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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 10:03
France et Allemagne au cœur du Moyen Âge

Source : Institut-iliade

Une histoire politique et culturelle de la genèse de l’Europe moderne. Où l’espace carolingien apparaît comme l’un des berceaux de la civilisation européenne.

 

Revenir sur le récit d’une France et d’une Allemagne dont la naissance en Europe consisterait en une opposition fondamentale, c’est l’idée qui sous-tend Allemagne et France au cœur du Moyen Âge. L’ouvrage, dirigé par Dominique Barthélémy, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne, directeur d’étude à l’École pratique des hautes-études, et Rolf Große, directeur des études médiévales à l’Institut historique allemand de Paris, professeur à l’université de Heidelberg, réunit des textes d’histoire politique et culturelle qui se distinguent notamment par une lecture renouvelée des sources de cette période capitale pour la genèse de l’Europe moderne.

La narration historique du XIXe siècle, chargée en France d’un nationalisme exacerbé, a largement contribué à plaquer sur les ressentiments et les antagonismes politiques d’alors la conception d’un conflit originel contre l’Allemagne, d’un ennemi héréditaire avec lequel toute entente durable est à exclure. C’est ce qu’attestent notamment les commémorations organisées en souvenir de la bataille de Bouvines, durant laquelle Philippe Auguste, à la tête de l’ost royal, fit battre en retraite, le 27 juillet 1214, l’empereur Otton IV. Cet évènement, qui s’est imposé dans les livres d’histoire comme une sorte d’acte politique fondateur pour la nation française, fut chargé d’une signification univoque : à chaque fois que la France s’est affirmée dans son existence propre, elle l’a fait contre l’Allemagne. Cette idée d’un antagonisme par essence entre Français et Allemands, entre Gaulois et Germains, culmina dans les conflits meurtriers de la première moitié du XXe siècle.

 

Il semble donc légitime, à cet égard, d’interroger l’état actuel de la recherche historique à propos de cette grande période des féodalités, de laquelle sont nées les nations européennes. Si la conception de la Gaule et la Germanie comme ensembles distincts est à bien des égards un héritage romain, avec le topos d’une démarcation matérialisée par le Rhin, gravée dans le marbre par la Guerre des Gaules de César, c’est bien le traité de Verdun de 843 qui doit être considérée comme l’acte initial qui sépare durablement le monde roman du monde germanique. Après une longue période d’ethnogenèse, les Francs avaient traversé le Rhin au milieu du Ve siècle pour fonder l’un des nombreux royaumes germaniques de Gaule. Celui-ci mit près de trois siècles à s’imposer, pour s’étendre, sous le règne de Charlemagne, de la marche d’Espagne jusqu’à l’Elbe et la Saale.

Rivalités fraternelles et territoires composites

À la mort de Louis le Pieux, unique héritier de Charlemagne, l’empire dut être partagé entre ses trois fils. Le 14 février 842, à Strasbourg, le roi Louis, appelé plus tard Louis le Germanique, et le roi Charles le Chauve prêtèrent serment devant leurs armées, jurant de rester fidèles l’un à l’autre, contre leur frère Lothaire. De ce serment résulta, au terme de plusieurs combats, le partage de Verdun. Entre la Francie orientale et la Francie occidentale, on vit dès lors persister des rivalités fraternelles, dont le royaume médian, la Lotharingie, peu à peu morcelée et dépecée, fut le principal objet. Ce n’est qu’après la mort de l’empereur Charles le Gros, fils cadet de Louis le Germanique, en 888, que les ensembles politiques qui devaient traverser le Moyen-Âge commencèrent à suivre chacun leur propre voie.

Dans une analyse nouvelle du Ludwigslied et de la Séquence de sainte Eulalie, Jens Schneider montre combien ces deux témoignages essentiels du processus d’émancipation des langues vernaculaires propre à ces ensembles, s’inscrivaient dans les interactions politiques des deux puissances. Le Ludwigslied fut écrit en francique rhénan, donc à destination des lecteurs germanophones. Il relate les exploits guerriers du jeune roi Louis III, petit-fils de Charles le Chauve, contre les envahisseurs Normands, et doit être compris comme une tentative de légitimation d’un roi apte à combattre les incursions venues du Nord, une menace qui pesait alors sur l’ensemble des royaumes francs, y compris sur la Francie orientale.

À compter du Xe siècle, on vit une distance progressive s’établir, émaillée d’ententes ponctuelles, d’alliances matrimoniales et de conflits sporadiques. Face à la royauté allemande, qui s’est durablement approprié la dignité impériale, les rois de France furent surtout occupés à asseoir leur pouvoir face aux rébellions des princes, à plus forte raison après l’établissement de la nouvelle dynastie ouverte par le couronnement d’Hugues Capet. « Les Capétiens comme les Saliens ont trop à faire avec leurs sujets pour chercher l’affrontement : ils en restent à des ententes passagères contre des princes en position intermédiaire, et ne se préoccupent pas trop l’un de l’autre. Gouvernant des ensembles composites, ces rois du XIe siècle ne contrôlent que peu d’espace, ou ponctuellement et par intermittence. Leurs dispositifs sont, à vrai dire, assez différents : l’empereur a plutôt une trajectoire, le roi une assise. » (p.29)

L’unité du monde « postcarolingien »

Au XIIe siècle, les deux pôles de pouvoir divergent de plus en plus face à l’émergence de nouveaux adversaires. Tandis que la querelle entre les Saliens et la papauté autour de l’investiture des évêques tourna peu à peu au conflit ouvert, les Capétiens furent toujours aux prises avec leurs vassaux, parmi lesquels les puissants ducs de Normandie, détenteurs de la couronne d’Angleterre depuis la conquête de l’île en 1066 et maîtres, à compter de 1154, du duché d’Aquitaine et du grand Anjou. Dans le cadre de ces nouveaux affrontements et des jeux d’alliance qu’ils impliquaient, la confrontation de la France et de l’Empire relevait davantage de la parade d’évitement que de l’opposition. C’est au contraire l’unité de ce monde « postcarolingien » qui s’impose aux yeux des historiens.

« De part et d’autre de la Meuse ou du Rhin, les institutions royales et seigneuriales sont de même type, avec des cours et des osts que les relations féodo-vassaliques comme les élaborations lignagères unissent ou divisent. Les fondamentaux de la justice et de l’interaction sociale y sont les mêmes, en dépit d’authentiques variantes selon les lieux et les moments. […] Partout, au moins à partir du XIIe siècle, l’air de la ville rend libre, au bénéfice tout particulièrement d’une nouvelle élite – faut-il dire bourgeoisie émergente ou patriciat ? – à laquelle rois et princes assurent des franchises. » (p.31-32)

Scène de tournois dans le Codex Manesse, XIVe siècle.
Scène de tournois dans le Codex Manesse, XIVe siècle.

C’est davantage encore à travers l’émergence de la culture savante et de nouvelles formes de civilité que s’affirme la cohérence entre le royaume de France et l’Empire. Dans son article sur l’essor du tournoi chevaleresque et l’invention des armoiries, Jean-François Nieus montre comment, au tournant des XIe et XIIe siècles, les codes et valeurs de la chevalerie, surgis en France, se sont rapidement répandus dans l’espace germanique. Cette civilisation de cour, conditionnant de nouvelles façons d’être, et qui marqua durablement les mentalités médiévales, devait également se répercuter dans un imaginaire commun, dont la cour du Roi Arthur formait l’objet central. Le chapitre que Jean-René Valette consacre aux métamorphoses allemandes de Perceval est particulièrement éclairant.

La guerre des nations n’a pas eu lieu

C’est finalement la rivalité croissante entre les Capétiens et la maison Plantagenêt qui, en 1214, fit s’affronter de nouveau, pour la première fois depuis 978, le roi de France et l’Empereur. Otton IV, le rival Welfe de la dynastie des Hohenstaufen et allié de son oncle Jean sans Terre, se plaça à la tête d’une coalition principalement composée de chevaliers et d’hommes d’armes de la Flandre et du Hainaut ainsi que d’un contingent anglais. Une manière pour cet empereur fortement contesté, en guerre contre un Frédéric de Hohenstaufen soutenu par Philippe Auguste, de redorer son blason. Reprenant les conclusions de sa relecture critique des sources, Dominique Barthélemy rappelle dans son chapitre sur les Allemands à Bouvines, qu’en « bonne logique d’interaction féodale », cet épisode guerrier ainsi que son embellissement littéraire nous montrent d’abord la grande unité du monde militaire français et teuton. « Pour les chevaliers de France, ceux d’Allemagne sont en somme des adversaires de prédilection, qui leur ressemblent beaucoup. La Philippide leur offre une place de choix, préférentielle par rapport à d’autre coalisés de 1214, dans la partie la plus inventée du récit, alors que les chevaliers flamands et les quelques Anglais n’en ont pas été jugés dignes. » (p.225)

Cette bataille, qui n’avait à peu près rien d’un affrontement franco-allemand, n’était donc qu’un épisode isolé, qui ne témoignait ni n’annonçait une opposition structurante pour le développement des deux nations. Il faut en réalité attendre l’affirmation de la maison de Habsbourg et sa rivalité accrue avec la couronne de France à partir du XVIe siècle pour que Bouvines devienne une bataille franco-allemande. C’est également dans ce contexte tardif qu’on voit naître, sous l’influence de l’Humanisme, une opposition stylisée entre Français et Allemands, revitalisée par la lecture des textes romains, notamment de Tacite.

C’est à rebours de cette histoire mythifiée que Michel Zink écrit dans sa préface : « Qui remonte le cours du temps, cherche en vain deux peuples affrontés. Il ne trouvera que des frontières brouillées. » (p.8) Frontières géographiques, frontières culturelles, frontières savantes, érigées par le récit historique dans des territoires qui nous apparaissent avant tout comme des lieux de passage, en rien comparables avec d’autres limites civilisationnelles qui se sont révélées, quant à elles, bien réelles, comme en atteste la troisième croisade, menée en 1190 par l’alliance sacrée de Frédéric Barberousse, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste.

À travers ses vingt-et-un courts chapitres, qui font la part belle aux documents et à l’iconographie d’époque, cet excellent ouvrage collectif aborde de nombreux évènements et personnages, célèbres ou connus des seuls spécialistes, déclinant l’idée maîtresse d’un noyau carolingien dans l’occident médiéval. Un espace d’équilibre et de créativité dont nous pouvons bien dire qu’il fut l’un des berceaux qui ont vu se propager les traits les plus remarquables de la civilisation européenne.

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 00:19
La fin du Temple

Au 13e siècle, l’Ordre du Temple est une multinationale financière et commerciale qui fait tourner l’Europe unie et qui prête de l’argent aux rois dont les caisses sont vides. Voire aux papes, aussi ruinés que les rois…

En deux siècles, le Temple est devenu une banque centrale florissante qui permet aux monarques de financer les croisades et qui payent leurs rançons s’ils sont faits prisonniers. Son siège social est une énorme forteresse qui s’étale sur tout le centre de Paris : le quartier du Temple. Rasé par Philippe le Bel, il n’en reste que des plaques émaillées : rue du Temple, rue Vieille du Temple, rue des Blancs-Manteaux. La puissance de l’Ordre n’est pas que matérielle. Ceux qui y entrent en attendent des bienfaits intérieurs.  Certes les moinillons n’auront pas les mêmes bénéfices spirituels ou financiers que les puissants « pauvres chevaliers ».

