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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 23:59
1000 ans de guerre résumés en 5 minutes
l'Histoire du Saint Empire romain germanique

 

Le Saint Empire romain germanique remonte au sacre du duc de Saxe Otton le Grand, le 2 février 962, à Rome. Le duc reçoit ce jour-là du pape le titre d'«Empereur et Auguste» en récompense des services rendus à la papauté et de ses victoires sur les envahisseurs hongrois.

Sans infrastructures ni administration autre que celle de l'Église, le nouvel empire est une très pâle copie de l'empire romain, disparu depuis près de 500 ans, et de l'empire carolingien disparu depuis un demi-siècle.

À l'est des «quatre fleuves» : Escaut, Meuse, Saône et Rhône, il inclut le royaume d'Allemagne et le royaume d'Italie (la Francie orientale). Sa troisième composante est le royaume d'Arles et de Vienne, précédemment royaume de Bourgogne et de Provence. C'est ce qui reste de la Francie médiane ou Lotharingie.

Ce Ier Reich (1er Empire d'Allemagne) est autrement dit constitué de toute la partie orientale de l'ancien empire carolingien, lui-même héritier du Regnum francorum de Clovis.

Il s'appelle d'abord empire d'Occident puis Saint Empire. Sous le règne de Frédéric III, au XVe siècle, il prend le nom sous lequel on le connaît aujourd'hui : Saint Empire romain germanique (ou plus précisément «de la Nation allemande»), Heilige Römische Reich Deutscher Nation en allemand.

Son titulaire est couramment appelé empereur d'Allemagne ou empereur allemand. Il est élu à la Diète de Francfort par une poignée de Grands Électeurs germaniques (évêques et seigneurs). Il prend alors le titre de roi de Germanie et «roi des Romains». Dans un deuxième temps, la tradition veut qu'il aille à Rome recevoir du pape le sacre et le titre impérial.

Rodolphe 1er de Habsbourg, élu en 1273, n'a cure d'entrer dans les querelles italiennes et se satisfait du gouvernement de l'Allemagne et dédaigne de faire le voyage à Rome.

Les conditions de l'élection sont fixées en 1356 par l'empereur Charles IV dans une «Bulle d'or» qui limite à sept les Princes Électeurs. Important : l'approbation du pape n'est plus requise pour valider l'élection. Il va s'ensuivre un affaiblissement du titre impérial, livré autant sinon plus qu'avant aux marchandages et aux rivalités entre Électeurs...

À partir de la Renaissance, le titre impérial échoit sans discontinuer à la famille des Habsbourg. L'empire se cantonne à l'Allemagne et son titulaire n'a véritablement d'autorité que sur les possessions héréditaires des Habsbourg. Devenus purement honorifiques, le titre impérial et le Saint Empire romain germanique seront abolis le 12 juillet 1806 par Napoléon 1er.

Le dernier titulaire, François II de Habsbourg-Lorraine, devient alors empereur d'Autriche sous le nom de François 1er, l'«empire d'Autriche» en question rassemblant les possessions héréditaires des Habsbourg de Vienne.

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 03:30
La Rafle du Vel’d’Hiv : rétablissons les faits

«…le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français répondaient aux exigences des nazis… On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards – dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France – jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la préfecture de police… Pour toutes ces personnes arrêtées commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ? La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux… »                      

 (Extrait du discours de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995).

Pour moi, jusqu’à mes 46 ans, le 16 juillet aura été symbole de gaîté et de bonne humeur, c’est, en effet, le jour de mon anniversaire. Non que l’idée de prendre un an de plus chaque année me réjouisse – avancer irrémédiablement vers la vieillesse me rendrait même plutôt morose – mais ma famille et mes amis se chargeaient de rendre cette journée agréable : je recevais généralement des livres et quelques bonnes bouteilles, ce qui suffisait amplement à mon bonheur.

Parfois, on m’offrait en plus un accessoire de moto ou un gadget de parapente et, bien que je n’aime pas particulièrement les festivités à date fixe, j’étais comblé.

Et puis, et puis, tel Zorro dans la chanson d’Henri Salvador, Chirac est arrivé.

À peine élu Président par des voix de droite, ce démagogue radical-socialiste a voulu ratisser large et il a osé ce que ce satrape de Mitterrand a toujours refusé : affirmer la responsabilité entière de la France dans la Rafle du Vel’d’Hiv  les 16 et 17 juillet 1942.

Il est vrai que Mitterrand, décoré de la francisque par le maréchal Pétain(1), était mal placé pour attaquer trop frontalement le gouvernement de Vichy, mais jusqu’à lui, tous les présidents de la République (y compris de Gaulle) allaient déposer une gerbe sur la tombe du maréchal Pétain pour honorer le vainqueur de Verdun. Jacques Chirac, lui, était plus soucieux de complaire au CRIF (2).

Il n’est pas dans mon intention de nier, de minorer, d’excuser ou d’expliquer l’horreur de la Rafle du Vel’d’Hiv  mais, plus je vieillis, plus  j’en ai marre de tous ces gens qui se chargent de réécrire l’histoire pour la rendre « politiquement correcte ».

Dans un article récent, Jean-Marc Berlière, professeur d’histoire contemporaine, a rétabli la vérité sur la Rafle du Vel’d’Hiv (3). Sans avoir ses compétences, qu’il me soit permis d’en remettre une couche. Je n’entends pas dédouaner le gouvernement Vichy mais je voudrais qu’on sorte des clichés tout aussi simplistes que réducteurs, voire carrément faux. Arrêtons de charger la barque !

Commençons par l’étoile jaune imposée aux Juifs. Chirac, puis Hollande, puis Macron, et tant d’autres qui occupaient des fonctions moindres, affirment que c’est Pétain qui a imposé aux Juifs le port de l’étoile jaune. Ces historiens de pacotille font semblant d’oublier qu’en juin 1940, la France a subi l’une des plus mémorables raclées de son histoire, pourtant riche en défaites cuisantes.

Ils oublient aussi qu’après l’effondrement de nos armées, sous la présidence d’Albert Lebrun, le dernier gouvernement de la IIIe République, dirigé par le maréchal Pétain, demanda un armistice.

Celui-ci fut signé le 22 juin 1940. On peut toujours philosopher des heures, comme le font certains auteurs, pour savoir si cette demande d’armistice était opportune : l’offensive de mai-juin 1940 se soldait, pour le camp français, par environ 90 000 morts,  200 000 blessés, autant de disparus et 1,8 million de prisonniers. Et il était plus facile d’inciter nos troupes à se battre… derrière un micro de la BBC  que sur le terrain (4), dans la poche d’Haubourdin, en Lorraine ou sur la Loire.

N’oublions pas que, selon les termes de l’armistice, la France conservait un gouvernement sur la « zone non occupée » de son territoire. C’était le seul pays vaincu par l’Allemagne dans ce cas !

Dans la « zone occupée », l’Allemagne s’attribuait les pouvoirs définis par la Convention de La Haye de 1907. Les ordonnances allemandes avaient force de loi. Les fonctionnaires et les pouvoirs publics français devaient donc les appliquer sans discussion. Bien sûr, il est facile, 80 ans après, de dire qu’il suffisait de ne pas obéir !  Jouer les matamores après coup est à la portée de n’importe qui.

Ce sont donc les Allemands et non le Gouvernement français (qui n’a aucun pouvoir en « zone occupée ») qui vont imposer le recensement des Juifs en octobre 1940. Ils imposeront des cartes d’identité frappées d’un tampon « JUIF » qui seront à retirer dans les commissariats, la création d’un fichier juif à la Préfecture de police, plusieurs mesures antijuives et, le port de l’étoile jaune auquel les autorités françaises refuseront de se prêter de décembre 1941 à la fin mai 1942.

Notons que cette mesure ne sera jamais appliquée en « zone non occupée », y compris après son occupation en novembre 1942, contrairement à ce qu’affirme un certain nombre d’historiens des « heures les plus sombres de notre histoire » (6).

Durant l’automne 1941, des attentats contre l’occupant sont menés par des communistes dont certains sont juifs. En représailles, les Allemands procèdent à des arrestations de Juifs. Le 15 décembre 1941, Von Stülpnagel demande à ce que Vichy impose aux Juifs le port d’un signe distinctif (car seule une loi de Vichy est valable pour les deux zones). Darlan refuse catégoriquement d’imposer un signe distinctif aux Juifs. La conséquence de ce refus est qu’il n’y aura pas de port de l’étoile en France, sauf si les Allemands légifèrent par ordonnance, mais alors ce ne sera valable que pour la « zone occupée ». L’ambassadeur Otto Abetz s’oppose à l’ordonnance et espère que Vichy assouplira sa position.  Après son retour au pouvoir, Pierre Laval se refuse lui aussi au port de l’étoile. Abetz abandonne son opposition, et c’est donc seulement fin mai que la 8e ordonnance oblige les Juifs de la « zone occupée » à porter l’étoile jaune à partir du 7 juin. En « zone occupée » Vichy  ne peut pas s’y opposer mais le Gouvernement français n’acceptera jamais cette obligation en « zone non occupée » même après son invasion en novembre 1942. C’est une vérité qu’il est bon de rappeler !

Venons-en à la rafle proprement dite : elle était prévue les 13 et 14 juillet, mais finalement, les arrestations se dérouleront les 16 et 17 juillet. Le 15 juillet, Knochen écrit : « La police française conduira l’action d’arrestations de façon autonome et sous sa propre responsabilité ».

À Paris et dans la région parisienne (où sont concentrés 110 000 Juifs), c’est la Préfecture de police qui est chargée des opérations. La  sous-direction « des étrangers et des affaires juives » sélectionne les personnes à arrêter : 28 000 fiches sont réparties entre les 1392 équipes d’« agents capteurs ». Ces derniers vérifient que les gens « captés » sont bien juifs.

Puis 50 autocars de la « Société des Transports en Commun de la Région Parisienne » vont conduire les célibataires et les couples sans enfants au camp de Drancy, et les familles avec enfants au Vélodrome d’Hiver. Et c’est la police municipale parisienne – les gardiens de la paix des différents arrondissements – qui assure l’essentiel des opérations.

Jacques Chirac en 1995, François Hollande en 2015 et Emmanuel Macron à Pithiviers le 17 juillet dernier, ont lourdement insisté sur la responsabilité de la France.

Il est exact  que les Allemands n’ont pas voulu apparaître sur le terrain, mais ceci n’enlève rien à leur responsabilité. Comme l’écrit  Jean-Marc Berlière : « … l’essentiel étant de viser Vichy. Le peuple criminel c’est le peuple français. Hitler ? Connais pas ! Une auto-flagellation surprenante qui caractérise tous les discours politiques depuis celui de Jacques Chirac en 1995. »

Personne ne peut nier que la Préfecture de police a fait preuve d’une indifférence coupable, d’une désorganisation totale et parfois d’un zèle intempestif. Rien n’était prêt, au Vel d’Hiv, pour recevoir plus de 8 000 personnes (dont        4 115 enfants). Mais des fuites venues de policiers ont permis à une majorité d’hommes d’échapper aux arrestations. Ces fuites expliquent la différence importante entre le nombre d’hommes (3118) et de femmes (5 919) arrêtés. De nombreux policiers croyaient que seuls les hommes étaient visés par les rafles. Il est également indéniable que, si des policiers ont fait preuve d’un zèle coupable, beaucoup d’autres ont permis à des familles de fuir.

Le bilan de la rafle du Vel d’Hiv est de : 13 152 personnes arrêtées : 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Il est inférieur aux prévisions de la Préfecture de police qui tablait  sur 24 000 à 25 000 le 10 juillet, mais il n’en est pas moins terrible. Rappelons cependant que ni les flics, ni leurs victimes ne pouvaient imaginer ce qu’il y avait derrière ces arrestations.

Ils ignoraient totalement la « solution finale » et l’existence des camps de la mort.

Le triste spectacle d’une foule de Juifs arrêtés, encadrés par des flics honteux de ce qu’on leur faisait faire, a provoqué un électrochoc dans la population parisienne, qui jusque-là, se moquait éperdument  du sort des Juifs. On peut d’ailleurs en dire autant de la province.

Les SS, eux, étaient furieux du résultat. Louis Darquier, le Commissaire général aux questions juives, note le 23 juillet : « Des conversations que je viens d’avoir aujourd’hui avec les autorités occupantes m’ont permis de constater chez eux un très vif mécontentement… Le nombre de trains prévus par les autorités allemandes à cet effet correspond au transport de 32 000 Juifs. Il est donc nécessaire que les arrestations suivent le rythme du départ des trains prévus.» (9).

En clair, les autorités et la Préfecture de police se sont livrées, les 16 et 17 juillet 1942, à une très sale besogne imposée par l’occupant. Mais la France et son peuple ne sont ni responsables, ni coupables de la barbarie nazie. Nous n’avons pas à battre notre coulpe en permanence.

Arrêtons toutes ces culpabilisations stériles, tous ces prétextes à repentance :

Chaque 21 mars, la France célèbre la « journée contre le racisme et l’antisémitisme », puis, le dernier dimanche d’avril,  la « Journée de la déportation », puis, le 16 juillet, on commémore la rafle du Vel’d’Hiv. Ce n’est jamais que le troisième exercice de repentance à l’égard des Juifs de l’année. Sans parler du dîner annuel du CRIF où il est de bon ton d’être vu et de faire une nouvelle séance d’auto-flagellation. Peut-être suis-je naïf mais il me semble que la recrudescence de l’antisémitisme virulent  qui sévit dans la France  du XXIe siècle n’a RIEN à voir avec celui  des années 40.

Si nos politiciens cherchent des sujets d’indignation, ils peuvent condamner plus fermement la « christianophobie » : même si je déteste ce terme, en France à l’heure actuelle, trois ou quatre églises catholiques sont vandalisées par semaine  et ça n’émeut personne ou presque.

Ils peuvent aussi commémorer le génocide vendéen – le « populicide » selon Gracchus Babeuf – commis sous la Révolution : 200 ou 300 000 personnes passées par les armes – hommes, femmes, enfants, vieillards – dont le seul tort était de vouloir garder leur roi et leurs curés.

Si les Républicains purs et durs veulent se repentir des actes commis par leurs aïeux, je les invite à méditer la célèbre citation du général François-Joseph Westermann après la terrible bataille de Savenay : « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là n’enfanteront plus de Brigands.

Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. » (11).

On peut me rétorquer que c’était une époque où les mœurs étaient rugueuses. Certes, mais je peux aussi parler d’une histoire atroce et plus récente : l’abandon de nos harkis et de leurs familles : 120 à 150 000 personnes, selon l’estimation d’Ahmed Ben Bella, torturées et massacrées par le FLN avec la complicité du pouvoir gaulliste ;  j’en ai parlé dans plusieurs articles et livres (12).

Mais dans la « start-up France » d’Emmanuel Macron, qui s’intéresse encore à des « ventres-à-choux » catholiques et royalistes, et à des « bougnoules » qui ont cru à l’Algérie française ? 

Quelques vieux réactionnaires – dont je suis – qui s’imposent un devoir de mémoire.

Eric de Verdelhan

1) Sous le n° 2202, après avoir prêté serment à la personne du maréchal Pétain en déclarant : « Je soussigné, François Mitterrand, déclare être Français de père et de mère, n’être pas juif, aux termes de la loi du 2 juin 1941,  et n’avoir jamais appartenu à une société secrète… etc. »

2) Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) fédère les différentes tendances politiques, sociales ou religieuses présentes dans la communauté juive de France. Chaque année, le CRIF organise un grand dîner où vont se montrer des personnages politiques de tous bords, au nom de… la laïcité républicaine, vous l’aurez compris.

3) Article publié dans « Causeur » le 10  août 2022.

4) Je conseille aux lecteurs que cette période intéresse de lire, entre autres, l’œuvre monumentale (5 volumes) écrite par Roger Bruge sous l’intitulé générique « Les combattants du 18 juin » (Fayard, de 1982 à 1989).

6)  «  lExpress » du 25 septembre 2018, « Comment Vichy a imposé l’étoile jaune » (sic).

7) La police municipale est assistée de policiers en civil et d’élèves de l’École de police.

