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4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 05:41
Connaissance et amour se complètent

Connaissance et amour sont apparemment incompatibles : c’est un des problèmes les plus graves de la condition humaine. L’amour, l’affect, le ressenti, la poésie semblent si différents de la connaissance, de la pensée, de la logique ! Cette dernière rend lucide au prix d’un assèchement du cœur ; la première l’assouplit, mais au prix d’un terrible aveuglement.

Toutefois, est-ce si vrai ?

Utpaladeva nous assure qu’il n’en est rien :

yady athāsthitapadārthadarśanaṃ yuṣmadarcanamahotsavaś ca yaḥ /
 yugmam etad itaretarāśrayaṃ bhaktiśāliṣu sadā vijṛmbhate //
 
« La vision des choses telles qu’elles sont
et l’immense fête de ton adoration
forment un couple
qui se porte l’un l’autre,
un couple qui grandit
sans cesse pour tes amoureux. » 
Utpaladeva, Hymnes à Shiva, XIII, 7
(N.B. : suite à une erreur de manipulation que je ne remarque que maintenant, ce verset figure bien dans l’introduction, p. 10 du livre paru aux édition Arfuyen, mais pas dans la traduction elle-même… je prie mes lectrices et lecteurs de bien vouloir m’excuser)
 
Plus qu’une compatibilité, ce verset évoque bien une complémentarité : connaissance et amour se portent mutuellement.
 
Kshema Râja, dans son Explication de ces hymnes, justifie brièvement cette  complémentarité par le fait que connaissance et amour, ou philosophie et mystique sont toutes les deux manifestées par la Conscience universelle.
 
Or, Ânanda Vardhana, le grand poéticien du Cachemire et sans doute le plus profond de l’Inde, avait déjà composé un verset similaire dans son La Splendeur de la résonance (Dhvanyâloka) qui fut ensuite commenté par Abhinava Gupta. Voici ce verset :
 
yā vyāpāravatī rasān rasayituṃ kācit kavīnāṃ navā
dṛṣṭir yā pariniṣṭhitārtha-viṣayonmeṣā ca vaipaścitī /
te dve apy avalambya viśvam aniśaṃ nirvarṇayanto vayaṃ
śrāntā naiva ca labdham abdhi-śayana ! tvad-bhakti-tulyaṃ sukham //
 
« Cette puissance nouvelle des poètes
de savourer les saveurs (rasa)
et cette vision savante 
qui s’éveille à la vérité certaine des choses :
nous nous sommes appuyés sur ces deux (approches)
pour décrire inlassablement toutes choses… 
Ainsi épuisés, nous n’avons (pourtant) pas atteint
un bonheur comparable à l’amour pour toi,
ô toi qui couche sur l’océan ! »
Ânanda Vardhana, Dhvanyâloka, II, 43
 
Ce verset est cependant différent. Ânanda renvoie les poètes et les philosophes dos à dos et distingue les amoureux du divin (bhakta). Tandis qu’Utpaladeva, qui vînt une génération après Ânanda, laisse entrevoir une réconciliation pleine et entière de la philosophie et de l’amour (bhakti), dans lequel il range implicitement la poésie. Ainsi l’art, avec ce qu’il comporte d’artifice, complète la connaissance de l’art divin, la philosophie. Laquelle, au reste, est aussi une expression du même amour, comme son appellation occidentale l’indique assez. Amour de la vérité, amour du beau convergent et se nourrissent mutuellement. Certes, à première vue, la connaissance rend lucide, alors que l’amour aveugle. Mais n’est pas vrai quand l’objet des deux est l’absolu. Car alors, on tend vers le même objet, puisque l’absolu est un. Ici encore, amour et connaissance sont deux phases d’une même respiration et vivent l’un par l’autre, comme un couple parfait.
 
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4 septembre 2024 3 04 /09 /septembre /2024 04:38
L’art de se fier à sa sagesse intérieure

En cette ère de l’information, nous sommes bombardés de contenu en tout genre exprimant des opinions diverses. Cette abondance de vues différentes se manifeste en spiritualité comme ailleurs. Au milieu de ce torrent d’information, il est important de développer une solidité intérieure. C’est un art d’apprendre à se fier à sa propre sagesse intérieure.

Bien percevoir et définir sa sagesse intérieure

Pour pouvoir se fier à notre sagesse intérieure, une première étape est de savoir bien l’entendre et la percevoir. Des temps de calme et de silence, au moins quelques fois par semaine, sont nécessaires. Que ce soit en méditation, ou en marche dans la forêt, la connexion avec votre essence profonde se fait mieux dans le calme. Ainsi, vous développez la faculté d’identifier les ressentis intérieurs et physiques qui viennent avec la connexion à votre sagesse intérieure.

Puis, il s’agit de définir, pour vous même, en utilisant le mental comme outil, des repères claires et solides de ce qui constitue l’essentiel de votre sagesse intérieure. Vous pouvez expérimenter avec plusieurs valeurs avant de trouver ce qui résonne vraiment dans votre Centre. Trouvez votre vérité, ici et maintenant, ce qui est indiscutablement central pour vous. Pour moi, après avoir fouillé et expérimenté à bien des endroits ( religions, spiritualité, livres, techniques énergétiques, … ), il m’est apparu clairement que l’évolution spirituelle réelle est reliée aux hautes vertus du cœur, et que le reste n’est qu’accessoire. Avec le temps, mon mental a cristallisé ce qui est ma vérité essentielle en trois repère clairs : la bienveillance, la compassion et la gratitude . Je résonne avec confiance et certitude à cette vérité. C’est cette confiance qui permet de se fier à sa sagesse intérieure.

À vous, donc, d’établir clairement ce qui est vrai et immuable pour vous. Trouver vos repères, au travers de ce qui résonne toujours en vous comme vrai.  Trouvez les mots qui évoquent pour vous un bien qui reste beau et vrai, et souhaitable pour tous et pour vous, en toute circonstance. Ma propre vision du monde me porte à croire que vous trouverez cette solide fondation d’éternité dans les hautes valeurs Coeur, mais à vous d’explorer et de trouver.

Raffiner et purifier sa vérité intérieure

Prenez votre temps pour établir clairement votre vision et l’expression de votre vérité sacrée, et apprendre à la manifestez de plus en plus dans le quotidien, dans des objectifs clairs. Testez-là consciencieusement, ajustez-là au besoin.

Certains outils sont utiles pour le faire. Par exemple, demandez-vous simplement si la vie humaine sur terre serait mieux pour tous, si tout le monde adoptaient et appliquaient les mêmes valeurs fondamentales que vous.

Un autre outil pour épurer votre claire vision est d’observer vos réactions émotives. Ce qui vous heurtent, chagrine, ou vous mets en colère, est-ce vraiment relié à vos valeurs profondes? Vos émotions vous permettent de constater ce qui compte vraiment pour vous. Cette clarté apporte la simplicité, et même votre ombre s’illumine.

Solidité et sérénité dans l’ouverture

Avoir établi clairement ce qui est vrai et divin, pour vous, vous donne une bonne solidité. Cette référence intérieure vous donne de l’indépendance par rapport aux vérités que l’on voudrait vous enseigner de l’extérieur. Si votre clarté spirituelle et votre pouvoir vous ont été donné de l’extérieur, il y a toujours danger de contrôle et de manipulation. On peut vous enlever ce que l’on vous a donné. Mais on ne peut vous enlever ce que vous êtes, dans votre essence même.

Et n’oubliez pas que vos doutes sont parfois plus prêts de votre vérité intérieure que les certitudes des autres 😉

Aussi, votre clarté intérieure ne veut pas dire de se fermer aux autres. Il s’agit plutôt de développer en vous un espace intérieur de transition, pour évaluer, pour discerner. Ce que l’autre, les autres, vous proposent, examinez-le, dans cet espace, à la lumière de vos repères fondamentaux. Modulez et intégrez ce qui s’harmonise, laissez aller ce qui ne convient pas, sans répulsion ni agitation. Rester serein alors même que l’on tente de vous faire douter de votre vérité, c’est un bel aspect de l’art de se fier à sa sagesse intérieure.

Re-trouvez la confiance en votre lumière, chers amis, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à ce monde-ci !

 

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3 septembre 2024 2 03 /09 /septembre /2024 23:30
Atteindre l’œil du Cyclone

En premier lieu, il est important de comprendre que vous ne vous connaissez pas ! Vous ne savez pas qui vous êtes vraiment pourtant vous connaissez bien votre histoire, mais cette histoire est cela même qui vous empêche de découvrir qui vous êtes vraiment. Mais alors, qu’est-ce que cette histoire ?

Il existe tant d’histoires qui vous gouvernent, vous orientent et vous alimentent mais elles ne sont que des histoires, juste des informations qui vous racontent quelque chose que vous prenez pour réel. Mais alors qu’est-ce que le réel ?

Tout ce qui vous apparaît comme réel est ce que vous acceptez de croire comme vrai. Mais alors qu’est qui est vrai ?

Tout ce qui vous apparaît comme vrai est tout ce qui vous permet de valider votre manière d’entrevoir le monde. Mais alors qu’est-ce que votre manière de voir le monde ?

Votre manière de voir le monde est l’histoire même que vous vous racontez sans cesse dans votre tête. Elle vous donne l’impression de pouvoir décoder votre monde en vous y apportant du sens, de la cohérence et ainsi une base de compréhension afin de pouvoir exister en elle. Elle vous donne une place, des repères et permet la possibilité de pouvoir vous mouvoir à travers elle.