Dans l’Ordre, derrière une apparente égalité, et malgré les voeux de pauvreté, il y a des fortunes et des degrés d’initiation très divers. La plupart des moines n’obtiennent jamais le titre de Chevalier, sans parler des grades supérieurs. Très peu de dirigeants savent tous les secrets de l’Ordre. On dit que le Grand Maître officiel était secrètement doublé par un véritable Grand maître, inconnu de presque tous, et qui ne risquait donc pas d’être pris. Ce culte du secret et cette hiérarchie militaire se retrouvent, affadis, chez les Francs Maçons ou les Rose-Croix, qui s’en disent les héritiers. L’initiation la plus haute que confère le Temple dessine une élite spirituelle et temporelle, détentrice des secrets de ce monde et de l’autre. Elle représente le cœur sacré de la Chrétienté, comme le soufisme reste encore le cœur sacré de l’Islam.

Ces Chevaliers Initiés pèsent très lourd dans le destin de l’Europe. Ils contrôlent toutes les routes maritimes connues …et inconnues ! Grâce à d’antiques portulans, ils ont retrouvé le chemin des Amériques et de leurs trésors. Ils y exploitent des mines. Des fortunes considérables en métaux rares et pierres précieuses viennent grossir les confortables bénéfices de leur système bancaire, qui couvre toute l’Europe et le proche Orient. Sous le règne de Philippe le Bel, le Temple est devenu un état dans l’état, qui fait des affaires… d’or. Plus puissant qu’aucun monarque, l’Ordre frappe monnaie, émet des billets à ordre, hérite de maintes fortunes, trafique pierres et métaux précieux, vend des remèdes, des terres, des bijoux, des indulgences et des épices.

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Il fait travailler quatre cents corps de métiers différents dans ses innombrables établissements : artisans, gens de robe et gens d’armes, marchands, apothicaires, guérisseurs, charpentiers, menuisiers, ébénistes, ivoiristes, lapidaires, maçons, sculpteurs, vitraillers, peintres, paveurs, chaque profession avec sa corporation, sa règle, ses usages et ses trois grades : apprenti, compagnon et maître.

Au plus fort de leur règne, les Pauvres Chevaliers sont devenus bâtisseurs, banquiers, soldats, policiers de la route, douaniers, chirurgiens, médecins, pharmaciens, hôteliers, voyagistes et transporteurs. Ils entretiennent des léproseries où les malades les plus contagieux reçoivent soins et nourriture, pouvant même assister à la messe et communier à travers un guichet spécial. Les navires templiers sillonnent les sept mers, faisant claquer au vent la croix pattée rouge. Cette réussite insolente défrise le roi de France, Philippe le Bel, personnage le plus puissant d’Europe… après le Grand Maître du Temple !

Philippe veut la fin du Temple, mais le pape Clément V protège les Pauvres Chevaliers. Jusqu’à un certain point… Jacques de Molay, dernier grand maître du Temple, apprend qu’un complot se trame contre l’Ordre. Juste avant son arrestation, sur son ordre, six lourds chariots sous bonne escorte quittent Paris en pleine nuit par la route de l’ouest. Ces chariots emportent vers une destination inconnue le colossal trésor des Templiers.

Au matin, Jacques de Molay et les principaux dignitaires de l’Ordre sont jetés ès culs de basse-fosse. Après un procès sordide de sept ans, où les aveux des chevaliers sont obtenus sous la torture, où les pires calomnies leurs sont imputées, l’Ordre est enfin dissous et ses biens confisqués. Les dignitaires, jugés coupables d’hérésie, seront brûlés vifs sur le bûcher.

« Le Grand Maître n’ayant plus que la langue libre et presque étouffé de fumée, dit à haute voix : « Clément, juge inique et cruel bourreau, je t’ajourne à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal du Souverain Juge. » (source)

Or Clément V mourut dans les délais annoncés ! Hasard ou non, au fil des siècles cette légende populaire est devenue une véritable tradition. Revue et amplifiée par Maurice Druon dans Les Rois maudits, la malédiction deviendra : « Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races. »

Le compte est bon. Treize générations, pour les Bourbons, c’est Louis XVI décollé par la Terreur. L’échafaud qui répond au bûcher. On dit qu’au moment de l’exécution de Louis XVI, un homme se serait écrié dans la foule : « Jacques de Molay, tu es vengé! »

Même si Druon a exagéré la malédiction, Molay aurait laissé, outre ses imprécations, des consignes précises pour les temps futurs afin que le Temple survive à sa dissolution. Il s’agissait avant tout de récupérer le colossal trésor. Au fait, qu’est-il devenu ?

[Source] http://eden-saga.com/

https://arcturius.org/la-fin-du-temple/

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 16:10
Avant la France, l’Espagne et l’Amérique ont tenté d’écraser les esclavagistes arabes

La mémoire fait souvent défaut et certains imaginent que les territoires du Maghreb, Algérie, Maroc et Tunisie, pour ne citer que ceux-là, n’ont jamais subi des tentatives de conquête et même de colonisation partielle.

 

En ce qui concerne ce territoire devenu Algérie, on veut croire que les Français ont décidé subitement de le conquérir en 1830 afin de mettre un point final à la piraterie barbaresque. 

Tout cela n’est pas le reflet exact de la réalité.

 

Déjà, à la moitié du 15e siècle, vers les années 1455/1460, Jacques Cœur fut le ministre des Finances du roi Charles VII. Rarement ministre des Finances, et même ministre tout court, ne sera accusé de tant de méfaits durant l’exercice de sa carrière :

  • D’avoir vendu des armes aux sarrasins.
  • D’avoir troqué du cuivre et de l’argent contre de l’or.
  • D’avoir ramené un esclave de 14 ans sur l’une de ses galères, pour son usage personnel (on ne sait d’ailleurs pas s’il s’agissait d’un ou d’une jeune).
  • D’avoir exigé une commission de 2000 écus à l’envoyé spécial du duc de Bourbon, venu solliciter la main de la princesse Jeanne, fille de Charles VII.
  • D’avoir spéculé sur la valeur des monnaies.

(A la lecture de toutes ces accusations on peut se demander vraiment s’il y avait là de quoi fouetter un chat, quand on vit, comme nous, au XXI siècle !)

Jacques Cœur s’évade du château de Poitiers, où il était retenu prisonnier, en novembre 1454.

On ignore ce qu’il advint de lui durant les deux mois qui suivirent, mais on le retrouve à Rome où tous les honneurs lui sont rendus par le pape Nicolas V, chef spirituel des chrétiens. Il deviendra d’ailleurs amiral des galères du Pape.

Jacques Cœur donc, décide d’installer des comptoirs commerciaux sur la côte africaine pour la nouvelle compagnie qu’il venait de créer : la Compagnie Marseillaise des Concessions d’Afrique. Il met en place un premier comptoir, à 12 km à l’ouest de La Calle, sur cette côte qui deviendra bien plus tard l’Algérie, sous le nom de «Bastion de France».

Il sera donc à l’origine de nos premiers problèmes avec les ottomans qui occupent l’Algérie car, en 1681, l’agha des janissaires turcs, qui détient le pouvoir à Alger, à cause de cette implantation qu’il juge offensante, déclare la guerre à la France. Les «Algériens» de l’époque s’emparent d’un navire royal et vendent son commandant, le chevalier de Beaujois, comme esclave. En représailles, comme on le lira, Duquesne bombardera Alger l’année suivante.

Les juifs Bacri et Busnach, qui furent, selon certains historiens, à l’origine de l’intervention française de 1830, seront, vers la fin du dix-huitième siècle, les représentants de cette Compagnie Marseillaise fondée par Jacques Coeur.

Après une attaque meurtrière et particulièrement sanguinaire du pirate Barberousse contre l’une des îles des Baléares, en 1558, et la destruction totale de la ville de Ciudadela, à 5 km de la capitale Mahon, l’un des plus beaux ports de la méditerranée est réduit en flammes et tous ses habitants sont assassinés aux couteaux et aux sabres : «un des sentiers en pente, où le sang descendait comme un torrent, fut baptisé «es degallador», en souvenir de cet horrible épisode»,

L’empereur Charles-Quint fit construire la forteresse San Felipe et lança sa première attaque contre les ottomans, installés sur les côtes de l’Afrique du Nord.

Est-il nécessaire de rappeler que l’Espagne a occupé Oran, et une petite partie de la côte dont Mers-el-Kébir, dès le 16e siècle et jusqu’en 1792, soit 38 ans avant l’arrivée des Français.

Que les affrontements entre les armées occidentales et les forces ottomanes se sont poursuivis au cours des siècles, et ce n’est peut-être pas fini puisque le dictateur Erdogan a décidé, ou plutôt rêvé, de reconstituer l’Empire ottoman et d’y imposer les lois islamiques des Frères Musulmans.

Erdogan ferait bien de se souvenir :

  • 1565, siège de l’île de Malte par Soliman, repoussé après 4 mois de lutte et plus de 20.000 Turcs abattus par les chevaliers chrétiens.

«Les ottomans considéraient que les guerres les enrichissaient et que la paix les ruinait.»

  • Le 7 octobre 1571, la bataille de Lépante, dans le golfe de Patras, sur la côte occidentale de la Grèce, qui fut une défaite encore plus célèbre que le siège de Malte. Bilan 200 vaisseaux ottomans coulés et plus de 20.000 morts.
  • En 1664, le 30 juin, départ de la flotte de Louis XIV vers Djidjelli afin de défendre ce comptoir de La Calle et mettre, déjà, un terme à la piraterie.
  • La paix durera jusqu’en 1681, date à laquelle la piraterie reprit ses droits.
  • Trois nouvelles expéditions suivirent, sous la direction de l’amiral Duquesne et le drapeau de Louis XIV (1682,1683 et 1685).
  • Une dernière expédition espagnole, en 1775, se dirigea de Carthagène vers Alger mais ce fut un échec total.
  • C’est en 1810 que Napoléon décida de s’attaquer à la piraterie barbaresque des ottomans, aidés de leurs alliés Arabes, et il envoya un espion, l’ingénieur Boutin, qui, après étude, informa l’Empereur que le lieu le plus propice serait la plage de Sidi-Ferruch.

Occupé sur d’autres fronts, Napoléon ne donna pas suite et ce furent les Américains qui, en 1815, passèrent le détroit de Gibraltar afin de s’attaquer vainement à la place forte des Turcs.

Puis en 1816, la marine anglaise tout d’abord et, ensuite, associée à la marine française en 1819 et, enfin, en 1824, une fois encore les Anglais, conduits par l’amiral Neal.

