire foudroyante, d’accepter un cessez-le-feu et de se retirer d’Égypte.

Conséquences géopolitiques et nouvelle ère des relations internationales en Europe

La preuve est faite que la France, l’Angleterre ne sont plus des puissances dominantes en Europe. Les États-Unis et l’URSS ont tenu à montrer que l’ère coloniale est finie, qu’aucune politique au Proche-Orient ne pouvait se faire sans eux. C’est la fin de l’ancestrale politique européenne de la canonnière.
Mais la France et le Royaume-Uni vont tirer paradoxalement des conclusions opposées sur ce conflit : le Royaume-Uni, plus que jamais, décide de s’aligner sur la politique étrangère des États-Unis, devenant pour des raisons linguistiques, son plus proche allié en Europe. La France conclut, au contraire, qu’elle doit se donner plus de moyens pour justifier ses ambitions internationales, d’où les prémisses de la création d’une force de dissuasion nucléaire française par Guy Mollet fin 1956, et Félix Gaillard en avril 1958. Le général de Gaulle mettra au point et développera une force de frappe française, dès son arrivée au pouvoir en 1958, pour s’opposer à toute menace potentielle (« dissuasion tous azimuts ») sans adversaire nommément désigné, ce qui n’en excluait aucun, y compris les États-Unis dans une hypothèse extrême.

Marc Rousset – Auteur de « Notre Faux Ami l’Amérique/Pour une Alliance avec la Russie » – Préface de Piotr Tolstoï – 370 p – Librinova – 2024

 

https://ripostelaique.com/imperialisme-americain-de-la-doctrine-de-monroe-a-lexpedition-de-suez-1823-1956.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
31 juillet 2025 4 31 /07 /juillet /2025 00:06

La « Rafle du Vel’d’Hiv »

La « Rafle du Vel’d’Hiv »

« … Le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français répondaient aux exigences des nazis… On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards… jetés sans ménagement dans les bus parisiens… Pour toutes ces personnes arrêtées commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ? La France, la patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable… »                          (Extrait du discours de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995).

Jusqu’à mes 46 berges, le 16 juillet aura été symbole de joie, de gaîté et de bonne humeur pour une raison simple, c’est le jour de mon anniversaire. Non que l’idée de prendre un an de plus chaque année me réjouisse – avancer irrémédiablement vers la vieillesse me rendrait même plutôt morose – mais ma famille et mes amis se chargeaient de rendre cette journée agréable : je recevais généralement des livres et quelques bonnes bouteilles, ce qui suffisait à mon bonheur. Parfois, on m’offrait aussi un accessoire de moto ou de parapente et, bien que je n’aime pas particulièrement les festivités programmées à date fixe, j’étais de bonne humeur, heureux et comblé.

Et puis, tel Zorro dans la chanson d’Henri Salvador, Jacques Chirac est arrivé.

À peine élu Président par des voix de droite, ce démagogue radical-socialiste a voulu ratisser large et  a osé ce que ce satrape de François Mitterrand a toujours refusé : affirmer la responsabilité totale et entière de la France dans la tragique « Rafle du Vel’d’Hiv »,  les 16 et 17 juillet 1942.

Il est vrai que Mitterrand, décoré de la Francisque par le maréchal Pétain (1), était mal placé pour attaquer trop frontalement le gouvernement de Vichy, mais jusqu’à lui, tous les Présidents de la République (y compris de Gaulle) allaient déposer une gerbe sur la tombe du maréchal Pétain pour honorer le vainqueur de Verdun. Jacques Chirac, lui, était plus soucieux de complaire au CRIF (2).

Il n’est pas dans mon intention de nier, de minorer, d’excuser ou d’expliquer l’horreur de la « Rafle du Vel’d’Hiv »  mais j’en ai marre de tous ces gens qui se chargent de réécrire l’histoire pour la rendre « politiquement correcte »,  surtout quand c’est encore une occasion de salir la France.

Jean-Marc Berlière, professeur d’histoire, a rétabli la vérité sur la « Rafle du Vel’d’Hiv » (3). Sans avoir ses connaissances, qu’il me soit permis de revenir sur le sujet. Je n’entends pas dédouaner le gouvernement de Vichy mais je voudrais qu’on sorte des clichés tout aussi simplistes que réducteurs, voire carrément faux. Arrêtons de charger la barque et surtout, arrêtons la repentance !

Commençons par l’étoile jaune imposée aux Juifs. Chirac, puis Hollande, puis Macron, et tant d’autres affirment que c’est Pétain qui a imposé aux Juifs le port de l’étoile jaune. Ces historiens de pacotille font semblant d’oublier qu’en juin 1940, la France a subi l’une des plus mémorables raclées de son histoire, pourtant riche en défaites cuisantes. Ils oublient aussi qu’après l’effondrement de nos armées, sous la présidence d’Albert Lebrun, le dernier gouvernement de la IIIe République, dirigé par le maréchal Pétain, demanda un armistice. Celui-ci fut signé le 22 juin 1940. On peut toujours philosopher, comme le font de nombreux historiens, pour savoir si cette demande d’armistice était opportune : L’offensive de mai-juin 1940 se soldait, pour nous, par plus de 90 000 morts,  200 000 blessés, autant de disparus et 1,8 million de prisonniers. Et il était plus facile d’inciter nos troupes à se battre… derrière un micro de la BBC  que sur les champs de bataille (4).

N’oublions pas que, selon les termes de l’armistice, la France conservait un gouvernement sur la « zone non occupée » de son territoire. C’était le seul pays vaincu par l’Allemagne dans ce cas !

Dans la « zone occupée », l’Allemagne s’attribuait les pouvoirs définis par la Convention de La Haye de 1907. Les ordonnances allemandes avaient force de loi. Les fonctionnaires et les pouvoirs publics français devaient donc les appliquer sans discussion. Ce sont donc les Allemands et non le Gouvernement français (qui n’a aucun pouvoir en « zone occupée ») qui vont imposer le recensement des Juifs en octobre 1940. Ils imposeront des cartes d’identité frappées d’un tampon « Juif » qui seront à retirer dans les commissariats, la création d’un fichier juif à la préfecture de Police, plusieurs mesures antijuives et le port de l’étoile jaune auquel les autorités françaises refuseront de se prêter de décembre 1941 à la fin mai 1942.

Notons que cette mesure ne sera jamais appliquée en « zone non occupée », y compris après son occupation en novembre 1942, contrairement à ce que certains affirment.

Durant l’automne 1941, des attentats contre l’occupant sont menés par des communistes dont certains sont juifs. En représailles, les Allemands procèdent à des arrestations de Juifs. Le 15 décembre 1941, Von Stülpnagel demande à ce que Vichy impose aux Juifs le port d’un signe distinctif (car seule une loi de Vichy est valable pour les deux zones). Darlan refuse catégoriquement.

La conséquence de ce refus est qu’il n’y aura pas de port de l’étoile en France, sauf si les Allemands légifèrent par ordonnance, mais alors ce ne sera valable que pour la « zone occupée ». L’ambassadeur Otto Abetz s’oppose à l’ordonnance et espère que Vichy assouplira sa position.  Après son retour au pouvoir, Pierre Laval se refuse lui aussi au port de l’étoile jaune. Otto Abetz abandonne son opposition, et c’est donc seulement fin mai que la 8e ordonnance obligera les Juifs de la « zone occupée » à porter l’étoile jaune à partir du 7 juin. En « zone occupée » Vichy  ne peut pas s’y opposer mais le Gouvernement français n’acceptera jamais cette obligation en « zone non occupée » même après son invasion en novembre 1942.

Venons-en à la rafle proprement dite : elle était prévue les 13 et 14 juillet, mais finalement, les arrestations se dérouleront les 16 et 17 juillet. Le 15 juillet, Knochen écrit : « La police française conduira l’action d’arrestations de façon autonome et sous sa propre responsabilité ».

À Paris et dans la région parisienne (où sont concentrés 110 000 Juifs), c’est la préfecture de Police qui est chargée de cette basse besogne. Le service « des étrangers et des affaires juives » sélectionne les personnes à arrêter : 28 000 fiches sont réparties entre les 1392 équipes d’« agents capteurs ». Ces derniers vérifient que les gens « captés » sont bien des Juifs. Puis 50 autocars de la « Société des transports en commun de la région parisienne » vont conduire les célibataires et les couples sans enfants au camp de Drancy, et les familles avec enfants au Vélodrome d’Hiver. Et c’est la police municipale parisienne – les gardiens de la paix des différents arrondissements – qui assure l’essentiel des opérations.  Jacques Chirac en 1995, François Hollande en 2015 et Emmanuel Macron à Pithiviers le 17 juillet 2022 ont lourdement insisté sur la responsabilité de la France.