8) Dans « Vichy-Auschwitz », Serge Klarsfeld, peu suspect de sympathie pour le régime de Vichy, cite un rapport allemand du 18 juillet 1942 : « Des côtés les plus divers, on a rapporté au bureau IVJ qu’une partie considérable des Juifs apatrides avait eu connaissance de l’action et s’était cachée. Des fonctionnaires de la police française auraient dans plus d’un cas fait part de l’arrestation projetée aux personnes qu’ils devaient arrêter ».

9) Serge Klarsfeld, « Vichy-Auschwitz », déjà cité.

10)  Lire, de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, « Le sang des communistes » ; publié chez Fayard.

11) Maigre consolation, ce salopard a été guillotiné à Paris le 5 avril 1794.

12) Entre autres dans « Hommage à NOTRE Algérie française » publié chez Dualpha.

https://ripostelaique.com/la-rafle-du-veldhiv-retablissons-les-faits.html

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3 août 2022 3 03 /08 /août /2022 11:58
La pierre Ingá, mystère préhistorique du Nordeste brésilien

Couverte de gravures indiennes vieilles de plus de 5 000 ans dont l’interprétation est encore incertaine, la pierre Ingá attire de nombreux archéologues et visiteurs dans la petite ville du même nom, dans le nord-est du Brésil. (Vidéo ci-dessus)

Des tablettes retrouvées au Brésil

La tablette de Parahyba prouve que des marins originaires du pays de Canaan arrivèrent au Brésil en 600 avant notre ère. L’inscription, extrêmement longue, raconte qu’un galère phénicienne se perdit dans une tempête lors de la cirumnavigation de l’Afrique.

Cet événement peut être approximativement daté de 600 avant notre ère si l’on se réfère à la seule tentative de contourner l’Afrique par l’Ouest décrite par Hérodote. L’inscription brèsilienne dit que douze hommes et trois femmes arrivèrent sur « un nouveau rivage » où ils sacrifièrent un enfant afin que cela leur porte chance.

Des Hébreux en Amérique bien avant Christophe Colomb

Ce que nous savons c’est qu’un rapport a été déposé par des marins lors de leur retour  en Espagne, dans la seconde moitié du cinquième siècle avant JC… Que l’histoire soit vraie ou pas, nous est inconnu, mais il a été consciencieusement rapporté à l’époque dans certains ont écrit.

Plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, Ezra Stiles, alors président du Collège Yale, a estimé que l’écriture était de l’hébreu.

Dans son livre de 1871, l’Amérique ancienne, John Denison Baldwin a déclaré que

«l’entreprise connue de la race phénicienne, et cette connaissance ancienne de l’Amérique, si diversement exprimée, encouragent fortement l’hypothèse que les Phéniciens sont venus sur ce continent, et ont établi des colonies dans une région où se trouvaient des villes ruinées et la remplire d’une vie civilisée. On prétend qu’ils faisaient des voyages sur le «grand océan extérieur» et que de tels navigateurs avaient traversé l’Atlantique; Et il est ajouté que des dispositifs symboliques semblables à ceux des Phéniciens se trouvent dans les ruines américaines et qu’une ancienne tradition des Mexicains et des Amérindiens ont décrit les premiers civilisateurs comme des «hommes blancs barbus», qui «venait de l’Est en navires. »

Des inscriptions qui évoquent une guerre en Mésopotamie
Les inscriptions Inga Stone sur un mur d’environ 12 pieds de haut et 150 pieds de long à Paraiba, au Brésil.

La pierre Ingá (Pedra do Ingá en portugais) est située au milieu de la rivière Ingá près de la petite ville d’Ingá, à 96 km de João Pessoa, dans l’état de la Paraíba, au nord-est du Brésil. La pierre Ingá s’appelle également Itacoatiara do Ingá. Le mot Itacoatiara signifie pierre dans la langue tupi des indigènes qui vivaient dans cette région.

C’est une formation rocheuse au gneiss qui couvre une superficie d’environ 250 m².

Au total, un mur vertical de 46 mètres de long par 3,8 mètres de haut et des zones adjacentes, il y a des entrées dont les significations sont inconnues. Dans cet ensemble sont sculptés en bas relief, plusieurs figures, suggérant la représentation des animaux, des fruits et des constellations comme Orion et la Voie lactée.

Personne ne sait comment, par qui ou pour quelles raisons les inscriptions sur le roc ont été faites. Diverses sources ont été identifiées, et il y en a beaucoup qui font valoir que la pierre d’Inga a une origine phénicienne. Le Père Ignatius Rolim, par exemple, professeur de théologie, grec et latin, qui a vécu au XIXe siècle, fut l’un des premiers défenseurs et promoteurs de cette idée.

De nombreux symboles du monolithe de l’Inga sont semblables à ceux trouvés en Turquie, dans l’ancienne Anatolie des Hittites.

Une série d’inscriptions parle d’une « guerre des frontières » entre deux souverains d’origine mésopotamienne.

Une autre histoire raconte une terrible éruption volcanique. Les cendres couvraient une ville de pierre sur la côte atlantique.

Diverses théories prétendent que les signes ont été sculptés par des cultures indiennes anciennes, tandis que d’autres ont suggéré qu’il était fait par une civilisation ancienne inconnue qui a visité cette région dans le passé.

Les Tablettes brésiliennes gravées en hébreu ancien

DES PHÉNICIENS AU NOUVEAU MONDE ? – Par Ronald J. Willis – extrait de : Le livre de l’Inexplicable de Jacques Bergier

L’existence de l’inscription de Parahyba et son sens ne font plus de doute. Même les archéologues les plus réactionnaires les admettent. Il semble que les Anciens se déplaçaient beaucoup plus qu’on ne le croit et qu’ils exploraient davantage qu’on ne le pense.

Tout récemment, on a prouvé qu’au XIVe siècle de l’ère chrétienne une immense flotte chinoise a atteint l’Afrique. La conception d’une Histoire fragmentée, avec des civilisations bien séparées, est amenée à disparaître.

En 1872, à Parahyba, au Brésil, fut découverte une pierre qui portait une inscription en huit lignes dont les caractères n’appartenaient très évidemment pas aux cultures connues de l’Amérique du Sud.

En 1874, l’inscription vint à l’attention du Pr Ladislas Netto du Musée national brésilien de Rio de Janeiro. Ni le professeur Netto ni aucun autre savant brésilien ne semblent lui avoir jamais accordé une très grande attention sérieuse.

Elle en vint cependant à être connue en Europe où les infatigables érudits allemands la remarquèrent. Elle fut d’abord jugée d’origine phénicienne. Plus tard, la philosophie allemande l’écarta comme non phénicienne.

Apparemment la pierre elle-même se trouva perdue. Mais l’inscription demeura en copie. Maintenant, la controverse s’est rallumée. Un nouveau protagoniste soutenant l’origine phénicienne de l’inscription est apparu. C’est le Dr Cyrus H. Gordon de l’Université Brandeis.

Deux facteurs sont survenus pour ranimer la controverse.

L’un vient de ce que de nouvelles découvertes dans les écrits phéniciens démontrent, selon le Dr Gordon, que l’usage des mots dans l’inscription de la pierre de Parahyba est correct, contrairement à des jugements antérieurs moins bien informés.

L’autre facteur provient de la découverte par le Dr Jules Piccus, de l’Université du Massachusetts à Amherst, d’un carnet de notes ayant appartenu à Wilbeforce Eames, l’un des conservateurs en chef de la New York Public Library au XIXe siècle. Dans ce carnet, se trouvait une lettre du 31 janvier 1874 adressée à Mr Eames par le Pr Netto. Le Dr Piccus montra cette lettre au Dr Gordon. Celui-ci en conclut que la transcription des caractères dans la lettre était plus plausible que la version « définitive » précédente, publiée en 1899.

Tandis que le Pr Frank M. Cross de Harvard continue de stigmatiser l’inscription comme un « faux du XIXe siècle », le Dr Gordon soutient que l’usage d’une terminologie inconnue des archéologues au moment de sa découverte prouve que ce n’est pas une fabrication frauduleuse.

La controverse se poursuit donc. Mais jusqu’à présent sans prêter d’attention visible à d’autres inscriptions tenues pour phéniciennes trouvées au Brésil. En gros, celles-ci comprennent :

Egalement en 1872, un ingénieur du nom de Francisco Pinto prétendit avoir découvert, des inscriptions dans plus de vingt cavernes dans la jungle brésilienne ; en tout, environ 250 inscriptions. Sur l’invitation du gouvernement brésilien, le philosophe allemand, Ludwig Shoenhagen, vint au Brésil, étudia les inscriptions pendant quinze ans et les
déclara phéniciennes.

Dans les années 1880, le Français Ernest Renan affirma avoir trouvé d’autres inscriptions phéniciennes.

Au début de ce siècle, un industriel retiré des affaires, Bernardo da Silva Ramos, prétendit avoir découvert plus de 2800 inscriptions sur des pierres, le long du cours de l’Amazone. Un rabbin de Manáos déclara qu’à son avis ces inscriptions étaient phéniciennes. Les ouvrages ou articles de Ramos sur ce sujet semblent avoir été vraiment bien ignorés.

On considère généralement que les Phéniciens atteignirent les Açores. Sur la plus occidentale de ces îles, Corvo, on dit qu’il y aurait eu des découvertes de monnaies carthaginoises (en 1749), des rumeurs persistantes (quoique obscures) de l’existence de ruines phéniciennes, y compris la découverte, lorsque les Portugais y arrivèrent, d’ « une statue équestre désignant l’ouest », qui, si cela est vrai, aurait été détruite depuis très longtemps.

Nous estimons qu’il conviendrait de prêter attention à ces corroborations possibles d’une présence phénicienne dans le Nouveau Monde.

Quelques remarques sur le texte de Parahyba

Extraits de « L’authenticité du texte phénicien de Parahyba », par le Dr Cyrus H. Gordon de l’université Brandeis, dans Orientalia de Rome, vol, 37 (1968), p. 75.

Les singularités linguistiques qui ont jeté la suspicion sur le texte viennent au contraire à l’appui de son authenticité.

« R (Rab, le capitaine) et un nombre de dix hommes périrent.

Des pertes pour moi et (mais) pourquoi pour (mon) camarade Hnna (Hanno). »

Note : le mot Rab traduit par capitaine, peut tout aussi bien signifier un chef religieux : Rabbi ou Rav

Si l’on ajoute que dans son numéro d’avril 1971, New World Antiquity a déjà publié trois autres traductions différentes de l’inscription de Parahyba, on voit les nombreux pièges qui guettent même les traducteurs les plus expérimentés et pourquoi il est si difficile d’avoir une complète certitude (N.D.T.)

AUX ORIGINES

D’après diverses sources, l’Amérique aurait été peuplée par les fils de Jectan, arrière-petit-fils de Sem, fils de Noé.

Au lendemain de la découverte de l’Amérique, alors que la critique géographique était à peine sortie de ses langes et que les textes bibliques jouissaient d’une autorité que personne n’osait mettre en question, c’est dans l’Écriture qu’on devait chercher l’origine des Américains. Un savant espagnol qui connaissait une foule de langues, Arius Montanus, l’auteur célèbre de la fameuse Bible polyglotte commandée par Philippe II, (publiée à Anvers, de 1569 à 1573,’ en 8′ volumes in-folio), trouva parmi les descendants de Noé les progéniteurs de cette race..

C’étaient les fils de Jectan, arrière-petit-fils de Sem, dont l’un, Seba, colonisa la Chine, un autre, Ophis, s’en alla d’abord au N.-O. du Nouveau Monde, puis descendit jusqu’à la région péruvienne, alors qu’un troisième, Jobal, élisait domicile au Brésil.

Montanus figura cette conception géographique dans une mappemonde signée et datée de 1571, qui parut pour la première fois dans sa grande Bible et qui reparut dans ses Antiquitatum Judaicarum, publiés à Ley de en 1593, où elle est expliquée savamment? Elle eut un grand succès, tant à cause de la notoriété de son auteur, que parce que c’est la première carte, où la tradition biblique sur le peuplement du monde entier par la postérité de Noé est interprétée graphiquement par un orientaliste spécialement versé dans la langue des écrits qui nous l’ont transmise.

Les Hébreux et les Туriens des flottes de Salomon envoyées à Ophir

Au XVIe siècle, on était si persuadé que l’Amérique avait été peuplée -par des descendants de Nóé, qu’on chercha par quelle région ils l’avaient fait. Naturellement on la trouva.

C’était à Ophir et les Hébreux, nous assure-t-on, continuèrent à être en rapports avec ces premiers Américains qui étaient de leur race, car Salomon, d’accord avec les Tyriens, envoyait souvent à ce pays des navires qui en rapportaient de l’or, des bois choisis et autres précieuses matières.

Seulement, les auteurs ne sont pas d’accord sur la situation d’Ophir.

Pour le plus grand nombre c’était au Pérou. Telle était l’opinion de Génébrard, célèbre professeur d’hébreu au Collège royal en 1563, de Guillaume Postel, savant cosmographe, qui mourut en 1581, d’Arius Montanus, mentionné plus haut, de Fernando Montesinos, qui consacra sa vie à l’étude des Indiens, et dont l’ouvrage, écrit vers 1530, est justement estimé, et de plusieurs autres.

Mais celui qui s’est montré le plus affîrmatif sur ce point est le vovageur Onfroy de Thoron qui a vécu plusieurs années dans l’Amérique du Sud’ et qui a déployé une érudition extraordinaire pour démontrer qu’Ophir était dans la haute Amazonie, sur le rio.Japura, à l’extrémité- occidentale du Brésil.

Ils allèrent à Ophir, et ils y prirent de l’or, quatre cent vingt talents, qu’ils apportèrent au roi Salomon.1 Rois 9 : 28

Les navires de Hiram, qui apportèrent de l’or d’Ophir, amenèrent aussi d’Ophir une grande quantité de bois de santal et des pierres précieuses. 1 Rois 10 : 11

Josaphat construisit des navires de Tarsis pour aller à Ophir chercher de l’or; mais il n’y alla point, parce que les navires se brisèrent à Etsion-Guéver (Eilat). 1 Rois 22 : 48/49

Les dix tribus du Royaume d’Israël se réfugient aux Amériques

L’historique de cette singulière opinion est curieuse, elle prend sa source dans un fait mémorable : la conquête, par l’Assyrie, du royaume d’Israël, qui comprenait les dix tribus septentrionales de la Palestine, alors que les deux autres tribus, formant le royaume de Juda, restaient en paix avec les’ Assyriens. Cette conquête, commencée en 733 avant notre ère, se termina en 721 , par la prise de Samarie et la captivité d’une grande partie des Israélites, qui furent dispersés dans les états des vainqueurs. A partir de ce moment, ces tribus disparaissent de l’Histoire; on ne sait ce qu’elles sont devenues.

D’après un passage du IVe livre d’Esdras, ouvrage apocryphe, ou plutôt non canonique, désirant vivre en paix, elles auraient cherché un pays qui n’avait jamais été habité, où elles pourraient suivre librement leurs lois, et, après avoir erré un an, elles se seraient fixées à un lieu appelé Arsareth, où elles devaient habiter jusqu’à la fin des temps. Les textes ne disent pas où il se trouvait, mais des commentateurs ont jugé que c’était l’Amérique et leur manière de voir a prévalu auprès du plus grand nombre.

Le premier qui paraît avoir émis cette opinion, est le célèbre apôtre des Indiens, Las Casas, qui mourut en 1566. Le Père Duran, dont le livre fut terminé en 1581, la reprit et la développa, et, en 1607, date de la première édition de son livre sur l’origine des Indiens, lé Père Gregorio Garcia put citer et analyser les vues de plusieurs autres auteurs favorables à la thèse. Grotius, qui la connut, la combattit en 1642, mais sans succès.

En-1650, un rabbin portugais, Menasech ou Manassès Ben Israël, qui s’était laissé persuader qu’il existait en Amérique une tribu qui connaissait la Bible, chercha des textes pour expliquer ce fait et demeura convaincu qu’il s’agissait de descendants des dix tribus perdues. Il le démontra dans un livre qui attira une. grande attention et qui fut aussitôt traduit en plusieurs langues.