Toutes ces expéditions, entreprises contre un ennemi bien implanté et bien protégé, furent des échecs cuisants, et il fallut attendre 1830 pour qu’enfin une armée prenne pied sur ces vastes territoires, y chasse les ottomans (avec l’aide d’une partie des Arabes) et s’y installe pour 132 années et, après plusieurs années de guerre contre les tribus indigènes, grâce à la colonisation, y construire un pays civilisé et prospère avec des infrastructures, des bâtiments, une agriculture, qui en firent «la vitrine» de toutes les cités méditeranéennes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2021/04/04/avant-la-france-lespagne-et-lamerique-ont-tente-decraser-les-esclavagistes-arabes/

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 10:04
Pour les Arabes, “les nègres ne sont que du bétail”

La vidéo ci-dessous : Esclavage : La vérité sur les traites taboues, parue sur la chaîne VA :

n’apprendra rien à ceux qui ont lu ces deux ouvrages de référence en la matière :

ni à ceux qui fréquentent régulièrement l’excellent blog de l’africaniste Bernard Lugan.

Naturellement, il existe de nombreux autres ouvrages sur l’esclavage arabo-musulman.

Olivier Pétré-Grenouilleau est à lui-seul l’auteur d’une douzaine d’ouvrages remarquables sur la question.

***

L’intérêt de cette vidéo est de faire un point clair, précis, documenté, pédagogique (et rapide : 18mn…) sur ce que furent les deux traites négrières les plus meurtrières de l’histoire : la traite arabo-musulmane et la traite intra-africaine.

Mise en ligne le 1er septembre, cette vidéo rassemble en une semaine presque 140 000 vues.

***

En préambule, son auteur revient sur l’affaire de ce Maghrébin qui, le 30 mai dernier à Cergy-Pontoise, a agoni une femme noire d’injures racistes :

« Espèce de négresse, sale noire, personne ne te touche, même avec un bâton ! »

après avoir insulté et agressé un livreur Uber Eats, également noir.

***

« Pendant 800 ans, on vous a vendus comme du bétail ! »

Ces propos de l’individu à l’encontre de la femme noire (qui le filme depuis sa fenêtre) sont historiquement parfaitement fondés : de la foudroyante conquête de l’Afrique du nord par les cavaliers d’Allah au VIIIème siècle, jusqu’à nos jours, les Arabes ont toujours traité les Noirs comme « du bétail ». Pour les mahométans, le continent noir est essentiellement un vivier d’esclaves :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/02/24/racisme-anti-noir-comment-le-maghreb-en-est-il-venu-a-rejeter-son-africanite_5427702_3212.html

https://information.tv5monde.com/afrique/libye-des-migrants-africains-vendus-comme-esclaves-par-des-trafiquants-203789

C’est d’ailleurs l’ensemble des non-musulmans que la « meilleure des communautés » considère comme une masse de sous-hommes corvéables à merci :

https://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/GARCIA/55761

***

L’ethnologue franco-sénégalais Tidiane N’Diaye :

rappelle dans la vidéo ci-dessus que les grandes autorités intellectuelles musulmanes (il cite Ibn Khaldoun, mais on aurait pu citer al-Kindi, Averroès, Avicenne et bien d’autres) ont toutes justifié la mise en esclavage des Africains. Si, pour un Arabo-musulman, il n’y a pas de différence entre les Africains et « du bétail », pourquoi se priverait-il d’exploiter la force de travail du « nègre » comme on exploite celle du bœuf ou du zébu ?

***

Petite parenthèse : Tahar ben Jelloun, le grand humaniste franco-marocain que le monde entier nous envie, l’auteur du Racisme racontée à ma fille, n’a pas eu le moindre scrupule de réduire en servage l’une de ses jeunes compatriotes, Fatna S., musulmane, qui n’avait que le tort de venir d’une famille pauvre :

https://ripostelaique.com/ben-jelloun-tahar-ta-gueule-a-la-recre.html

Mais revenons à notre sujet…

***

Quelques extraits de la vidéo « Esclavage : La vérité sur les traites taboues » :

« Dans cette vidéo, on va tenter d’expliquer que, contrairement à cette croyance qui reste tenace, l’esclavage n’est pas l’apanage de l’Europe et des Blancs, mais qu’il est un phénomène universel et que les peuples le connaissent à un moment de leur histoire ou le connaissent même encore ».

« Nous allons donc lever les non-dits sur l’histoire de l’esclavage et nous concentrer sur les pages de l’esclavage que notre époque se refuse de voir ».

« Ces pages sont souvent occultées car allant à l’encontre de l’idéologie de la repentance et de la théorie des privilèges blancs et des représentations stéréotypées de ce qu’a pu être la prétendue domination éternelle des Occidentaux sur les peuples du monde »

« L’esclavage est pratiqué par tous les peuples, partout dans le monde et à travers tous les âges »

« L’esclavage n’est donc pas une histoire de couleur de peau, dans le sens où les Blancs seraient les instigateurs de cette pratique et les principaux esclavagistes »

« Les Grecs, qui étaient des blancs, avaient des esclaves qui étaient aussi blancs. Idem pour l’empire romain qui avaient des esclaves de plusieurs peuples d’Europe, blancs eux aussi »

« Au cours du 5ème siècle, l’esclavage tend à disparaître en Occident »

[NdHD : On pourra regretter que l’auteur de la vidéo passe totalement sous silence le rôle de l’Eglise catholique dans la disparition progressive de l’esclavage dès le haut Moyen Âge, mais passons… ]

« A la chute de l’empire romain, de nouveaux royaumes se forment, où se développent la féodalité et le servage. »

« [Contrairement à l’esclave], le serf n’est pas un bien meuble. Il travaille une terre qui ne lui appartient pas et qu’il ne peut pas quitter. Son existence est faite de devoirs envers le seigneur, comme les corvées et les jours de travail obligatoire à consacrer au seigneur annuellement »

[NdHD : On remarquera que le serf travaillait environ un jour sur trois pour son seigneur et pour l’Eglise. En revanche, le « jour de libération fiscale », c’est-à-dire le jour où le salarié contemporain cesse de travailler pour payer le train de vie de la République est postérieur au 15 juillet de chaque année  : ce qui fait que les « masses laborieuses » actuelles travaillent plus d’un jour sur deux pour la République. Elles connaissent en cela un servage largement pire que les serfs du Moyen Âge]

« En échange de ces devoirs, [le serf] obtient une protection [de son seigneur], dans des temps marqués par les guerres entre duchés, et les raids vikings »

« Le servage et l’esclavage seront définitivement abolis [dans le royaume de France] au 14ème siècle sous Louis X le Hutin [NdHD : l’esclavage y était en fait aboli depuis presque mille ans…] qui établit que : “Selon le droit de nature, chacun doit naître franc [libre] “ et que : “Par tout notre royaume, les serviteurs seront amenés à franchise [liberté]”. L’esclavage reprendra cependant trois cents ans plus tard dans les colonies françaises des Amériques »

***

« Abordons maintenant la traite arabe qui est une page de l’histoire peu enseignée ».

« Quand Christiane Taubira fait voter la loi reconnaissant la traite transatlantique [celle pratiquée par les Européens] comme un crime contre l’Humanité, elle expliquera avoir volontairement omis de préciser le rôle énorme de la traite arabo-musulmane sur les Africains. Elle justifie d’ailleurs cette omission dans l’Express du 4 mai 2006 : “Il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids des méfaits de l’héritage des Arabes”

« [Dans la précédente interview de Tidiane N’Diaye, ce dernier déclare :]“Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique, car bien qu’il n’existe pas de degré dans l’horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir sans risque de se tromper que le commerce négrier arabo-musulman et les jihads provoqués par ces impitoyables prédateurs pour se procurer des captives furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique” »

« La traite arabe va prospérer dans le temps et dans la géographie. Elle s’étend de l’an 650 jusqu’en 1920 [NdHD : en fait bien au-delà : comme on vient de le voir, les pratiques esclavagistes sont toujours actuelles dans le monde arabo-musulman] »

« La traite arabe est aussi très vaste dans ses chiffres. Selon l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, la traite arabe va asservir et déporter près de 17 millions de personnes (…) Elle va notamment se développée en Berbérie, qui est (assez) christianisée [NdHD : Saint Augustin, docteur de l’Eglise, était Berbère]. Les auteurs arabes du 7ème et 8ème siècles décrivent la Berbérie comme une “terre de butin” (…) 415 000 Berbères seront mis en esclavage (…) ce qu’ils appelleront la “moisson berbère” »

« En islam, l’esclavage est permis sur les peuples non musulmans ».

« Plusieurs routes seront tracées pour faire remonter les esclaves d’Afrique sahélienne et subsaharienne vers le Maghreb, d’où ils seront déportés vers le Moyen Orient : c’est le commerce transsaharien ».

« Cette traite va infliger des sévices extrêmement cruels pour fournir une grande quantité d’eunuques noirs aux dynasties arabes (…) Seul un homme sur 200 survivait [à la castration] »

[NdHD : dans la même interview, T. N’Diaye fait remarquer que 70 millions de Noirs peuplent actuellement les Amériques, alors qu’on ne trouve quasiment aucune présence de Noirs dans les pays arabes et en Turquie]

« L’Afrique orientale ne sera pas non plus épargnée par la traite arabe, et c’est une partie peu connue de l’histoire : c’est la traite de Zanzibar [qui va] véritablement ravager la région des Grands Lacs, mais aussi l’Afrique centrale. (…) Entre 1830 et 1873, environ 20 000 esclaves étaient vendus chaque année. »

***

« Les Européens ne seront pas non plus épargnés »

[Voir à ce propos le maître-livre de Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans . L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), paru en 2006]

« Dès le début de l’expansion arabe, des raids constants seront organisés sur les côtes européennes ainsi que dans toute la Méditerranée. Du 8ème siècle jusqu’au 18ème siècle, la Méditerranée sera appelée la « mer de la peur » [NdHD : si de nombreux villages de Corse, de Sardaigne ou de Sicile sont construits sur les hauteurs, ce n’est pas par souci de pittoresque touristique, mais pour se protéger des razzieurs arabes qui s’attaquaient en priorité aux bourgs côtiers]. L’historien Jacques Heers estime que de 1500 à 1800, au moins un million d’Européens ont été enlevés pour être revendus sur les marchés aux esclaves »

« L’histoire du Moyen Âge jusqu’au 19ème siècle est jalonnée d’enlèvements de chrétiens sur les côtes et en mer »

« La traite arabe qui sera encore répandue jusqu’au 20ème siècle, sera peu à peu réfrénée par les pays européens, leurs missionnaires [catholiques], et leur poids dans les échanges commerciaux, puis par la colonisation ».

« Au début du 20ème siècle, la traite arabe est encore ouvertement pratiquée en Arabie saoudite : en 1962, avant que l’abolition n’y soit définitivement déclarée, il y reste entre 100 000 et 200 000 esclaves. La fin effective de la traite de Zanzibar n’est actée qu’en 1964. Une réalité qui met à mal l’idée que l’Europe serait l’éternelle asservisseur »

***

« Si l’homme noir a été considéré comme une marchandise par les Européens, c’est qu’il l’était d’abord par les sociétés africaines, qui étaient esclavagistes. Ce qui nous permet de lever les mensonges de l’idéologie décoloniale et indigéniste, qui prétend que les racisés seraient un groupe commun d’éternelles victimes ».