Il est parfaitement exact que les Allemands n’ont pas voulu apparaître sur le terrain, mais ceci n’enlève rien à leur responsabilité. Comme l’écrit  Jean-Marc Berlière : « … l’essentiel étant de viser Vichy. Le peuple criminel c’est le peuple français. Hitler ? Connais pas ! Une auto-flagellation surprenante qui caractérise tous les discours politiques depuis celui de Jacques Chirac en 1995… »

Personne ne peut nier que la préfecture de Police a fait preuve d’une indifférence coupable, d’une désorganisation totale et parfois d’un zèle intempestif. Rien n’était prêt, au « Vel d’Hiv », pour recevoir plus de 8 000 personnes (dont 4 115 enfants). Mais des fuites venues de policiers ont permis à une majorité d’hommes d’échapper aux arrestations. Ces fuites expliquent la différence importante entre le nombre d’hommes (3 118) et de femmes (5 919) arrêtés. De nombreux policiers croyaient que seuls les hommes étaient visés par les rafles. Il est également indéniable que si des policiers ont fait preuve d’un zèle coupable, beaucoup d’autres ont permis à des familles de fuir.

Le bilan de la « Rafle du Vel d’Hiv » est de : 13 152 personnes arrêtées : 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Il est inférieur aux prévisions de la préfecture de Police qui tablait  sur 24 000 à 25 000 le 10 juillet, mais il n’en est pas moins terrible. Rappelons cependant que ni les flics, ni leurs victimes ne pouvaient imaginer ce qu’il y avait derrière ces rafles. Ils ignoraient totalement la « solution finale » et l’existence des camps de concentration.

Le triste spectacle d’une foule de Juifs arrêtés, encadrés par des flics honteux de ce qu’on leur faisait faire, a provoqué un électrochoc dans la population parisienne, qui jusque-là, se moquait éperdument  du sort des Juifs. On peut d’ailleurs, hélas, en dire autant de la province.

Les Allemands, eux, étaient furieux du résultat. Louis Darquier, le commissaire général aux questions juives, note le 23 juillet : « Des conversations que je viens d’avoir aujourd’hui avec les autorités occupantes m’ont permis de constater chez eux un très vif mécontentement… Le nombre de trains prévus par les autorités allemandes correspond au transport de 32 000 Juifs. Il est donc nécessaire que les arrestations suivent le rythme du départ des trains prévus.» (5).

En clair, les autorités et la préfecture de Police se sont livrées, les 16 et 17 juillet 1942, à une très sale besogne imposée par l’occupant. Mais la France et son peuple n’en sont ni responsables, ni coupables. Et nous, qui n’étions même pas nés, nous n’avons pas à battre notre coulpe.

Arrêtons toutes ces culpabilisations stériles, tous ces prétextes à repentance :

Chaque 21 mars, la France célèbre la « journée contre le racisme et l’antisémitisme », puis, le dernier dimanche d’avril,  la « Journée de la déportation », puis, le 16 juillet, la « Rafle du Vel’d’Hiv ». Ce n’est jamais que le troisième exercice de repentance à l’égard des Juifs de l’année. Sans parler du dîner annuel du CRIF où il est de bon ton d’être vu et de faire, encore et toujours, une nouvelle séance d’auto-flagellation. Tous les ans, ce dîner est l’occasion de fustiger la droite nationale ; de la désigner à la vindicte populaire en l’accusant de racisme et d’antisémitisme. Il me semble pourtant que la recrudescence de l’antisémitisme virulent  qui sévit dans la France  du XXIe siècle n’a RIEN à voir avec celui  des années 40, et qu’elle est le fait d’une gauche islamo-gauchiste qui pense, depuis le 7 juillet,  être en passe de prendre le pouvoir dans notre pays. Si elle y parvient, je crains que nos compatriotes juifs ne soient obligés de numéroter leurs abattis et de raser les murs.

Si nos politiciens cherchent des sujets d’indignation, ils peuvent condamner plus fermement la « christianophobie » : même si je déteste ce terme, en France à l’heure actuelle, trois ou quatre églises catholiques sont vandalisées par semaine  et ça n’émeut personne ou presque.

Ils peuvent aussi commémorer le génocide vendéen – le « populicide » selon Gracchus Babeuf – commis sous la Révolution : 200 ou 300 000 personnes passées par les armes – hommes, femmes, enfants, vieillards – dont le seul tort était de vouloir garder leur roi et leurs curés.

Si les républicains purs et durs veulent se repentir des actes commis par leurs aïeux, je les invite à méditer la célèbre citation du général François-Joseph Westermann après la terrible bataille de Savenay : « Il n’y a plus de Vendée… Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay… J’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. » (6).

On peut me rétorquer que c’était une époque où les mœurs étaient rugueuses. Certes, mais je peux vous raconter une histoire atroce et plus récente: l’abandon de nos harkis et de leur famille : 120 à 150 000 personnes, selon l’estimation d’Ahmed Ben Bella, torturées et massacrées par le FLN avec la complicité du Gouvernement français ;  j’en ai parlé dans plusieurs articles et livres (7).

Mais dans la « start-up nation » d’Emmanuel Macron, qui s’intéresse encore à des « ventres-à-choux » catholiques et royalistes, et à des « bougnoules » qui ont cru à l’Algérie française ? 

Quelques vieux réactionnaires – dont je suis – s’imposent, eux, un « devoir de mémoire ».

Eric de Verdelhan

1) Sous le n° 2202, après avoir prêté serment à la personne du maréchal Pétain en déclarant : « Je soussigné, François Mitterrand, déclare être français de père et de mère, n’être pas juif, etc… »

2) Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) fédère les différentes tendances de la communauté juive de France. Tous les ans, le CRIF organise un grand dîner où vont se montrer des personnages politiques de tous bords.

3) Article publié dans « Causeur » le 10  août 2022.

4) Je conseille aux lecteurs de lire, entre autres, l’œuvre monumentale (5 volumes) écrite par Roger Bruge sous l’intitulé générique « Les combattants du 18 juin » (Fayard, de 1982 à 1989).

5) Dans « Vichy-Auschwitz », Serge Klarsfeld, peu suspect de sympathie pour le régime de Vichy, cite un rapport allemand du 18 juillet 1942 : « … on a rapporté qu’une partie considérable des Juifs apatrides avait eu connaissance de l’action et s’était cachée. Des fonctionnaires de la police française auraient dans plus d’un cas fait part de l’arrestation projetée aux personnes qu’ils devaient arrêter ».

6) Maigre consolation, ce salopard a été guillotiné à Paris le 5 avril 1794.

7) Entre autres dans « Hommage à NOTRE Algérie française » publié chez Dualpha.

 

 

https://ripostelaique.com/la-rafle-du-veldhiv.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 04:32

Hindu Kush, le plus grand et le plus long génocide de l’histoire de l’humanité

Hindu Kush, le plus grand et le plus long génocide de l’histoire de l’humanité

Le génocide des Hindous sous le joug islamique représente l’une des tragédies les plus dévastatrices et les plus méconnues de l’histoire humaine. Entre 650 et 1500 après J.-C., environ 400 millions d’hindous ont été tués ou convertis de force à l’islam par des envahisseurs islamiques. Avant ces invasions, la population hindoue était estimée à 600 millions, mais au début du 16e siècle, elle était tombée à environ 200 millions. Ces chiffres proviennent de diverses sources historiques, dont le célèbre historien musulman Firishta et l’érudit Swami Vivekananda.

Les Atrocités du Jihad islamique

L’historien musulman Firishta (Muhammad Qasim Hindu Shah) est l’une des premières sources à documenter ces atrocités. Dans ses ouvrages, le Tarikh-i Firishta et le Gulshan-i Ibrahim, il décrit les massacres et les conversions forcées qui ont accompagné les invasions islamiques en Inde. Firishta estime que plus de 400 millions d’hindous ont été massacrés durant cette période. Les survivants ont été réduits en esclavage, castrés, ou convertis de force à l’islam.
Swami Vivekananda, une figure spirituelle et réformatrice hindoue du 19e siècle, a également évoqué ces massacres dans ses discours aux États-Unis, soulignant l’ampleur de la tragédie subie par la communauté hindoue.