Au XIXe siècle, nombre d’auteurs anglais témoignent encore en faveur de l’origine Israélite des Indiens. Parmi les plus connus nommons Elias Boudinot, américain d’origine française, Jarvis, Ethan Smith, Israël Woreby et Barbara Simon, dont les écrits sur cette question sont aujourd’hui des raretés bibliographiques extrêmement recherchées.

Des Cherokees d’origine hébraïque

Un jeune garçon et une jeune fille Cherokee en costume dans une réserve du nord du Canada, en 1939.

L’idée selon laquelle les amérindiens sont les descendants des anciens juifs a été controversée pendant des centaines d’années. James Adair est un colon du 18e siècle qui a commercé avec les amérindiens pendant 40 ans. Il a rapporté que leur langage, coutumes et structures sociales étaient similaires à ceux des israélites.

Dans son livre, L’histoire des amérindiens, il a écrit :

« c’est très difficile de se libérer soi-même, pour ne pas dire les autres personnes, des préjugés et opinions qui ont la faveur de tout le monde, et je m’attends à être censuré par certains parce que je m’oppose à des sentiments communément admis, ou parce que je me mêle d’un différent qui agite les savants depuis la première découverte de l’Amérique. »

Plus récemment, des observations similaires tenues par le Dr. Donald Panther-Yates ont même attisé ce que Yates décrit comme des « courriers de haine » provenant de professeurs en sociologie des indigènes.

Il est communément admis que les amérindiens descendent des Mongols. En 2013, une étude publiée dans la revue Nature a cependant reconnu la possibilité d’ancêtres européens. L’ADN d’un squelette vieux de 24 000 ans en Sibérie a été analysé. Son génome montre des similitudes évidentes avec les amérindiens et également avec les européens mais aucune avec les populations asiatiques. Cependant, le courant dominant de la communauté scientifique est loin d’accréditer la théorie selon laquelle les populations autochtones d’Amériques descendent des populations antiques du Moyen-Orient ou de la Grèce comme l’ont proposé Yates et d’autres.

Yates est lui-même d’origine Cherokee. Il est aussi titulaire d’un doctorat en études classiques et il a fondé l’institut de recherche en génétique, DNA Consultants. Ces trois qualités réunies en une seule personne donnent à Yates une approche unique en son genre sur l’histoire des amérindiens, sur les liens avec les cultures anciennes et sur la façon dont les tests ADN peuvent soutenir le lien théorique.

Des similitudes génétiques

On considère généralement que les amérindiens se retrouvent dans cinq groupes génétiques, connus sous le nom de haplotypes, portant chacun une lettre de l’alphabet : A, B, C, D et X.

Dans un article intitulé Anomalies du lignage de l’ADN mitochondrial chez les Cherokee, Yates a démontré ce qu’il appelle une erreur derrière de nombreuses analyses génétiques: « [Les généticiens affirment que] « les lignages A, B, C, D et X sont amérindiens. Donc, tous les amérindiens sont de lignages A, B, C, D et X ».

L’erreur dans un tel raisonnement est évidente. On pourrait le reformuler ainsi : « Tous les hommes sont des créatures à deux jambes, donc, puisque le squelette que nous avons déterré a deux jambes, c’est un humain. » Il pourrait pourtant s’agir d’un kangourou. »

Toute divergence à partir des haplotypes est habituellement attribuée à un mélange des populations après la colonisation européenne, non aux gènes que possédaient les amérindiens à l’origine.

Après avoir analysé l’ADN Cherokee, Yates a conclu : « Dans le peuple Cherokee, un tel mélange ne peut pas résulter d’un flux de gènes européens postérieur à 1492. »

« Mais alors, d’où proviennent les éléments génétiques qui apparaissent et qui ne sont ni européens, ni indiens ? » a-t-il demandé. « La part de l’haplogroupe T (grand groupe d’haplotype) chez les Cherokee (26,9 %) est approximativement le même que pour les anciens égyptiens (25 %), une des seules populations où les halogroupes T atteignent une position majeure parmi les divers lignages mitochondriaux. »

Yates s’est concentré sur le haplotype X pour son « absence relative en Mongolie et en Sibérie et sa forte présence récemment prouvée au Liban et en Israël. »

En 2009, Liran I. Shlush, de l’Institut israélien de technologie a publié un article dans la revue PLOS ONE, déclarant que le haplotype X s’est diffusé dans le monde à partir des Collines de Galilée dans le nord d’Israël et du Liban.

Yates a écrit : « Le seul autre endroit dans le monde où X est trouvé à un niveau élevé, à part chez des groupes amérindiens comme les Ojibwe, se trouve parmi les Druzes des Collines de Galilée au nord d’Israël et au Liban. »

Des similitudes culturelles et linguistiques

Bien qu’une grande partie de la culture Cherokee ait été perdue, fait remarquer Yates dans son livre Clans Cherokee, ce que nous pouvons encore découvrir dans les légendes fournit des indices sur les ancêtres ayant traversé la mer et dont la langue était similaire à celle des anciens Grecs. Certaines similitudes ont aussi été retrouvées entre les langues amérindienne, égyptienne et l’hébreu.

Maui, le demi-dieu blanc des Cherokee pourrait avoir ses racines chez une figure libyenne, commandant d’une flotte détruite par le pharaon Ptolémée III avant 230 av J.C, a expliqué Yates. « Maui » est similaire aux mots égyptiens pour « guide » ou « navigateur ». Maui aurait amené à la civilisation les arts et l’artisanat. Selon Yates, Maui a attribué aux principaux chefs Cherokee des titres comme Amatoyhi ou Moytoy, qu’on peut traduire par « marin » et « amiral ».

Yates a raconté une légende du Clan Cherokee Twister qui nommait le père de Maui, Tanoa. Il a affirmé que Tanoa pourrait se référer à un grec. « Tanoa était le père de tous les enfants blonds et venait d’une terre appelée Atia » a-t-il écrit.

Atia pourrait se référer à l’Attique, une région historique comprenant la capitale grecque, Athènes. Dans la dite légende, Atia était présentée comme un endroit « plein de hauts temples d’albâtre », dont l’un « était très spacieux et construit comme un endroit de rassemblements entre les dieux et les hommes ». À cet endroit, se déroulaient des compétitions sportives, des jeux, des fêtes pour les divinités, des réunions de grands chefs. C’était aussi le lieu où naissaient les guerres qui ont poussé les gens à se disperser dans tout le Pacifique.

« On pouvait difficilement inventer une mémoire folklorique plus appropriée de la culture grecque » écrit Yates. « Le mot Hawaïen qui incarnait ce monde égaré est karioi- « loisir, facilité », c’est littéralement le même mot en grec pour « amusements » ». Yates a remarqué d’autres similitudes linguistiques.

« Selon les anciens de la Société de Keetoowah, autrefois, les Cherokee parlaient une langue non indienne, proche du Hopi (langue amérindienne), mais l’ont abandonnée et adopté le Mohawk pour continuer à vivre avec les Iroquois. La « vieille langue » semble avoir beaucoup d’éléments du grec, ainsi que de la langue de l’Egypte Ptolémaïque et celle des anciens judéens » a-t-il déclaré.

James Adair avait, de son côté, noté des similitudes linguistiques entre les langues amérindienne et l’hébreu.

Comme pour les noms en hébreu, les noms amérindiens n’ont ni cas ni déclinaisons, a écrit Adair. Une autre similitude est le manque de degrés comparatifs ou superlatifs.

« Il n’y a peut-être pas une autre langue ou langage, excepté l’hébreu et l’amérindien, qui n’ait pas beaucoup de prépositions. Les indiens, comme les hébreux, n’utilisent pas pour cela de termes séparés et spécifiques. Ils sont obligés de joindre certains caractères aux mots, dans le but de combler ce grand déficit » a-t-il décrit.

Une perspective du passé

Adair offre une perspective sur la culture que ne propose pas Yates. Adair a beaucoup interagi avec les amérindiens des centaines d’années plus tôt, alors que leurs traditions étaient en plein essor. Bien entendu, en tant qu’étranger, l’étendue de son incompréhension de cette culture doit aussi être prise en compte.

Adair a écrit :

« A partir des observations les plus exactes que j’ai pu faire au cours de la longue période durant laquelle j’ai commercé avec les amérindiens, je ne pouvais pas ne pas croire qu’ils descendaient directement des israélites, soit au moment où ils constituaient une puissance maritime, soit peu après leur mise en captivité, cette dernière hypothèse est cependant la plus probable ».

Ils avaient une organisation tribale similaire, a t-il déclaré. Leur manière de segmenter le temps était similaire, ainsi que leur habitude de disposer d’un endroit très sacré, et leur désignation des prophètes et des grands prêtres.

Il a donné un exemple de coutume similaire : « comme pour la Loi mosaïque concernant la purification des femmes après un voyage, les femmes indiennes se tiennent éloignées de leurs époux et de toute compagnie publique pendant une période considérable. »

Il explique ainsi l’absence de circoncision parmi les amérindiens : « quand les israélites se trouvaient dans le désert, ils n’ont pas renouvelé l’acte douloureux de la circoncision à cause des fatigues et des difficultés engendrées, seul Joshua se l’est imposé. Et comme cela a déjà été indiqué, les amérindiens devaient être exposés aux mêmes conditions lors de leur première arrivée dans ce désert vaste et étendu, il est probable qu’ils se soient abstenus de la circoncision, selon le principe divin de leurs supposés prédécesseurs dans le désert de ne pas accepter de sacrifice au détriment de la miséricorde. Ceci pourrait les avoir incité, après cela, à le rejeter comme une tâche inutile, en particulier si un des païens orientaux les accompagnait dans leurs voyages en quête de liberté. »

Il semble que le peuple Cherokee ait éprouvé des sentiments mitigés sur les travaux de Yates. Alors que le site Internet du groupe central Cherokee ( Central Band of Cherokee website ) a posté un résumé des recherches de Yates, certains commentaires en ligne indiquent que certains Cherokee sont réticents à l’idée d’accepter de telles déclarations ou à s’impliquer dans la controverse.

En écrivant au sujet du clan Cherokee Paint, Yates a déclaré : « Certains d’entre eux pratiquaient le judaïsme, bien que les anciens du Keetoowah Uni [une organisation cherokee] le nient vigoureusement. » 

Les Amérindiens connaissaient le Nom de YHWH
Pierre découverte dans l’état de l’Ohio

Extrait de : Le problème du peuplement initial de l’Amérique et de l’origine ethnique de la population indigène- Henry Vignaud

Des monnaies romaines au Venezuela…?!

A la fin du XIXe siècle, un trésor en pièces de monnaie romaines fut découvert sur la côte du Venezuela. Les pièces, sans leur contenant original, arrivèrent entre les mains de l’attaché militaire américain à Caracas. Elles sont maintenant à la Smithsonian Institution de Washington, D. C.

A propos de ces pièces, Frederik J. Pohl indique dans une note de son ouvrage sur les Traversées de l’Atlantique avant Colomb (déjà cité, p. 34):

« Etant donné que le trésor comporte de nombreuses pièces en double, on présume que ces pièces ne furent pas réunies par un collectionneur, mais constituaient l’encaisse en espèces d’un négociant pour ses achats de marchandises. Comme ces pièces ont été trouvées entassées dans une jarre et non pas éparpillées sur la plage, il semble raisonnable de présumer également qu’elles n’ont pas été perdues accidentellement par quelqu’un ni égarées dans le sable mais qu’elles ont été rejetées sur la côte à la suite d’un naufrage ou délibérément enfouies par leur possesseur. Du fait qu’il y a des monnaies de tous les empereurs romains jusqu’au milieu du IVe siècle, on connaît la date approximative à laquelle le bateau les a apportées. »

La lettre ci-dessous datée du 7 mai 1968, que Paul J. Willis, secrétaire général d’I.N.F.O. (The International Fortean Organisation, PO Box 367, à Arlington, Virginie 22 210), a reçue de M. L. Peterson, président du département d’Histoire des Forces armées, à la Smithsonian Institution (musée national des Etats-Unis, Washington D.C. 20 560), donne les dernières précisions à ce sujet:

« Je travaille toujours sur le trésor de monnaies romaines mentionné dans votre lettre et j’ai l’intention de publier un rapport lorsque ce sera terminé. Beaucoup de ces pièces sont terriblement rongées par la corrosion et il est difficile de les identifier avec précision. Je peux cependant vous dire que la majeure partie des pièces consiste en monnaies romaines avec quelques monnaies romaines préhispaniques. On a trouvé deux pièces maures dans le lot — dont une hispano-mauresque datant du VIIIe siècle.

« Au moment où j’ai donné des informations sur ce trésor à plusieurs personnes qui l’ont mentionné dans leurs écrits, je ne l’avais pas complètement étudié et les pièces maures n’étaient pas identifiées. En conséquence, ces personnes peuvent être parvenues à une conclusion légèrement erronée sur la chronologie de cette découverte, mais à l’époque, je leur ai donné les informations que j’avais. Je leur avais également expliqué que l’étude n’était pas complète.

Malheureusement, le vase dans lequel le trésor fut trouvé était déjà détruit au moment où l’attaché (militaire) américain de notre ambassade à Caracas (propriétaire des pièces) est arrivé sur les lieux. Considérant l’extrême intérêt de cette découverte, je projette de publier un rapport préliminaire sur elle, même si quelques-unes des pièces pouvaient ne pas être exactement identifiées. »

Les Toltèques juifs d’Amérique du nord : histoire du royaume juif/romain de Calalus en Amérique du Nord

On découvrit dans les années 1920 à Tucson, dans l’Arizona, « des objets et des écrits en latin, en grec et en hébreu, avec des objets rituels et des symboles catholiques et juifs ».

Apparemment ces objets viendraient de ces exilarques de Babylone qui adoptèrent une forme de judéo-christianisme, alors que d’autres membres de leur famille restèrent des juifs orthodoxes. Ils auraient quitté la Septimanie en 775 EC pour aller s’établir dans l’Arizona.

Un certain Cyclone Covey décrivit sa découverte dans son livre « Calalus: colonie judéo-romaine en Amérique depuis le temps de Charlemagne jusqu’au roi Alfred le Grand. »

On y apprend que les Amérindiens de peau blanche sont les descendants des Chevaliers du Cygne et de la famille Sinclair.

L’auteur reconnaît que certains experts ont cherché à discréditer les découvertes de Tucson, en prétendant que les objets de culte seraient l’œuvre d’un groupe franc-maçon, mais « il convient de se rappeler qu’il y a beaucoup de forces antisémites qui refusent de voir la connexion juive dans l’histoire de l’Amérique ».

Les marchands aventuriers des rois de Rhoda

Depuis qu’ils ont été révélés il y a près de cent ans, les artefacts de Tucson avec leurs écrits en latin et en hébreu ont été qualifiés de falsifications, bien qu’aucun faussaire n’ait été découvert.

Donald Yates, un médiéviste du Colorado, relie les découvertes à l’exploitation minière de turquoise de la région.

Il réfute totalement la thèse de la falsification et offre une masse de preuves, allant des chartes marchandes juives aux relevés minéralogiques de l’Arizona. Reliant le tout à une épave indonésienne datée de 838 et des documents dynastiques du Mexique précolombien.

Les premiers Européens de l’Ouest auraient manifestement traversé l’océan Pacifique à la suite d’une extension de la route commerciale des épices vers la Chine, au minimum vers l’an 560, première date mentionnée par les artefacts.

Rhoda, était le centre commercial indo-toltèque de ces européens ce qui correspond à Tucson, alors appelé la ville rouge, Tlapallan, la maison de Quetzalcoatl».

« Pendant la Pâque et les autres grands jours saints, nous pouvons imaginer des prières hébraïques dérivant à la tombée de la nuit depuis les tombes des rois juifs sur la colline de Tumamoc. » dit Donald Yates.

« Si un dixième de l’histoire enregistrée sur les artefacts peut être vérifiée, cela brise complètement ce que nous croyions savoir à la fois sur ‘les Indiens’ et les premiers Juifs du Moyen Âge. »

Ils ont navigué en 775, sont allés à Calalus, une terre inconnue, et Theodore était roi au-dessus des peuples
Le nehushtan, un losange, sous la forme d’une croix celtique avec un serpent à sonnettes qui constitue l’Artifact 18, est considéré comme la plus belle des productions d’une série d’objets de plombs, inhabituels,  trouvés à Tucson dans les années 1920.