« Le commerce triangulaire (qui constitue la traite européenne) se situe entre le 16ème et le 19ème siècle. Il s’agit de commerçants et de négociateurs qui achètent une marchandise humaine à des princes négriers, qui sont eux-mêmes des commerçants [NdHD : l’auteur ne s’étend pas sur l’origine ethnique de ces “commerçants et négociateurs”. À ce sujet, écouter jusqu’au bout la vidéo suivante :

extraite d’une émission de Serge de Beketch sur Radio Courtoisie, émission datant de l’époque où cette radio pouvait encore être qualifiée de “libre”].

« Pour Bernard Lugan, la priorité des intermédiaires côtiers était double : premièrement, empêcher les négriers blancs de se rendre à l’intérieur [des terres] afin de leur interdire l’accès à leurs propres fournisseurs, et deuxièmement, empêcher leurs fournisseurs de l’intérieur de venir jusqu’à la côte afin d’établir un contact direct avec les acheteurs blancs ».

« Pour l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, seuls 2% des esclaves déportés furent razziés par les Européens, contre 98% par les Africains eux-mêmes »

« [Durant la traversée de l’Atlantique], les pertes sont très lourdes chez les esclaves. [Elles atteignent] environ 12%, [mais] les pertes dans les équipages avoisinent les 20%… »

« Le volume de la traite européenne est énorme (…) avec 11,5 millions de Noirs déportés » [NdHD : à rapporter aux 17 millions de la traite arabo-musulmane] »

« Contrairement aux militants qui occultent le rôle des Africains dans la traite européenne, le président du Bénin, Mathieu Kérékou, le reconnaîtra en 1999. Cette année-là, à Baltimore, il va s’excuser auprès des Afro-américains qui sont de fait des descendants d’esclaves : “Les Africains ont joué un rôle honteux durant la traite”  ».

« Cette réalité, une fois de plus, met à mal le discours indigéniste en France : l’écrasante majorité des Africains ou des Français d’origine africaine ne sont pas des descendants d’esclaves comme les Afro-américains. Ils ont même quelque part une probabilité de descendre de marchands d’esclaves ou de dynasties négrières africaines ».

***

« Abordons aussi la question de l’apport du commerce négrier dans l’économie européenne, car c’est un argument qu’on entend souvent dans la bouche des indigénistes ou de l’extrême gauche pour justifier la repentance, les réparations, ou même, l’immigration ».

« L’Europe se serait développée et aurait lancé sa révolution industrielle grâce au servage et à l’esclavage. [En fait], le rôle de l’esclavage dans l’enrichissement des pays européens est infime (…) L’essor industriel de l’Europe s’amorce (…) par le progrès technique qui [va] provoquer des bonds de productivité, avec le métier à tisser et la locomotive à vapeur. En France, la révolution industrielle a eu lieu au milieu du 19ème siècle, soit des décennies après l’abolition de l’esclavage. (…) Le commerce des esclaves, et même le commerce colonial va rester un pan minime des économies européennes et n’aura que peu de valeur ajoutée, comparé à l’essor des marchés intérieurs et au commerce de biens à haute valeur ajoutée : le commerce manufacturé. »

« La croyance dans l’enrichissement de l’Occident par la traite négrière reste tenace et très en vogue. En France, on se sent nécessairement coupable, avec cette impression que seuls les Blancs ont pu être les tortionnaires et les esclavagistes »

***

« L’abolition a d’abord été une initiative européenne, avec les premières abolitions du Moyen Âge. L’abolition dans les colonies a germé en France et en Angleterre au 18ème siècle ».

« Si l’esclavage est assez universellement aboli dans les colonies européennes et en Amérique au 19ème siècle, il se perpétue en Afrique et au Moyen Orient. C’est l’influence européenne qui met fin partout à la traite. (…) Les pays occidentaux n’ont pas de leçons à recevoir en termes de traite esclavagiste : ils l’ont pratiquée, mais ils n’ont pas été les derniers à l’abolir »

« Dans l’histoire longue, ce n’est pas l’esclavage qui est une particularité, mais c’est davantage son abolition. Ce n’est qu’au début de l’époque contemporaine que l’esclavage devient une exception »

« L’enseignement partiel et culpabilisateur des traites peut développer un ressentiment chez les immigrés et leurs descendants. De la même manière que la repentance finit par développer un sentiment de colère et d’injustice chez les Français qui ne sont pas responsables d’actes commis par le passé »

***

Propos transcris par

Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 01:23
Les pirates musulmans capturaient des Blancs au Danemark en Norvège et en Islande, et les vendaient comme esclaves
 
Il n’est jamais trop tard pour apprendre et je viens d’en faire l’expérience : j’ignorais que les pirates barbaresques avaient poussé leurs incursions bien au-delà des îles Britanniques, jusque sur les côtes du Danemark, de la Norvège et même de l’Islande.

Trois navires pirates turcs se sont rendus jusqu’en Islande, en 1627, et, après des razzias, massacres, viols et vols, ont emporté environ 400 islandais, femmes et hommes, qui seront vendus comme esclaves sur la place du marché d’Alger, dès leur arrivée.

 

Nous apprenons, grâce à l’enquête de l’auteure islandaise Guoriour Simonardottie, qu’en l’an 1636, le représentant du roi du Danemark a pu payer les rançons et, après de longs marchandages, libérer, afin d’être rapatriés vers leur pays d’origine, 28 femmes islandaises et 22 hommes danois, norvégiens et islandais.

La facture payée pour ces rançons nous indique :

  • Le 9 juin 1636, Ornia Jondochter, 100 Riskdals plus 60 pour le voyage, soit 160 Riskdals.
  • Le 11 juin 1636, Abdraham Molet, 215 Riskdals plus 63 pour le voyage, soit 278 Riskdals.
  • Le 12 juin 1636, Gudridur Simonsdochter, 180 Riskdals plus 62 pour le voyage, soit 242 Riskdals.

Il est impossible de convertir ces sommes en «Riskdals» en «Euros» actuels mais, il est indiqué dans les commentaires, que ce furent des sommes «assez élevées».

Donc, après six années d’esclavages dans la région d’Alger, et comme cette pratique se reproduisait chaque année, soit par les représentants des rois de divers pays européens, soit par les chevaliers de Malte, les esclaves pouvaient être «revendus», grâce aux paiements de rançons et avec un bénéfice important pour leurs propriétaires.

Il est intéressant de noter que, à l’époque donc de l’occupation ottomane, de toute cette côte méditerranéenne du Maghreb, il existait tout de même, lors du 17e siècle, une église, à Alger capitale, dont les prêtres étaient autorisés d’exercer leur culte catholique et recevoir à deux dates principales, Pâques et Noël, certains esclaves de religion catholique qui, après plusieurs années d’esclavage et ayant acquis la confiance de leurs maîtres, pouvaient s’y rendre, accompagnés et surveillés par un garde.

Près de quatre siècles plus tard, les chrétiens, ce qu’il en reste, des pays ottomans (la Turquie) et du Maghreb, n’ont ni le droit, ni l’endroit, pour se recueillir et l’on peut affirmer que les frères Barberousse étaient bien plus tolérants que l’actuel dictateur turc Erdogan qui, sans la moindre protestation du Pape actuel, soi-disant défenseur de la chrétienté, a transformé en mosquée «Sainte Sophie».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

 

https://www.dreuz.info/2021/04/02/les-pirates-musulmans-capturaient-des-blancs-au-danemark-en-norvege-et-en-islande-et-les-vendaient-comme-esclaves/

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 15:09
MASSACRE DES POPULATIONS CIVILES  EN FRANCE ET AUTRES PAYS D'EUROPE EN 1944
Le bombardement "allié" de l’impérialisme anglo-américain en 1944 sur la France
 
Réputé pour avoir été "mal ciblé", d’avoir été "fait par des bombardiers en haute altitude", ce bombardement était parfaitement ciblé sur la population civile et travailleuse qu’il s’agissait de terroriser en vue des risques révolutionnaires de l’après deuxième guerre mondiale dans les pays vaincus et la France était un pays du camp fasciste...
Cela signifie que la soi-disant victoire sur le fascisme obéissait à des objectifs... fascistes : écraser le prolétariat !!!
 
Rappelons que la thèse des vainqueurs a tellement cours encore qu’il n’y a pas en France de monument aux morts du bombardement anglo-américain de 1944... Mais, des morts, il y en a eu !!!!
 
La «libération» a été précédée en Italie, en France, en Belgique, en Allemagne par des bombardements massifs dont les plus intenses et les plus meurtriers se sont déroulés les deux derniers mois de la guerre contre l’Allemagne, lorsque les Alliés ont choisi de faire traîner un peu la guerre contre Hitler. En effet, à ce stade, ils craignaient plutôt de ne pas pouvoir maîtriser les sentiments populaires à la fin de la guerre et ne voulaient surtout pas d’un sentiment populaire massif anti-impérialiste qui risquait de se tourner non seulement contre le fascisme mais contre le capitalisme.
 
Pour éviter une vague révolutionnaire à la fin de la guerre mondiale, il fallait écraser par avance le prolétariat.
Il ne s’agissait pas de casser un potentiel industriel ou militaire, mais de détruire une classe dangereuse et d’annihiler toute réaction de sa part. Il s’agissait de détruire la population civile de quartiers pauvres capables de devenir des centres de la révolte. «Une des plus fortes et des plus tragiques illustrations de cette théorie fut la destruction de Dresde le 13 février 1945. Il n’y avait à Dresde aucune usine comparable à celles d’Essen ou de Hambourg, son importance stratégique était à peu près nulle, sa population était alourdie de milliers de prisonniers de guerre et de réfugiés de l’Est : aux 630 000 résidents permanents s’ajoutaient 26 620 prisonniers de guerre et plus de 500 000 réfugiés. (…) La destruction de Dresde par des bombes incendiaires causa ainsi plus de morts que ne devait en causer les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Selon l’analyse effectuée par l’United States Strategic Bombing Survey, le bombardement stratégique de 61 villes allemandes de 100 000 habitants ou plus, sur lesquelles furent jetées 500 000 tonnes de bombes (dont 80% par des bombardements britanniques de nuit) se montra efficace. 3 600 000 habitations (70% du total) furent détruites, 500 000 civils furent tués, 7 500 000 sinistrés. Il n’est pas possible de préciser le nombre des tués au cours des bombardements des villes et celui des tués au cours des bombardements des autres objectifs mais il est sûr que l’effet sur la production industrielle fut faible. (…) Les bombardements stratégiques n’ont pas provoqué la défaite de l’Allemagne."

 
Extraits de «1945, la mémoire du siècle» de Claude Delmas
 
Cela commence en 1943.
En mars 1943, l’usineRenault de Boulogne-Billancourt (Paris) est touchée et l’on dénombre 620 morts et 1 500 blessés, le même mois c’est autour de Rennes (472 morts) Rouen et Sotteville (200 morts). Les usines du Creusot et Sochaux (15 juillet : 94 morts) mais aussi Nantes (16 septembre : 712 morts). La banlieue parisienne n’est pas épargnée : Colombes et Nanterre (9 septembre : 94 morts), Ivry, Bois-Colombes, Courbevoie et Asnières (15 septembre et 31 décembre : 563 morts).
 