7e siècle, arrivée des Arabes

Les invasions islamiques en Inde ont commencé au 7e siècle avec l’arrivée des armées arabes et se sont intensifiées au cours des siècles suivants avec les invasions des Ghaznévides, Ghorides, et finalement les Moghols. Chaque invasion a apporté son lot de violences, de destructions de temples, de massacres de populations et de conversions forcées.
Les témoignages historiques des envahisseurs et des chroniqueurs musulmans offrent des détails terrifiants sur les massacres perpétrés. Par exemple, les récits des historiens du turco-afghan Mahmud de Ghazni, Sultan de l’Empire Ghaznévide qui a envahi l’Inde dix-sept fois entre 1001 et 1026, et de Qutb-ul-Din Aibak, d’origine turque, premier sultan de Delhi, évoquent sans complexes des massacres massifs et des destructions de temples hindous. Mahmud de Ghazni aurait fait tuer 50 000 habitants de Somnath lors d’un de ses raids annuels.
Le livre Tarikh-i-Yamini, écrit par le secrétaire de Mahmud de Ghazni, documente plusieurs épisodes de ses campagnes militaires sanglantes, où des milliers d’hindous ont été tués et des centaines de milliers réduits en esclavage. Par exemple, lors de l’invasion de Thanesar, le sang des infidèles coulait si abondamment « que le fleuve en fut teinté… »

La Désolation

Les envahisseurs musulmans n’ont pas seulement massacré ; ils ont détruit des villes entières, réduit en esclavage les populations et effacé toute trace de la culture hindoue. La région connue sous le nom de Hindu Kush, qui signifie « massacre des Hindous », tire son nom de la destruction complète de la population hindoue lors de la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000.
L’historien Will Durant, dans son livre de 1935, The Story of Civilisation : Our Oriental Heritage, a décrit la conquête musulmane de l’Inde comme « probablement l’histoire la plus sanglante de l’histoire ». Il souligne que les historiens et érudits islamiques ont enregistré avec une grande fierté les massacres, les conversions forcées et les destructions de temples.
 

François Gautier, dans son livre Rewriting Indian History (1996), affirme que les massacres perpétrés par les musulmans en Inde sont sans précédent dans l’histoire, surpassant largement l’Holocauste des Juifs par les nazis.

Les Conséquences Durables

Les conséquences de ces invasions et des massacres qui ont suivi se font encore sentir aujourd’hui. Les structures sociales, culturelles et économiques de l’Inde ont été profondément affectées. Avant l’arrivée de l’islam, l’Inde était une civilisation prospère avec une riche tradition de connaissances et d’arts. Les invasions islamiques ont entraîné la destruction de centres de savoir, de temples et de monuments, laissant derrière elles une société anéantie.
Connaître l’histoire douloureuse des Hindous sous le joug islamique est essentiel pour comprendre le mouvement de l’Hindutva, la résurgence de nationalisme en Inde aujourd’hui. Les Hindous ont été massacrés systématiquement, réduits en esclavage, remplacés. Ils ont failli disparaître, ils ne veulent pas que cela recommence.

William Kergroach

Sources :

R C Majumdar : The History and Culture of Indian People
Bostom, A. G. ‘The Legacy of Jihad: Islamic holy war and the fate of the non-Muslims.’ Prometheus Books. New York. 2005.
Khan, M. A. ‘Islamic Jihad: A legacy of forced conversion, imperialism and slavery.’ iUniverse, Bloomington, IN. 2009.
Reliance of the Traveller: A classic manual of Islamic sacred law. Amana publications Maryland USA 1994.
Sookhdeo, P. ‘Global Jihad: The future in the face of Militant Islam.’ Isaac Publishing. 2007.
Trifkovic, S. ‘The sword of the prophet.’ Regina Orthodox Press, Inc. 2002.
Ye’or, Bat. ‘Islam and Dhimmitude’: Where civilisations collide’ Fairleigh Dickinson University Press 2002, reprint 2005.
The Complete Works of Swami Vivekananda by Swami Vivekananda

https://ripostelaique.com/hindu-kush-le-plus-grand-et-le-plus-long-genocide-de-lhistoire-de-lhumanite.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
23 juin 2025 1 23 /06 /juin /2025 04:30

670 millions de morts : l’islam est la religion du génocide

670 millions de morts : l’islam est la religion du génocide
 

Plus de 670 millions de non-musulmans ont été massacrés depuis la naissance de l’Islam. Les chiffres continuent d’augmenter tout le temps– le dernier en titre étant la Syrie, avec un nombre estimé entre 400 000 et 480 000 morts, tandis que d’autres massacres oubliés de l’histoire ne cessent d’être ajoutés.

  • Au total, plus de 80 millions de chrétiens ont été tués par des musulmans en 500 ans dans les Balkans, en Hongrie, en Ukraine et en Russie.
  • Des chiffres manquent encore sur le génocide islamique du peuple juif, l’objectif constant de l’Islam depuis 1400 ans.
  • Puis il y a l’Inde. L’estimation officielle des massacres musulmans du peuple hindou est de 80 millions. Cependant, l’historien musulman Firistha (né en 1570) a écrit (dans Tarikh-i Firishta ou le Gulshan-i Ibrahim) que les musulmans ont abattu plus de 400 millions d’hindous jusqu’au sommet de la domination islamique de l’Inde, ramenant la population hindoue à 200 millions à l’époque.

Avec ces nouveaux ajouts, le nombre de personnes tuées par les musulmans depuis la naissance de Mahomet serait de plus de 669 millions de meurtres.

Islam : La religion du génocide

L’inquisition espagnole

Pensez que l’inquisition espagnole a été mauvaise ? Réponse : plus de gens sont tués par les islamistes chaque année que pendant la totalité des 350 ans de l’Inquisition espagnole.

L’Inquisition espagnole était une réponse à la nature multi-religieuse de la société espagnole suite à la reconquête de la péninsule ibérique par les Maures musulmans.

L’inquisition (Tribunal del Santo Oficio de la Inquisition) de 1478 à 1834 a été établie en raison d’invasions musulmanes. C’était une guerre destinée à mettre fin à l’infiltration islamique et à la conquête arabe. Il est assez intéressant de constater à quel point leur méthodologie était similaire à celle des musulmans. Était-ce l’habitude prise suite à une longue association sous domination musulmane, ou une stratégie…

Après l’invasion en 711, de vastes zones de la péninsule ibérique ont été gouvernées par les musulmans jusqu’en 1250. Les musulmans voulaient prendre le contrôle dans tout le pays et de s’étendre en France pour installer un État islamique– comme aujourd’hui l’Etat islamique qui se conforme aux mêmes lois du coran. Cependant, la Reconquista n’a pas entraîné l’expulsion totale des musulmans d’Espagne, puisqu’ils ont été tolérés par l’élite chrétienne au pouvoir.

Pour expulser le parasite islamiste, le Tribunal a tué tous ceux et celles qui étaient soupçonnés d’être contaminés par l’Islam, même ceux qui étaient asservis par les musulmans.

L’Inquisition non seulement pourchassait les protestants et les Marranes, faux convertis du judaïsme, mais recherchait aussi des faux convertis ou récidivistes parmi les Morisques, musulmans convertis de force au catholicisme. Beaucoup de Morisques étaient soupçonnés de pratiquer l’Islam en secret. L’inquisition a tué toute personne soupçonnée d’être des traîtres ou des taupes. Personne n’a été épargné.

L’initiative fut si réussie, qu’en 1609, en l’espace de quelques mois, l’Espagne se vida de ses Moriscos. Les expulsés étaient les morisques d’Aragon, de Murcie, de Catalogne, de Castille, de Mancha et d’Estrémadure.

En d’autres termes, l’inquisition espagnole a sauvé toute la région de la domination islamique. Ce fut un acte héroïque brutal mais essentiel dans l’histoire qui a vu le sacrifice de millions de personnes.

Afrique

Thomas Sowell [Thomas Sowell, Race et Culture*, BasicBooks, 1994, p. 188] estime que 11 millions d’esclaves ont été expédiés outre-Atlantique et 14 millions ont été envoyés dans les pays islamiques d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Pour chaque esclave capturé, beaucoup d’autres sont morts.

Les estimations de ces dommages collatéraux varient. Le célèbre missionnaire David Livingstone a estimé que pour chaque esclave qui a atteint une plantation, cinq autres ont été tués lors du raid initial, ou sont morts de maladie et de privation durant les marches forcées. [Conseil presbytérien des femmes, David Livingstone*]

Ceux qui ont été laissés derrière, les très jeunes, les faibles, les malades et les vieux, moururent tôt puisque les principaux fournisseurs de ressources et protecteurs avaient été tués ou réduits en esclavage.

Donc, pour 25 millions d’esclaves livrés au marché, nous avons environ 120 millions de morts.