« Les colons ont navigué de Rome, d’où ils se sont rendus à Calalus, dans la Terra Incognita. »

Donald Yates identifie les colons avec les forces expéditionnaires romani de Bretagne et de la Gaule franque, menés par des Juifs comme le Breton Oliver, qui a signé les inscriptions sur les croix qui enregistrent les annales d’une colonie dans la province Tolteque du Mexique, aujourd’hui en Arizona.

Donald Yates relie Theodore avec la famille de Makhir, l’exilarque Natronaï ben Zabinaï, nassi, et fondateur du Royaume juif de Narbonne.

Les dates 765-900 de cet épisode exotique et unique de la civilisation occidentale correspondent bien à celles des artefacts de Tucson.

Des événements extraordinaires eurent lieu à l’époque où Bagdad était la capitale du monde, et formait, pour la première fois dans l’histoire, une zone de commerce unifiée.

A ce moment précis, un groupe de marchands gallo-romains et des forces expéditionnaires franques comprenant des Juifs de Bretagne, du Pays de Galles et de Gaule appelés Rhadanites quittèrent le port de Rome sur le Tibre pour se rendre en Égypte, en Palestine et en Perse.

Les Juifs ont partout cherché l’apparition du Messie: C’était sept cents ans après la chute de Jérusalem et la destruction du Temple sous les Romains. La Terre Sainte était alors un protectorat sous Charlemagne, le fils de Pépin. Le commerce était en plein essor. La connaissance et la science étaient sur le point d’entrer dans une renaissance. Les États pontificaux ont vu le jour.

Voici donc la partie centrale d’une chronologie plus large destinée à aider les gens à comprendre et à situer les Artefacts de Tucson dans les développements mondiaux, y compris l’histoire bretonne et franque, la navigation et le commerce, la montée de l’Islam et l’âge d’or du judaïsme.

Les artefacts de Tucson portent des dates fiables dans le calendrier chrétien (560, 705, 775, 800, 880, 885, 900).

Nehushtan de Calalus
Collection de croix de plomb coulées, d’épées et de lances découvertes à Tucson dans les années 1920 et conservées au Arizona Historical Society Museum

Ces artefacts documentent les annales et la prosopographie d’une entité géopolitique distincte, un royaume militaire de style romain en Toltec au Mexique avec des dirigeants juifs de Bretagne, le cœur carolingien ou franque sur la Seine, et la Gaule, qui a existé pendant plus d’un siècle (890-900 ).

Ils sont directement composés en latin, la langue officielle des disques au Moyen Age. Ils sont clairement écrits dans un script destiné à un examen public. Les circonstances de leur fabrication à partir du plomb local et leur récupération du sol du désert les localisent à l’endroit où ils ont été excavés. Enfin, ils sont parfaitement conservés, complets, inaltérés.

Ce sont des documents diplomatiques, reconnaissables comme étant signés et scellés par un notaire public (OL). Ils n’ont pas besoin d’être reconstitués, déchiffrés ou datés. Pour toutes ces raisons, ces témoins uniques de l’histoire sont capables de jeter une lumière considérable sur les études amérindiennes, en particulier pour les huitième et neuvième siècles.

La reconquête de l’antique Empire américain de Calalus en 775

En 775 AD Nehemiah Theodoric a reconquis l’Empire américain de Calalus.

Calalus a été gouverné par le «Silvanus Tolteczus» [Salomon le constructeur] le dirigeant héréditaire de cette ancienne colonie juive dirigée par les juifs.

Calalus aurait été fondée au 1er siècle avant JC par l’Exilarch de Babylone connu sous le nom de Silvanus Ogam ou Silvanus Brabo (Exilarch de Babylone de Salomon II, Nassi de Mara, souverain de Sumer (Somerset) en Grande-Bretagne) un grand dirigeant juif romain, soldat et ancêtre des Chevaliers du Cygne (Barbur haKatzin). 

Il avait aussi une flotte de navires commerciaux connus sous le nom de navires de Salomon ou des bateaux Swan.

Les navires ont la forme d’un cygne avec ses voiles comme les ailes d’un beau cygne blanc glissant. Après la défaite du Silvanus Toltezus, les membres de la famille royale furent renvoyés en Europe où ils étaient sous la protection de Nehemiah Theodorus et de sa famille.

Les légendes de Doon et Ogier sont basées sur les activités de cette famille descendante de Duon (Duon) Antigoon (Ogier) et Silvanus Brabo (Solomon Barbur).

La légende irlandaise de Regamon fait également allusion à cette famille.

Les Juifs de cet ancien royaume juif romain de Rhoda étaient également connus sous le nom de Rhodans ou Radhanites et étaient de grands marchands juifs qui contrôlaient les anciennes routes commerciales. 

La vallée du Rhône et la rivière ont été nommés d’après ces marchands Radhanites juifs qui ont utilisé la vallée du Rhône comme base pour leur empire commercial.

Beaucoup d’entre eux s’installèrent en Irlande aux premiers siècles après Jésus-Christ, s’unissant à leurs cousins, descendants de saint Joseph d’Arimathie.

Isaac Kalonymus le fils de Néhémie Théodoric [de Ripaurien] était aussi connu sous le nom d’Isaac le Radhanite. Le récit des Radhanites par Ibn Khordadbeh souligne leur source quelque part au-delà de la mer occidentale et de la terre des Francs.

Au cinquième siècle Calalus faisait partie de l’Empire occidental revivifié du roi Arthur un descendant des chevaliers de cygne.

Au huitième siècle, en raison du mélange avec les Indiens d’Amérique, l’État était revenu au paganisme. 

Néhémie Théodore mena une expédition en 775 pour ramener Calalus à la domination juive et romaine. Il a conquis l’ancienne ville de Rhoda et la loi juive a été restaurée.

Après 4 ans en 779 après JC, Nehemiah Theodorus quitta Calalus pour son royaume en France qu’il avait laissé entre les mains de son frère Guillaume de Gellone.

Il a ensuite nommé un prince Davidique britannique Jacob comme le roi juif de Calalus comme régent pour son jeune fils Israël qui était marié à la fille de Jacob.

Le monde perdu des artefacts de Tucson

Les artefacts de Tucson documentent les annales d’un gouverneur militaire oublié de style romain à Chichimec Toltec, au nord-ouest du Mexique.

Parfaitement conservés, complets et inaltérés, ils sont directement composés en latin, la langue officielle des disques au Moyen Age. Ils n’ont pas besoin d’être reconstitués, reconstitués, déchiffrés ou datés. Cette collection éclairante de lectures traduites du latin, grec, arabe, chinois, nahuatl, hébreu et d’autres langues par le médiéviste Donald N. Yates fournit les contextes culturels pour comprendre ces témoins uniques de l’histoire du monde.

Les objets proviennent des années 1920 et sont constitués d’objets cérémoniels en cire perdue, en plomb coulé, inscrits avec des textes historiques médiévaux latins et des mémoriaux de dirigeants avec des noms tels que Jacob, Israël, Benjamin, Joseph, Saul, Isaac et Théodore.

Certains contiennent également des phrases hébraïques comme « huit divisions » et « une grande nation », tandis que d’autres affichent des portraits de dirigeants commémorés, des navires, des marques de fabrique, des temples, un glyphe méso-américain, un feu sacrificiel, une ancre anges dans la gloire et d’autres dessins.

Leur iconographie comprend les dix commandements et des objets de culte comme les cuillères à épices, la place du charpentier, les haches franques, les serpents et les trompettes. Il y a aussi des hymnes militaires et des devises.

Une série de doubles croix épaisses unilatérales, jointes comme des albums scellés, présentent ce qui est clairement des disques signés par OL (Oliver), avec des dates allant de 560 à 900 AD.

La provenance globale est déclarée romaine par les fabricants des artefacts eux-mêmes (Romani, monogramme R), un terme équivalent à ce moment européen. Cette revendication de nationalité est divisée en Lévites (L) et Israélites (I). L’un des emblèmes distinctifs représentés est un triple diadème.

Le général gallo-romain Aetius mentionné dans les inscriptions sur l’Artefact 1.

Les artéfacts de Tucson sont toujours controversés. Comme le chat de Schroedinger, les artefacts de Tucson semblent être vivants et morts en même temps. Mais ce ne sont pas des concepts ou des idées philosophiques. Ce sont des choses réelles qui existent, qui peuvent être mesurées, pesées, analysées chimiquement, lues et étudiées. En effet, ils sont hébergés et exposés pour examen public et universitaire dans un musée de l’Arizona pendant une durée indéterminée. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient controversés, sauf pour des raisons d’obscurantisme.

Nous suggérons que les artefacts de Tucson, depuis leur découverte, ont posé une menace existentielle pour de grandes parties de l’histoire précolombienne américaine, de l’anthropologie du Nouveau Monde et de l’archéologie du sud-ouest.

Ceux qui prétendent que ce sont des faux n’ont aucune autre raison à apporter outre celle qui veut qu’ils soient faux uniquement parce qu’ils doivent l’être, afin de ne pas gêner leur vision traditionnelle de l’histoire de l’Europe et des Amériques.

Il est incontestable que le Royaume de Calalus découvert par ces judéo-chrétiens du 1er siècle alliés à des romains qui, semblent-il, partageaient leur nouvelle foi, ne pouvait pas plaire…

 

https://elishean.tv/des-hebreux-en-amerique-bien-avant-christophe-colomb/

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 03:08
Deux fakes news historiques célèbres

La première, c’est : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens… » et la seconde, c’est : « Duos habet et bene pendentes »

 

1/ « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! »

Phrase attribuée tantôt à Simon de Montfort, tantôt à Amaury…Cela concerne la lutte armée contre les cathares, appelés « albigeois » au 13ème s. , alors que le catharisme développe la subversion à la fois sociale et religieuse dans le sud de la France.

Cette phrase cynique est visiblement une arme polémique censée démontrer la cruauté de l’Eglise catholique…On l’entend encore fréquemment dans les discussions et même dans les débats télévisés. Beaucoup croient qu’elle est authentique et historique. D’ailleurs, un certain nombre de manuels scolaires l’ont citée et cautionnée : Aulard et Debidour, Brossolette, Cuvet, Devinat, Guiot et Mane, etc, etc…

Et pourtant, c’est un historien anticlérical notoire, Auguste Molinier, qui affirme clairement, dans son « Histoire du Languedoc » : « On doit déclarer absolument apocryphe ce mot barbare que la plupart des auteurs ont prêté au légat pontifical Amaury ».

C’est au cours du siège de Béziers que cette phrase aurait été prononcée, selon la légende. Celui qui la forge s’appelle Césaire de Heisterbach, mais il le fait 60 ans après l’événement mais sans avoir assisté à l’épisode sanglant. Il donne un chiffre de victimes exorbitant de 100 000 morts ! Or, dans la Philipeis de Guillaume le Breton, habitué aux récits mythiques, le chiffre passe à 60000. Le chroniqueur Guillaume de Nangis donne quant à lui le nombre de 17000. Et Arnaud de Citeaux écrivant au pape Innocent III parle de 15000 victimes. Même réduit, le chiffre paraît exagéré, dans le but de faire valoir auprès de Rome le désastre des hérétiques Albigeois. On sait que le massacre eut lieu dans l’église de la Madeleine qui contient au maximum 2000 personnes, ce qui laisserait supposer – pour atteindre un tel nombre –  que les vainqueurs se seraient trucidés eux-mêmes lors de l’affrontement. Deux historiens de l’opération anti-cathares, Guillaume de Tulède et Pierre de Vaux Cernay, proches de Simon de Montfort, étaient bien informés de la stratégie expéditionnaire. Or ils affirment que ce massacre avait été planifié à l’avance par de puissants seigneurs locaux afin d’intimider les populations du midi. C’est donc un mobile d’ordre militaire et politique qui a présidé à cet affrontement, sans oublier la cruauté des chefs militaires et les méthodes guerrières de l’époque.

La phrase scandaleuse « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » attribuée à un religieux est donc apocryphe et aucun historien sérieux ne se permet aujourd’hui de la citer. Le seul et unique personnage à l’origine de cette fake monumentale est le moine allemand Von Heisterbach dont l’œuvre est considérée comme n’ayant aucune valeur historique.

2/ « Duos habet et bene pendentes »

Là encore, beaucoup croient que lors d’une élection pontificale, un prélat est chargé de vérifier la virilité du candidat ! D’où vient cette rumeur égrillarde ? C’est la fameuse histoire rocambolesque de la « papesse Jeanne » si appréciée par les anticléricaux.

En l’an 857, à la mort du pape Léon IV, c’est un certain Jean l’Anglais (érudit ayant étudié à Londres) qui est choisi comme successeur. Apprécié, il devient Jean VIII, nouveau souverain pontife. Mais un récit donne une suite inattendue à ce pontificat !  Le jour de l’Ascension, pour se rapprocher du peuple, le pape participe à une procession en ville de Rome. Soudain, Jean VIII semble pris d’un malaise et s’écroule sur le pavé, se tenant le ventre et poussant des cris de douleur. Voici qu’un nouveau-né apparaît de dessous ses ornements : le pape est donc une papesse !  Hélas ! aussitôt, mère et enfant gisent, morts sur la voie publique…

Ainsi naît la légende sulfureuse de la « papesse Jeanne »…Ce récit rebelle se retrouve chez Pétrarque et Boccace, même si la papesse en question n’a jamais existé. Comment cette histoire  blasphématoire a-t-elle pu germer dans des esprits enivrés  d’arrière-pensées ? On suppose que le (vrai) pape Jean VIII, placé devant un dilemme de pouvoir, a manifesté une évidente faiblesse face aux prétentions de Photius à la tête de Byzance. Constatant une telle mollesse de réaction, les prélats et le peuple se sont dit : ce pape effacé, ce n’est pas un pape, c’est une papesse ! Et afin de le ridiculiser, le reste a suivi.

Remarquons que ce n’est qu’au 13ème s. , soit 400 ans après cette crise entre Rome et Byzance, que les récits sur la papesse Jeanne apparaissent. Et dans la droite ligne de la légende, c’est à partir de là qu’aurait été décidée – par prévention – la pratique de vérification des organes masculins d’un pape nouvellement élu… « Duos habet, et bene pendentes »

Evidemment, après la fumée blanche, et avant l’acclamation par la foule « Habemus papam ! », cette visite médicale du pontife n’a jamais été exercée, mais certains esprits naïfs y croient dur comme fer !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2022/06/deux-fakes-news-historiques-celebres-267261.html

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 00:59
Chant et musique : retour aux sources
Notre société sécularisée a tendance à nous faire ignorer les sources spirituelles de la civilisation occidentale et de ses innombrables réalisations culturelles. Or, que l’on soit croyant ou non, il est bon de savoir que tous les aspects du chant et de la musique sont déjà présents dans la Bible ! L’Ecriture sainte nous affirme que la créativité humaine a quelque chose à voir avec la relation à Dieu…

Dès les premières pages de la Bible, la dimension musicale est présente, c’est même une activité indispensable à l’homme au même titre que l’agriculture et l’artisanat.

 

Les interrogations existentielles de Job, aux tonalités très modernes, nous rappellent que la musique a un destin lié à la pensée et à la parole. Le chant accompagne les questions des origines de l’homme dans le cosmos: « Où étais-tu quand je fondais la terre?…alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie? (Job 38.4)

C’est pourquoi les historiens, et pas seulement les spécialistes de l’Ecriture, ont montré le rôle essentiel que le chant et la musique ont joué dans la vie d’Israël, aux temps bibliques comme dans les siècles qui ont suivi. Les vingt siècles de christianisme auraient-ils d’ailleurs vu naître autant de productions musicales religieuses puis profanes sans cette matrice initiale et sans cette inspiration de génie ?