Les bombardements de 1944
Ils sont massifs, touchent l’essentiel des grandes villes et n’ont aucun objectif stratégique, ni politique, mais social : ni les usines, ni les nœuds ferroviaires, ni les casernes, ni les centres politiques mais les quartiers populaires de villes. De nombreuses villes, surtout s’il s’agit de ports, sont littéralement détruites comme Caen, Saint-Lô, Vire, Saint-Malo, Brest, Le Havre, Lorient, Saint-Nazaire tandis que d’autres, comme Nantes, Rennes ou Rouen, sont sévèrement touchées.
 
Au départ les Alliés considèrent que la France est une puissance vaincue puisque la bourgeoisie française, son chef Pétain et son Etat ont choisi le camp de l’Allemagne. Du coup, ce qui était programmé au départ dans les négociations entre dirigeants anglais et américains était une occupation militaire. Le pays a été bombardé comme les autres pays vaincus et ce sont les travailleurs qui en sont les premières victimes. Ce n’est pas à cause d’erreur de tir, comme la population le disait souvent. Il s’agit d’écraser les travailleurs qui risquent de se révolter.
 
«Calais, Boulogne, Dieppe, Rouen, Le Havre, Cherbourg, Nantes, Marseille, Toulon, écrasés par les bombardements britanniques et américains» 
De Gaulle dans « Mémoire de guerre »
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Mémoires de guerre - Tome 1, L'appel 1940-1942 de Charles de Gaulle
En 1939, lorsque la guerre éclate, voilà déjà cinq ans qu'un colonel clame dans le désert qu'elle est préalablement perdue. L'armée française est trop lourde, trop peu offensive, ses blindés sont inadaptés à la puissance de feu de l'Allemagne nazie: aveuglée par le traumatisme de 14-18, la France court à la défaite. Appelé d'urgence à de hautes responsabilités ministérielles, de Gaulle assiste à la débâcle, malgré quelques faits d'armes personnels, à l'Est. Bientôt le gouvernement fuit à Bordeaux, et c'est l'armistice. Une lâcheté insupportable, inacceptable pour un homme qui a, depuis toujours, " une certaine idée de la France ": il s'envole pour Londres. Tandis que d'autres s'accommodent de Vichy, le général fait retentir, depuis l'Angleterre, la voix d'une France irréductible, libre, debout : la voix de la France éternelle.
Tome 2 - 1942-1944
 
Tout recommencer, depuis l'Afrique du Nord: de Gaulle sait que le sort de son pays se joue ici, aux portes de la Méditerranée. Mais diriger les troupes de la France combattante n'est pas tout, il lui faut aussi composer avec les Alliés, assumer la double casquette de soldat et d'homme politique. Pour faire respecter, au sein même des forces démocratiques, l'intégrité et la souveraineté de la France. Les motifs de désaccords avec Churchill se multiplient, les Américains lui préfèrent Darlan, puis Giraud : on le somme de s'effacer. Pas question. Ici comme ailleurs, de Gaulle résiste, se bat, gagne peu à peu du terrain, militairement et diplomatiquement. L'opinion publique lui est acquise, les chefs de la résistance s'unissent, sous son impulsion. Enfin, l'unité de la France libre se range sous la croix de Lorraine. Et bientôt, à Paris...
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Les bombardements anglo-saxons, qui ont fait entre 80.000 et 100.000 victimes, ont été particulièrement meurtriers dans le printemps de 1944. Ils frappent les ports (Nantes, Saint Nazaire, Brest, Le Havre, etc… ), mais aussi des cités du Nord de la France ( Rouen, Orléans, Paris .. ), puis du Sud ( Lyon notamment ). Ils visent les quartiers et particulièrement les cités ouvrières.
 
Du 7 au 12 mars 1944, bombardements aériens alliés sur Le Mans, Chartres et Tours. Le 21 avril, bombardement de Paris. Du 26 au 31 mai : Bombardements aériens alliés sur de nombreuses villes françaises. Certaines villes sont bombardées plusieurs fois comme Givors (Environ 220 Morts le 1er juin 1940, 25 mai, 6 août, 12 août, et 23 août). Civils fusillés ou tués (bombardements, etc.) : 150.000.
 
« Le bombardement du 23 mai à Argenteuil n’a atteint que les quartiers d’habitation »
 
Quelques témoignages sur le bombardement allié :
«Le Portel est l’une des rares villes françaises où la Libération n’est jamais fêtée. En Septembre 1944, les armées alliées sont passées à travers cette cité sans libérer de population car la ville était rasée, ses habitants étaient évacués et dispersés. En effet, les 8 et 9 Septembre 1943, des bombardements successifs d’avions en provenance d’Angleterre avaient effectué des destructions. Les raisons officielles ou officieuses de cet acte ont été recherchées sans que la vérité soit découverte Nous ne nous expliquons pas ces bombardements. Personne en Angleterre ne les revendique. La seule raison parfois avancée est la manœuvre de diversion à l’occasion d’une tentative de débarquement en Italie du Sud.»
 
Bombardement de Nice
«Cette opération entrait dans le cadre du Transportation Plan, plan d’attaque des voies de communication, destiné à préparer le débarquement en Normandie, arrêté le 25 mars 1944. Il s’agissait de détruire les infrastructures de chemin de fer, notamment les gares de triage, afin d’empêcher les Allemands d’acheminer des troupes et du matériel vers l’ouest de la France. La méthode était celle des Américains : bombarder de jour, en volant à haute altitude, pour éviter la DCA, cette méthode étant jugée plus précise que celle des Britanniques, qui consistait à bombarder de nuit. Entre 6 et 7 heures du matin, environ 900 avions américains de la 15th USAAF partirent de trois aérodromes de la région de Foggia, dans le sud de l’Italie : San Giovanni, Giulia et Stornara. Les bombardements eurent lieu entre 10 et 11 heures du matin, par un ciel clair. Les objectifs militaires furent fortement touchés, mais l’imprécision du bombardement à haute altitude fit de nombreuses victimes civiles. Les avions rentrèrent à leur base, avec très peu de pertes, entre 14 et 15 heures. Une centaine de bombardiers B24 Liberator de l’US Air Force, ayant décollé des aérodromes des Pouilles, attaquent en plusieurs vagues, entre 10h25 et 10h40, les objectifs considérés comme stratégiques (gare de marchandises Saint Roch, établissements Michel travaillant pour l’effort de guerre allemand, pont du Var), semant la destruction et la panique. La première vague détruisit la rotonde de la gare et plusieurs dizaines de wagons de la SNCF : la seconde bouleversa la gare et toucha aussi les Abattoirs, la route de Turin et la rue de la République ; la troisième, gênée par les fumées, confondit le vélodrome de Pasteur avec la rotonde, lâchant ses bombes du lit du Paillon au pied de Cimiez ; la quatrième attaqua le pont-rail du Var au moment où s’engage un train de voyageurs. Le bilan est très lourd : 384 tués et disparus, 480 blessés, 5 600 sinistrés, 438 immeubles détruits ou endommagés (dont les Abattoirs et le dépôt TNL), 5 locomotives et 160 wagons détruits, 50 % des voies de la gare de marchandises hors d’usage. Les obsèques solennelles de 208 victimes eurent lieu le dimanche 28 mai devant l’église du Vœu. Des plaques évoquent le souvenir de ce drame, demeuré vivace au sein de la mémoire collective des Niçois, se trouvent au dépôt SNCF-Saint Roch, avenue Denis Séméria, place de la Brigue, à l’école Jean Macé et au monument aux morts de Riquier. C’est au pied de ces monuments que nous déposons chaque année au petit matin (à partir de 7h 45, ce qui est très tôt pour une cérémonie officielle) des gerbes en mémoire de ces victimes. » Patrick Allemand
 
"Un été sous les bombes" de Evelyne Py :
"Terribles ont été ces derniers mois de l’Occupation où la peur des avions alliés s’est mêlée à la joie de voir approcher enfin l’heure de la Libération. Comme au Havre ou à Rouen, comme à Nantes ou à Avignon, les bombardements de l’été 1944 sur la région lyonnaise ont laissé dans les mémoires des traces encore vives, des souffrances teintées d’incompréhension et de rancœur devant les destructions et le sang versé. Autant de sentiments contradictoires qui ont besoin de recul et d’une approche dépassionnée pour que puisse se démêler l’écheveau des témoignages et des archives. Les bombes, pour libératrices qu’elles fussent, ont engendré le deuil et, de fausses alertes en alertes absentes, de cibles manquées en objectifs mal perçus, la douleur s’est muée souvent en colère dirigée, selon les cas, contre les aviateurs alliés ou les autorités. 
Y avait-il une alternative entre les actions terrestres de la Résistance et les raids aériens alliés ? 
La rigueur de l’histoire tord parfois le cou à quelques idées durablement enracinées dans la mémoire. Cet ouvrage, qui ne se limite pas à une simple évocation des bombardements sur le noeud ferroviaire de Givors, Grigny et Chasse, est le fruit d’un travail de plusieurs années, méticuleux et sans concession, ne cédant à aucune idée préconçue, mais où les hommes restent au centre des préoccupations. La même opération militaire a touché d’autres villes. 
Chambéry : 200 morts/300 blessés/300 sans abris 
Grenoble : nb de victimes indéterminé 
Lyon : 1000 morts 
Saint Etienne : 1000 mort dont une école primaire… »
 
Eh non ! Ce n’est pas une réflexion dépassionnée qui va éclaircir ce que faisaient les grandes puissances à la fin de la guerre. C’est une politique révolutionnaire car il faut comprendre ces grandes puissances "démocratiques" comme tout aussi hostiles au risque révolutionnaire que représentait le prolétariat des pays vaincus que l’était le fascisme...
Bombardements, images d’archives :
 
Bombardement allié de 1944
sur la population ouvrière pour terroriser.
 
Le bombardement allié de 1944 visant uniquement les populations civiles est un sujet tabou en France où il est interdit de dire que les "alliés" ne libéraient pas la France mais libéraient la bourgeoisie des risques révolutionnaires de l’après-guerre !!!
 
On voudrait encore, tant d’années après, nous faire croire que dénoncer le bombardement anglo-américain, ce serait favoriser la thèse des nazis !
 
Un certain nombre de villes en France furent détruites à plus de 80% comme pour Rouen, Lorient, de Saint Lô, Saint Malo, Brest, Le Havre, Nantes, Royan, Saint Palais sur mer, La Baule, Le Havre, Royan, Montluçon etc ! Des villes bien bombardées comme Lyon et sa banlieue, Marseille, Nice, la banlieue parisienne etc ! La technique du gouvernement américain ne variée pas : terroriser et massacrer les populations européennes au prétexte d’objectifs militaires de lutte contre le nazisme.
Dans certaines villes, ou les casernes, installations militaires, gares n’ont pas été détruites alors que les habitations oui ! Et ce n’était pas une erreur : c’était explicitement les ordres…
 
En 1944 :
Rouen 1944 = 2500 morts, 30.000 sans-abris et 9500 immeubles détruits.
 