Et bien entendu, il n’est plus secret que l’Islam dirigeait (et dirige toujours d’ailleurs) le commerce des esclaves en Afrique. Les récentes publications sur les marchés aux esclaves d’Irak ne sont que la dernière manifestation d’un phénomène inscrit dans le coran.

 

Les chrétiens

Le nombre de chrétiens massacrés par l’Islam est estimé 9 millions [David B. Barrett, Todd M. Johnson, Tendances Chrétiennes du Monde AD 30 –AD 2200, William Carey Library, 2001, p. 230, tableau 4-10].

L’estimation approximative de Raphael Moore dans son livre Histoire de l’Asie Mineure est que 50 millions de chrétiens sont morts dans les guerres menées par le djihad (serfes.org)

Ainsi, en comptant le million de chrétiens africains tués au 20e siècle, nous avons :

  • 59 millions de chrétiens tués en Asie Mineure
  • 80 millions de chrétiens tués par des musulmans pendant 500 ans dans les Balkans, en Hongrie, en Ukraine et en Russie.

Hindous

Koenard Elst dans son ouvrage sur le négationnisme en Inde donne une estimation de 80 millions d’hindous tués par les djihadistes en Inde. (Koenard Elst, négationnisme en Inde, Voice of India, New Delhi, 2002, p. 34.)

L’Inde est aujourd’hui la moitié de la taille de l’Inde ancienne, en raison précisément du djihad. Les montagnes près de l’Inde, qui s’appellent Hindu Kouch, signifient le «bûcher funèbre des Hindous» (voir dreuz.info, Hindi Kouch).

[Mise à jour : Selon des rapports de 1899, notamment une déclaration faite par le chef religieux indien Swami Vivekananda citant l’historien musulman Firistha, les musulmans ont massacré plus de 400 millions d’hindous pendant le règle musulman de 800 ans, ramenant la population de 600 à 200 millions. Firishta a écrit le Tarikh-i Firishta et le Gulshan-i Ibrahim. Si les musulmans ont effectivement abattu plus de 400 millions de personnes en Inde, le génocide musulman dans le monde dépasserait 890 millions de victimes.

«Lorsque les Mahométans vinrent pour la première fois, on nous a dit– je pense, selon l’autorité de Ferishta, l’historien musulman le plus âgé– que nous étions six cents millions d’hindous. Nous sommes maintenant environ deux cents millions. » (Interview de Swami Vivekananda, publiée dans Prabuddha Bharat. Avril 1899 et compilée sous la rubrique «Sur les limites de l’hindouisme».)

Bouddhistes

Les bouddhistes ne suivent pas l’histoire des guerres. Gardez à l’esprit que dans le jihad, seuls les chrétiens et les juifs étaient autorisés à survivre en tant que dhimmis (serviteurs de l’islam) ; tous les autres devaient se convertir ou mourir.

Le jihad a tué les bouddhistes en Turquie, en Afghanistan, le long de la Route de la Soie et en Inde.

Le total est d’environ 10 millions. [David B. Barrett, Todd M. Johnson, Tendances Chrétiennes du Monde 30 ap. J.-C. 2200, Bibliothèque William Carey, 2001, p. 230, tableau 4-1.]

Les Juifs

Assez curieusement, l’islam n’a pas tué assez de juifs dans son jihad pour affecter de manière significative les totaux du génocide. Le jihad des juifs, en Arabie, a été efficace à 100%, mais les victimes se comptaient en milliers, pas en millions.

Après cela, les juifs se soumirent et devinrent dhimmis (serviteurs et citoyens de seconde classe) de l’Islam et n’avaient plus de pouvoir politique.

Données manquantes

  • Perses. Les musulmans ont envahi et occupé la Perse qui était pacifique, qui était disciple de Zorohaustra. Le nombre de morts n’est pas encore connu.
  • Chrétiens du Moyen-Orient.
  • Chinois pendant les invasions mongul.
  • Les musulmans ont massacré 11 millions de musulmans depuis 1948, en plus des 669 millions de non-musulmans qu’ils ont assassinés au cours des siècles. Combien de musulmans ont-ils assassinés pendant plus de 1400 ans, nous l’ignorons encore.

Conclusion

670 millions de morts, c’est plus que Staline, Hitler, Mao, Pol Pot, Idi Amin, les croisades, l’inquisition, et la guerre de 100 ans réunis. C’est plus que les génocides socialistes du 20e siècle. Et le plus terrible, c’est que ça ne s’arrête pas ! Il ne se passe pas un jour de l’année sans que des personnes soient tuées au nom de l’islam.

En fait, aucune idéologie n’a été aussi génocidaire que l’islam.

Aucune idéologie n’a été si sanguinaire depuis si longtemps, depuis des siècles.

Et aucune idéologie n’a jamais été aussi hostile à la liberté, à la femme, et aux droits de l’homme.

Il serait temps que ça s’arrête. Pour de bon. Mais ça ne s’arrêtera pas. C’est le plus grand danger pour l’homme mais les écologistes préfèrent s’intéresser au danger climatique pour l’homme. C’est le système le plus meurtrier mais les médias préfèrent montrer du doigt les néo-nazis et suprémacistes blancs, qui représentent une microscopique minorité.

C’est la religion du génocide alors on dit d’elle que c’est la religion d’amour, de tolérance et de paix.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Prescilla Stofmacher pour Dreuz.info.

* En achetant le livre avec ce lien, vous soutenez Dreuz qui reçoit une commission de 5%. Cette information est fournie pour assurer une parfaite transparence des conséquences de votre action, conformément à la recommandation 16 CFR § 255.5 de la Federal Trade Commission.

 

670 millions de morts : l'islam est la religion du génocide - Dreuz.info

670 millions de morts : l'islam est la religion du génocide - Dreuz.info

Initialement publié le 11 février 2018 @ 16:26Plus de 670 millions de non-musulmans ont été massacrés depuis la naissance de l'Islam. Les chiffres continuent d'augmenter tout le temps- le dern...

https://www.dreuz.info/2025/05/670-millions-de-morts-lislam-est-la-religion-du-genocide-155918.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
6 juin 2025 5 06 /06 /juin /2025 23:49

La Chine réécrit-elle son histoire ?

La Chine réécrit-elle son histoire ?

Entretien croisé avec Anne Cheng, sinologue, titulaire de la chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine, au Collège de France, et Nicolas Idier, historien et sinologue rattaché au Centre de Recherche de l’Extrême-Orient, Paris-Sorbonne. Ces spécialistes reviennent sur la réécriture de l’histoire qu’opèrent depuis quelques années les autorités de Pékin, pour mieux en comprendre la genèse.

Sciences et Avenir : A chaque discours officiel, à commencer par le Président Xi Jinping, est évoquée une civilisation chinoise qui aurait été ininterrompue depuis 5000 ans…. Est-ce historiquement juste ?

Anne Cheng : C’est une formule qui s’est imposée assez récemment dans les années 2000. Jusqu’à présent les datations en Chine se fondaient sur les Mémoires historiques de Sima Qian (145-89), le grand historien de l’époque des Han, qui font commencer la chronologie chinoise attestée à 841 av. J.-C, soit le début de la dynastie des Zhou occidentaux. C’est-à-dire au total trois millénaires. En 1996, le gouvernement chinois a lancé un vaste projet pour déterminer une chronologie fiable des trois premières dynasties de l’antiquité (Xia, Shang et Zhou). En réalité, l’enjeu au cœur de cette surenchère de millénaires était de « tirer au maximum sur la corde », pour faire remonter la civilisation chinoise aussi haut dans l’antiquité que les civilisations égyptienne et mésopotamienne.

Pour quelles raisons ?

AC : Après un voyage en Egypte où il s’est aperçu que l’histoire des anciens Egyptiens remontait jusqu’à 2350 av.J.C, le responsable en chef du programme pour établir une chronologie fiable des trois premières dynasties chinoises s’est dit « nous Chinois devrions parvenir aux mêmes résultats » que ces civilisations de la Méditerranée. Il a convaincu le gouvernement chinois de financer « le projet de chronologie des trois premières dynasties» en l’incluant dans le 9e Plan Quinquennal (1996-2000).

Est-ce pour cela que la Chine a lancé un vaste programme archéologique pour justifier l’origine de son histoire dans des temps plus anciens ?