Pendant longtemps, les biblistes ont été intrigués par de petits signes accompagnant les lettres hébraïques sur les parchemins sacrés. Puis on a compris que ces sortes d’accents étaient en fait des repères pour la cantilation des textes pendant le culte, et qu’on avait là des traces écrites de la musique exécutée au Temple de Jérusalem avant sa destruction par les Romains en l’an 70 de notre ère.

Des recherches récentes ont abouti à la conclusion que ces signes placés sous les lettres du texte biblique correspondent à ce que nous appelons une gamme. En effet, toute la Bible était chantée, et des spécialistes ont réussi à en reconstituer les mélodies, à partir de l’échelle lydienne à 8 sons.

Ainsi, ces signes graphiques sont la symbolisation de gestes accompagnant le chant, comme on peut en reconnaître sur les fresques des tombeaux égyptiens où l’on voit des « chironomes » assis devant les musiciens de Pharaon et leur indiquant gestuellement les notes du chant sacré.

Dans le texte de 2 Chroniques 35.15, il est précisé que David lui-même dirigeait le chant de ses propres mains. Sous son règne, la musique liturgique en l’honneur de Yahvé était confiée à trois chefs de chantres exerçant eux-mêmes sous la direction du roi (1 Chr. 25.2,3,4,7). Les trois chœurs ne comptaient pas moins de 4000 membres! Cette formidable organisation du chant s’est poursuivie avec Salomon lors de grandes cérémonies au sanctuaire.

De ce fait, des générations de chantres consacrés se sont donc transmis fidèlement ces traditions musicales sacerdotales, et c’est bien la musique même du Temple de Jérusalem qui nous est ainsi restituée. La cantilation des textes remonte sans aucun doute à l’époque de l’Exode, c’est à dire il y a environ 3300 ans. C’est alors que le Pentateuque marqué de l’empreinte lumineuse de Moïse fut remis solennellement aux lévites (Deutéronome 31.9) afin qu’ils le lisent régulièrement au peuple sous forme de cantilation.

On distingue trois sortes de chant aux temps bibliques :

  • le chant responsorial psalmodié,
  • le chant antiphoné,
  • la cantilation.

Pour le premier cas, deux chœurs chantaient en alternance, et, dans le second, un chœur (ou l’assemblée) répondait à un soliste (1 Samuel 21.12; 28.6; 29.5) La partie féminine du chœur chantait la même mélodie que les hommes, mais une octave plus haut.

Après le retour d’exil des déportés à Babylone, lors de la dédicace des nouvelles murailles de Jérusalem, Néhémie constitua deux chœurs qui interprétèrent de magnifiques cantiques accompagnés de cymbales, de luths, de cithares et de harpes. Il existe d’autres exemples de chœurs antiphonés dans Esdras 3.10.

La musique pouvait aussi accompagner l’activité publique des prophètes:  ils jouaient sur des luths, des harpes, des tambourins pour personnaliser leur message (Samuel 10.5). Elisée demanda un jour qu’on lui amène un joueur de harpe pour exprimer ce que Dieu lui inspirait. Jérémie exécuta une complainte composée spécialement pour le roi Osias (2 Chroniques 35.25)

Les psaumes étant la prière quotidienne courante adaptée à toutes les circonstances de la vie, ces chants religieux accompagnés à la lyre étaient exécutés à la maison, au Temple, ou à la synagogue, dans le cadre de liturgies et de festivités. Ils traduisent toujours une expression de foi simple et profonde, qui va du cri de détresse à la joyeuse reconnaissance envers Dieu.

Dans les écrits du Nouveau Testament, le récit de la vie de Jésus s’ouvre également par des chants: le Magnificat, cantique de Marie confiante dans l’attente du sauveur; le Gloire à Dieu à Bethléhem, annonçant le shalom biblique sur terre; le cantique d’Anne et de Syméon lors de leur providentielle rencontre avec Jésus au Temple de Jérusalem.

Jésus, élevé dans une foi fervente, s’est associé avec sa com-munauté à la louange du Dieu d’Israël à travers les psaumes, au Temple ou à la synagogue. En tant que membre d’une nation de prêtres, sa voix a aussi célébré des passages de la Torah. Pendant le dernier repas pascal partagé avec ses disciples pour commémorer la Pâque et instituer l’eucharistie, Jésus a chanté la louange de Dieu avec ses amis, avant de partir pour le Mont des Oliviers.

Le chant des premiers chrétiens s’est donc lui-même forcément développé dans cette continuité de la tradition synagogale. L’apôtre Paul, d’éducation pharisienne observante, est même allé jusqu’à chanter alors qu’il avait été emprisonné dans la ville de Philippes. Dans ses épîtres, il demandait à ses fidèles de donner en toutes circonstances libre cours à des cantiques et à des hymnes. (Ephésiens 5.17)

De cette tradition musicale hébraïque poursuivie et développée par les chrétiens a surgi le chant monodique qui s’est développé au Moyen-Age, ainsi que le répertoire grégorien, apparenté aux piyoutim (poésies religieuses juives cantilées). Les psalmodies ornées de la synagogue avaient en effet préparé le terrain à ce que la liturgie catholique et orthodoxe appellerait antiennes, graduel, trait, selon des modes monodiques ou polyphoniques propres à des époques et des lieux différents. Au moment de la Réforme protestante, de splendides œuvres musicales comme celles de Goudimel se sont directement inspirées des psaumes, mêlant amour de la Bible et expressivité spirituelle.

En son temps, le Pape Jean Paul II avait offert à ses visiteurs du mercredi une méditation sur le psaume 150. Soulignant que le psautier est commun aux juifs et aux chrétiens, il citait les manuscrits juifs reproduisant ce psaume avec une illustration de la menorah, le célèbre chandelier à sept branches placé dans le saint des saints au Temple de Jérusalem.

 

Le pape y discernait un « véritable AMEN dans la prière de toujours de nos frères aînés » et il rappelait que c’est cette même foi au Dieu d’Abraham, de Moïse et des prophètes d’Israël qui irrigue la prière chantée des chrétiens du nouveau millénaire.

Le chant étant à la fois une affaire de chœur et de cœur, c’est un espace artistique et créateur de relations humaines de qualité qui s’ouvre à nous…

Toute la vie des hommes est effectivement appelée à devenir chant de louange, et ainsi à s’associer à la création, dont le souffle de vie rend grâce à Dieu par le chant mystérieux des êtres vivants, au rythme silencieux du temps qui passe.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2022/06/chant-et-musique-retour-aux-sources-4-268166.html

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 02:38
Saint Jérôme et la traduction de la Bible

Jérôme de Stridon (347-420) a joué un rôle historique essentiel dans la popularisation de la Bible.

Il est né en Pannonie (près de la Slovénie et de la Croatie actuelles) au sein d’une famille chrétienne aisée. Selon les usages de l’époque, il n’est pas baptisé à la naissance mais reçoit le statut de catéchumène. Il recevra le baptême à l’âge de 19 ans en réponse à un songe lui ouvrant des perspectives spirituelles motivantes.

Il poursuit ses études à Rome dès l’adolescence, où il se lie d’amitié avec Rufin d’Aquilée et Héliodore d’Altino. Il étudie la grammaire, l’astronomie et la littérature de Virgile et Cicéron. Il suit des cours de rhétorique et de philosophie. Après l’étape du baptême, Jérôme se rend à Trèves, en Rhénanie, région barbare. C’est là qu’il prend goût à la recherche théologique en recopiant le commentaire d’Hilaire de Poitiers sur les Psaumes. Attiré par la vie monastique, il prend ses distances avec sa famille et décide de consacrer sa vie à Dieu.

Avec quelques amis chrétiens, Jérôme se rend en Syrie où les attendent de graves épreuves de santé. Jérôme entend un appel intérieur à approfondir son christianisme et à délaisser les connaissances trop profanes. Passionné par la lecture de la Bible, il enseigne à Antioche, ayant pour élèves un groupe de femmes. Il étudie les écrits de Tertullien, Cyprien de Carthage et Hilaire de Poitiers. Puis Jérôme s’installe en ascète dans le désert, en s’imposant une vie simplifiée à l’extrême. En contact avec un moine juif converti, il s’initie à la langue hébraïque et noue des relations avec quelques autres érudits juifs.

Il s’intéresse à « l’évangile des Hébreux », source de l’évangile selon St Matthieu. Il commence à écrire des commentaires bibliques. Et accompagné par un maître juif, il apprend l’hébreu.

De retour à Antioche, Jérôme est ordonné prêtre en 379, puis il se rend à Constantinople pour poursuivre sa recherche sur les Ecritures saintes sous la supervision de Grégoire de Nazianze. Il est confronté aux débats entre promoteurs et adversaires de la théologie du Concile de Nicée sur la nature du Christ. Marqué par les textes d’Origène, Jérôme approfondit sa méthode d’exégèse de la Bible en comparant symboliquement les interprétations hébraïques, latines et grecques.

C’est alors que Jérôme revient à Rome pour quelques années. En lien avec le pape Damase et les dirigeants de l’Eglise, il participe au concile de Rome en 382. Il sert d’interprète en grec et latin pour faciliter les échanges et devient conseiller du pape.

Le pape le questionne sur des passages bibliques et Jérôme insiste alors sur la nécessité d’intégrer les aspects historiques des Ecritures pour comprendre le message spirituel qu’elles délivrent. A la demande du pape Damase, Jérôme révise le texte de la Bible latine, car des divergences existent entre les différentes versions de la Vetus Latina qui circulent en Occident.

Durant ces années passées à Rome, Jérôme est entouré d’un cercle de femmes cultivées issues de familles aristocratiques, comme Marcella et Paula accompagnées de leurs filles Blaesilla et Eustochium. Sa démarche est novatrice car il souhaite donner une dimension spirituelle reconnue à des femmes chrétiennes engagées. Il fait donc la promotion du statut de femme consacrée. Il écrit une lettre pédagogique vite diffusée : « Rien n’est difficile pour qui aime…Si tu es attirée par quelque objet fastueux, déplace ton centre d’intérêt vers le paradis…sois déjà ici-bas ce que tu seras là-haut ! » Cette invitation au détachement connaît un certain succès mais suscite l’opposition au sein du clergé de Rome. Jérôme critique la cupidité des évêques et des prêtres en poste et qualifie leurs mœurs de païens, ce qui ne lui crée pas que des amis.

Publié par Abbé Alain Arbez le 31 mars 2022

Jérôme de Stridon (347-420) a joué un rôle historique essentiel dans la popularisation de la Bible.

Il est né en Pannonie (près de la Slovénie et de la Croatie actuelles) au sein d’une famille chrétienne aisée. Selon les usages de l’époque, il n’est pas baptisé à la naissance mais reçoit le statut de catéchumène. Il recevra le baptême à l’âge de 19 ans en réponse à un songe lui ouvrant des perspectives spirituelles motivantes.

 

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Il poursuit ses études à Rome dès l’adolescence, où il se lie d’amitié avec Rufin d’Aquilée et Héliodore d’Altino. Il étudie la grammaire, l’astronomie et la littérature de Virgile et Cicéron. Il suit des cours de rhétorique et de philosophie. Après l’étape du baptême, Jérôme se rend à Trèves, en Rhénanie, région barbare. C’est là qu’il prend goût à la recherche théologique en recopiant le commentaire d’Hilaire de Poitiers sur les Psaumes. Attiré par la vie monastique, il prend ses distances avec sa famille et décide de consacrer sa vie à Dieu.

Avec quelques amis chrétiens, Jérôme se rend en Syrie où les attendent de graves épreuves de santé. Jérôme entend un appel intérieur à approfondir son christianisme et à délaisser les connaissances trop profanes. Passionné par la lecture de la Bible, il enseigne à Antioche, ayant pour élèves un groupe de femmes. Il étudie les écrits de Tertullien, Cyprien de Carthage et Hilaire de Poitiers. Puis Jérôme s’installe en ascète dans le désert, en s’imposant une vie simplifiée à l’extrême. En contact avec un moine juif converti, il s’initie à la langue hébraïque et noue des relations avec quelques autres érudits juifs.

Il s’intéresse à « l’évangile des Hébreux », source de l’évangile selon St Matthieu. Il commence à écrire des commentaires bibliques. Et accompagné par un maître juif, il apprend l’hébreu.

De retour à Antioche, Jérôme est ordonné prêtre en 379, puis il se rend à Constantinople pour poursuivre sa recherche sur les Ecritures saintes sous la supervision de Grégoire de Nazianze. Il est confronté aux débats entre promoteurs et adversaires de la théologie du Concile de Nicée sur la nature du Christ. Marqué par les textes d’Origène, Jérôme approfondit sa méthode d’exégèse de la Bible en comparant symboliquement les interprétations hébraïques, latines et grecques.

C’est alors que Jérôme revient à Rome pour quelques années. En lien avec le pape Damase et les dirigeants de l’Eglise, il participe au concile de Rome en 382. Il sert d’interprète en grec et latin pour faciliter les échanges et devient conseiller du pape.

Le pape le questionne sur des passages bibliques et Jérôme insiste alors sur la nécessité d’intégrer les aspects historiques des Ecritures pour comprendre le message spirituel qu’elles délivrent. A la demande du pape Damase, Jérôme révise le texte de la Bible latine, car des divergences existent entre les différentes versions de la Vetus Latina qui circulent en Occident.

Durant ces années passées à Rome, Jérôme est entouré d’un cercle de femmes cultivées issues de familles aristocratiques, comme Marcella et Paula accompagnées de leurs filles Blaesilla et Eustochium. Sa démarche est novatrice car il souhaite donner une dimension spirituelle reconnue à des femmes chrétiennes engagées. Il fait donc la promotion du statut de femme consacrée. Il écrit une lettre pédagogique vite diffusée : « Rien n’est difficile pour qui aime…Si tu es attirée par quelque objet fastueux, déplace ton centre d’intérêt vers le paradis…sois déjà ici-bas ce que tu seras là-haut ! » Cette invitation au détachement connaît un certain succès mais suscite l’opposition au sein du clergé de Rome. Jérôme critique la cupidité des évêques et des prêtres en poste et qualifie leurs mœurs de païens, ce qui ne lui crée pas que des amis.

Après la mort du pape Damase en 384, et l’opposition qui se déchaîne, Jérôme est dans l’obligation de quitter Rome. Il se dirige vers Jérusalem accompagné de son frère Paulianus et de quelques disciples, dont Paula et Eustochium prêtes à laisser derrière elles les milieux patriciens. Le groupe visite pieusement Jérusalem, Bethlehem et les lieux saints. Ils y rencontrent Rufin d’Aquilée et Mélanie qui vivent dans des monastères une vie consacrée.

En 386, Jérôme s’installe à Bethlehem où il fonde une communauté. Grâce à l’aide financière de Paula, il développe un centre d’accueil et de formation spirituelle pour les pèlerins. Paula dirige le monastère des femmes et Jérôme celui des hommes. La Bible étant placée au centre de la vie de la communauté, Jérôme offre à chaque groupe des explications détaillées sur les Ecritures. « Aime les Saintes Ecritures, et la Sagesse t’aimera ! », telle est sa devise.

C’est alors qu’à Bethlehem, Jérôme perfectionne sa connaissance de l’hébreu grâce aux enseignements du rabbin Bar Anima. A la bibliothèque de Césarée, il étudie la Bible en grec et en hébreu. Il traduit les psaumes en latin. Face à la théologie de Marcion qui réfute la validité du Premier Testament, Jérôme montre l’impasse de cette posture grâce à des commentaires bibliques de Michée, de Sophonie, d’Aggée et de Habacuc, en soulignant l’unicité du Dieu du Premier et du Nouveau Testament.

A la demande du monastère des femmes, Jérôme traduit les 39 homélies d’Origène et fait la critique d’Ambroise de Milan dont les erreurs de traduction l’incommodent. Afin de mieux rendre la tonalité exacte des passages de la Bible, Jérôme utilise l’hébreu ainsi que des traductions de rabbins. Ce qui est tout à fait nouveau puisque jusqu’à présent, le christianisme n’utilisait que la version grecque de la Septante.

Il se met à l’étude du théologien juif Philon d’Alexandrie et écrit une présentation « Sur les hommes illustres ».