Chambéry, 164 tonnes de bombes sont déversées. 420 personnes sont tuées, on relève des centaines de blessés et des milliers d’habitants sont désormais sans-abris.
 
Lyon ce sont environ un millier de civils qui sont massacrés.
 
Nice et dans la Vallée du Var, 284 cadavres ; 100 personnes sont portées disparues. Environ 500 personnes sont blessées et des milliers d’autres ont perdu leur habitation.
 
Saint-Étienne, les Américains font 912 morts. Parmi les bâtiments détruits par les terroristes, l’école primaire de Tardy. 24 enfants y trouvent la mort ainsi que 8 maîtres de classe.
 
Chartres, une cinquantaine de tués.
 
Fête de la Pentecôte, fête sanglante… de Lille à Marseille, d’Epinal à Nantes, de Nice à Rouen, plus de 5 000 morts, plus de 7 000 blessés, plus de 100 000 sinistrés en trois jours.
 
Les chiffres qui suivent sont des estimations très très minorées...
En Mars 1944
Le 11 Toulon (70)
 
En Avril 1944
- Le 9 Fives-Lille (500) - Paris (271) 
- Le 18 Noisy-le-Sec (280) -  Juvisy (250) - Rouen (850) 
- Le 21 Paris (641) - Lens (204) 
- Le 29 Toulon (185)
 
En Mai 1944
Le 1 Cambrai (350) - Le 1 Troyes (103) - Le 7 Rennes (103) - Le 7 Mézières (70) - Le 10 Creil (75) - Le 11 Epinal (194) - Le 12 Boulogne-sur-Mer (101) - Le 19 Tours (133) - Le 19 Orléans (103) - Le 22 Orléans (172) 
- Le 26-27 Amiens, Marseille (1500) Avignon (380) Lyon (430) Nice, Saint-Etienne (1000) Grenoble, Nîmes (260) Chambéry, Paris-banlieue (1800) 
- Le 29 Angers (220) - Le 30-31 Rouen (1000) - Le 30-31 Nantes (345) - Le 30-31 Conflans (215)
 
En Juin 1944
- Le 11 Tour (70) 
- Le 12 Rennes (200) - Amiens (140) - Poitiers (250) 
- 13 Evreux (100) 
- 18 Lisieux (130) 
- 22 Lille (90) - Paris-banlieue (96) 24 Versailles (237) 
- 24 Rouen (172)
 
En Juillet 1944
Les 5 et 14 Villeneuve St-Georges (85) 
Le 17 Rennes (123)
 
En Août 1944
Le 2 Montreuil (147) 
Le 3 Portes-lès-Valence (72)
 
En Septembre 1944
Le 5 Le Havre (5123 morts en deux heures de bombardement) Brest
Boulogne-Billancourt
Rouen
Marseille
Lille
Paris
Nantes
Le Havre
Dresde
 
La grande ville française qui aura subi le moins de destructions est sans nul doute Paris, frappée surtout par les débordements des attaques dirigées contre ses banlieues industrielles. Mais la capitale fait figure d’exception. D’après Danièle Voldman, 36 des villes françaises de plus de 50 000 habitants sont classées officiellement comme sinistrées, ayant subi des destructions – essentiellement mais pas exclusivement dues aux bombardements alliés – de 30% ou plus de leur territoire et de leur patrimoine bâti.[5] Aucune grande région de France n’en sort indemne.
 
Les grandes villes sinistrées, par grande région
 
  • Nord, Pas-de-Calais, Picardie Amiens, Boulogne, Calais, Lille
  • Bretagne Brest, Rennes
  • Pays de la Loire Nantes, Tours, Angers, Le Mans
  • Normandie Caen, Le Havre, Rouen
  • Banlieue parisienne Argenteuil, Asnières, Boulogne-Billancourt, Courbevoie, St-Ouen
  • France du Centre Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon, Orléans, St-Étienne
  • France de l’Est Nancy, Metz, Mulhouse, Reims, Strasbourg, Troyes
  • France du Sud-Ouest Béziers, Toulouse
  • France du Sud-Est Marseille, Nice, Toulon.
Les destructions sont particulièrement intenses en Normandie. Le Havre est détruit à 82%, Caen à 73%, Rouen à 42%, et parmi les villes plus petites, Saint-Lô à 77% et Lisieux à 75. Les ports, aussi, sont particulièrement exposés. Comme Le Havre, les ports de Brest, de Boulogne-sur-Mer, de Lorient, de Saint-Nazaire, subissent des destructions supérieures à 80% de leur étendue .
 
La «libération» a été précédée en Italie, en France, en Belgique, en Allemagne par des bombardements massifs dont les plus intenses et les plus meurtriers se sont déroulés les deux derniers mois de la guerre contre l’Allemagne, lorsque les Alliés ont choisi de faire traîner un peu la guerre contre Hitler. En effet, à ce stade, ils craignaient plutôt de ne pas pouvoir maîtriser les sentiments populaires à la fin de la guerre et ne voulaient surtout pas d’un sentiment populaire massif anti-impérialiste qui risquait de se tourner non seulement contre le fascisme mais contre le capitalisme.
 
Extraits de «1945, la mémoire du siècle » de Claude Delmas
 
L’ exploit peu glorieux des "Moyens spéciaux" est rapporté de façon romancée par le journaliste et romancier américain Larry Collins (co-auteur de "Paris brûle-t-il ?") dans son roman "Fortitude". Cet épisode n’est évidemment pas le seul où s’est exprimé le cynisme des dirigeants Alliés. Dans ce domaine, il vaut la peine de rappeler le débarquement sur Dieppe du 19 août 1942. Cette opération où ont été engagés 5000 soldats canadiens et 2000 britanniques ne visait nullement à prendre position en France. Dès le départ, les dirigeants Alliés savaient qu’ils envoyaient tous ces jeunes soldats au massacre. L’opération avait comme unique objectif de tester "en réel" les moyens de défense allemands et de récolter de l’information sur les différents problèmes qu’il faudrait résoudre lors du véritable débarquement.
 
C’est en URSS qu’on compte le plus de victimes civils.
 
Avec les villes, ce sont les prolétaires qui venaient d’occuper les usines, les terres, de commencer leur révolution, ou de la voir détourner par le stalinisme, que les impérialismes ont jeté avec l’aide de Staline, dans les flammes des bombes atomiques ou incendiaires.
 
De même les alliés ont volontairement laissé faire le génocide des juifs, car ceux ci représentaient un danger révolutionnaire en Europe.
 
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 00:03

Extrait d’une brochure nazie dont plusieurs centaines de milliers d’exemplaires furent imprimés et qui largement distribués à partir de 1928-1929

Pourquoi nous sommes socialistes

Extrait d’une brochure nazie dont plusieurs centaines de milliers d’exemplaires furent imprimés et largement distribués à partir de 1928-1929. Il s’agit d’un bon résumé des lignes essentielles du programme politique national-socialiste juste avant la prise de pouvoir par Hitler en 1933. La brochure comprenait cinq caricatures de Mjölnir, dessinateur de Goebbels.

 

Joseph Goebbels et Mjölnir, Die verfluchten Hakenkreuzler. Etwas zum Nachdenken, Munich, Verlag Frz. Eher, 1932.

 

 

Pourquoi sommes-nous socialistes ?

Par Joseph Goebbels

Nous sommes socialistes parce que nous voyons dans le socialisme, qui est l’union de tous les citoyens, la seule chance de conserver notre héritage racial et de récupérer notre liberté politique et rénover notre État allemand.

Le socialisme est la doctrine de la libération pour la classe ouvrière. Il favorise la montée de la quatrième classe et son incorporation dans l’organisme politique de notre patrie, et il est inextricablement lié à la rupture de l’esclavage présent, recouvrant la liberté allemande. Le socialisme, par conséquent, n’est pas simplement une question relative à la classe opprimée, mais celle de tous, pour libérer le peuple allemand de l’esclavage et est l’objectif de la présente politique. Le socialisme atteint sa véritable forme qu’au travers d’une fraternité de combat total avec les énergies d’avant-garde d’un nationalisme nouvellement réveillé. Sans le nationalisme il n’est rien, seulement un fantôme, rien qu’une théorie, un château dans le ciel, un livre. Avec lui, il est tout, l’avenir, la liberté, la patrie !

Le péché de la pensée libérale a été de négliger les forces de construction de la nation du socialisme, laissant ses énergies partir dans des directions antinationales. Le péché du marxisme a été de dégrader le socialisme en une question de salaires et d’estomac, de le mettre dans une situation de conflit avec l’État et son existence nationale. Une compréhension de ces deux faits nous conduit à un nouveau sens du socialisme, qui voit sa nature nationaliste, de renforcement de l’État, libératrice et constructive.

Le bourgeois est sur le point de quitter la scène historique. À sa place viendra la classe productive des travailleurs, la classe ouvrière, qui a été opprimée jusqu’à aujourd’hui. Elle commence à remplir sa mission politique. Elle est impliqué dans une lutte dure et amère pour arriver au pouvoir politique, tandis qu’elle cherche à faire partie de l’organisme national. La bataille a commencé dans le domaine économique ; ellel finira dans le politique. Ce n’est pas seulement une question de salaires, ni seulement une question de nombre d’heures de travail par jour – bien que nous ne pourrons jamais oublier que c’est là une partie essentielle, peut-être même la plus importante de la plate-forme socialiste – mais beaucoup plus une affaire d’intégration d’une classe puissante et responsable dans l’État, peut-être même d’en faire la force dominante des politiques futures de la patrie. La bourgeoisie ne veut pas reconnaître la force de la classe ouvrière. Le marxisme la corsète dans un carcan qui la ruine. Alors que la classe ouvrière, se vidant de son sang, se désintègre peu à peu dans le marxisme, la bourgeoisie et le marxisme se sont entendus sur les lignes générales du capitalisme, et ont pour tâche maintenant de protéger et défendre cet état des choses de diverses manières, souvent dissimulées.

Nous sommes socialistes parce que nous voyons la question sociale comme une question de nécessité et de justice pour l’existence même d’un État pour notre peuple, non pas une question de pitié bon marché ou de sentimentalisme insultant. Le travailleur réclame un niveau de vie qui correspond à ce qu’il produit. Nous n’avons pas l’intention de mendier pour ce droit. L’intégrer dans l’organisme étatique n’est pas seulement une affaire importante pour lui, mais pour la nation toute entière. La question est plus large que la journée de huit heures. Il s’agit de former un nouvel état de conscience qui inclut tous les citoyens productifs. Étant donné que les pouvoirs politiques actuels ne sont pas capables ni désireux de créer une telle situation, le socialisme doit se battre pour l’atteindre. Il est intérieurement et extérieurement un slogan de la lutte. A l’intérieur, il vise en même temps les partis bourgeois et le marxisme, parce que les deux sont des ennemis jurés de l’État ouvrier à venir. A l’extérieur, il est dirigé contre tous les pouvoirs qui menacent notre existence nationale et l’avènement de l’État national-socialiste.