Toute cette histoire et donc tout votre monde au départ existe seulement de manière extérieure !  Car votre existence ne peut être qu’en rapport direct avec le monde du dehors. Pourtant toute cette construction provient de votre champ intérieur par le biais des réactions et confrontations vécues à travers le monde et les autres.

Ainsi, toute cette histoire crée une solide impression que seul existe le monde du dehors alors que pourtant tout se passe dans le monde du dedans ! Car l’habitude, dans cette mise au monde, fut exclusivement cette focalisation extérieure et cette focalisation du monde du dehors à travers toutes les histoires qui viennent jusqu’à vous, vous empêchent de découvrir qui vous êtes vraiment !

Car toutes ces histoires sont le support et la base qui alimentent votre histoire personnelle et vous détourne ainsi de tout ce qui pourrait vous montrer une toute autre manière de voir le monde… Pour que vous puissiez vous ouvrir à cette autre manière de voir, il est important de comprendre que tout le processus et donc tous les rouages viennent seulement de ce qui se passe en vous, de l’intérieur !

Et tant que vous resterez focalisé sur le monde du dehors vous ne pourrez rien changer à votre vie ! Tout ce chaos qui vous afflige de tant de souffrances restera pour vous lettre morte ! C’est pour cela que l’unique moyen de déchiffrer votre vie est de pouvoir apprendre à lire les lignes et les mots qui structurent les histoires qui vous gouvernent !

Tout est à l’intérieur et l’arme la plus terrible est votre conscience. Alors comment peut-elle se retourner contre vous ? Encore une question que vous devrez apprendre à résoudre par vous-même !

Un des moyens pour comprendre le royaume de votre conscience est l’ouverture par de nouvelles voies et manières d’interpréter votre monde… car en fin de compte, tout ce qui vous bloque est cela même qui vous aidera à le dépasser ! Tout est dans votre interprétation, dans votre regard puisque ce que vous voyez à l’extérieur n’est que le reflet de ce qui se cache en vous !

Vous ne vous connaissez pas !

Vous ignorez tout de vous car ce que vous croyez connaître est seulement l’arbre qui vous cache la forêt ou si vous préférez le haut de toute la structure qui vous enferme telle de multiples poupées gigognes.

Tous les sens de ces mots s’utilisent comme des histoires à réveiller des morts. Vous pouvez les prendre comme vous voulez. Ceci vous appartient mais ceci dit, à vous de voir, tout est dans le voir ou dans comment on le voit et surtout dans comment on l’entend.

Quelle est la cause de votre ignorance alors que vous vous persuadez de tout le contraire ? Ceci est la première question importante à vous poser ! La question reste de savoir comment bien s’interroger quand pourtant tout vous apporte déjà les réponses ! Peut-on se questionner réellement quand le monde est rempli de réponses ? Et si les réponses ne servaient qu’à induire leurs propres questions ? Est-ce vous qui vous poserez toutes ces questions ? Serait-il alors nécessaire de se poser d’autres questions si vous avez déjà toutes les réponses ? Existe-il d’autres questions dont les réponses ne se donnent pas ? Peut-être qu’elles font partie de celles que l’on trouve tout seul ? Ici, beaucoup de questions sans réponses, peut-être parce que vous êtes déjà la réponse ! Et comme vous vous êtes habitué à ce que l’on réponde à votre place et que l’on vous pose toutes sortes de questions, vous n’avez pas eu encore la possibilité de vous poser ce genre de questions…

Mais alors, vous seriez passés à côté de cela sans découvrir que vous étiez déjà la réponse à toutes vos questions !  Comment pouvez-vous vous posez cette question : vous ne vous connaissez pas ? Si vous n’êtes pas déjà conscient que ce soit le cas, alors comment en être conscient ? En commençant peut-être par vous poser de nouvelles questions en comprenant quelle différence il y a entre la conscience et l’inconscience !

Êtes-vous inconscient ? Qu’est-ce que l’inconscience ? Êtes-vous souvent absent de vous-même ? Mais alors où êtes-vous ? Et si vous n’êtes pas là, qui est là ? Est-ce que vous êtes hors de vous ? Mais alors dans quel monde vivez-vous ? Où se trouve ce que vous êtes ? Est-ce un lieu inconnu ? Mais inconnu à qui ? A quoi ?

Toutes ces questions se posent là maintenant. Elles n’ont de sens qu’à vous donner l’opportunité de vous ouvrir à autre chose, de créer des voies d’accès à ce lieu inconnu en vous pour l’instant ! Ce lieu inconnu où vous pourrez vous trouver dans votre totalité, en toute conscience, en toute présence, en toute reliance !

Mais avant de vous trouver, vous allez être comme obligé de vous perdre dans tout ce que vous n’êtes pas, dans tout ce qui ne vous correspond pas comme si vous aviez besoin de connaître tout ce qui n’est pas vous pour savoir enfin qui vous êtes ! Dans ce jeu de miroir, où l’inconscience règne et où peu à peu tout vous ramène à la conscience, beaucoup si perdent et oublient même de continuer leur chemin perdu temporairement dans tout ce qu’ils ne seront jamais

Qu’est-ce que cette histoire ? Est-ce que se sont toutes ces histoires qui vous perdent ? Le monde dans lequel vous vivez est rempli d’histoires à dormir debout ! Pourquoi ? Pourquoi toutes ces histoires vous endorment-elles ? Êtes-vous en train de dormir ? De rêver ? De cauchemarder ? Qu’elles sont ces histoires qui vous constituent et qui vous alimentent ?

Tant d’histoires vous gouvernent

Il y a tant d’histoires qui vous gouvernent, vous orientent et vous alimentent sans que vous en ayez conscience ! Toutes ces histoires sont pourtant le cadre dans lequel vous êtes comme enfermés ! Toutes ces histoires qui vous sont racontées comme toute cette histoire que vous passez en boucle dans votre tête sont la base et la structure de votre propre réalité. Est-ce réel ? Est-ce imaginaire ? Quelle en est la différence ? Vos croyances ? Votre vision du monde ? Votre façon de l’interpréter ? Ou bien leurs croyances, leurs visions du monde, leurs façons de l’interpréter ?

Vous avez besoin d’un cadre, d’une trame dans laquelle vous pouvez vous couler afin de vivre avec les autres. Quel est votre rapport à autrui ? Jusqu’à quel point êtes-vous prêt à aller pour ressembler aux autres, vous perdre, vous oublier ? Quel en est le prix ? Et surtout avez-vous le choix ? Prenez-vous ce choix ? Ce choix d’où provient-il ? De vous ? De qui ? Est-il basé sur votre propre réalité ? Sur la réalité de tous ?

Qu’est-ce que ce réel ? Votre réel ? leur réalité ? Quelle en est la différence ? Cette réalité vous fait-elle réagir ? Vous pousse-t-elle à agir ? A faire des choses comme penser, réfléchir voire même rêver ? Posez-vous un instant… Posez-vous toutes ces questions… Vous dérangent-elles ? Qu’est-ce qui peut vous déranger tellement pour avoir envie que d’une seule chose : arrêter d’y réfléchir ! Mais de réfléchir quoi ?

D’un coup, votre propre fonctionnement qui est de ne pas réfléchir, de ne pas vous poser tant de questions, s’en trouve être complètement bouleversé par tout ce bombardement d’interrogations qui telles des bombes viennent vous attaquer et vous mettent dans tous vos retranchements ! Comprenez bien cela est nécessaire pour qu’enfin vous puissiez prendre conscience de toute l’ampleur du phénomène dans lequel vous vous trouvez enlisé, bloqué, cloîtré.

Posez-vous toutes ces autres questions : 

  • qui gouverne ma vie ? Moi ou bien toutes ces histoires qui en moi tournent en boucle ?

  • qui choisit l’orientation de ma vie ? Moi ou bien toutes ces histoires qui en moi tournent en boucle ?

  • qui alimente ma vie ? Moi ou bien toutes ces histoires qui en moi tournent en boucle ?

A ce point de bascule, vous commencez à comprendre que quelque chose ne tourne pas rond et que peut-être, si tout est fait pour ne pas réfléchir par vous-même, si tout est fait pour que vous ne puissiez pas vous poser vos propres questions, c’est que tout est fait pour que vous ne puissiez découvrir par vous-même ce qui se passe en vous !

Et ici, je pèse mes mots car ce qui se passe en vous est d’une telle importance que vous ne pouvez même pas l’imaginer pour l’instant ! Toutes les histoires de votre monde sont là pour focaliser votre attention à l’extérieur afin de ne jamais aller voir ce qui se passe en vous car tout est là, en vous, à vous attendre…

Ce lieu, cet espace est la clé qui vous permettra d’ouvrir toutes les portes, de comprendre toutes les interrogations que vous pourriez avoir, de vous apporter toutes les réponses que vous aurez besoin afin d’avancer sur votre propre chemin… Mais pour l’instant ce chemin que vous vivez n’est pas votre, il est seulement celui de la majorité ! Et tout cela est en train de changer…

Qu’est ce qui est vrai ?