Son tempérament passionné vaut à Jérôme des critiques acerbes. Ainsi, lorsqu’il dénonce le mode de vie relâché de certains moines, de solides inimitiés se font jour contre lui. Palladios, ami de jean Chrysostome, le critique sévèrement en le décrivant comme caractériel. Ce qui n’empêche pas Jérôme de poursuivre sa traduction de la Bible, tout en se distançant des interprétations d’Origène. Il fait un mea culpa révélateur de sa nouvelle approche : « Je dois me faire pardonner d’avoir dans ma jeunesse interprété allégoriquement les Saintes Ecritures alors que j’en ignorais le sens historique ».

 

Jérôme traduit les textes à partir d’un original hébreu proche de la version massorétique.

Il précise un peu plus tard son approche respectueuse du texte biblique : « L’interprétation spirituelle doit rester conforme à la vérité historique, car l’ignorance fait tomber beaucoup d’interprètes dans l’aveuglement ! »

Sa conclusion est qu’ « ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ! »

Jérôme défend à la manière juive les différentes possibilités de traduction qui permettent d’enrichir la lecture d’un texte biblique.  C’est à cette période que Jérôme traduit la Bible en s’appuyant sur l’hébreu. Chacune de ses préfaces prend la défense de la langue hébraïque en réponse à ses détracteurs partisans de la Septante.

Ces travaux déterminants dans l’histoire de l’Eglise suscitent l’intérêt de l’évêque d’Hippone, Augustin. Augustin correspond avec Jérôme, mais en disqualifiant une traduction qui se ferait sur des bases hébraïques.

En 406, l’évêque de Toulouse lui demande son avis sur la doctrine diffusée par le prêtre Vigilance qui refuse le culte des martyrs de la foi et s’oppose au célibat consacré à Dieu. Jérôme répond que les témoins morts sont spécialement unis à Dieu et intercèdent pour les vivants. Et il réitère la valeur qu’il donne au célibat consacré comme attestation de l’attente du royaume de Dieu.

 

Lorsque les Wisigoths saccagent la ville de Rome en 410, des amis de Jérôme sont tués et il en est très affecté. Jérôme meurt en 419 à Bethlehem. Ses restes d’abord inhumés à Jérusalem sont transférés à Rome lors des invasions musulmanes en Palestine.

On retiendra du travail de Jérôme le lien inséparable qu’il établit entre le sens historique et la dimension spirituelle d’un texte biblique, sa proximité des méthodes rabbiniques montre son souci de respecter la « Veritas hebraïca » dans sa traduction. C’est au concile de Trente au 16ème siècle que la version latine de Jérôme appelée « Vulgate » est officiellement approuvée et recommandée comme authentique. L’usage de la Vulgate ne s’est généralisé qu’à partir du 9ème siècle en parallèle des copies de la Vetus Latina.

En 1454, le premier livre imprimé par Gutenberg est la Vulgate de St Jérôme (édition 14ème siècle).

Une de ses réflexions : « Le vrai temple du Christ, c’est l’âme du croyant, c’est elle qui mérite d’être comblée de présents. A quoi cela sert-il de voir des murailles rutilantes de pierres précieuses si le Christ, en la personne d’un pauvre, meurt de faim ? »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2022/03/saint-jerome-et-la-traduction-de-la-bible-2-261978.html

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 07:40
La formidable saga de la dynastie des Rothschild
Le mythe de Midas

Midas était roi de Phrygie entre 715 et 676 avant notre ère. S’étant vu accorder un vœu de la part de Dionysos, dieu de la vigne, il demanda la faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait, pour le meilleur, et pour le pire. Ce conte mythologique de l’antiquité gréco-romaine n’est pas sans rappeler une saga moderne : la formidable histoire de la dynastie Rothschild. Ceux que l’on désigne comme « Les plus grands financiers du monde » cultivent le mythe de cette réussite insolente. Issus d’un milieu populaire, ils deviendront la famille la plus riche d’Europe. Finançant les Etats, influençant la politique mondiale, combattant les guerres de religions, soutenant l’art, les Rothschild sont devenus au fil du temps un modèle de travail, d’audace, et de perspicacité. Retour sur une famille dont l’instinct de négociation légendaire força tant l’admiration que le mépris.

 

Le destin extraordinaire d’un juif opprimé de Francfort

famille-rothschildTout commence au XVIIIème siècle dans le ghetto juif de Francfort-sur-le-Main dans l’ouest de l’Allemagne. Mayer Amschel Rothschild, né le 23 Février 1744 et père d’une famille de dix enfants (cinq garçons et cinq filles), est un juif-orthodoxe ordinaire issu d’une famille modeste. En ce temps, les juifs vivent une période difficile, l’antisémitisme se développant d’une façon inquiétante : ils ne peuvent posséder de biens immobiliers, portent un insigne jaune sur leur vêtement et payent des impôts plus que conséquents. Ils doivent même descendre du trottoir lorsqu’ils croisent un chrétien dans la rue. La plupart des métiers leur sont interdits, mais pas la banque. Ils sont en effet libres d’accorder des prêts (donc récupérer des intérêts) et d’effectuer des opérations de change. À cette époque, l’Allemagne est divisée en de nombreuses municipalités opérant avec des monnaies différentes. Les métiers de la finance présentent donc un énorme potentiel.

Mayer Amschel Rothschild est quelqu’un d’unique : c’est un surdoué des calculs et il possède un sens commercial hors norme. Ces atouts exceptionnels lui permettent de se faire connaître auprès de la famille princière austro-hongroise et notamment de construire des liens forts avec le Prince Guillaume de Hesse-Cassel. Les affaires devenant fleurissantes, ses enfants se joignent à lui : ses cinq fils (Amschel, Nathan, Salomon, James et Carl) s’occupent des clients tandis que les filles se chargent des travaux d’écritures. La philosophie Rothschild se met alors en place : (1) Payer ses factures à temps, (2) ne jamais contracter de dettes, (3) honnêteté et franchise. En 1796, Mayer Amschel Rothschild est alors l’un des juifs les plus riches de Francfort.

 

La Grande Ascension

Très vite, Mayer Amschel comprend les enjeux de l’expansion de son établissement. Nathan est le plus audacieux des cinq jeunes frères. Il est ambitieux, travailleur et désireux de monter sa propre affaire au-delà des frontières allemandes. Après s’être lancé dans le trading de textiles à Manchester, il ouvre son établissement financier, la branche londonienne de la banque de son père : NM Rothschild & Sons.

Tout s’accélère durant la période des guerres napoléoniennes. Asphyxiée économiquement par le blocus mis en place par les français, l’Angleterre n’a d’autre choix que de trouver des sources de financement pour payer son armée. Parallèlement, le prince Guillaume de Hesse-Cassel, chassé de son pays lors de la défaite de Iéna en 1806 a confié à Amschel la gestion d’une fortune estimée à 15 millions de pièces d’or. C’est une véritable opportunité commerciale pour les Rothschild qui savent tirer parti de cette position stratégique. Nathan, devenu le leader des cinq frères à la mort de son père en 1812, organise de nombreuses livraisons de marchandises et autres lingots d’or. Deux ans plus tard, le prince reprend possession de ses terres lors de la bataille des Nations à Lindenau. Il récupère l’intégralité de son trésor, intérêts compris. Le nom Rothschild devient synonyme de fidélité, de puissance et d’intégrité.

Nathan se voit alors nommé responsable du financement de l’avancée de Wellington sur le territoire français en 1814. Il bénéfice d’une aide précieuse : son frère James qui s’occupe de vendre des francs vers l’Angleterre et avec lequel il communique grâce à des pigeons voyageurs. Cet atout local accélère le refinancement du pays, se soldant par la victoire de Waterloo en 1815. Ayant eu vent de cette information bien avant les autorités, Nathan spécule sur la monnaie du vainqueur : le 20 juin 1815, il se rend à la Bourse de Londres et met en vente tous ses titres en ébruitant volontairement l’information selon laquelle Napoléon est sorti victorieux de la bataille. Pris de panique, les investisseurs suivent l’exemple de Nathan, entraînant l’effondrement des du marché des actions. Au dernier moment, le jeune stratège rachète au plus bas les titres sur le marché. Cette victoire en bourse, le « coup du siècle », assure la fortune de la famille.

Cette consécration met en avant une richesse d’un nouveau genre : l’information. Véritable précurseur de ce système de coursiers rapides, les Rothschild perçoivent bien avant les autres la valeur financière du temps.

Ainsi, le monde financier est en pleine évolution. Pour la première fois, les Rothschild mettent réellement en place un système de banque-réseau européen. Ils inventent également un nouveau concept en finance : un gouvernement peut contracter un emprunt auprès d’un organisme privé en échange d’un titre (et d’intérêts).

Mais alors que l’on pourrait penser que la famille est reconnue et respectée de tous, les Rothschild ne sont pas sollicités lors de la signature des traités de paix. Leur ascension financière attire paradoxalement les foudres de la presse. Ils sont alors victimes d’un antisémitisme généralisé. Les livres de l’époque tels que « l’Argent » où Emile Zola dénonce justement ces dérives, montrent clairement le développement d’une campagne anti-juive qui ne cessera de croître jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Néanmoins, les Rothschild font preuve d’encore plus de détermination face à cette réalité.

En ce début de XIXème siècle, les frères ont conquis l’Europe : Nathan est à Londres, James à Paris, Amschel à Francfort, Salomon à Vienne et Carl à Naples. Ce réseau international devient la fondation de leur dynastie. En 1822, ils deviennent officiellement barons de Rothschild.

 

James, roi des juifs de France

La-famille-Rothschild_FR

 Alors que Nathan s’impose définitivement comme le leader de la famille, un autre des frères voit sa côte de popularité grimper en flèche : James.

La France représente une terre d’accueil privilégiée pour le jeune frère dans la mesure où le climat est bien plus ouvert depuis la révolution de 1789. Les juifs ont d’ailleurs les mêmes droits que les chrétiens.

James est élégant, cultivé, raffiné, et possède un goût prononcé pour l’art. Dès 1840, il devine avant les autres le potentiel des machines à vapeur et de l’exploitation minière qui y est associée. Cette intuition se révèle vite payante et confirme ses qualités d’investisseur aguerri. Cela lui vaut bientôt une belle notoriété au sein de l’hexagone à tel point que le roi Louis-Philippe fait appel à lui. Cependant, en 1848, ce dernier rend les armes. On se dit que James va quitter le pays. Et bien non. Là encore, il joue parfaitement le coup et s’attire les louanges de Napoléon III. Victime de la jaunisse, il sera le dernier frère à s’éteindre en 1868.

 

Petits enfants : sur le toit du monde

Au sein des Rothschild, une nouvelle génération est en place. Conscient de l’injustice dont leur famille est victime comme tous les juifs d’Europe, ils se mettent en quête de l’obtention du pouvoir politique afin de faire évoluer les mentalités et surtout les pratiques.

Lionel est le fils de Nathan, il a d’ailleurs repris les affaires au sein de NM Rothschild & Sons. Plus motivé que jamais à défendre ses droits et ceux de la communauté juive d’Europe, il arrive à accéder au rang de député à force de persévérance. Son plus grand fait d’arme est le renflouement du gouvernement égyptien en 1874 pour empêcher l’indexation du canal de Suez par les français. Lors de son décès d’une crise cardiaque en 1879, les Rothschild sont à l’apogée de leur puissance. Ils ne reviendront jamais à un tel niveau d’influence.

 

Affaiblissements et premières tensions

 La 1ère partie du XXème siècle est très difficile pour la famille Rothschild.

La montée du nazisme représente une menace constante et croissante. Bien qu’ils arrivent pour la plupart à quitter les pays sous occupations (plusieurs sont cependant déportés), les Rothschild n’arrivent pas à mettre en place de stratégies pour gérer les perturbations économiques de ces années.

Séparés, persécutés, pillés par les nazis, tout semble à refaire. Dans les années 50, les banques de Londres et de Paris sont sur le déclin et ne s’occupent essentiellement plus que de riches clients fidèles à la famille. Les Rothschild perdent énormément d’influence sur le continent européen.

Dans les années 70, après une vingtaine d’année sans grande activité, Jacob Rothschild l’arrière, arrière, arrière petit fils de Nathan Mayer et 4ème baron Rothschild (titre britannique), souhaite relancer la branche londonienne. Il veut ouvrir l’établissement à des investisseurs étrangers afin d’être en mesure de concurrencer les grandes banques d’affaires de l’époque.

Néanmoins Evelyn, son cousin, n’est pas d’accord. Mais surtout, il a le soutien de Victor qui n’est autre que…le père de Jacob. Cette lutte de pouvoir sans précédent divise la famille : c’est le premier grand conflit au sein de la famille Rothschild. Evelyn demeurant à la tête de NM Rothschild, Jacob part avec son portefeuille de clients et fonde Rothschild Investment Trust.

Des tensions émergent, surtout en France. Dirigé par Guy de Rothschild jusqu’en 1981, la branche française est nationalisée par le gouvernement socialiste de François Mitterrand. Cette décision fait l’effet d’une bombe pour Guy.

Rothschild_logoEn 1984, avec David, son fils, ils travaillent à la reconstruction d’une banque indépendante. Deux ans plus tard, ils sont autorisés à utiliser le nom Rothschild pour leur établissement (sous le gouvernement d’Edouard Balladur), accompagné d’un préfixe ou d’un suffixe. Grâce à un « gentleman agreement » signé avec la branche cadette Edmond de Rothschild basée à Genève (Banque privée et gestion d’actifs, appartenant à la branche française), la banque parisienne prend le nom de Rothschild & Cie. Par contrat, chaque banque peut donc s’appeler Rothschild à condition de ne pas porter le nom seul.

SMALL-BPERE-MONO-RGBCette cohabitation se passe relativement bien pendant plusieurs années puisque chacun dispose de son terrain de jeu propre : la banque parisienne est une banque d’affaires, alors que son cousin suisse (bien que Benjamin soit français) se spécialise dans la gestion de fortune.

Cependant, dans les années 2000, le projet de création d’une banque en ligne « e-Rothschild Services » par Edmond de Rothschild ne plait pas à David pour qui le nom se veut volontairement universel.

En 2003, nouvel acte de guerre. La réunification des branches françaises (Rothschild & Cie) et londonienne (NM Rothschild) permet à David d’accéder à de la gestion de fortune. Edmond de Rothschild réplique en se lançant notamment dans des opérations de haut de bilan.

 

Que nous réservent les années à venir ?

 Les Rothschild sont peut-être la seule famille dont le nom semble résister au temps. Du fondateur Mayer Amschel au sulfureux Nathaniel Philip Rothschild, 44 ans, héritier de la branche anglaise (fils de Nathaniel Charles Jacob Rothschild, 4ème baron Rothschild), ex-président du célèbre hedge fund Alticus Capital, la magie entourant cette famille demeure intacte. Enviée, jalousée, admirée, quoi qu’on en dise, la dynastie Rothschild fascine. Leur histoire est à l’image des plus grands best-sellers : rivalité familiale, coups de génie, retournements de situation, cavales, jeux de pouvoirs, guerres et fortune sont au rendez-vous. Il nous tarde simplement d’assister au prochain acte.

 

Bonus : Arbre généalogique et détails supplémentaires

Afin de bien comprendre le développement européen de la famille Rothschild, voici un arbre généalogique présentant les héritiers de Mayer Amschel Rothschild et de ses cinq fils. Seule la branche anglaise et française sont ici développées dans la mesure où les 3 autres branches de la famille (Francfort, Naples et Vienne) ont disparu.