Le socialisme n’est possible que dans un État qui est uni au niveau national et libre au niveau international. La bourgeoisie et le marxisme sont responsables de ne pas avoir atteint les deux objectifs, l’unité nationale et  la liberté internationale. Peu importe que ces deux forces se présentent comme nationales et sociales, elles sont les ennemis jurés d’un État national-socialiste.

Nous devons donc briser politiquement ces deux groupes. Les lignes du socialisme allemand sont nettes, et notre chemin est dégagé.

Nous sommes contre la bourgeoisie politique, et pour un authentique nationalisme !
Nous sommes contre le marxisme, mais pour un vrai socialisme !
Nous sommes pour le premier État national allemand de nature socialiste !
Nous sommes pour le Parti national-socialiste des travailleurs allemands !

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 14:02
La vraie raison pour laquelle la France a conquis les territoires ottomans baptisés ensuite « Algérie »
Nombreux sont, parmi les Français, et notamment en raison des débats télévisés concernant d’une part le «Rapport sur le mémoriel» remis par Benjamin Stora au président Macron, mais également «La charte pour un islam de France» ainsi que la loi qui devait se prononcer sur le séparatisme, se demandent finalement : Pourquoi la France a-t-elle pris la décision de conquérir ces territoires ottomans qui ont été baptisés depuis «Algérie» ? 

 

On leur a dit, ou ils l’ont lu, qu’il s’agissait de mettre un terme à la piraterie qui se pratiquait en mer Méditerranée et certains peuvent se demander : Pourquoi une telle expédition, une telle guerre de plusieurs années, uniquement parce que quelques navires étaient attaqués et arraisonnés par les pirates barbaresques.

Cela n’est pas l’exacte vérité, ni l’unique raison, cela va bien au-delà.

  • La piraterie a duré plusieurs siècles mais, hélas, elle ne se pratiquait pas uniquement en mer. Les côtes espagnoles de l’Andalousie et jusqu’à Valence, plus au nord, les îles Baléares, les côtes du sud de l’Italie, la Sicile, la Sardaigne, La Corse, mais également les côtes méditerranéennes de la France, étaient ravagées, mises à sac et les populations massacrées ou enlevées, sans qu’elles puissent se défendre contre cette sauvagerie, cette barbarie. 

Cela avait débuté avec l’arrivée des frères Barberousse qui, avec l’aide du roi de Tunis, avait occupé cette partie du Maghreb et les expéditions partaient de Djidjelli, de Cherchel, de Bougie, d’Alger, de Tunis et, enfin, d’Oran, après le départ des Espagnols, qui l’avaient occupé depuis le 16e siècle et jusqu’en 1792.

Toutes les côtes et les îles méditerranéennes étaient ainsi ravagées et il fallait y mettre fin.

Les Portugais l’avait déjà tenté en 1501 et depuis, l’Espagne chrétienne, depuis Charles Quint, s’y était employée de très nombreuses fois, notamment sous les ordres du cardinal Ximénès, après que les «Maures», après quelques siècles d’occupation de la péninsule, aient été chassés vers la fin du XVe siècle.

Cette piraterie avait cessé et la ville d’Alger était sous contrôle des Espagnols, depuis leur forteresse construite sur le rocher qui dominait la cité.

Ils en furent chassés par «Baba-Haroudj» et son frère «Khair-el-Dinn» qui prirent le pouvoir, après avoir décapité le cheikh Eutémy, ainsi que les exécutions de milliers d’Arabes, et fortifié la Casbah.

De nouveau le danger s’abattit tout autour de la «Mare Nostrum» et, à la demande même des Arabes, victimes de crimes abominables et d’une violence extrême, les Espagnols, à plusieurs reprises, tentèrent de les en chasser au cours de plusieurs expéditions et notamment le désastre de leur flotte, en 1516, où plus de 3000 soldats furent tués et des milliers de prisonniers.

Barberousse enfin vaincu, et sa tête coupée et transportée à Oran comme trophée, cela ne mit pas fin à la piraterie, qui reprit jusqu’au début du 19e siècle et elle devint même un véritable fléau et une puissance militaire redoutable. 

Les «Ottomans» tentèrent même de se réintroduire en Espagne en assiégeant la ville de Cadix. Ce fut un échec. 

Les massacres et les enlèvements se poursuivirent (enfants, adolescents, jeunes femmes et jeunes hommes) et cela malgré toutes les tours élevées pour la défense des côtes, de la pointe sud de l’Italie jusqu’au détroit de Gibraltar et dans toutes les îles méditerranéennes.

Nous en avons un exemple dans l’une des îles Baléares : la cité de Ciudadela, à 5 km de Mahon, la capitale, Charles Quint fit construire la forteresse San Felipe après une première et sanguinaire incursion de Barberousse, en 1558. La cité en flammes, tous ses habitants assassinés aux couteaux et aux sabres, à tel point que l’une des rues en pente, où le sang dégoulinait comme un torrent, fut nommée «es degollador», en souvenir de cet horrible épisode.

Les «Ottomans» savaient que «la guerre les enrichissait et que la paix les ruinait».

A de nombreuses reprises, sous Louis XIV, et son amiral Duquesne, et même ensuite, sous Napoléon (il envoya un espion «Boutin» afin de déterminer un endroit envisageable pour un débarquement) et, enfin, les Américains, en 1815, puis les Anglais en 1816, 1819 et 1824, avec l’amiral Neal, s’employèrent à y mettre fin, sans succès.

Toutes ces explications afin de bien faire comprendre, à ceux qui l’ignoraient encore, les raisons impérieuses de la conquête française de ces territoires sous contrôle ottoman. 

La suite est une autre histoire, bien plus captivante et plus présente, que malheureusement, trop nombreux sont ceux qui prétendent la connaître et vous en livrent une image totalement déformée dans le seul objectif de «salir» la colonisation française et son œuvre, ignorent.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2021/02/26/la-vraie-raison-pour-laquelle-la-france-a-conquis-les-territoires-ottomans-baptises-ensuite-algerie/

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 03:53
Un Nord-Africain témoin de la foi judéo-chrétienne

Conquérants, les Arabes appelaient l’Afrique du Nord « Djezirat-el-Maghreb », « l’Île de l’Occident ». On n’imagine mal aujourd’hui à quel point cette région a commencé par être christianisée dès les premiers siècles.

 

Carthage était devenue la capitale rayonnante d’un espace de chrétienté prospère. Au 3ème siècle un concile parvenait à réunir une centaine d’évêques. Trois noms célèbres rendent témoignage de cette gloire du passé : Tertullien, Cyprien et Augustin.

 

Tertullien est né en 155, mort en 225. Son nom est Quintus Septimus Florens Tertullianus. Il naît dans une famille romaine et païenne, avec un père militaire qui lui donne une formation intellectuelle de pointe, en particulier dans le droit.

Sa jeunesse est agitée, il fréquente des lieux de plaisir mais se pose des questions sur le sens de son existence. Son niveau d’éducation et sa curiosité intellectuelle font contrepoids à ses passions. Parfaitement bilingue, il écrit le grec et le latin, et il rencontre des chrétiens dont la sérénité au milieu des épreuves lui donne sérieusement à réfléchir. Il prend connaissance des saintes Ecritures, et au fil de sa recherche se sent appelé au baptême. La morale de l’évangile et le mystère de la foi chrétienne l’attirent vers une vie nouvelle.

Il entre dans la jeune Eglise, très bien organisée autour de sa hiérarchie, solidement implantée et dispensatrice d’une culture attractive. Face aux persécutions de chrétiens par le pouvoir impérial, le juriste qu’il est s’adresse courageusement aux autorités. Provocateur, il écrit l’Apologeticum, qui est dans l’esprit de l’Apocalypse une sorte de « j’accuse » dénonçant la brutalité de Rome. « Allez, bons gouverneurs, encore plus estimés des foules lorsque vous leur immolez des chrétiens, allez-y, tourmentez-nous, torturez-nous, condamnez-nous, écrasez-nous ! votre iniquité est la preuve de votre inconscience. Le sang des chrétiens est une semence ! »

Tertullien a forgé tout un vocabulaire pour exprimer les vérités libératrices de la foi. Polémiste déterminé, il utilise toutes les ressources de la rhétorique. A une période de croissance de l’Eglise, les assauts sectaires ont lieu de toutes parts. C’est ainsi que Tertullien se lance dans la bagarre et s’attaque à des courants hérétiques, en particulier celui de Marcion qui prétend scinder la Bible en deux, en rejetant les Ecritures du Premier Testament au nom d’un antijudaïsme primaire. Pour cette posture inacceptable, le puissant hérésiarque sera vite excommunié par l’Eglise.

La dialectique du sage Tertullien confine parfois à l’outrance, mais son style passionné a pour objectif de défendre la justice et la tolérance, la noblesse de la foi judéo-chrétienne. Il démonte minutieusement les prétentions infondées des chefs de communauté autoproclamés.

 

Comme prêtre, Tertullien est chargé de la préparation au baptême des nombreux catéchumènes issus comme lui du paganisme gréco-romain. Il est particulièrement sensible aux séductions insidieuses du mode de vie païen et idolâtre. Dans une réaction vigoureuse, il se fait porteur d’une austérité stricte : il interdit les spectacles, le cirque, le théâtre et le stade. Son rigorisme le pousse vers le courant montaniste, ce qui l’amène à condamner toute carrière militaire qu’il juge incompatible avec la vie chrétienne. Il recommande aux jeunes filles de porter un voile dans les assemblées liturgiques et de se vêtir avec modestie.

Il semble prescrire à tous le chemin du Royaume par la porte étroite. Conscient de son caractère exigeant, il écrit : « malheureux, je suis toujours dominé par la fièvre de l’impatience ». C’est avec ferveur qu’il rend hommage à deux femmes martyres de Carthage, Félicité et Perpétue.

On sait que Tertullien eut une vieillesse solitaire. Mais il faut relever le fait que ses options rigoristes et protestataires eurent une influence décisive sur Augustin, évêque d’Hippone, qui  exprima son admiration envers ce maître spirituel qui l’avait pour une grande part inspiré.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 22:31
Quand le pape François contredit la pensée de St François d’Assise

Dans sa dernière lettre “encyclique” le Pape François s’appuie sur François d’Assise en particulier dans ce paragraphe (3) intitulé : “Sans frontières” (qui n’est pas sans rappeler le “no border” de certaines associations…) en vue de tenter de penser une “fraternité humaine”, au-delà des nations en quelque sorte, ce qui ne se peut, du moins tel quel, puisque par exemple et déjà la Déclaration des Droits de l’Homme est aussi celle  du Citoyen d’une part, et que, d’autre part, cette “fraternité” n’exclut pas la confrontation, l’altérité, comme le montre précisément St François d’Assise ce qui va être vu maintenant.