Qu’est ce qui est vrai ? Quand toutes les histoires de ce monde sont fondées sur des strates de mensonges et de manipulations, quelle est la place de la vérité ? Quand tout est fait pour que le mensonge devienne la norme, que devient la vérité ? Quelle est la mesure de ce monde ? Le mensonge ou la vérité ? Qu’est ce qui ne tourne pas rond pour engendrer un chaos si violent, si flagrant et si terrorisant ? Qu’est ce qui ne va pas dans ce monde ?

Dans ce monde où tout est maintenant inversé, où le mensonge a pris le masque de la vérité, il ne peut en fait qu’exprimer sans cesse seulement tous ses faux-semblants ! Tout ce qui vient jusqu’à vous, les images comme toutes les histoires qui vous abreuvent, sont détournées, manipulées et donc utilisées sciemment contre vous ! En êtes-vous conscient ? Pourquoi tout le monde marche sur la tête ? Pourquoi tout est inversé ? Peut-être tout simplement parce que le mensonge a pris le masque de la vérité et que le monde entier le perçoit comme la seule et éclatante vérité !

Pourtant l’essence même de la vérité fut éradiquée peu à peu de tout ce système qui a été mis en place ! Tout ce qui peut se montrer et arriver jusqu’à vous n’a qu’un sens :  celui de vous détourner de cette vérité, de votre vérité ! Hélas, le monde ne le sait pas encore, l’ignore et ferme les yeux sur ce qui est impensable ! Ce mot, impensable, symbolise totalement tout ce processus… impossibilité de penser par soi-même, impossibilité d’être authentique, original et pire, impossibilité de voir autrement tout ce qui est montré !

Il n’y a qu’un flux, celui du système, celui où la majorité s’abreuve, celui où toutes les mêmes histoires sont matraquées à chaque instant pour que cela rentre, pour que cela reste, pour que cela soit l’unique et seule vérité ! Voilà ce qu’est la vérité de ce monde, de ce système ! Si jamais vous cherchez autre chose que cette vérité, comment pourriez-vous la trouver quand le monde entier hurle cette même vérité ! Qu’est ce qui vrai ? Je vous le demande ?

Votre réalité est-elle basée sur cette vérité ? Est-ce réel ? Est-ce imaginaire ? Est-ce vrai ? Ici vous entrez dans tout le nœud du problème ! Vous voyez bien que cela ne sonne pas juste ! Vous sentez bien dans vos tripes que tout ça ne fonctionne pas ou fonctionne mal ! Que pouvez-vous faire quand vous prenez conscience que tout est inversé, que tout est sens dessus dessous !

Et bien déjà, vous vous réveillez, vous apprenez à ouvrir peu à peu les yeux et à voir les choses telles qu’elles sont et non plus telles que l’on vous les montre ! Cela fait toute la différence car doucement, en voyant clairement ce qui se passe devant, vous reprenez la main sur tout ce qui se faisait sans vous ! Le monde, le système veut tout faire sans vous, sans votre avis, sans votre réflexion, sans votre consentement…

Comment est-ce possible, comment font-ils ? Ils vous enferment dans une histoire, une croyance, un système si bien huilé que vous êtes certain que ce qui se passe est pour le bien de tous, pour votre bien, et pire, vous devenez même un rouage de tout ce système car tant que vous ne vous réveillez pas de cette emprise vous faite partie de cette entreprise collective.

Qui valide votre manière d’entrevoir le monde ?

Qui valide votre manière d’entrevoir le monde ? Est-ce vous ou bien le monde, le système ? Quel est le sens de toutes ces histoires qui vous abreuvent à chaque instant ? Ne sont-elles pas là pour valider une manière bien particulière de voir ce monde, le rendre réel ? N’entretiennent-elles pas son masque de vérité et deviennent ainsi l’étendard de tous ceux qui protègent ce système afin d’illuminer tous les êtres de la très sainte science comme seul garante de sa véracité !

C’est un subterfuge immense car c’est dans le processus même de cette impression univoque et extérieure que tout prend forme ! Ainsi, cette forme devient la norme et donc la référence de tout ce qui est vrai ! Seulement, cette vérité extérieure cache tout autant tous ses processus intérieurs qui la sous-tendent.

Pourtant, tout est là et tout se fait à votre insu, qui plus est, de manière totalement inconsciente pour l’instant ! Tout le but de votre réveil est de bien voir que ce champ inconnu en vous est le siège de votre puissance, de votre intelligence, de votre essence et de tout ce qui vous est nécessaire pour être vous-même et non plus une pâle copie moulée sur le tapis roulant de ce système qui ne s’est trop créé à la chaîne !

Tant que le monde, le système valide à votre place, votre propre manière de voir, vous ne pourrez pas voir autrement, ni même entrevoir ce qu’il y a derrière. Ainsi, votre réalité est calquée sur les plans du système en place vous montrant ce qu’il veut bien vous montrer, utilisant sa vérité comme le ciment de sa solidité ! Tant que vos seules références restent les histoires de ce système, vous êtes fils et filles du système vous battant pour son bien-fondé ! En somme, vous ne connaissez que cette seule réalité ! Seule cette vérité et donc seule cette manière d’entrevoir le monde vous permet de vous croire en sécurité !

Voilà tout le processus, toute la mécanique qui enferme un monde entier dans un système de croyance, un système de valeur, un système de jugement, un système qui empêche l’être d’être ce qu’il est tout en lui faisant croire tout et son contraire ! Tant qu’il est encore endormi dans ce rêve collectif et qu’il ne voit pas, qu’en fait, c’est le pire des cauchemars qui s’y passe, il ne pourra se réveiller.

Et tout reste la conséquence de toutes ces histoires que l’on vous raconte depuis votre plus tendre enfance. Vous êtes tellement enfermés dans vos propres histoires personnelles que vous ne pouvez vous ouvrir à une autre narration, une autre représentation !  Toute la solidité des structures de vos croyances est tellement ancrée en vous que vous ne pouvez même pas douter de tout cela ! Et pourtant, tout cela reste seulement des croyances qui peuvent être balayées tout aussi vite que de la poussière sur votre chemin !

La base du stratagème

La base du stratagème est dans l’histoire même que vous vous racontez sans cesse dans votre tête ! Tout est là, à l’intérieur de cette trame, avec un début, un milieu et une fin, soit un cadre temporel bien défini puis des événements marquants qui ont tissé toute la texture de votre personnage, de vos souvenirs puis de vos rêves, de vos aspirations, de vos désirs, de vos batailles et ainsi de tout ce qui vous a fait ! Tout est résumé là ! Mais pensez-vous n’être que cela ? Croyez-vous vraiment n’être que cela ?

Ces questions sont très importantes car si vous croyez que vous n’êtes que ça, alors pourquoi vouloir aller découvrir autre chose ? Pourquoi continuer à lire et à chercher un sens à tout ça ? Avez-vous trouvé un quelconque sens dans votre façon de voir le monde ? Est-ce que tout vous paraît insensé, sans le moindre début de cohérence ? Tout n’est-il pas incohérent ?

Vous avez cru que vous arriveriez à trouver du sens et de la cohérence grâce à toute la science et la raison que le monde vous a transmis. En fait, cela vous a amené droit dans le mur, tout droit dans un cul de sac comme si d’un coup tout se refermait autour de vous, sans vous prévenir, sans vous y attendre. C’est comme si le monde entier s’effondrait et vous emportez avec, dans des abîmes incompréhensibles et terribles. Comprenez bien, le seul sens en cette tempête qui vous foudroie est de vous réveiller de tout ce cauchemar. C’est son seul but, vous réveiller enfin !

Ce n’est pas le monde qui s’effondre, mais seulement votre propre représentation, votre façon d’entrevoir et de comprendre ce monde.  C’est pour cela que vous n’arrivez plus à le lire car il continu de s’écrire seulement avec des fausses notes, des mots tronqués et vidés de tous leurs sens… Ainsi, vous ne pouvez plus vous raconter d’histoire car toute la fausseté qui fut cachée à l’intérieur maintenant vous saute aux yeux et vous gifle de toute sa monstruosité !

Ainsi, la lumière a laissé place aux ténèbres, la clarté a laissé place à l’opacité, la vérité a laissé place au mensonge, la réalité a laissé place à l’irréalité… leur représentation ne peut laisser place maintenant qu’à votre propre représentation, à votre toute nouvelle narration, à votre unique et véritable histoire, celle qui s’écrit avec vos propres mots, avec vos propres désirs, avec vos propres rêves… et là est toute la différence !

Comprenez-bien que la destruction de cette représentation funeste est l’aurore d’une vie à la mesure de votre propre vérité ! Cette vérité vous appartient mais il va falloir aller la chercher dans cet endroit méconnu car c’est de là d’où vous provenez et c’est pour cela qu’en ce lieu vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin pour afin redécouvrir qui vous êtes !

Votre monde tout extérieur

Tout votre monde au départ ne peut être qu’extérieur, tournant sans cesse sur la superficie de vos vies. C’est ici que l’œuvre spirale prend tout son sens ! Peu importe où vous vous trouvez car sur n’importe quelle spire ou cercle de cette spirale, à partir du moment où vous vous réveillez de ce cauchemar, tout s’inverse ! Ainsi, d’un mouvement extérieur qui sans cesse vous éloignait de votre centre, tout se neutralise engendrant un mouvement opposé qui va peu à peu vous ramener au cœur de votre être.