AC : En effet, un comité spécial supervisé par l’historien Li Xueqin – à  l’époque directeur de l’Institut d’histoire de l‘Académie des sciences sociales de Chine – a recruté 200 savants dans diverses disciplines (histoire, astronomie, archéologie, physique…) pour collaborer, effectuer des datations au carbone 14 et parvenir ainsi à faire remonter le début de la chronologie chinoise à l’année 2070 av. J.C. Ce résultat a été annoncé dans un rapport en novembre 2000. La dynastie Xia qui jusque-là avait toujours été considérée comme une dynastie mythique, s’étend désormais de 2070 à 1600 avant l’ère chrétienne, suivie des Shang de 1600 jusqu’à la conquête des Zhou en 1046. Plus récemment en 2001, le gouvernement chinois a lancé une suite à ce projet des Trois dynasties intitulé : « Exploration des origines de la civilisation chinoise » pour tenter de faire remonter tout cela encore un peu plus loin.

Nicolas Idier : Pendant longtemps, l’unité construite de la civilisation chinoise s’est basée sur ce facteur très fort que leur écriture était apparue vers 1500 av. J.C. Ces nouvelles dates fixées à 2070 av.J.C d’une origine plus ancienne de la Chine font voler en éclat ce qui a été longtemps le principal facteur d’unification de cette civilisation.

Une histoire continue de la Chine depuis 5000 ans est donc un mythe ?

AC : Si l’on comprend l’histoire comme la période pour laquelle ont été retrouvés les premiers vestiges d’écriture – sur les carapaces de tortues et sur les os d’ovidés et de bovidés – c’est effectivement inexact. Les inscriptions dites oraculaires, qui sont les ancêtres des écritures chinoises modernes,  datent au mieux de la dynastie Shang, il y a environ 3000 à 3500 ans. Nous sommes donc loin de la vulgate officielle des 5000 ans d’histoire continue….

Cette question des origines s’est-elle posée à d’autres moments dans l’histoire de la Chine?

NI : Au XVIIIe siècle, des Jésuites européens ont mené une politique un peu similaire en s’interrogeant sur les plus anciennes civilisations. Certains considéraient que c’était l’Egypte, d’autres la Chine.

AC : Depuis les années 1950, l’archéologie chinoise est une discipline scientifique au service d’un programme politique : il y a un rapport étroit entre archéologie et nationalisme. Il ne s’agit pas d’une exclusivité chinoise car rappelons-nous que l’Allemagne nazie avait agi de même (lire Sciences et Avenir n°724).

  Affiche des « Douze valeurs cardinales du socialisme », parmi lesquelles le terme « wenming », la « civilisation ». © Sipa

Dans votre cours du Collège de France, vous dites que le terme chinois wenming (civilisation) est actuellement omniprésent dans la rhétorique et la propagande officielles du Parti. Pourquoi l’usage de ce mot est-il si important aux yeux des dirigeants ?  

AC : L’apparition du terme wenming parmi les « 12 valeurs cardinales du socialisme* », adoptées depuis le XVIIIe congrès de novembre 2012, est visible partout, que ce soit dans la rue, les restaurants, les écoles, les hôpitaux ou ailleurs. C’est cette récurrence permanente qui m’a intriguée. Après la Révolution culturelle (1966-1976), période pendant laquelle la Chine a détruit tout ce qu’elle pouvait encore détruire de sa vieille culture, le pays met désormais la civilisation en avant comme pour remplacer ce qui a été consciencieusement démoli. Or, ce concept… est une invention japonaise de l’ère Meiji (1868-1912) ! Les Japonais, comme on le sait, ont repris d’anciens termes du vocabulaire antique chinois, qu’ils ont recombinés à leur façon pour traduire les concepts occidentaux tels que la « philosophie », la « religion », ou la « civilisation ».  Et la Chine a repris ces concepts « clés en main ». Wenming s’écrivant en kanji – caractères japonais empruntés au chinois-, personne ne s’est souvenu de l’origine de ce terme. Au point que l’histoire officielle raconte qu’il s’agit d’une expression trouvant son origine dans l’Antiquité chinoise ! Ce qui est faux. Dans le contexte antique, cela décrit quelque chose de raffiné et de lumineux, ce qui n’a rien à voir avec la définition européenne du mot civilisation !

La notion de civilisation n’existait-elle pas en Chine auparavant ?

AC : La Chine, qui se dit Zhong Hua en chinois, se considère comme « LA » civilisation ! Et tout ce qui est en dehors de ce Zhong Hua, ce qui est périphérique, ce sont « les autres » !

Votre cours au Collège de France s’intitule : « la Chine est-elle (encore) une civilisation »? Pourquoi une telle interrogation ?

AC : Je pose précisément cette question quelque peu provocatrice parce que le discours officiel chinois se complait à évoquer la grandeur de la civilisation chinoise, tout en essayant de faire oublier toutes les violences du régime maoïste. Que ce soit les évènements de la Révolution culturelle ou ceux de la place Tian’ anmen (1989) : ou encore la campagne « anti-droitière » (1950-1960), qui vit périr des milliers de gens dans des camps. Le paradoxe que je dénonce c’est que la Chine se gargarise de son histoire tout en l’effaçant consciencieusement. Elle cultive une amnésie et, au mieux, une mémoire extrêmement sélective. Utiliser constamment la référence au « siècle de l’humiliation », (XIXe-XXe siècle), tout de suite après les évènements de Tian’ anmen dans les années 1990, c’est précisément pour faire oublier ce qui s’y est passé et tout ce qui a précédé. La soudaine résurgence du mot civilisation n’est pas le signe d’une renaissance, mais une tentative pour faire oublier un passé qui ne passe pas.  Avec la chute du mur de Berlin (1989) et l’implosion de l’Union soviétique qui a suivi, les autorités chinoises se sont dit que la « perestroïka » russe n’était pas l’exemple à suivre. L’effondrement de l’URSS est une clé de compréhension du tour de vis chinois.

NI : Les Chinois veulent à tout prix créer un récit national montrant l’unité de cette nation, par peur panique des divisions internes ! Ce monolithisme – que beaucoup de Chinois acceptent – sert à cimenter le peuple en lui montrant que ce qui se passe dans les démocraties n’est qu’instabilité et désordre. Cela légitimise tous les discours gouvernementaux. Tous les Chinois sont abreuvés, sur les réseaux sociaux, dans les livres ou par les productions audiovisuelles, dessins animés ou séries télé ventant un âge d’or mythologique réécrit en permanence.

 Des gardes rouges chinois retirent deux antiques lions de pierre d’une rue de Pékin, le 25 aout 1966. Pendant la révolution culturelle, les morts d’ordre étaient: « Détruire la vieille culture ». ©AFP

Est-ce pour cette raison que tous les lieux patrimoniaux détruits notamment lors de la Révolution culturelle ont été reconstruits à neuf, en ciment ?

AC : Comme le disait Simon Leys (1935-2014), au moment de la Révolution culturelle, il ne restait déjà plus grand-chose à détruire. Aujourd’hui, on assiste à une « Disneylandisation » du pays. En même temps que l’on reconstruit des temples en ciment, on réinvente une mythologie. Les nouvelles générations ne connaissant rien d’autre, tout cela passe très bien. Ce qui prime pour les Chinois, en particulier les Han majoritaires, c’est de vivre dans un pays en paix et prospère.

NI : Rappelons que les troupes nationalistes qui ont quitté la Chine continentale en 1949 pour Taïwan ont emporté avec elles d’énormes quantités d’œuvres d’art : des bronzes, des peintures… Leur légitimité politique s’est aussi appuyée sur ce passé. Les rares grands objets d’art chinois qui n’ont pas été détruits se trouvent toujours à Taïwan !

Vous dites qu’il faut décentrer le regard sur la Chine pour comprendre son avenir, en ajoutant « si elle en a un »…. Pourquoi ?

AC : La Chine à mon sens est une sorte de paquebot… qui, s’il poursuit sa lancée, fonce droit sur l’iceberg. Cela prendra du temps mais je pense que tous les pays qui se revendiquent comme étant de grandes civilisations et qui n’en sont plus, ne peuvent tenir longtemps. La Chine « tient » grâce à sa prospérité économique, sa puissance militaire et géopolitique. Mais si l’on se projette au-delà de l’écran de fumée que l’on nous sert, nous voyons bien qu’elle perd sa créativité. A force d’empêcher les gens de penser, de les emprisonner dès qu’ils sortent du rang, de les empêcher d’écrire librement, les idées nouvelles et novatrices ne se forgent plus. Le pouvoir devient technocratique, « orwellien », détenant toutes les manettes du pouvoir mais incapable de créer.  Comment bâtir une civilisation là-dessus ? Aucun pays au monde n’a détruit son patrimoine comme la Chine. Même la Russie stalinienne ne l’a pas fait à pareille échelle.