Mais citons tout d’abord les propos du Pape François avant de se référer au texte même du Saint qui ne confirme pas vraiment l’interprétation du Pape ( celui-ci rappelons-le n’étant “infaillible” que lorsqu’il relate, strictement, le Dogme de la Révélation (la Sainte Trinité et l’Assomption de Marie) pas plus, et cela doit se faire “ex cathedra“...)

Voici donc le propos du Pape François :

” (…) 3. Il y a un épisode de sa vie qui nous révèle son cœur sans limites, capable de franchir les distances liées à l’origine, à la nationalité, à la couleur ou à la religion. C’est sa visite au Sultan Malik-el-Kamil, en Égypte, visite qui lui a coûté de gros efforts du fait de sa pauvreté, de ses
ressources maigres, de la distance et des différences de langue, de culture et de religion. Ce voyage, en ce moment historique marqué par les croisades, révélait encore davantage la grandeur de l’amour qu’il voulait témoigner, désireux d’étreindre tous les hommes. La fidélité à
son Seigneur était proportionnelle à son amour pour ses frères et sœurs.
Bien que conscient des difficultés et des dangers, saint François est allé à la rencontre du Sultan en adoptant la même attitude qu’il demandait à ses disciples, à savoir, sans nier leur identité, quand ils sont « parmi les sarrasins et autres infidèles … de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu ».[3] Dans ce contexte, c’était une recommandation extraordinaire. Nous sommes impressionnés, huit-cents ans après, que François invite à éviter toute forme d’agression ou de conflit et également à vivre une ‘‘soumission’’ humble et fraternelle, y compris vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas sa foi. (…) “

Lisons maintenant ce qui est “dit” d’authentifié sur le Saint afin de s’en servir comme prisme : dans un livre publié par les Éditions franciscaines (Paris, 1968) et intitulé ” Saint François d’Assise. Documents. Écrits et premières biographies” et particulièrement au “chapitre 24” des “Fioretti” le titre est déjà le suivant:

“Comment Saint François convertit à la fois le sultan de Babylone et la courtisane qui l’incitait lui-même à pécher (note 1)

Abordons tout d’abord cette “note 1” (p.1243 du livre) car elle fait référence précisément à ce sultan d’Égypte (celui de Babylone viendra après) dont parle le Pape François, commençons par elle car son contenu  établit le but même du “voyage” de Saint François en Égypte: celui d’une…”croisade” en son sens étymologique précisé par Voltaire :  « tentative pour diriger l’opinion en faveur ou contre quelque chose»… : l’on y apprend en effet que (Actus, 27) cette “croisade de saint François en Égypte” avait en vue de “convertir les Musulmans” et non pas juste de “fraterniser”; par ailleurs loin de se “soumettre” (comme l’exhorte le Pape) il s’avère que lorsque St François fut en présence de ce Sultan en question,  Malek el Khamil (qui le reçut bien) “il prêcha plusieurs fois“, ce qui veut tout dire, et le Sultan loin de s’en offusquer lui “aurait dit” (selon “Jacques de Vitry“) ” en le faisant reconduire au camp des chrétiens: ” Prie pour moi afin que Dieu daigne me révéler qu’elle est la loi et la foi qui lui plaît le plus.”

Ainsi ce Sultan cherche la vérité elle-même et est donc prêt à écouter non pas seulement ce qui rassemble (œcuménisme) mais aussi ce qui le différencie précisément avec St François et qui en sa présence aura sans doute plaidé la Révélation ne serait-ce, peut-être, que cette “Admonition” (p.37 du livre ci-dessus, elle se trouve aussi en ligne ici):

” Le Seigneur Jésus a dit à ses disciples:  Je suis la voie, la vérité et la vie (Jn 14 6-9). On ne va au Père que par moi (Cf He 10 19-21).  (…) Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? (CF Jn 1 18) Philippe, qui me voit voit aussi mon Père (…). Il en va de même pour le Fils : en tant qu’il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l’esprit. C’est pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n’ont vu dans le Seigneur Jésus-Christ que son humanité, sans voir ni croire, selon l’esprit et selon Dieu, qu’Il est le vrai Fils de Dieu.”

De même, le Sultan de Babylone est lui aussi à la recherche d’une telle altérité, citons le chapitre 24 (accessible en ligne mais sans les notes du livre cité ci-dessus):

“Saint François, poussé par le zèle de la foi du Christ et le désir du martyre, alla une fois outre-mer avec douze de ses saints compagnons, pour se rendre tout droit près du sultan de Babylone. Et arrivant dans une contrée des Sarrasins, où les passages étaient gardés par certains hommes si cruels, qu’aucun des chrétiens qui vint à y passer ne pouvait échapper à la mort, il plut à Dieu qu’ils ne furent pas mis à mort, mais pris, battus et liés et menés devant le Sultan. Et étant devant lui, saint François, instruit par l’Esprit-Saint, prêcha si divinement la foi du Christ que pour elle aussi, il voulait entrer dans le feu. Aussi, le Sultan commença-t-il à avoir une grande dévotion pour lui, tant pour la constance de sa foi, que pour le mépris du monde qu’il voyait en lui; parce que, bien qu’étant très pauvre, il ne voulait recevoir aucun don de lui; et aussi pour la ferveur du martyre qu’il voyait en lui. Et pour cela, le Sultan l’écoutait volontiers, le pria de revenir le voir, souventefois, lui accordant à lui et à ses compagnons de pouvoir prêcher librement partout où il leur plairait. Et il leur donna un signe par lequel ils ne pouvaient être offensés de personne. Ayant donc reçu cette liberté, saint François choisit ses compagnons et les envoya deux à deux, dans les diverses régions des Sarrasins pour y prêcher la foi du Christ (…)
A la fin, saint François, voyant qu’il ne pourrait faire plus de fruits dans ces régions, se disposa, par révélation divine, à retourner parmi les fidèles avec tous ses compagnons; et les ayant réunis tous ensemble, il retourna vers le Sultan et prit congé de lui. Alors le Sultan lui dit: “François, je me convertirai volontiers à la foi du Christ, mais je crains de le faire maintenant, parce que si les gens d’ici le savaient, ils me tueraient avec toi et tous tes compagnons. Et comme tu peux faire encore beaucoup de bien, et que j’ai à expédier certaines affaires de très grande importance, je ne veux pas maintenant pousser à ta mort et à la mienne; mais enseigne-moi pour que je puisse me sauver et je suis prêt à faire ce que tu m’imposeras”. Saint François dit alors: “Seigneur, je vais maintenant vous quitter; mais ensuite quand je serai retourné dans mon pays, et que je serai allé au ciel par la grâce de Dieu, après ma mort, je t’enverrai, selon qu’il plaira à Dieu, deux de mes frères de qui tu recevras le baptême du Christ et tu seras sauvé, comme me l’a révélé mon Seigneur Jésus-Christ. Et toi, pendant ce temps, dégage-toi de tout embarras, afin que, quand viendra à toi la grâce de Dieu, elle te trouve préparé à la foi et à la dévotion”. Le Sultan promit de le faire, et il le fit.
Cela fait, saint François s’en retourna avec le vénérable collège de ses saints compagnons et quelques années plus tard saint François, par la mort corporelle, rendit son âme à Dieu. Et le Sultan, étant tombé malade, attendit la promesse de saint François et fit mettre des gardes à certains passages, ordonnant que si deux frères, en habit de saint François, venaient à s’y montrer, ils fussent de suite menés vers lui. En ce même temps, saint François apparut à deux frères et leur commanda d’aller sans retard près du Sultan et de lui procurer son salut selon que lui-même le lui avait promis. Les frères se mirent à l’instant même en chemin, et passant la mer, ils furent par lesdits gardes menés près du Sultan. Et en les voyant, le Sultan eut une très grande joie et dit: “Maintenant je sais vraiment que Dieu a envoyé ses serviteurs vers moi pour mon salut, selon la promesse que, par révélation divine, me fit saint François”. Recevant donc desdits frères les enseignements de la foi du Christ et le saint baptême, ainsi régénéré dans le Christ, il mourut de cette maladie, et son âme fut sauvée par les mérites et les oeuvres de saint François.
A la louange du Christ. Amen. “

Ainsi le Sultan de Babylone, tout comme celui d’Égypte, cherche non pas à ce que l’autre, qui ne fait pas partie de sa foi,  fasse seulement que préserver son “identité” (comme l’indique le Pape), mais argumente de telle manière que vient se révéler à lui l’unicité de la vérité par le Christ, le fait que Christ s’avère être le passage nécessaire et obligé, c’est le “par” d’Augustin méditant sur Jean : De, Par, En : du Père, Par le Fils, en le Saint Esprit ; de l’Origine (et la Fin ou le Père) par le Verbe, la Parole la Direction (ou le Fils) en la Grâce, l’Harmonie, la Symbiose du Saint-Esprit. Marie étant, elle, celle qui permet d’être avec ce De Par En; puisqu’elle en fut la Mère terrestre puis céleste ;  d’où l’idée  de Rhombe (que je défendrais dans un prochain livre: “De Par En Avec“: Trinité comme Rhombe).

D’où la remarque finale : c’est moins en s’effaçant qu’en affirmant ce pourquoi elle a été faite que l’Église peut relever le défi de la Révélation; mais elle ne peut pas le faire en faisant fi de cette distinction émise par Christ entre “César et Dieu”: au sens non pas de refuser de se mêler de Politique, mais, semble-t-il, de croire qu’il suffirait d’en effacer la spécificité, de s’y substituer, pour résoudre les problèmes que pose une altérité non réduite à un assemblage d’opinions singulière mais se vivant, pleinement, comme une recherche, ensemble, de LA Vérité même qui, bien que relative à chaque fois, au sens de la chercher et de la redécouvrir de l’affiner dans chaque instant nouveau, n’en reste pas moins, de ce fait, également absolue puisque dans chaque situation nouvelle il faut retrouver le Fil(s)…

D’où alors le constat qu’il ne soit pas possible ainsi de prôner la “soumission” du Politique au Religieux sans se rendre compte que la présence de personnes ne partageant pas la Révélation Trinitaire (et Rhombique) bouleverse nécessairement les conditions mêmes de la Fraternité qui, elle, ne s’avère possible que dans l’Altérité au sens défini ici de “recherche de la vérité” c’est là l’idée même de Laïcité semble-t-il : chercher ensemble ce qui nous tient et retient (disait Camus). Prosaïquement dit : que l’Église somme l’ONU, l’UE d’agir en vue d’autrui est une chose, qu’elle en appelle au démantèlement des Nations (à leur “déconstruction”?) parce que leurs membranes ou frontières seraient par trop “égoïstes” en est une autre ; car ce n’est pas tenir compte des conditions politiques comme la corruption et, à la base, le refus de la liberté qui est au fondement même de la Révélation (Gen, II, v.19 : Adam créé le nom des animaux il ne les récite pas) qui font que ces absences là, ces “soumissions” là, produisent les raidissements actuels, les meurtres rituels, tel ce malheureux professeur d’histoire-géographie qui est mort en France en martyr (le vendredi 16 octobre 2020 paix à son âme) affirmant la nécessité de l’altérité vraie, lui, et ce dans la tolérance pourtant…

Lucien Samir Oulahbib

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