Seulement, avant l’enclenchement de ce mouvement contraire grâce à cette neutralisation, tout vous pousse vers l’extérieur ! Tout vous focalise vers le dehors car tout se passe à l’extérieur et ainsi vous ne connaissez pas encore d’autres repères que cette manière de fonctionner. Comme tout est fait automatiquement et donc inconsciemment vous ne savez pas qu’il existe d’autres manières d’œuvrer. C’est ici, en cet état de fait que vous êtes immobilisés, tel un rouage dans toute la mécanique de ce monde et de ce système ! Permettant ainsi au système de fonctionner grâce à vos pensées et donc à vos croyances car toute cette énergie en est l’essence même…

Mais ça, vous ne le savez pas, vous le découvrez enfin et cette prise de conscience vous apporte peu à peu une distanciation nécessaire pour entrevoir et comprendre autrement ce qui se passe en vous grâce à une nouvelle lecture de ce qui se trame dans ce monde. Alors, une nouvelle narration vous conte toute autre chose ; différente de celle qui vous a été racontée avant !

Et là, il est tout à fait important de bien comprendre l’utilité de toutes ces histoires qui vous sont transmises sans cesse ! Elles sont l’essence même qui permet la solidification de toutes les structures de ce monde, de ce système ! Et si de nouvelles histoires venaient remplacer les anciennes, toutes les fondations de ce système serait alors ébranlé, jusqu’à s’écrouler sur lui-même !

C’est la raison pour laquelle le monde se trouve entraîné dans cette tempête infernale afin que les êtres enfermés dans cette représentation funeste et paradoxale puissent se réveiller.  Une minorité s’est ouverte à d’autres histoires, d’autres représentations qui déstabilisent ainsi le consensus de la réalité collective ! C’est toute la réalité de ce monde qui s’effondre mais elle n’est qu’un point de vue, une interprétation de ce qu’est la réalité ultime.

C’est pour cela que ce lieu inconnu en vous est d’autant plus important car une fois que vous vous rebranchez dessus, toute la fausseté du monde s’estompe peu à peu et commence à vous retransmettre ce que vous aviez oublié afin de vous réapprendre le langage de la vie ! Sachez que vous ne pouvez pas vous brancher sur deux flux en même temps : soit vous êtes ouverts totalement au monde du dehors et alors l’illusion vous informe par sa forme inversée, soit vous vous ouvrez à votre royaume intérieur et alors tout s’inverse pour vous ramener peu à peu au centre de votre être.

Tout se passe dedans !

Tout se passe dans le monde du dedans et pourtant toute votre vie appartient au monde du dehors ! Vous y avez grandi, appris tous ses codes, son langage et ses repères… Ce monde vous a laissé pourtant un héritage si pesant qui vous plombe, d’une telle lourdeur que vos pas sont comme ancrés à la terre de cette planète. On vous a appris à regarder et à écouter à l’extérieur, à sentir l’extérieur, tous vos sens sont encore exclusivement ouverts à celui-ci !

Comment vous débrancher de l’emprise du monde du dehors alors que vous ne connaissez que cela ! Votre seule expérience du monde appartient complètement à cet univers extérieur ! Comprenez bien qu’il vous a été complètement utile pour le début de votre vie ici-bas mais pour la suite, dans cet inachèvement inconscient, il vous reste tout un pan de votre propre réalité que vous ignorez totalement.

Cet extérieur est devenu si important, si prépondérant que vous pouvez avoir l’impression que tout est fait pour ne surtout pas vous retourner ! Quoiqu’il arrive, ce monde intérieur fait intrinsèquement partie de vous même si vous ne vous en souvenez plus ! Il est la partie essentielle, vitale qui telle une graine, par toutes ses racines même infimes, vous apporte tous les éléments nutritionnels qui vous serons utile afin de grandir dans votre monde ! Que ce monde soit tout extérieur ou même tout intérieur, il reste votre monde car il est votre champ d’expérience qui vous permettra de renaître à vous-même…

A la différence du monde extérieur, votre monde intérieur vous apportera la possibilité de décrypter toutes les histoires qui vous ont bercé pendant tellement de temps et il vous donnera en plus les clefs pour ouvrir toutes les portes et systèmes qui vous enferment encore ! Vous demeurez enfermés dans ce monde du dehors ! Comprenez-vous ?

Vous êtes tellement enfermés, illusionnés que vous n’en avez même pas conscience ! Le monde du dehors vous enchaîne non par ses murs ou par ses prisons mais par sa représentation même qui siège à l’intérieur de vous ! Comprenez-vous pourquoi vous devez vous tournez à l’intérieur et chercher à comprendre tous ces processus qui vous rendent totalement esclave !

Esclaves des temps modernes, réveillez-vous ! Les chaînes ne sont plus matérielles, ce sont toutes les images et les histoires qui alimentent en vous une représentation du monde ambigu, paradoxal, délétère !  Vous ne voyez rien car tout se passe de manière inconsciente, utilisant des signes et des symboles qui parlent un autre langage à des parties de vous dont vous ignoriez tout, jusqu’à leur existence même. Tout se passe à votre insu, et devinez où ? A l’intérieur de votre être ! Là où se trouve la puissance et la richesse, la grandeur et la sagesse et surtout l’intelligence qui vous apportera la clarté nécessaire afin d’entrevoir qui vous êtes vraiment.

Mais pour le découvrir, vous devrez vous ouvrir à ce champ intérieur ! Voici une autre question : comment pouvez-vous aller quelque part quand vous ne savez même pas que cette ville, que ce lieu existe ? Il n’y a pas de panneau indicateur dans le monde du dehors ! Pourtant, tout ce qui se passe à l’extérieur, comme toutes les histoires dont on vous abreuve sont les matériaux qui ont construit le maillage et les structures de votre propre histoire personnelle…

Le prisme qui décode le monde

Quelle est votre histoire personnelle ? A quoi sert-elle ? Toute cette histoire vous la connaissez très bien car elle est la mémoire vive de tout votre système ! Vous ne fonctionnez qu’à travers elle puisqu’elle est le prisme par lequel vous pouvez décoder le monde. Vous l’avez construite en réaction à tous les événements que vous avez rencontré le long de votre existence. Elle est colorée de toutes les émotions que vous avez ressenties à travers toutes vos réactions au monde mais également à travers vos rencontres avec autrui. Riche de toute cette complexité, vous vous êtes créé une certaine narration qui vous a permis de vous inclure dans ce monde, dans cette réalité.

C’est cette histoire qui vous permet de communiquer avec les autres comme avec vous-même, elle vous donne un cadre temporel, contextuel, existentiel qui donne du sens, qui permet de vous projeter vers autre chose  ! Sans votre histoire personnelle, vous seriez totalement perdus car vous avez besoin de cette trame mémorielle pour créer un cadre de référence qui vous donne les moyens d’interagir avec autrui et de vous orienter à travers elle. Cette orientation reste dépendante de ce que vous avez découvert car tout le reste vous n’y avait pas encore accès puisqu’elle ne fait pas partie de votre cadre de référence, de votre plan interne !

Comprenez-bien qu’au-delà de tout ce que vous connaissez, existent d’innombrables plans qui telles des spires s’enroulent vers le centre de tout ce qui est ! Pour l’instant, vous n’avez même pas accès à la totalité du plan dans lequel vous vous trouvez car vous ne pouvez accéder qu’à ce que vous connaissez à travers les connexions de votre propre histoire personnelle. Donc, votre histoire personnelle est ce qui vous a aidé un temps à prendre votre envol dans ce monde extérieur mais en même temps elle est ce qui vous ferme l’accès à toute votre intériorité ! C’est pour cela que vous devez passer de l’histoire du monde à votre propre histoire ou si vous préférez de l’extérieur à l’intérieur.

Ainsi, vous comprenez que tous les rouages de ce qui vous arrive viennent seulement de ce qui se passe en vous, à l’intérieur de votre propre représentation mentale qui est votre structure interne. Vous avez besoin d’aller l’explorer pour savoir ce qu’elle vous raconte vraiment ! C’est à travers votre histoire que la lumière de votre conscience projette son ombre sur le monde et vous montre ainsi tout ce dont vous avez besoin de voir afin d’avancer dans votre auto-découverte.

Quand vous constaterez que votre histoire personnelle est un processus de connaissance de soi et non plus une fin en soi, tout un nouveau pan de votre réalité viendra jusqu’à vous. Non qu’il en fût absent mais c’est plutôt vous qui en étiez totalement détournés et qui ne pouvez ainsi la recevoir. Votre histoire personnelle, qui pour l’instant vous enferme dans une certaine idée de sécurité contre tout ce qui vous est inconnu, bloque par cette croyance même tout ce champ inconnu qui est pourtant essentiel à votre futur fonctionnement.

Pourtant, cette partie inconnue a le potentiel même dont vous avez besoin pour dépasser toutes ces représentations antinomiques car elle vous apportera l’élan nécessaire pour créer un mouvement puissant qui vous aidera à sortir de votre enfermement. Vous êtes plus que votre propre histoire ! Le fait de le découvrir vous ouvrira les yeux sur tout ce qui est devant vous mais que vous ne voyez pas à cause de votre inconscience ou d’une certaine dissonance cognitive.