NI : L’idée est de créer une sorte de « jour sans fin », où tout serait harmonieux. Tout devient mythique. Le passé est un âge d’or, l’avenir, une science-fiction. Reste qu’il existe en Chine des individualités qui sauront ouvrir des brèches le jour venu.

Pour en savoir plus :

Lien vers les cours d’Anne Cheng au Collège de France : https://www.college-de-france.fr/site/anne-cheng/course-2020-2021.htm

« La Chine pense-t-elle ? », Leçon inaugurale d’Anne Cheng, Edition Collège de France/Fayard, réed.2015, 45p., 10,20€

« Bibliothèque chinoise », collection biligne dirigée par Anne Cheng, Marc Kalinowski Stéphane Feuillas, Les Belles-Lettres, (trente titres parus depuis 2010)

« Nouvelle jeunesse, » Nicolas Idier, aux éditions Gallimard, 2016, roman qui aborde directement la question de l’héritage impossible.

Source: https://www.sciencesetavenir.fr

 

https://arcturius.org/la-chine-reecrit-elle-son-histoire/

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
5 juin 2025 4 05 /06 /juin /2025 11:04

Hitler et le Mufti : retour sur l’alliance entre le nazisme et et le mouvement national palestinien

Lazare : ça ne vous interpelle pas que aucun des pays musulmans n'en veuillent  des palestiniens ?

Hitler et le Mufti : retour sur l’alliance entre le nazisme et et le mouvement national palestinien
Ou comment profiter de la Journée internationale de la Shoah pour taper sur Israël…

A l’occasion du 27 janvier, Journée internationale de la mémoire des victimes de la Shoah, l’historien et militant anti-israélien Jean-Pierre Filiu a exposé sur France Inter un des multiples arguments mensongers de son récent livre : celui qui prétend que Nétanyahou aurait faussement accusé le grand mufti Al-Husseini de complicité dans la Shoah pour servir ses intérêts idéologiques. En réalité, comme je l’avais souligné à l’époque, ce sont la gauche israélienne et européenne qui ont occulté avec complaisance l’implication du Mufti pronazi dans l’élaboration et dans l’exécution du projet hitlérien d’extermination des Juifs.

Hadj Amin Al-Husseini, fondateur du mouvement national palestinien (et oncle de Yasser Arafat), était non seulement un nazi convaincu, mais il a activement incité les dirigeants nazis et Hitler lui-même à activer la “Solution finale”, comme je le relate ci-dessous dans mon livre Le Sabre et le Coran. Rétrospectivement, on ne peut que s’interroger sur les motivations de la France qui a libéré le mufti nazi en 1945 en le faisant échapper à la potence. La réponse est que la diplomatie française pressentait le rôle qu’Al-Husseini, comme Arafat plus tard, pouvait jouer pour contrer le sionisme et la renaissance nationale juive en Eretz Israël…

Dans l’extrait suivant de mon livre, Le Sabre et le Coran, j’évoque l’implication active du Mufti de Jérusalem dans la politique anti-juive du Troisième Reich, ses relations amicales avec Hitler et son rôle d’incitation actif en vue de l’extermination des Juifs d’Eretz-Israël (qui resta heureusement à l’état de projet). Ces pages sont versées au dossier historique passionnant des rapports entre nazisme, islamisme et palestinisme, dossier encore largement inexploré pour des raisons évidentes.

Les Frères musulmans et la question palestinienne

L’implication des Frères musulmans dans la question palestinienne est étroitement liée à leurs relations avec le Haut Comité arabe et son dirigeant, le Mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini. Le Guide des Frères musulmans et le Mufti partagent une même vision du monde, une même haine des Juifs et de l’Angleterre, et une même admiration pour les régimes fasciste et hitlérien. Dès 1935, le frère du Guide suprême, Abd Al-Rahman Al-Banna, se rend en Palestine, où il rencontre Al-Husseini. De son côté, Hassan Al-Banna écrit au Mufti pour l’assurer de son soutien 24. Les deux hommes vont établir une collaboration étroite, et des liens personnels qui se poursuivront jusqu’à la mort d’Al-Banna en 1949. Leur collaboration se traduit par une aide réciproque : les Frères musulmans collectent des fonds pour le Haut Comité arabe de Husseini, et ce dernier leur apporte une justification idéologique et des thèmes de propagande, grâce auxquels les Frères musulmans galvanisent les foules égyptiennes et attirent des milliers de membres et de sympathisants. Jusqu’au milieu des années 1930, la question palestinienne n’avait joué quasiment aucun rôle dans la politique égyptienne. Certains écrivains et hommes politiques égyptiens avaient même exprimé leur intérêt et leur admiration envers les pionniers sionistes, à l’instar du célèbre penseur musulman Rashid Rida, rédacteur en chef du journal Al-Manar 25. Mais les émeutes de 1936 fomentées par le Mufti de Jérusalem et leurs répercussions en Égypte vont profondément modifier la situation.

 Au début de l’été 1936, le Haut Comité arabe envoie des émissaires en Égypte, afin de mobiliser les autorités religieuses, gouvernementales et les médias en faveur de la cause arabe en Palestine 26. Pour sensibiliser l’opinion arabe, ils prétendent que les Juifs ont voulu profaner les Lieux saints musulmans à Jérusalem, prétendument pour « reconstruire le troisième Temple sur l’emplacement de la mosquée d’Omar ». Cette rumeur est répercutée par les mosquées, dans lesquelles les prédicateurs déclarent que c’est une obligation religieuse pour chaque musulman de s’engager dans le jihad en faveur de la Palestine. La campagne de propagande est relayée par des comités de solidarité, qui organisent des manifestations et des collectes en faveur de leurs « frères » arabes en Palestine. Certains membres des Frères musulmans égyptiens prennent part aux émeutes anti-juives en Palestine entre 1936 et 1939 25. Lors de la première guerre israélo-arabe de 1947-48, l’engagement des Frères musulmans se manifestera par l’envoi de volontaires pour « combattre les Juifs ». Nous reviendrons sur cet épisode, dans lequel Saïd Ramadan, gendre d’Al-Banna et père de Tariq Ramadan, a joué un rôle important 27.

Très rapidement, la cause arabe en Palestine sert de prétexte à de violentes attaques contre les Juifs égyptiens, accusés d’être une « cinquième colonne » sioniste. En mai 1936, les Frères musulmans appellent au boycott des magasins juifs en Égypte, instaurant ainsi une pratique que l’on retrouvera en Europe lors de la nouvelle vague d’antisémitisme des années 2000-2002 28. Des tracts sont distribués, appelant au boycott des marchandises et des magasins juifs. Le journal Al-Nadhir publie une rubrique régulière intitulée « Le danger des Juifs d’Égypte ». Il publie également les noms et adresses des hommes d’affaires juifs et de journaux accusés d’être « aux mains des Juifs ». Quant à l’organe des Frères musulmans, Jaridat al-Ikhwan al Muslimin, il publie à la fin des années 1930 de nombreux articles accusant les Juifs de conspirer contre l’Islam. Il les accuse tantôt d’avoir intrigué contre le prophète, reprenant les thèmes de l’antijudaïsme musulman traditionnel, tantôt de « comploter en vue de détruire le monde » et d’être les instigateurs du mouvement communiste international 29.

La campagne de boycott des magasins juifs en Egypte, organisée tout d’abord par les Frères musulmans, est très vite reprise par d’autres mouvements et partis politiques, parmi lesquels Jeune Egypte, qui en fait sa principale activité politique à partir de 1939. Un comité pour le boycott des Juifs d’Egypte est également constitué à l’université Al-Azhar, distribuant des tracts aux étudiants. Ces appels au boycott se traduisent fréquemment par des violences physiques à l’encontre des Juifs, les manifestants se rendant souvent dans le quartier juif du Caire pour trouver un exutoire à leur haine. L’hostilité envers les Juifs s’exprime également par la multiplication des menaces et des mises en garde envers les Juifs égyptiens, appelés à se dissocier publiquement du sionisme dans des articles et des lettres ouvertes publiées dans la presse 30.

De son côté, Al-Husseini dirige les émeutes anti-juives en Palestine, qui redoublent d’intensité en 1936. Obnubilé par l’idée d’une alliance stratégique avec l’Allemagne nazie, il multiplie les contacts avec ses représentants diplomatiques. Dès 1933, il entre ainsi en contact avec le consul allemand à Jérusalem, peu de temps après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler 31. Dans l’esprit d’Al-Husseini, il s’agit de mettre fin à l’installation des Juifs en Palestine, mais aussi de combattre le « judaïsme mondial » en s’alliant avec Hitler. Après la promulgation des lois raciales de Nuremberg, les télégrammes de félicitations affluent de Palestine et d’autres pays arabes.