Branche Anglaise (héritiers de Nathan) : NM Rothschild & Sons et Château Mouton

Nathan eut 7 enfants (4 fils et 3 filles). Deux des fils prirent une importance majeure au sein de la famille : Lionel Nathan de Rothschild, et Nathaniel de Rothschild :

La branche Lionel Nathan de Rothschild (1808-1879) – NM Rothschild & Sons

Banquier et homme politique britannique, il est le père de 5 fils dont Nathaniel Mayer de Rothschild (1850-1915), 1er Baron Rothschild (titre britannique – traduction de Lord, à ne pas confondre avec l’appellation générale « baron de Rothschild », titre autrichien). Ce dernier, associé au sein de la branche londonienne NM Rothschild & Sons, devint président de la filiale à la mort de son père en 1879. Le plus jeune fils de Nathan, Leopold de Rothschild (1845-1917) travaillait également au sein de NM Rothschild & Sons à Londres. Les deux fils eurent des enfants :

  • Nathaniel Mayer de Rothschild, père de Lionel Walter Rothschild, 2ème Baron Rothschild (1868-1937) et de Nathaniel Charles Rothschild (1877-1923), lui même père de Nathaniel Mayer Victor Rothschild, 3ème Baron Rothschild (1910-1990).
  • Leopold de Rothschild, père de Anthony Gustav de Rothschild (1887-1961), lui même père de Evelyn Robert Adrian de Rothschild (né en 1931), président de NM Rothschild & Sons, dont la fortune est estimée à 20 milliards de dollars.

La branche Nathaniel de Rothschild (1812-1870) – Château Mouton

Businessman et banquier, il est surtout le fondateur du célèbre domaine viticole Château Mouton Rothschild (Premier Grand Cru classé Pauillac depuis 1973).

Sans titre

Branche Française (héritiers de James) : Rothschild & Cie et Edmond de Rothschild

James est le père de 5 enfants (4 fils et 1 fille). Son fils Salomon James de Rothschild n’ayant une qu’une seule fille, nous allons nous concentrer sur ses 3 autres fils.

 

La branche Mayer Alphonse de Rothschild (1827-1905) – Rothschild & Cie

Le baron Mayer Alphonse de Rothschild est le fils ainé de James. Banquier et collectionneur français, il eut quatre enfants. Le cadet Edouard Alphonse James de Rothschild (1868-1949) lui succéda à la direction de Rothschild Frères, et comme régent de la Banque de France. Il hérita d’une partie du vignoble Château Lafite Rothschild (premier grand cru) appartenant autrefois à son grand-père James. Edouard est le père du baron Guy Edouard Alphonse Paul de Rothschild (1909-2007), associé gérant de la banque Rothschild Frères, renommée Banque Rothschild en 1967 puis Compagnie européenne de Banque lors de sa nationalisation en 1982 (revendue à la Barclays en 1991). Il est le fondateur de la banque indépendante Rothschild & Cie avec son fils David René James de Rothschild (né en 1942). Ce dernier, diplômé de Science-po Paris en 1966, est l’actuel dirigeant du groupe Rothschild (réunification des banques Rothschild & Cie et NM Rothschild & Sons en 2003). Ils furent rejoints par le demi-frère de David, Edouard Etienne Alphonse de Rothschild, qui dirigea le conseil de surveillance de Rothschild jusqu’en 2005.

La branche Gustave Samuel James de Rothschild (1829-1911) – les collectionneurs

Deuxième fils du baron James, Gustave fut un célèbre collectionneur d’art possédant de nombreux hôtels et châteaux. Père de 6 enfants, son fils cadet Robert Philippe Gustave de Rothschild (1880-1946) était notamment le propriétaire de l’hôtel de Marigny et du château de Laversine.

La branche Edmond James de Rothschild (1845-1934) – Edmond de Rothschild

Cadet du baron James de Rothschild, Edmond fut l’un des plus grands collectionneurs de son époque. Il finança de nombreuses campagnes d’exploration avec son frère Gustave. Son deuxième fils Maurice Edmond Charles de Rothschild (1881-1957) lui aussi un grand mécène, hérita de la fortune de la branche de Naples et déménagea en Suisse pour y développer les activités familiales. Il devint alors un « self-made » milliardaire grâce à des investissements bien pensés. Son fils Edmond Adolphe Maurice Jules Jacques de Rothschild (1926-1997) fut un banquier franco-suisse. Fort d’un trésor exceptionnel légué par ses ancêtres, il était à la tête de deux établissements bancaires spécialisés dans la gestion de patrimoine et la gestion d’actifs réunis sous le nom de « Groupe Edmond de Rothschild » depuis 2010 : La Compagnie Financière Edmond de Rothschild basée à Paris qu’il créa en 1953, et la Banque privée Edmond de Rothschild basée à Genève. Son fils unique Benjamin Edmond Maurice Adolphe Henri Isaac de Rothschild (né en 1963) est la 21ème fortune de France en 2015 selon le magazine Challenges (3,5 milliards d’euros).

 

Edouard Lancksweirt, étudiant à l’ESCP Europe et contributeur du blog AlumnEye

Sources :

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 05:49
La croyance médiévale en la Terre plate, une invention de la modernité ?

Nous croyons habituellement que les hommes du Moyen Âge ignoraient la sphéricité de la Terre. Dans La Terre plate. Généalogie d’une idée fausse (Belles lettres, 2021), les historiennes Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony rétablissent une vérité historique – le Moyen Âge avait parfaitement conscience que la Terre n’était pas plate – et dénoncent un storytelling moderne destiné à rabaisser une époque dominée par l’institution religieuse.

D’après une étude réalisée en 2017 par Conspiracy Watch et l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, environ 10 % des personnes interrogées (9 % en France, 16 % aux États-Unis) pensent « qu’il est possible que la Terre soit plate ». Si la croyance contemporaine en la Terre plate – dans le sillage de la Flat Earth Society fondée en 1956 – peut amuser, elle est aussi le marqueur d’une fascination renouvelée pour les théories du complot. Parfois, l’obstination des « platistes » peut tourner au drame. Ce fut le cas lorsque Mike Hugues, membre de la communauté surnommé « Mad Mike » cherchant à prouver la validité de sa théorie, mourut dans le crash d’une des ses fusées artisanales

Nous sommes souvent tentés, lorsque nous nous penchons sur les théories platistes, de tourner notre regard vers le Moyen Âge, souvent considérée comme cette « obscure période de 1000 ans » qui a dû attendre la découverte des Amériques par Christophe Colomb et les révolutions coperniciennes puis galiléennes pour abandonner cette croyance. D’ailleurs, n’avons-nous pas appris à l’école que les hommes du Moyen Âge avaient oublié l’enseignement des Grecs et qu’ils réfutaient la sphéricité de la Terre puisqu’on ne pouvait pas marcher la tête en bas ? Ou encore parce les navigateurs qui atteignaient le bout du monde tombaient dans un gouffre sans fin ? 

« Manipulation de l’histoire des sciences »

 

Pour Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony, auteures de La Terre plate. Généalogie d’une idée fausse (Belles lettres, 2021), le mythe de la Terre plate en cache un autre, beaucoup moins discuté et pourtant tout aussi puissant : le mythe de la croyance médiévale en la Terre plate. En effet, contrairement à ce que beaucoup d’entre nous croient, du fait d’un enseignement scolaire daté et d’une recherche parfois paresseuse, les hommes du Moyen Âge, hormis de manière très marginale, savaient parfaitement que la Terre était sphérique : « Or non seulement l’idée que le Moyen Âge croyait que la Terre était plate est historiquement fausse, mais elle relève d’une manipulation de l’histoire des sciences, et surtout des consciences, et participe d’une vision pauvrement linéaire et téléologique du développement des civilisations, issue du positivisme et de l’idée de progrès défendue depuis le XVIIIe et surtout le XIXe siècle. »

« C’est principalement au XIXe siècle que s’est répandue et fortement enracinée l’idée d’une croyance des hommes du Moyen Âge en une Terre plate »
Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony, historiennes
 

La croyance médiévale en la Terre plate ne reflèterait donc en rien la réalité scientifique de cette période, mais serait une construction pure et simple de la modernité philosophique dans le but d’asseoir sa domination intellectuelle. « C’est principalement au XIXe siècle que s’est répandue et fortement enracinée l’idée d’une croyance des hommes du Moyen Âge en une Terre plate. La légende, cependant, est plus ancienne et apparaît timidement au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, en particulier avec Voltaire », soulignent les auteures.

 
 
Statue de Voltaire par Jean-Antoine Houdon (France, Paris, 1741-1828) / Musée d’Art du comté de Los Angeles

 

Voltaire, dans son combat contre l’obscurantisme religieux, a souhaité démontrer que le christianisme, et notamment les Pères de l’Église, avait imposé au monde la croyance en la Terre plate pendant un millénaire, croyance qui fut seulement vaincue par deux figures héroïques, à savoir celle du scientifique éclairant les lois de la nature par la raison et celle de l’intrépide navigateur bravant les interdits de l’institution religieuse.

Penseurs marginaux

 

Une des méthodes souvent utilisée par ceux qui veulent dénigrer le Moyen Âge et la réalité scientifique de cette époque consiste à mettre en avant des penseurs marginaux qui remettaient réellement en question la sphéricité de la Terre et à leur donner le statut d’autorité spirituelle et scientifique. 

C’est le cas notamment de Lactance, un rhéteur du IIIe et IVe siècle qui obtiendra tardivement le titre de Père de l’Église en 1770. Dans Les Institutions divines, Lactance exprime explicitement son hostilité à l’égard des antipodes et de la sphéricité de la Terre.  « Mais Lactance n’est ni un philosophe, ni un savant, et il n’a pas de légitimité à enseigner la cosmologie. De fait, sa prise de position contre les antipodes – dont l’argumentation est tout à fait inepte même pour l’époque – est restée isolée au sein de l’Église romaine », précisent Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony. 

Encore plus emblématique de cet amalgame malhonnête est la figure de Cosmas Indicopleustès, un chrétien nestorien du VIe siècle, auteur d’une Topographie chrétienne défendant l’idée d’une Terre plate. Voltaire, encore lui, mais aussi les Américains Irving, Draper, et Dickson White (déjà dénoncés par le médiéviste Jeffrey Burton Russell dans Inventing the Flat Earth publié en 1991) donnent à Cosmas une importance considérable qu’il n’a jamais eue historiquement, du fait notamment qu’il était partisan du nestorianisme, doctrine reconnue comme hérétique et condamnée par le concile d’Éphèse en 431. « Cosmas ne fait pas partie des Pères de l’Église, il n’a été ni traduit en latin (il était donc illisible durant tout le Moyen Âge), ni approuvé, encore moins promu, par les autorités, tant religieuses que politiques. Son œuvre n’a eu aucun retentissement sur le savoir médiéval.  » 

Contrairement à ce que défendaient certains philosophes des Lumières, le christianisme médiéval n’avait pas oublié les textes des physiciens et des astronomes de l’Antiquité, qui postulaient dès le IIIe siècle avant J.C. (pour Ératsosthène) ou le IIe siècle (pour Ptolémée) la sphéricité de la Terre. 

De même, les représentations des penseurs présocratiques (qui eux pensaient pour la plupart que la Terre était plate) n’étaient pas connues du haut Moyen Âge. En réalité, des pères de l’Église beaucoup plus éminents que Lactance, comme Saint-Augustin, avaient une bonne connaissance des théories païennes. « Augustin n’a donc jamais réfuté l’idée de la sphéricité et il écrit ailleurs, à propos de la vertu divine, qu’elle est « la cause de la rondeur de la Terre et du Soleil ».  »

 
 

Dans la proposition « Au Moyen Âge, on croyait que la Terre était plate », on ne précise jamais qui est le « on "

Les auteurs soulignent également que dans la proposition « Au Moyen Âge, on croyait que la Terre était plate », on ne précise jamais qui est le « on ». S’agit-il de l’autorité religieuse, de l’état du savoir scientifique, de la croyance populaire ? Or, « on ne peut considérer comme témoin valable du savoir la population de ceux qui ne savent pas, d’autant que l’on n’a guère de renseignements sur ce qu’un paysan de l’Aveyron ou un artisan corrézien savait ou croyait. Si certainement la grande majorité de la population, analphabète et illettrée, ne se demandait probablement pas si la Terre était sphérique ou plate, on a en revanche des données plus fiables sur le milieu des lettrés et, à partir de l’apparition des universités, sur le contenu officiel des enseignements. Or parmi les lettrés et leur entourage, il ne fait pas de doute que la sphéricité était non seulement connue, mais n’était pas discutée ». 

Persistance du savoir scientifique païen

 

Si l’on se penche sur les enseignements d’Isidore de Séville (560–636), évêque éponyme, « dernier des Pères de l’Église latine » et fondateur de l’encyclopédisme médiéval, on remarque la persistance  du savoir scientifique païen (en particulier la cosmographie aristotélicienne et néoplatonicienne) et sa description de la Terre comme « globe terrestre » est explicite.

 

Isidore de Séville par Bartolomé Esteban Murillo (XVIIe siècle)
 
 

De même, en ce qui concerne la diffusion du savoir dans les milieux universitaires, on peut évoquer la figure de Jean de Sacrobosco, scientifique et moine anglais du XIIe siècle formé à Oxford avant devenir professeur de mathématiques à Paris. Son Tractatus de Sphaera, manuel de synthèse de l’astronomie greco-arabe conquis  un large public. « Son succès est attesté par le grand nombre d’exemplaires manuscrits survivants […] par le fait […] qu’il fut dès le milieu du XIIIe siècle utilisé par l’Université de Paris puis par toutes les grandes universités européennes », soulignent Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony. 

 
Il n’y avait pas d’opposition radicale entre la croyance religieuse et l’avancement de la science, bien plutôt des tentatives de réconciliation
 

Enfin, le cardinal Pierre d’Ailly (1351–1420), qui connaissait bien les travaux de Ptolémée, a produit vers 1410 un Imago Mundi et un Compendium cosmopgraphiae qui circulèrent dans les milieux lettrés. Ces différents exemples prouvent que la sphéricité de la Terre était parfaitement admise au Moyen Âge et qu’il n’y avait pas d’opposition radicale entre la croyance religieuse et l’avancement de la science, bien plutôt des tentatives de réconciliation.

Les auteures montrent en revanche que c’est plus tard que les tensions entre science et religion s’exacerbent : « C’est d’ailleurs dans l’Europe moderne, et pas dans celle du Moyen Âge, que l’on brûle « sorciers » et surtout « sorcières ». Ce n’est pas une Église de type médiéval qui a condamné Galilée et les thèses coperniciennes, mais précisément l’Église du début du XVIIe siècle, celle de l’âge de Descartes, utilisant une nouvelle vision littéraliste des Écritures.  »

S’il y a donc eu une période « obscurantiste » de l’Église romaine, elle ne coïncide pas avec le Moyen Âge mais avec un moment paradoxal de la modernité. La croyance en la Terre plate n’est donc pas un phénomène « moyenâgeux », et peut-être pas d’ailleurs un phénomène du tout. Si les présocratiques postulaient que la Terre était plate, nous savons depuis Aristote et Platon que la Terre est une sphère. Cet héritage a bien été transmis au Moyen Âge et, hormis quelques figures marginales, le monde chrétien n’en a jamais vraiment douté. Le mythe de la Terre plate en cache donc bien un autre : celui de la croyance médiévale en la Terre plate.

 
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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 03:41
Honte à Stora, qui confond envahisseurs islamistes et cavaliers arabes

Mandaté pour rédiger, pour Macron, un rapport sur l’épine algérienne plantée dans le pied de la France (épine appelée pudiquement la « question algérienne »), voici ce que ledit historien Benjamin Stora écrit sur la reine guerrière berbère Dihya, la Jeanne d’Arc des Kabyles, surnommée « Al Kahina », une icône vivante pour tous les peuples berbères :
« Les Berbères, qui ont été islamisés à partir du VIIe siècle, se souviennent qu’ils ont jadis appartenu, pour beaucoup, à des communautés juives ou à des tribus berbères judaïsées, d’où est issue la Kahina, la célèbre reine des Aurès qui entreprit un combat contre les cavaliers arabes. »

Cette affirmation a dû irriter beaucoup de monde, dont Gisèle Halimi qui a consacré un livre à l’héroïne berbère à qui elle vouait une admiration toute particulière. Mais Gisèle ne va pas se retourner dans sa tombe. Certes, se retourner dans sa tombe est une astuce qu’on recommande aux morts pour leur permettre d’exprimer leur indignation vis-à-vis d’un événement qui se serait produit après leur disparition, mais Gisèle ne va pas se contenter de faire une demi-galipette dans sa tombe. Elle va se lever et aller administrer une bonne torgnole à ce Benjamin de l’histoire.