Déchiffrer votre vie

L’unique moyen de déchiffrer votre vie est de pouvoir apprendre à lire les lignes et les mots qui structurent les histoires qui vous gouvernent ! Les histoires extérieures comme votre propre histoire personnelle utilisent des lignes directrices, des structures identiques sur lesquelles elles sont toutes basées. Comprendre leur articulation ainsi que les interactions entre-elles emmène vers une ouverture d’esprit qui donne assez de hauteur pour voir tout le tableau d’ensemble. C’est exactement ce qui vous manque car tant que vous êtes enfermés dans la structure elle-même, vous ne pouvez vous donner les moyens d’en sortir.

Tous les moyens utiles sont en dehors de vos propres structures et pour pouvoir s’y ouvrir il vous faut vous donner la possibilité de décoder toutes ces lignes directrices, tous ces mots qui utilisent un langage que vous ne connaissez plus. Ainsi, vous avez besoin d’apprendre une nouvelle langue, le langage du vivant ! Comprenez bien qu’elle ne s’apprend pas à l’école ni dans aucune université du monde du dehors mais qu’elle se découvre à l’intérieur de vous, dans ce lieu inconnu ! 

Le monde entier cherche des solutions aux problématiques du système en place mais là où il les cherche il ne les trouvera jamais. Tout ce que vous avez besoin est de retrouver votre centre, votre axe, car là est le cœur du cœur de ce que vous êtes ! En ce lieu, tout est disponible, toutes les réponses, toutes les potentialités et par-dessus tout, votre propre vérité ! Le seul problème est que vous avez tout oublié !

Et c’est parce que vous avez tout oublié, que le monde, l’extérieur est devenu illisible, inaudible  et donc par conséquence insensé et incompréhensible. Vous n’avez plus les codes ni la grille de lecture pour pouvoir le décoder et comprendre tous les sens de ce qu’il peut vous apporter. C’est en cela que le monde est devenu un chaos car il vous est totalement insignifiant !

Tout le problème du monde du dehors est qu’il vous apporte sa propre signification vous orientant ainsi dans une seule direction. Mais cette direction est un non-sens flagrant car le monde ne sait pas qu’il existe un véritable sens en tout ça et donc une direction à rechercher ! Ce sens ne se donne pas puisqu’il peut seulement se trouver en vous même !

Voilà le paradoxe : tout vous est offert sur un plateau d’argent mais tout est empoisonné car cela vous dessert totalement ! Les significations que le système vous donne sont tronquées, biaisées, falsifiées et donc dirigées vers une seule direction qui restera à jamais un cul-de-sac ! Derrière toutes ces histoires, toutes ces images se cachent un seul maître mot dont son unique signification est que vous ayez besoin du monde, que vous ayez besoin du système pour survivre !

Ce que vous ne savez pas encore, et comme tout est inversé, c’est que le système lui-même a besoin de vous pour exister vraiment ! Sans vous, il n’est rien alors que vous, sans le système, vous serez toujours ! Comprenez-vous ce renversement total de toutes ces valeurs !

L’arme la plus terrible est votre conscience

Vous allez comprendre que vous n’avez pas besoin de vous battre contre le système ou contre quiconque car le seul combat à mener est celui contre toutes vos illusions et toutes ces histoires rapportées qui ont créé une représentation bancale, asservie au monde, au système et à toute l’extériorité ! L‘arme la plus terrible à venir est votre conscience car elle va vous redonner totalement tout votre pouvoir, toute votre intelligence afin de créer une nouvelle manière d’être au monde !

Vous êtes face à un nouvel abyme, mais il ne peut plus être terrifiant car il vous représente dans toutes vos profondeurs. Il est votre propre royaume qui vous est encore pour quelque temps inconnu, mais plus pour longtemps. Venez explorer qui vous êtes et vous y découvrirez les structures de votre personnage, puis une fois que vous aurez bien assimilé toute son étendue vous voudrez aller plus loin. Alors, vous verrez ce qu’il y a derrière et vous comprendrez que tout ce que vous avez cherché a toujours été là, en vous, derrière les masques, les habits et toutes les formes que vous avez pris dans ce monde.

Riche de toute cette compréhension, vous deviendrez des ponts, permettant à tous ceux qui se sont oubliés dans le monde du dehors de retrouver leur propre chemin grâce à leur propre lumière. Vous ferez avec eux ce que vous avez fait avec vous-même : apprendre à se nourrir soi-même, apprendre à se connaître soi-même et découvrir qu’à l’intérieur de soi existe la seule et unique boussole pour pouvoir s’orienter par-delà tous les univers possibles.

Voilà ce qu’est ce lieu inconnu ! Alors, comment la conscience peut-elle se retourner contre vous ? Ce n’est pas la conscience qui se retourne contre vous mais le monde, l’extérieur, car tant que vous le voyez contre-vous, il est contre-vous ! Le monde est à la mesure de l’œil de celui qui le regarde ! Le monde est devenu fou car vous avez oublié qui vous êtes mais en fait, il vous permet seulement de vous bousculer assez pour vous aider à reprendre la bonne direction qui est simplement de vous retrouver vous-même ! Tels que vous êtes ! Derrière tous les faux-semblants car c’est seulement là dans ce lieu que tous les déséquilibres s’harmonisent, que tous les mensonges éclatent et que toute la vérité sur votre authenticité vous éblouira !

Un nouveau monde vous attend !

Chaque instant des êtres de par le monde s’ouvrent à une nouvelle narration, créant par eux-mêmes et pour eux-mêmes leur propre histoire, leur propre mythologie, leur propre science, leur propre croyance afin de sortir des sentiers battus de l’ancien système. Il n’y a aucun jugement dans tout cela, juste une simple constatation qu’un nouveau monde est en train de naître !

Il n’y a plus rien à attendre de ce monde mourant, de tous ceux qui se battent encore à l’intérieur !Soyez serein, calme, conscient, présent et quand vous rencontrerez quelqu’un qui souhaite sortir de tout ce système finissant, soyez ce panneau indicateur comme j’ai pu l’être pour vous !

Montrez-leur que le chemin est en eux, que le monde est en eux, que la vie est en eux, que tout ce qu’ils cherchent, souhaitent, désirent est déjà en eux et n’attend qu’une chose… Qu’ils se retournent enfin pour voir que la source dont ils ont besoin n’est plus dans ce monde, qu’elle ne fut jamais dans ce monde, que c’était qu’une supercherie, une blague… Car en eux ils ont déjà tout pour se nourrir eux même, pour se comprendre eux même, pour grandir eux même et ainsi vivre à leur propre mesure et jamais plus à la mesure d’autres qu’eux.

Un nouveau monde vous attend et c’est vous tous qui allez le créer…

Source: https://oeuvre-spirale.com/atteindre-loeil-du-cyclone-2/

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11 août 2024 7 11 /08 /août /2024 08:39
Ce que les chrétiens doivent à leurs frères aînés
 

Après vingt siècles de christianisme, et de longues périodes d’antisémitisme, la plupart des chrétiens ont perdu de vue l’origine hébraïque de leur foi.

Les développements culturels de la foi issue d’Israël en terre païenne, les conséquences de l’antijudaïsme séculaire, tout a joué dans le sens d’une amnésie spirituelle tragique.

Pourtant, que cela plaise ou non, tout ce qui structure notre identité et notre pratique chrétiennes est issu du judaïsme : “chrétien” vient de “christ“, mot grec pour l’original biblique “messie“, (mashiah) terme qui n’aurait aucun sens en dehors de l’histoire d’Israël.

Nos Ecritures saintes elles-mêmes intègrent telle quelle la Bible hébraïque, à laquelle s’ajoutent les écrits du Nouveau Testament, midrash et conclusion définitive de l’étape précédente.

Pendant le premier siècle, la communauté des disciples de Jésus le Nazaréen était encore massivement juive; ce n’est qu’au cours du 2ème siècle que les païens arrivés en force dans l’Eglise ont changé, parfois brutalement, le profil initial de leur communauté de foi au Dieu d’Israël.

Le terme même d’Eglise, “ecclesia”, est une reprise du mot biblique “qehal”, l’assemblée des fidèles convoquée par Dieu. (Dans l’épître de Jacques, on trouve même le terme grec “synagogue” pour désigner le rassemblement des chrétiens.) Le terme “paroisse” lui-même, qui vient du grec “paroikia“, était déjà utilisé pour désigner les regroupements de Juifs en diaspora, c’est à dire en Perse, en Egypte ou à Rome!

Vers la moitié du premier siècle, Paul le Pharisien devenu familier du Christ ressuscité, écrit à la jeune communauté des Romains: “ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte!” (Rom 11.18). Quelques décennies plus tard, l’évangile de Jean résumera la démarche en une formule simple: “le salut vient des Juifs !” (Jn 4.22).

C’est un fait que les premiers disciples et apôtres, tous juifs, comme Jésus, ont poursuivi naturellement leur pratique spécifique : prière, offrande, liturgie, interprétation de l’Ecriture, recherche d’une éthique en prise avec la vie; c’est bien en tant que croyants juifs qu’ils se sont ouverts à l’universel, et que pour cette raison, quelques décennies après l’expérience de la résurrection, ils ont reçu à Antioche, avec d’autres sympathisants du monothéisme juif, le nom de christianoï, c’est à dire messianistes. Après s’être désignés eux-mêmes comme les « viatores », les disciples de la Voie, ils ont été progressivement reconnus commecroyants à “l’avènement des derniers temps”.