Devenez “lecteur premium”, pour avoir accès à une navigation sans publicité, et nous soutenir financièrement pour continuer de défendre vos idées !

En tant que lecteur premium, vous pouvez également participer à la discussion et publier des commentaires.

Hitler, Al-Husseini et l’alliance germano-islamique

Pourtant, Hitler se montre tout d’abord réticent à cette idée d’alliance germano-islamique. Les nazis estiment que l’émigration juive en Palestine n’est pas une mauvaise chose, car « ils ne pourront pas s’y enraciner », comme l’explique le rédacteur en chef du journal du parti national-socialiste, Angriff, après une visite en Palestine en 1937 32. « Leurs fortunes s’épuiseront, et les Arabes les liquideront ». Mais le Mufti ne se décourage pas pour autant, et poursuit ses tentatives. En juillet 1937, il rencontre à nouveau le consul général allemand Doehle à Jérusalem, et plaide pour une aide de l’Allemagne hitlérienne pour combattre les Juifs. Al-Husseini décide également d’envoyer un agent à Berlin, pour établir un contact permanent avec les puissances de l’Axe.

C’est seulement en juillet 1937, après la publication du rapport de la commission royale anglaise présidée par Lord Peel, qu’Hitler change de politique. La commission Peel recommande en effet la partition de la Palestine, et la création de deux états séparés, juif et arabe. A partir de ce moment, l’Allemagne décide de s’engager aux côtés des Arabes et de leur apporter son soutien. Des programmes de propagande anti-juive sont diffusés sur les ondes en arabe, et des fonds sont envoyés au Mufti 33. Ce rapprochement culminera pendant la guerre, avec la création au printemps 1943 de la première division des Waffen-SS musulmane bosniaque (Handzar), qui compte plus de 12 000 hommes. Le Mufti, installé à Berlin en 1941, passera en revue cette unité à de nombreuses reprises en Croatie, en France et à Bneuhammer, en Silésie. La division Handzar se rendra tristement célèbre, en perpétrant de nombreux crimes de guerre en Yougoslavie : massacres, viols, pillages, et incendies de villages entiers avec leurs habitants. Selon l’historienne Bat Ye’or, ses atrocités « choquèrent même les Allemands. Femmes, enfants, vieillards furent tués à coups de hache, empalés, enterrés vivants, suspendus à des crocs de boucherie, ensevelis dans des fosses sous la chaux vive après avoir été sauvagement mutilés » 34.

De son côté, Haj Amin Al-Husseini publiera un pamphlet antisémite intitulé « Islam und Judentum » (Islam et judaïsme) et le distribuera aux soldats de la division Handzar. Le 28 novembre 1941 a lieu la rencontre tant attendue par Al-Husseini, préparée par des entretiens préliminaires avec le dirigeant SS Himmler et le ministre des Affaires étrangères Von Ribbentrop. La transcription de la conversation entre Husseini et Hitler a été publiée après la guerre.

Le grand mufti commence par remercier le Führer pour la sympathie dont il a toujours fait preuve envers le monde arabe, et envers la cause palestinienne en particulier… Les pays arabes sont fermement convaincus que l’Allemagne va gagner la guerre. Les Arabes sont les alliés naturels de l’Allemagne, ayant les mêmes ennemis que l’Allemagne, à savoir les Anglais, les Juifs et les communistes… Ils sont donc disposés à coopérer de tout cœur avec l’Allemagne et à participer à la guerre, notamment en constituant une légion arabe… 35.

Dans sa réponse, Hitler témoigne sa sympathie au Mufti, mais refuse d’engager des troupes allemandes supplémentaires au Moyen-Orient, pour renforcer l’Afrika Corps de Rommel. Toutefois, il promet à Husseini, « qu’une fois que la guerre contre la Russie et l’Angleterre sera gagnée, l’Allemagne pourra se concentrer sur l’objectif de détruire l’élément juif demeurant dans la sphère arabe sous la protection britannique » 36. Après cette entrevue, le Mufti restera l’hôte de l’Allemagne, participant à la propagande nazie à travers les programmes de Radio Berlin à destination des pays arabes. Dans ses émissions, il incite les Arabes à « tuer les Juifs » et fait l’éloge de la « solution finale ». « Si, à Dieu ne plaise, l’Angleterre était victorieuse, les Juifs domineraient le monde » déclare-t-il ainsi le 11 novembre 1942. « Mais si l’Angleterre et ses alliés sont vaincus, la question juive, qui constitue pour nous le plus grand danger, sera définitivement résolue ».

Obnubilé par la « question juive », Al-Husseini intervient à plusieurs reprises pour mettre en échec des projets visant à échanger des Juifs contre des prisonniers ou de l’argent. Lorsqu’Adolf Eichmann envisage d’échanger des prisonniers de guerre allemands contre cinq mille enfants juifs, et d’envoyer ces derniers en Palestine, avec l’accord du gouvernement anglais, Husseini proteste personnellement, et obtient finalement gain de cause : les enfants juifs seront exterminés dans les chambres à gaz en Pologne 37. Après la défaite de l’Allemagne, Husseini est recherché pour les crimes de guerre commis en Bosnie par la division Handzar. Il parvient à fuir l’Allemagne et à gagner la France, où il est brièvement incarcéré. Mais la France a tôt fait de le relâcher, et c’est son ami Hassan Al-Banna qui va lui venir en aide, et le faire échapper à la potence, en lui permettant de trouver refuge en Égypte en 1946, et d’échapper ainsi aux poursuites pour crimes de guerre. L’aide apportée au Mufti par les Frères musulmans se traduit notamment par une campagne dans la presse égyptienne et par des appels incessants au gouvernement pour qu’il donne asile à Husseini. Depuis la fin de la guerre, Al-Banna entretient des contacts suivis à ce sujet avec la Ligue arabe 38. Curieusement, cet épisode – qui en dit long sur les affinités du Guide des Frères musulmans avec le nazisme – est rapporté par Tariq Ramadan lui-même, qui se vante que son grand-père ait « préparé et organisé l’exil politique [de Husseini] en Égypte en 1946 » 39.

Le Mufti, les Frères musulmans et le nazisme : alliance tactique ou connivence idéologique ?

Les liens entre le Mufti Haj Amin Al-Husseini, les Frères musulmans et l’Allemagne nazie ne furent pas seulement le résultat d’une alliance de circonstance, pour lutter contre leur ennemi commun, l’Angleterre. Ils traduisaient une profonde convergence idéologique et politique, dont témoignent de nombreuses déclarations. Certes, les Frères musulmans n’étaient pas les seuls à subir l’influence du fascisme et du nazisme, dans l’Égypte des années 1930-40. Mais ce sont les seuls à avoir établi une véritable alliance avec le Mufti pro-nazi Al-Husseini, fondée sur leur haine commune des Juifs. Les archives du haut commandement de l’armée allemande, capturées par les alliés, ont révélé que c’étaient les fonds mis à la disposition du Mufti par l’Allemagne nazie qui lui avaient permis d’organiser et de mener à bien la « révolte de Palestine » dans les années 1936-1939 40.

Le Mufti a développé une activité intense pendant la guerre, pour empêcher que des rescapés juifs ne parviennent en Palestine, alors même que les artisans de la Solution finale étaient prêts à sauver des enfants juifs, contre de l’argent ou contre des prisonniers de guerre. Contrairement à ce qui a parfois été soutenu 41, il ne fait aucun doute que le Mufti était parfaitement informé de la politique d’extermination des Juifs, et qu’il l’approuvait sans réserve. Ceci ressort notamment des relations suivies qu’il a entretenues avec plusieurs dirigeants nazis, parmi lesquels Heinrich Himmler, von Ribbentrop et Adolf Eichmann, pour lequel Al-Husseini éprouvait une admiration sans borne. Dans son journal intime, il qualifie ainsi ce dernier de « joyau intime » et de « plus grand ami des Arabes » 42.

Les contacts entre Al-Husseini et Eichmann sont apparus au grand jour lors du procès d’Eichmann, qui s’est tenu à Jérusalem en 1961. Lors de ce procès, le procureur général Gideon Hausner a produit des documents établissant que le Mufti avait été reçu au début 1942 par Adolf Eichmann, qui lui avait fait un exposé sur la « solution finale ». « Le Mufti fut si fortement impressionné qu’il demanda aussitôt à Himmler de désigner quelqu’un de l’équipe d’Eichmann en tant que son conseiller personnel, pour l’aider à “résoudre définitivement” la question juive en Palestine, une fois qu’il serait réinstallé dans ses fonctions par la victoire de l’Axe. Eichmann accepta cette offre » 43. Selon un témoin du procès de Nuremberg, le Mufti aurait même rendu visite personnellement à Adolf Eichmann à l’intérieur du camp d’extermination d’Auschwitz, et « incité les gardes faisant fonctionner les chambres à gaz à travailler avec plus d’ardeur » 44.