Dénigrer celle qui, 14 siècles après sa mort, est toujours considérée comme un exemple de bravoure, de résistance, de loyauté et de patriotisme est, pour Gisèle comme pour tous les Berbères et tous ceux qui souffrent de l’oppression islamique, un affront insupportable.
La reine Dihya, que ses ennemis, les envahisseurs musulmans, ont surnommée Al Kahina (étym. de Cohen, prêtre du dieu d’Israël, ici la voyante juive), a mené une guerre implacable contre les armées islamiques qui ont envahi l’Afrique du nord au VIIe siècle.

Elle a été magnifiée par tous les historiens de tous les âges. Mais ne voilà-t-il pas que le petit benjamin de la story la présente, sans vergogne, sous les traits d’une brigande des grands chemins !
Méchante « Kahina » ! S’attaquer à des cavaliers arabes, paisibles comme tout, qui faisaient juste une randonnée équestre dans la région, c’est inadmissible.

Les pacifiques « cavaliers » arabes ne lui avaient rien fait. C’est elle qui « entreprit » un combat contre eux, écrit le benjamin chéri de l’Élysée. Elle leur est tombée dessus sans crier gare.
Mais pourquoi ledit historien Benjamin falsifie-t-il l’Histoire ?
Ce n’était pas de paisibles « cavaliers arabes » qui se retrouvaient sur le chemin de la reine Al Kahina, mais une armée islamique sanguinaire qui a dévasté l’Afrique du Nord à partir de 642, tuant, pillant, incendiant et détruisant tout sur son passage. Elle était arrivée, en l’an de disgrâce 681, sur les rivages de l’Atlantique où son commandant Oqba aurait, dit-on, avancé son cheval dans les flots de l’océan et pris Dieu à témoin qu’« il n’y avait plus d’ennemis de la religion à combattre ou d’infidèles à tuer ».
Il sera tué sur son chemin de retour par Al Kahina.

Mais les Berbères ne vont pas pouvoir résister longtemps devant les hordes islamiques qui arrivaient de plus en plus nombreuses en renfort aux paisibles cavaliers du petit Benjamin.
L’existence d’Al Kahina – et la résistance qu’elle a opposée aux armées de l’invasion islamique  – doit déranger le Benjamin qui se considère comme un historien spécialiste de l’Algérie et du Maghreb.
Il veut la gommer de l’histoire de l’Algérie en même temps qu’il s’agite pour insérer l’émir Abdelkader dans l’espace français, dans la rue comme à l’école. Il préconise de lui ériger une stèle. Comme on érigerait une stèle en hommage à Yasser Arafat à Tel Aviv ou, inversement, une stèle en hommage à Yitzhak Shamir.

Al Kahina est ancrée dans l’imaginaire collectif berbère (le prénom d’Al Kahina est répandu autant en Algérie qu’en France et ailleurs), alors que l’émir Abdelkader n’apparaît que dans le discours officiel.
Elle est avec le chef kabyle Koceila, tuée lors de combats avec les envahisseurs musulmans et à qui elle a succédé à la tête des troupes berbères, les deux seules personnes, à travers toute l’histoire du monde, à s’être opposées à l’islam et à l’islamisation de leur pays et à avoir donné leur vie pour préserver l’intégrité de leur peuple.

Le benjamin semble bien redouter que Gisèle ne sorte de sa tombe et ne vienne lui administrer ce qu’il mérite. Il propose donc de l’enfermer au Panthéon d’où elle ne pourrait pas sortir. Benjamin sait que le Panthéon, c’est comme la Bastille dans le temps. On y entre mais on n’en sort jamais. Le benjamin serait donc en sécurité si Gisèle y entrait.
La panthéonisation de Gisèle est l’une des « préconisations » qu’il avance dans son rapport pour soulager la France de l’épine algérienne.

Mais le benjamin doit savoir que Gisèle n’est pas la seule à être indignée par ce qu’il a écrit.
Beaucoup d’historiens doivent l’être aussi. Et pas seulement des historiens.
Le grammairien Maurice Grevisse doit souffrir de ce rapport plus que personne d’autre. De sa vie, il n’a jamais vu autant de fautes de grammaire chez un historien ou même chez un écolier.
Le rapport de la Stora est en effet un magma de fautes. De grammaire, d’orthographe, de syntaxe, de ponctuation, bref, de tout ce que doit comporter un texte destiné au président de la République : plus de 200 fautes…

Le rapport que tu as rédigé est un torchon, Benjamin.
Honte à toi.

Messin’Issa

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 01:37
Genève, sa christianisation, du premier siècle à l’an mille
Les premières traces humaines sur le site de Genève remontent à 5000 ans. Sur les rives du Léman se dressaient des villages lacustres sur pilotis. Les vestiges archéologiques montrent que la colline de la Vieille Ville a commencé à être  habitée autour de 1000 av. JC.  Vers 500 avant notre ère, des Allobroges (Celtes) s’y installent dans une fortification. Mais en 121 av. JC, les Romains soumettent la région, assimilée à la Gaule Transalpine.

Genève (Genua, le genou, rappelant le tracé du Rhône) devient célèbre lorsqu’en 58 av. JC, Jules César en personne, (cf De Bello Gallico) vient dans la cité pour couper la route aux Helvètes en plein soulèvement, raison pour laquelle il détruit le pont sur la rade et installe ses troupes dans un oppidum. C’est ce qui va faire de Genève une ville romaine. Genève détient par la suite une position unique entre la Gaule, l’Italie et la Germanie, située au carrefour de deux voies romaines majeures : l’une venant de Rome par Milan, l’autre venant de Vienne et se dirigeant vers la Séquanie. Nyon, toute proche, devient aussi une ville romaine.

Après un incendie général au milieu du premier siècle, Genève est reconstruite avec des matériaux durables et dans un style citadin, entourée d’une muraille fortifiée. Au sommet de la colline se dresse le Temple d’Apollon, dans les rues Basses se trouvent les foires et marchés, et à Plainpalais s’élève une arène pour les jeux.

Premier contact chrétien :

C’est en 57 que, selon la tradition, Nazaire, disciple de Lin, arrive à Genève. Invité dans un petit cercle de requérants spirituels, il y pose les bases de la foi judéo-chrétienne. Un jeune homme nommé Celse se convertit, citoyen de Genève évoqué plus tard par St François de Sales. Etant donné les allées et venues de nombreux voyageurs du sud vers le nord, le christianisme peut donc commencer à germer au bord du Léman dès le milieu du 1er siècle. Les historiens Blavignac et Blanchet rapportent même que, selon des traditions et certains monuments, l’apôtre Pierre en personne serait venu à Genève, passant par Aoste, pour dispenser des enseignements bibliques.

L’évangélisation se propage par relations, sans publicité. Un prêtre nommé Peregrinus envoyé aux Gaulois par le pape Sixte I vient à Genève où il célèbre le baptême de plusieurs habitants de la cité touchés par l’évangile du Christ. Une conversion retentissante est celle du prêtre d’Apollon qui demande le baptême et reçoit par la suite l’imposition des mains pour devenir prêtre chrétien dans la jeune communauté. Il meurt considéré comme un saint, après une vie de dévouement aux pauvres et à la cause de l’évangile. Deux noms de témoins majeurs de la petite Eglise naissante apparaissent : Hygin et Telesphore.

Le premier évêque résidant à Genève serait vraisemblablement le romain Dominius, à l’époque où l’empereur Constance accède au pouvoir à la suite de Dioclétien. L’évêque Dominius parvient à persuader le nouvel empereur de Rome de renoncer aux persécutions antichrétiennes. Après Dominius, ce sera un moine de Grande Bretagne, Eleutherius, que choisit le pape Sylvestre pour la fonction épiscopale à Genève. C’est à cette époque, le 4ème siècle, que l’empereur Constantin accorde au christianisme un statut reconnu, sans pour autant interdire les anciens cultes païens.

Les successeurs d’Eleutherius à la tête de l’Eglise genevoise sont Nicéphore, qui combat l’arianisme. Puis Hormisdas, confronté au retour des persécutions antichrétiennes sous Julien l’Apostat. Ensuite, Diogène, qui participe au concile d’Aquilée où est condamné collégialement l’arianisme. Isaac, dont le témoignage personnel permet à Eucher, évêque de Lyon, de populariser le martyre de la légion thébéenne de St Maurice.

Fin 4ème siècle, c’est le Strasbourgeois Théophile qui reprend les rênes de l’Eglise de Genève et en plaide la cause au concile de Turin, afin de lui fournir des aides substantielles et des secours significatifs.

Les Burgondes

Alors que les Romains avaient été maîtres du Léman durant cinq siècles, voici que commence l’ère des Burgondes puis des Francs.

Les Burgondes, Germains venus du Rhin, renversent le pouvoir romain. Gundioch est reçu à Genève comme un libérateur, tant les populations lémaniques ont souffert sous le poids exorbitant des impôts romains. Gundioch fonde le royaume de Burgondie, territoire sur lequel se situe Genève. Son fils Gondebaud choisit donc Genève comme capitale.

Les flux d’invasions barbares se succèdent. Les peuples devenus chrétiens se tournent vers les évêques pour leur demander protection et intervention. Leur médiation auréolée d’une reconnaissance spirituelle par les envahisseurs aboutit souvent à la suspension des pillages et des destructions. Les chefs temporels locaux, admirateurs du courage des évêques, les dénomment volontiers « defensores civitatum ».

Au 5ème siècle, Salonius, fils d’Eucher, évêque de Lyon, devient évêque de Genève. C’est à cette période que le pape Léon 1er met sous la responsabilité de l’archevêque de Vienne les Eglises de Grenoble, Valence, Tarentaise, et Genève. Salonius participe au premier concile d’Orange en 441, et à celui d’Arles en 450.

Son successeur est Théolaste, qui connaît l’époque troublée où l’hérésie arienne commence à pénétrer l’Eglise de Genève et à semer la division. Des conflits familiaux sanglants dans la dynastie burgonde brouillent les cartes du pouvoir et assombrissent brutalement les perspectives.  C’est alors qu’intervient le rôle de la princesse burgonde Clotilde résidant à Genève : sa main est demandée par Clovis, qui a entendu louer sa beauté et ses qualités humaines. Clovis n’est pas chrétien, mais la foi lumineuse de sa fiancée le bouleverse. L’intérêt politique de Clovis eût été de choisir plutôt le camp de l’arianisme, de plus en plus répandu  en Europe et plus favorable à des alliances politiciennes. Mais Clotilde est convaincante par sa sincérité et Clovis choisit la foi catholique pour recevoir le baptême du Christ.  

C’est ainsi que la princesse genevoise a contribué à ce que son époux le roi des Francs devienne un membre de l’Eglise catholique et s’éloigne du mouvement arien dissident.

En 502, la sœur de Clotilde fonde une église sur l’emplacement de l’ancien temple d’Apollon, sur la colline dominant Genève. Domitien, évêque, la consacre sous le vocable de basilique de St Victor.

Les successeurs de Domitien sont Maxime, Pappulus, Grégoire et Nicetius.

En l’an 563, l’éboulement d’une montagne en Valais provoque un terrible raz de marée qui en suivant le cours du Rhône traverse le lac Léman, et provoque une crue catastrophique sur les rives. Dans la cité de Genève, il y a de nombreuses victimes et beaucoup de dégâts matériels. A l’évêque Salonius succède Cariatto, qui exerce une influence bénéfique sur le roi Gontram, aux mœurs barbares. Ouvert à ses conseils, celui-ci accepte de réformer son attitude et se fait finalement le protecteur des pauvres et des marginaux de Genève.

Les Etats de Gontram passent à son neveu Childebert. Les évêques suivants sont Rusticus et Patrice. Rusticus participe au concile de Londres.

Ensuite vient Apellinus. C’est alors qu’arrive dans la région le célèbre Colomban, moine irlandais prêchant la pénitence dans toute l’Helvétie. Il tient un langage exigeant, dénonçant ceux qui par leur inconscience ressemblent – selon son expression – à une effigie d’or à l’extérieur mais ne sont que boue à l’intérieur. Contesté pour la radicalité de ses propos, Colomban reçoit au concile de Macon le soutien d’Apellinus, évêque de Genève.

Puis vient Pappolus II, qui meurt durant son voyage à Rome, aussitôt suivi de Robert 1er, puis d’Adrianus, d’Eposaldus et d’Albo.

Hupportunus prend ses fonctions sur le siège épiscopal de Genève avec la confiance de Charles Martel. Il convoque un concile à Genève en 726, auquel prennent part les Eglises de Vaud et Neuchâtel. 116 évêques et 140 abbés de monastères sont présents. L’Eglise est en plein développement et elle s’organise.

En 773, Charlemagne, ami des arts et de la connaissance, convoque un synode à Genève. Gilabertus est évêque de Genève et devient un conseiller écouté. Charlemagne est couronné empereur des Romains en l’an 800.

Puis viennent les évêques Walternus et Astaldus. Et c’est le tour d’Angesige, citoyen de Genève, qui est élu au siège épiscopal. Après lui, Optandus, est unanimement investi par le peuple et par le clergé. Ses opposants sont évincés par le pape Jean VIII qui lui donne sa confiance et confirme son élection. Puis on trouve Apradus, et Franco.

Après les divisions entre carolingiens, Rodolphe 1er reconstitue le royaume de Burgondie. Mais il est attaqué par Arnolphe, roi de Germanie, qui envahit le pays de Vaud. Pour arrêter l’effusion de sang, deux évêques se proposent en médiateurs : Guillaume, évêque de Bâle, et Anselme, évêque de Genève.  A la mort de ce dernier, les Genevois proposent un diacre nommé Adelgandus pour lui succéder. C’est à cette période que les comtes amplifient leur pouvoir, en particulier le comte de Genève. Opportunistes, ils parviennent peu à peu à placer des membres de leur famille sur le siège épiscopal, tels que Aymon, Gérold et Hughes II.

Attaque des Sarrasins à Genève

Hughes assiste à l’investiture d’Odilon, abbé de Cluny, dont l’influence va être grandissante. Il prend part au concile de Rome. Au début du 11ème siècle, les Sarrasins qui écument déjà les cités de la bordure méditerranéenne viennent par vagues attaquer les villes de la région alpine. Toutes les vallées sont écumées. L’abbaye de St Maurice n’échappe pas à leurs assauts. A Genève, les Arabes pillent l’église St Victor sur la colline de la ville et l’incendient. Après cette profanation des saintes reliques et la prise de butin, Odilon en personne, abbé de Cluny, vient à Genève pour réhabiliter le prieuré désormais érigé en abbaye.

Hughes s’emploie à relever l’église de St Pierre en Valais détruite par les Sarrasins. Il le fait sans doute parce que cette église valaisanne est dédiée au même saint patron que St Pierre de Genève, la cathédrale.

A cette même époque, toute l’Europe se couvre de monuments magnifiques, églises, monastères, cathédrales, prieurés, chapelles, la créativité artistique se déploie jusque dans les moindres villages. Les monastères défrichent, mettent en valeur et alphabétisent.

Les successeurs d’Hughes sont Conrad, Aldangandus II, Bernard II, Frédéric. Frédéric appartient à la famille des comtes de Genève. Il est un proche du pape Léon IX, qu’il accompagne à l’abbaye de St Maurice en Valais puis à Besançon lors de la consécration de l’autel de St Etienne.

Les archives de Genève possèdent une Bible du dixième siècle, à la fin de laquelle il est mentionné : Fredericus episcopus genuensis. (Ce qui entre parenthèses contredit la thèse de Luther qui prétendait qu’on ne connaissait rien de la Bible en milieu catholique, alors que cet évêque genevois en possède une et la fait lire à son clergé).

Son successeur est Borsadus. Sous son épiscopat, Henri IV, roi de Germanie fait une halte à Genève, au cours de sa célèbre visite à Canossa pour demander au pape son pardon.

L’Eglise de Genève va devoir – par ses évêques – suppléer au rôle des politiques : il s’agira de protéger la population des abus princiers et de résister aux insatiables appétits de pouvoir des comtes de la région et des ducs de la province voisine, la Sapaudie (ou Savoie, pays des sapins).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

https://www.dreuz.info/2021/10/geneve-sa-christianisation-du-premier-siecle-a-lan-mille-4-254174.html

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