D’où le rite du miqvè, chez les Juifs comme chez les Chrétiens du 1er siècle, l’ablution d’eau accompagnant la circoncision, tous deux signes d’appartenance au peuple de Dieu; on appelle même “baptême des prosélytes” une purification spéciale pour les païens sympathisants du judaïsme mais non circoncis, désirant marquer leur attachement à cette foi.

Peu à peu, seul le baptême subsistera chez les Chrétiens, afin d’assouplir les conditions d’entrée des non-juifs dans la communauté. Après la destruction du Temple de Jérusalem en 70, Juifs et Chrétiens, qui auparavant y priaient ensemble, vont se réunir dans des lieux de prière de remplacement, conscients les uns et les autres d’être finalement eux-mêmes la “demeure vivante” de Dieu qui n’abandonne pas les siens; ils deviennent le “sanctuaire” communautaire et itinérant de la Présence divine, la Shekhina.

Pour les Chrétiens, le repas eucharistique institué par Jésus dans l’esprit de la Pâque juive en est le prolongement; pour les Juifs, ce sera le rassemblement à la synagogue autour de la Torah. (A signaler que les catholiques ont gardé le pain azyme du seder pascal, avec la coupe de vin, par fidélité au mémorial juif de la libération d’Egypte, le zikkaron.)

Lorsque le nombre des Chrétiens s’est développé, on a construit des basiliques pour donner de l’espace aux liturgies, avec comme archétype le Temple de Jérusalem: l’autel, évoquant à la fois les sacrifices des périodes antérieures et le sacrifice du Christ, enracine toute célébration dans l’histoire sainte du peuple d’Israël.

La structure même de la liturgie chrétienne, méditation de la Parole de Dieu, action de grâces, communion, reprend le rythme du cérémonial juif. Le calendrier des fêtes chrétiennes s’inspire principalement des fêtes juives, comme Pâques et Pentecôte. Les prières communautaires se basent quotidiennement sur la récitation des psaumes, qui sont souvent chantés selon les traditions synagogales, ce qui va donner naissance au chant grégorien, typiquement oriental.

Les lampes à huile des sanctuaires rappellent les chandeliers et le décor du Temple de Jérusalem, évocation de la lumière qui vient de Dieu pour éclairer nos existences; les processions et l’encens lui-même remémorent les liturgies auxquelles Jésus a participé lors de pèlerinages, et où une fumée d’agréable odeur représente le mystère de la présence transcendante du Dieu vivant, comme aux temps de la nuée de l’exode.

On a souvent insisté sur le fait que Jésus n’était pas prêtre; c’est vrai et c’est faux. Vrai au sens où il n’était pas lévite, officiant permanent du Temple pour assurer les cérémonies de sacrifices d’expiation. Faux, parce que, suite à l’évolution antérieure du judaïsme post-exilique, tout Juif pratiquant avait clairement conscience d’être membre d’une nation de prêtres, et d’offrir à Dieu un sacrifice spirituel par son engagement religieux et éthique au quotidien.

Pour rendre témoignage au Dieu d’amour de sa Tradition, Jésus est allé jusqu’au sacrifice de sa vie, dans le registre du Serviteur souffrant d’Isaïe, ce que l’auteur de l’épître aux Hébreux considère comme sa manière d’être le grand-prêtre devant Dieu, celui qui ouvre aux fidèles le véritable sanctuaire du salut, celui par qui le sang versé efface définitivement l’empreinte du mal qui aliénait les consciences humaines.

Les ornements de la liturgie chrétienne, comme la chasuble et l’étole du célébrant qui représente toute l’assemblée unie face à Dieu, sont directement inspirés du châle de prière juif, le tallit. Les différentes formes de kiddoush, bénédiction traditionnelle, ont également trouvé leur place dans nos célébrations, sans oublier les onctions d’huile parfumée, lors de moments importants (engagement envers la communauté, prière pour un malade, effusion d’Esprit, etc).

Même le signe de croix sur le front, chose étonnante, vient du judaïsme, tout simplement parce que la lettre hébraïque tav, (voir Ez. 9.4) était communément tracée sur le front de juifs pieux en signe d’attachement à la Torah; et la forme ancienne du tav était X ou +.

Peut-être est-ce ce que Jésus a voulu dire, avant sa crucifixion, lorsqu’il a affirmé à ses disciples : “que celui qui veut être mon disciple porte sa croix…”(Mc 8.34) = c’est à dire “porte son tav, en forme de X”, et donc: porte le “joug” de la Torah?…Jean le présente comme l’aleph et le tav, le commencement et la fin.

Celui qui est venu accomplir et non pas abolir l’enseignement de Moïse et des prophètes nous invite à retrouver la sève hébraïque de notre foi chrétienne.

Ce n’est pas une option facultative, si nous voulons prendre au sérieux l’humanité de Jésus, son enracinement, pour être ses disciples attentifs.

Etre fidèles au rabbi “vivant par delà sa mort”, c’est prendre en compte toute l’incarnation de la Sagesse des pères qui s’est manifestée en lui. Sinon, impossible de considérer qu’en lui la logique de l’alliance, par laquelle Dieu rencontre l’humain, est parvenue à son accomplissement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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11 août 2024 7 11 /08 /août /2024 04:30
Zoroastre et le Feu éternel

Le zoroastrisme est la religion monothéiste révélée la plus ancienne et pourtant la plus méconnue. Les zoroastriens sont environ cent-mille dans le monde. Leur sagesse vise l’harmonie en trois mots : Humata, Hukhta, Huvarshta, « bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions ».

Il est toujours interdit aux non-zoroastriens de pénétrer dans un « Temple de Feu » et personne ne peut se convertir à leur religion. On naît zoroastrien – ou Parsi –, d’un père zoroastrien. Zoroastre, l’« enfant né en riant » environ 1400 ans avant la naissance du Christ – l’époque à laquelle il vécut est sujette à discussions –, enseignait que la seule conversion qui vaille est la conversion du cœur et de la conscience.

Le feu de la sagesse éternelle d’Ahura Mazda, le Dieu absolu, ne s’est ainsi jamais éteint. Il continue d’illuminer la vie quotidienne des Parsis qui vivent leur religion sans jamais renoncer au monde, mais en s’engageant dans l’action professionnelle et sociale avec de « bonnes pensées », sans prosélytisme, et en rejetant toute forme de violence, d’idolâtrie ou d’oppression. Zoroastre donnait des directions spirituelles, sans dogmatisme ni fatalisme.

La moitié des cent-mille zoroastriens vit aujourd’hui à Bombay. Chez ceux qu’il m’est donné de fréquenter dans la mégapole indienne depuis des années, la tradition occupe toujours une place centrale. Zoroastre orne les murs de chaque maison, comme s’il gardait un œil bienveillant sur les manifestations de ses propres enfants. Le « Feu originel », apporté de l’Iran, continue de brûler à Udvada, un petit village en bord de mer, de l’État du Gujarat, qui demeure le principal lieu de pèlerinage des fidèles.

« Soyez joyeux et riez »

L’enseignement de Zoroastre – qui inspira à Nietzsche son célèbre Ainsi parlait Zarathoustra en 1885 –, si ancien et moderne à la fois, insiste sur l’importance de la prière, de l’humilité, du don de soi et de la bonne humeur, clés essentielles d’une vie spirituelle, comme en témoignent encore les Parsis : « Ne ratez jamais une occasion de faire une bonne action. L’art de prier est de ne jamais prier pour soi-même mais toujours pour son prochain. Soyez joyeux, riez autant que possible. Le rire est le meilleur médicament ». L’humour, omniprésent dans la communauté, m’est toujours apparu comme une voie royale vers le rappel de cette humilité essentielle, impersonnelle, vide de sa propre personne.

J’ai demandé à Ervad Dr Ramiyar Karanjia, qui forme les jeunes prêtres zoroastriens, quel était le sens de la sagesse et de l’éveil dans cet enseignement : « La sagesse est la capacité permettant à l’esprit de prendre des décisions basées sur l’information accumulée et les expériences passées. Elle implique également la connaissance de soi, de ses origines et de sa vie. Nos décisions évoluent avec notre niveau d’information. Quand l’esprit a intégré et converti en sagesse suffisamment de connaissances, la sagesse intérieure commence à se dévoiler avec l’aide de l’Intelligence Universelle. Un moment arrive où tout paraît rentrer dans l’ordre et l’univers entier semble être un seul organisme. Tout ce qui n’est pas significatif se fondra automatiquement dans l’insignifiance. Cet état est appelé Éveil, Illumination. »

Les rites de passage ponctuent la vie du zoroastrien pour le rappeler sans cesse à son devoir. À sa mort, il sera conduit à la « Tour de Silence », et son corps donné en offrande aux oiseaux, le temps que l’âme puisse prendre son envol vers le grand soleil. Toute sa vie, l’enfant de Zoroastre s’est répété que « la vertu élève le Grand prêtre et le rend aussi puissant qu’un roi », car « heureux sont ceux qui ne travaillent pas pour eux mais pour Dieu, car ils atteindront la divinité ». Extraite de l’Avesta – le livre sacré des zoroastriens, composé 600 ans avant notre ère en iranien ancien –, cette prière résume bien la sagesse des Parsis. « Quiconque chante le Yathâ Ahû Vairyô, enseigna Ahura Mazda à Zoroastre, je le protègerai comme mille soldats protège un homme. Celui qui chante cette prière et vie sa vie selon sa signification, son âme sera portée au Paradis ».