Selon toute logique, Al-Husseini aurait dû faire partie des dirigeants de l’Allemagne nazie et de leurs complices qui ont été jugés après la guerre et condamnés pour leurs crimes. Mais sa libération par la France et l’aide apportée par Hassan Al-Banna, guide suprême des Frères musulmans, lui ont permis d’échapper aux procès de l’après-guerre, et de poursuivre son activité politique jusqu’à sa mort en 1974. Cet épisode, loin d’être anecdotique, illustre la connivence idéologique entre les Frères musulmans et le Mufti de Jérusalem. La haine de l’Occident et des Juifs, portée à son paroxysme chez Al-Husseini, se retrouve notamment chez celui qui va devenir l’idéologue principal des Frères, et qui n’est encore en 1945 qu’un obscur écrivain : Sayyid Qutb.

(Extrait de Paul Landau, Le Sabre et le Coran, éditions du Rocher 2005)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Lurçat pour Dreuz.info.

Notes :

  1. Al-Banna, Mémoires du message et du prêcheur (en arabe), Le Caire, s.d., cité par O. Carré et M. Seurat, op. cit. pp.11-12.
  2. Cité par Mitchell, The Society of the Muslim Brothers, p.6.
  3. Mitchell, op. cit. p.7.
  4. Voir Matthias Küntzel, op. cit.
  5. Cité par M. Küntzel, op. cit.
  6. Episode raconté par le Sheikh Youssouf Qaradawi, dans un sermon du vendredi prononcé le 14 mars 2003 au Qatar, et publié sur le site Internet islamophile.org. Sur Qaradawi, voir infra, chapitre 11, L’Oumma islamiste de Tariq Ramadan.
  7. Voir Gudrun Krämer, The Jews in Modern Egypt, 1914-1952, p.140 et s., Londres 1989.
  8. Krämer, op. cit. p.142.
  9. Voir T. Ramadan, Aux sources du renouveau musulman, p.206, Tawhid 2002. Sur le rôle du frère d’Al-Banna, voir Mitchell, op. cit. p.55.
  10. Krämer, op. cit. p.144.
  11. Olivier Carré et Michel Seurat, op. cit. p. 31. Voir aussi Richard Mitchell, The Society of the Muslim Brothers, p. 55
  12. Voir chapitre 3, Said Ramadan et l’implantation des Frères musulmans en Europe.
  13. Voir Itshak Landau, « La nouvelle campagne de boycott d’Israël », bulletin no. 4/5 de l’Observatoire du Monde juif.
  14. Sur les liens entre Haj Amin Al-Husseini et Hitler, voir notamment K. Timmerman, Preachers of Hate, chapitre 5, Crown Forum, New York 2003 ; Joseph Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, Thomas Yoseloff, New York 1965.
  15. Voir James Jankowski, « Zionism and the Jews in Egyptian Nationalist Opinion », in Egypt and Palestine, A Millenium of Association, Ben Zvi Institute, Jérusalem 1984.
  16. J. Jankowski, art. cit. p. 328.
  17. Cité par Bernard Lewis, Sémites et antisémites, Fayard 1987.
  18. Voir Y. Kerem, « La destruction des communautés sépharades des Balkans par les Nazis », article communiqué par l’auteur.
  19. Bat Ye’or, Juifs et chrétiens sous l’Islam, Les dhimmis face au défi intégriste, p.209-210, Berg international 1994.
  20. Compte-rendu de l’entretien entre le Führer et le Grand Mufti de Jérusalem le 30 novembre 1941, Documents on German Foreign Policy, 1918-1945, cité dans Walter Laqueur, The Israel-Arab reader, Penguin Books 1970, pp. 106-107.
  21. Cité par K. Timmerman, op. cit. p.109.
  22. Cet épisode est relaté par Paul Longrear et Raymond McNemar, « The Arab/muslim nazi connection », cité dans K. Timmerman, op. cit. p.110.
  23. Mitchell, op. cit. p. 56.
  24. T. Ramadan, Aux sources du renouveau musulman, note 60 p. 206.
  25. Voir notamment Paul Giniewski, De Massada à Beyrouth, une leçon d’histoire, Presses universitaires de France 1983.
  26. Ainsi, Henry Laurens écrit que « l’arrivée [du Mufti] en Allemagne coïncide avec le début de la solution finale et jusqu’ici on a pas trouvé de preuves archivistiques démontrant qu’il ait eu connaissance de ce qui se passait alors » (Le Retour des exilés, la lutte pour la Palestine de 1869 à 1997, p. 560, Robert Laffont 1998).
  27. Cité par P. Giniewski, op. cit. p. 119.
  28. Gideon Hausner, Justice à Jérusalem, Flammarion 1976.
  29. Cette accusation a été formulée par un des adjoints d’Eichmann, Dieter Wisliceny, lors de son procès à Nuremberg. Voir Lewis, Sémites et antisémites.

 

https://ripostelaique.com/hitler-et-le-mufti-retour-sur-lalliance-nazisme-et-mouvement-national-palestinien.html

Partager cet article
Repost0
Published by Lazare - dans Histoire
commenter cet article …
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>

Présentation

  • : Le Blog de Lazare
  • : Etude des Prophéties, Fin des Temps et préparation à l'ère nouvelle.
  • Contact

 

Recherche Dans Le Blog

Recherche

 

Archives

  • Janvier 2026
  • Décembre 2025
  • Novembre 2025
  • Octobre 2025
  • Septembre 2025
  • Août 2025
  • Juillet 2025
  • Juin 2025
  • Mai 2025
  • Avril 2025
  • Mars 2025
  • Février 2025
  • Janvier 2025

 

Articles Récents

  • Durcissement de la doctrine nucléaire russe : vers l’apocalypse ?
  • Pourquoi de prétendus “patriotes” choisissent-ils le camp de la guerre contre la Russie ?
  • Message du Conseil d’Amour : Embrasser l’Amour Sacré et l’Unité
  • Message des Êtres de Lumière : les cycles de la vie
  • Le Temps de la Résurrection et La Séparation du Bon Grain et de l'Ivraie
  • Macron essaie de s’emparer de l’ONU pour être le maître du monde
  • Macron responsable et coupable à 100 % du naufrage sécuritaire
  • Passeurs : petites mains et gros bonnets d’un juteux bizness
  • Message de Kejraj : Vous êtes une Planète en Transition
  • Message de Adama - Protocoles et pratiques permettent de développer une conscience de la cinquième dimension

 

Catégories

  • Canalisation Jésus (240)
  • Climatologie (152)
  • Histoire (136)
  • Santé (121)
  • Canalisation Saint Germain (114)
  • Prophéties (96)
  • Religion (92)
  • Psychologie (90)
  • Canalisation Ashtar Sheran (79)
  • Canalisation Metatron (79)
  • Canalisation Marie (77)
  • Esotérisme (77)
  • Cathédrale Notre Dame (70)
  • Canalisation Hilarion (68)
  • OVNI (68)
  • Canalisation Conseil Arcturien (64)
  • Crop circle (63)
  • Archéologie (58)
  • Science (55)
  • Etude biblique (54)
  • Technologie (53)
  • Notre Terre (52)
  • Economie (49)
  • Socièté secrète (36)
  • Énergie Libre (36)
  • Canalisation Sanat Kumara (32)
  • Actualité Diverse (29)
  • Palèontologie (24)
  • Médias (20)
  • Astronomie (18)
  • Canalisation Archange Mickael (17)
  • Nikola Tesla (17)
  • 11 Septembre (15)
  • Géopolitique (15)
  • Terre creuse (13)
  • Canalisation Archange Gabriel (8)
  • Canalisation Maîtres Ascensionnés (8)

 

Abonnement

Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.

 

Liens

  • Jesus through John
  • Earth-keeper
  • Qactus
  • Le Grand Changement
  • TransLight
  • Profession Gendarme
  • Elishean
  • Messages Célestes
  • Les Chroniques d' Arcturius
  • Business bourse

 

  • Voir le profil de Lazare sur le portail Overblog
  • Top articles
  • Contact
  • Signaler un abus
  • C.G.U.
  • Cookies et données personnelles
  • Préférences cookies