À lire

« Au cœur de l’Inde éternelle » et « Sur les rives de Mère Ganga », Pierre Bonnasse (Le Journal du Yoga, 2010 & 2012).

Zoroastre : Le prophète de l’Iran suivi de Paroles de Zoroastre, Jean Varenne (Dervy, 2012).

Source: http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/zoroastre-et-le-feu-eternel-12-02-2016-5273_110.php

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11 août 2024 7 11 /08 /août /2024 01:48
Tradition biblique et mariage selon Jésus

Pour des chrétiens dignes de ce nom, se marier à l’église n’a pas seulement pour but d’avoir une belle cérémonie.

Il s’agit également, en tant que baptisés, de rendre visible l’attachement du Christ pour son Eglise. En effet, toute l’Ecriture Sainte – premier et nouveau testaments – nous montre que Dieu n’abandonne pas son peuple, quoi qu’il arrive, il lui reste fidèle.

Alors que concernant le divorce, Jésus avait le choix entre la posture d’un rabbi Hillel libéral et un rabbi Schammaï exigeant en raison du respect réciproque, le maître a enseigné que le divorce est une blessure pour les deux partenaires et pour la relation à Dieu. La fidélité doit donc guider le cheminement du couple. 

Le Livre de Tobie, présent dans la Bible juive de la Septante, nous donne avec cette belle prière la tonalité de la démarche d’engagement qui est celle du mariage selon la tradition hébraïque:

« Tobie : nous sommes les descendants d’un peuple sanctifié, et nous ne pouvons pas nous unir comme le font ceux qui méconnaissent notre Dieu ! Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s’y trouvent. C’est toi qui as fait Adam avec la glaise du sol et qui lui as donné Eve pour l’accompagner. Et maintenant, Seigneur, tu le sais, si j’épouse Sarah fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement pour fonder une famille qui bénira ton saint Nom dans la suite des siècles »

Au cours des âges, la manière de vivre le mariage a changé dans les sociétés. A notre époque, dans un contexte individualiste et laïcisé, beaucoup pensent que seul l’instant compte, et que toutes les idées se valent. C’est en partie pour cela que la moitié des mariages se terminent par un divorce, et les familles décomposées-recomposées se multiplient. On voit des femmes « chefs de famille » seules avec plusieurs enfants à éduquer. Ce qui explique souvent la délinquance des mineurs…Dans les cas extrêmes d’infanticides, on constate que celui qui tue l’enfant est rarement le père, mais le compagnon du moment…

L’idéologie facile du « partenaire jetable » a fait des ravages, et le sens de l’engagement dans la durée n’est plus compris par un grand nombre de jeunes couples qui préfèrent tenter leur expérience au jour le jour, sans rien se promettre pour la suite. La cohabitation prémaritale n’est cependant jamais une garantie de réussite.

Car la majorité des couples qui se marient à l’église vivent déjà ensemble et la plupart du temps, s’ils s’adressent à une paroisse, c’est pour demander une « petite bénédiction » et un cadre pour la cérémonie, avec les belles photos, et la fête de famille. Or la dimension du sacrement exige un minimum de préparation et surtout, de réelles convictions pour un engagement mutuel. C’est pourquoi une série de rencontres est nécessaire entre le prêtre et le couple pour valoriser les bases spirituelles d’un tel projet de vie et mettre chacun devant ses responsabilités. Le désir de fonder une famille en fait partie. Alors que les modes écologistes promeuvent le développement durable pour les végétaux et les animaux, il n’est est pas de même pour la morale conjugale !

D’où l’importance que les fiancés découvrent que l’engagement dans la fidélité n’est jamais une perte de liberté, mais au contraire le cadre optimal dans lequel le désir d’aimer authentiquement s’épanouira dans le temps. C’est la voie réaliste de l’amour ouvert quotidiennement au don de soi et à la vie partagée. Avec, dans le cas contraire, des conséquences : comment des enfants pourraient-ils trouver de quoi développer leur personnalité dans un foyer incertain ou instable ?

« Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! »

Matthieu 19.6

Si Jésus affirme avec force l’indissolubilité du mariage, ce n’est pas pour faire du légalisme, c’est pour rappeler le projet de Dieu qui crée l’être humain homme et femme dans une même dignité, et ouvre au couple un chemin de vie commun à construire dans le respect mutuel.

Jésus enracine son éthique du mariage dans la Parole de Dieu et l’expérience des pères, aussi, quand il écarte la possibilité du divorce, il s’inspire de ces paroles prophétiques :

 

« L’Eternel n’agrée plus vos offrandes au temple et vous vous demandez pourquoi.

Parce que l’Eternel a été le témoin entre chacun de vous et la femme que vous avez épousée étant jeune mais que vous avez trahie depuis. Elle était ta compagne, tu avais conclu une alliance avec elle.

Je déteste le divorce, déclare l’Eternel, Dieu d’Israël. Renvoyer sa femme, c’est aussi grave que souiller de sang ses vêtements par un acte de violence…

Restez donc sensés et ne trahissez pas ».

(Malachie 2,13-16)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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23 juillet 2024 2 23 /07 /juillet /2024 23:39
2023 : les chrétiens, toujours les plus persécutés, surtout victimes de musulmans

Photo : KIM MASARAAFPTVAFP. Des familles enterrent dans une fosse commune leurs proches tués dans les attaques meurtrières menées du 23 au 25 décembre 2023 par des groupes armés islamiques dans l’État du Plateau, au centre du Nigeria.

Source : Philippe Oswald, LSDJ

Ces attaques ont fait près de 200 morts et 300 blessés, hommes, femmes, enfants… Multipliant les atrocités, les djihadistes ont choisi la fête de Noël 2023 pour perpétrer cette tuerie dans une vingtaine de villages chrétiens de l’État du Plateau, dans le centre du Nigéria. De nombreux survivants ont été enlevés [les hommes pour leur force de travail ; les femmes et les enfants pour servir d’esclaves sexuels]. « Certains habitants ont déclaré qu’il avait fallu plus de 12 heures avant que les services de sécurité ne répondent à leur appel à l’aide. » Les critiques redoublent contre le président fédéral, Bola Ahmed Tinubu, élu en mai dernier avec la promesse de mettre fin aux attaques contre les chrétiens.

Avec plus de 203 millions d’habitants, la République fédérale du Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique. La population est à 53,5 % musulmane et à 45,9 % chrétienne. Mais malgré ce relatif équilibre numérique, les chrétiens sont des cibles privilégiées, pour des raisons à la fois religieuses et ethniques : dans les régions du centre et du nord-ouest, les Peuls, musulmans et éleveurs transhumants, s’opposent aux Biroms, chrétiens et agriculteurs sédentaires. En outre, certains États du nord du pays, adeptes d’une charia radicale, pratiquent une discrimination légalisée.

L’incendie islamiste, qui embrase le Proche-Orient depuis l’intervention américaine en Irak, la guerre civile en Syrie, le terrorisme de Daech et les résurgences d’Al-Qaïda, a gagné l’Afrique. Des groupes armés djihadistes multiplient les razzias au Nigéria, au Burkina Faso, au Mali, au Niger. Avec le groupe Boko Haram [littéralement : “L’éducation occidentale est un péché”] affilié à Daech, le Nigéria cumule les records d’exactions contre les chrétiens. Selon un  rapport récent sur les « chrétiens martyrs au Nigéria », publié par l’ONG nigériane Intersociety, près de 50 000 chrétiens ont perdu la vie au Nigéria depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009 ; 2 500 chrétiens ont été tués sur les six premiers mois de 2023 ; 18 000 églises et 2 200 écoles chrétiennes ont été incendiées. Entre 2009 et 2022, au Nigéria, Boko Haram a également tué 30 000 musulmans “modérés”, qui acceptaient une éducation “à l’occidentale” pour leurs enfants, souvent dans les mêmes écoles que les chrétiens. D’après l’ONG protestante Portes ouvertes, sur les 5.259 chrétiens enlevés dans le monde en 2022, 4.726 sont nigérians.

Les chrétiens, toutes confessions confondues, sont les plus nombreux dans le monde (2,2 milliards de fidèles, soit près d’un tiers de la population mondiale, loin devant les musulmans,1,8 milliard). Ils sont aussi les fidèles les plus persécutés. « En 30 ans, le nombre de pays touchés par la persécution des chrétiens a presque doublé », constate Portes ouvertes dans son « Index mondial des persécutions des chrétiens 2023 » : en 1993, année du premier index, 40 pays étaient concernés. Ils sont 76 en 2023. Même constat de l’association catholique Aide à l’Église en détresse (AED) : « Les ennemis de l’Église sont nombreux et de plus en plus virulents », explique au JDD Benoît de Blanpré, directeur de l’AED. « Nous identifions trois menaces majeures : l’islamisme, les pouvoirs autoritaires et les nationalismes ethnoreligieux qui relèguent au rang de citoyens de seconde zone toute minorité. »

En Asie, les lois anti-conversion et anti-blasphème sont une arme redoutable dont les chrétiens font particulièrement les frais. Notamment au Pakistan (le pays des « purs » musulmans). Si le monde a vibré pour Asia Bibi, cette humble mère de famille catholique qui a passé neuf ans de sa vie dans une cellule de condamnée à mort pour un prétendu « blasphème » avant d’être libérée et exilée avec sa famille sous la pression internationale, beaucoup d’autres chrétiens sont emprisonnés ou victimes d’émeutes dans l’indifférence générale. En août dernier encore, une quinzaine d’églises ont été attaquées et des centaines de maisons de chrétiens détruites par des musulmans fanatisés au Pakistan. Des exactions semblables se produisent au Bangladesh ou en Indonésie…N’oublions pas de mentionner la Chine où des persécutions ou discriminations plus subtiles se poursuivent malgré les efforts du pape François pour amadouer le régime.

En Inde, ce sont des hindouistes, non moins fanatisés que leurs ennemis musulmans, qui persécutent les croyants d’autres religions avec le silence complice du Premier ministre Narendra Modi, un hindouiste nationaliste. En mai dernier, ils ont tué 185 chrétiens, chassé de leurs villages 100 000 catholiques, brûlé plus de 300 églises.

Bien qu’essentiellement chrétienne, l’Amérique latine reste en proie aux persécutions, naguère inspirées par des pouvoirs francs-maçons comme au Mexique, aujourd’hui par des narcotrafiquants (70 prêtres mexicains ont été tués au cours des trente dernières années pour s’être dressés contre leur domination) ou par des pouvoirs dictatoriaux plus ou moins badigeonnés de marxisme, comme à Cuba, dans le Venezuela du dictateur Maduro, ou au Nicaragua dirigé par le couple Ortega/Murillo qui vient d’emprisonner un deuxième évêque.

Si « le sang des martyrs est une semence de chrétiens » selon la célèbre formule de Tertullien (160 – 220), la fécondité chrétienne du XXIe siècle s’annonce exceptionnelle…

Philippe Oswald

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https://fr.aleteia.org/2023/12/20/2023-nouvelle-annee-de-persecutions-des-chretiens/

***

[Pour les chrétiens, l’islam est de très loin la principale menace. Le site :

https://thereligionofpeace.com/

fait la recension quotidienne des exactions commises par des musulmans dans le monde]

***

Marc Fromager est directeur de l’information pour l’ONG “SOS Chrétiens d’Orient” :

En Israël, les ultra-orthodoxes ont entrepris de chasser la communauté arménienne de la Vieille Ville de Jérusalem, alors même que la présence arménienne y est attestée depuis le 1er siècle avant Jésus Christ. « La plus grande menace existentielle de notre histoire », s’est alarmé le patriarcat arménien de Jérusalem dans un récent communiqué.

https://ripostelaique.com/quartier-armenien-de-jerusalem-a-quoi-jouent-les-supremacistes-juifs.html

Si les chrétiens ne risquent pas leur vie en Terre sainte, ils y sont néanmoins quotidiennement victimes de manifestations vexatoires de la part des ultra-orthodoxes :

https://twitter.com/nirhasson/status/1708833385819328700

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis une “tolérance zéro” contre ces actes. “Israël est totalement engagé à sauvegarder le droit sacré de culte et de pèlerinage sur les lieux saints de toutes les religions. Je condamne fermement toute tentative d’intimidation des fidèles et je m’engage à prendre des mesures immédiates et décisives à cet égard”, a également tweeté Benjamin Netanyahu.

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20231006-cracher-sur-des-chr%C3%A9tiens-une-vieille-tradition-juive-qui-passe-mal-en-isra%C3%ABl

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Henri Dubost

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 10:32
Des Juifs s’expriment à propos de Jésus

Albert Einstein écrivait en 1929 : « Personne ne peut lire les évangiles sans ressentir la présence réelle de Jésus » !

Heinrich GRAETZ, né en 1817 en Poznanie (Pologne actuellement) obtient son doctorat à l’Université d’Iéna. D’abord directeur de l’Ecole juive de Breslau (Wroclaw) il enseigne ensuite l’histoire au séminaire théologique et fonde le mouvement massorti. Son ouvrage majeur « L’histoire juive » est traduit dans diverses langues et suscite un grand intérêt dans le monde entier. En 1872, H. Graetz se rend en Palestine mandataire pour étudier sur les sites bibliques.

Dans ses recherches, H. Graetz affirme que l’identité juive de Jésus est incontestable. Les enseignements de Jésus trouvent selon lui leur fondement dans la bible juive et la littérature prophétique. Si les sources du christianisme ne permettent pas de lui accorder une originalité absolue, Jésus est néanmoins un maître réellement inspiré, et ses enseignements sont d’une grande portée spirituelle.

Voici comment H. Graetz décrit le tournant propice au christianisme en Judée :

A cette époque où la Judée tremblait encore sous la menace de nouveaux coups et pouvait craindre à tout moment le retour de nouvelles calamités publiques, il surgit un météore, si insignifiant à son début qu’il fut à peine remarqué, mais qui devait plus tard, les circonstances aidant, jeter des lueurs brillantes et laisser des traces lumineuses dans l’histoire de l’humanité. C’est que le temps était venu où les vérités fondamentales du judaïsme, enveloppées dans un système d’observances, de lois et d’institutions dont quelques hommes d’élite comprenaient seuls la signification et la valeur, devaient se dégager de tout lien et se manifester librement pour s’introduire dans le monde païen et pénétrer l’humanité entière. Les sublimes pensées dont le judaïsme est la source abondante et qui ont pour but dernier la sanctification de la vie individuelle et sociale, devaient enfin déborder et remplir les sociétés païennes, vides de toute croyance moralisante. Israël, chargé d’enseigner aux peuples les voies de la Providence, devait sérieusement commencer sa mission universelle. Mais cette antique doctrine d’une vie deux fois sainte, devait, pour ouvrir les cœurs et les esprits, pour trouver accès dans un monde qui avait presque perdu le sens moral et religieux, prendre de nouveaux noms et revêtir de nouvelles formes.

G. FRIEDLANDER s’intéresse au Sermon sur la Montagne. Il répond en 1911 aux théologiens chrétiens qui affirment que ce texte est absolument supérieur à l’enseignement traditionnel des sages d’Israël. Il écrit : « nous devons comparer les enseignements du Sermon sur la Montagne non seulement avec l’Ancien testament et avec les gloses rabbiniques conservées dans la Mishna, la Tosefta, la Guemara, les Midrashim et les Targoumim, mais également avec la littérature judéo-hellénistique, laquelle inclut la Septante et les écrits apocryphes. Sans cette littérature, le Nouveau testament n’aurait jamais été écrit ! »

Quant à Claude MONTEFIORE, il définit les caractéristiques de Jésus qui correspondent selon lui à un enseignement héroïque illustré par une demande éthique extrême et un idéalisme passionnant. Une éthique de l’action dans laquelle l’homme prend l’initiative d’entreprendre sans rester passif face aux circonstances de l’existence. Un enseignement vecteur d’une double éthique : une très haute exigence pour soi qui va de pair avec une très haute exigence pour autrui. Son analyse de l’éthique de Jésus l’amène à penser qu’il voulait accomplir la loi sans ériger une nouvelle halakha. Il puisait ses sources dans l’eschatologie du Royaume à venir.

 

Joseph KLAUSNER est né en Lithuanie en 1874 mais a grandi et étudié à Odessa. Sioniste convaincu, il fréquente Théodore Herzl, et il rejoint la Palestine mandataire en 1919, où il enseigne l’histoire juive – en particulier la période du second temple – à l’Université hébraïque de Jérusalem.

En 1929, lors des révoltes arabes, sa maison est attaquée et sa bibliothèque est détruite par des incendiaires musulmans. A la suite de son doctorat en histoire soutenu en Allemagne, Joseph Klausner écrit un livre aux informations très fouillées sur la personne de Jésus. Un prêtre anglican de Terre Sainte, touché par cette démarche le traduit en anglais. Son « Jésus de Nazareth » qui le rend célèbre présente le prédicateur galiléen comme un juif fervent et réformateur. Il écrit : « Il y a dans le code éthique de Jésus une sublimité, une spécificité et une originalité dans la forme, qui n’ont de parallèles dans aucun autre code éthique hébreu ». (1925)

Joseph KLAUSNER désire donner une approche la plus authentique possible de la doctrine de Jésus dans la conjoncture qui est celle du Second Temple. Il écrit au sujet de l’environnement local qui a marqué Jésus :

Cette beauté majestueuse inspirait le respect et la crainte et elle n’a pas manqué sans doute d’exercer son influence sur Jésus sans qu’il en eût conscience… Des récits assez tardifs nous racontent que Jésus s’isolait dans la montagne, sous le ciel parsemé d’étoiles, passant la nuit en prières, prières qui s’accompagnaient certainement d’examen et de méditations sur l’homme et l’univers. C’est ainsi que se forma sa jeune âme, inquiète de son père céleste. Il pensait aux souffrances de l’âme humaine et au royaume des cieux, ce Royaume qui n’était pas de ce monde…

David FLUSSER

David Flusser est né à Vienne en 1917. Il passe sa jeunesse en Tchécoslovaquie et fréquente l’Université de Prague. Sa rencontre d’un pasteur protestant éveille en lui un intérêt particulier pour Jésus et la foi chrétienne. En 1939, il émigre en Palestine mandataire et termine son doctorat en sciences des religions à l’Université hébraïque de Jérusalem en 1957. Il forme des chercheurs dans le département d’études comparatives des religions.

David Flusser est un juif orthodoxe qui connaît parfaitement la Torah ainsi que les manuscrits de la mer morte. Il est convaincu de la racine juive du christianisme. Il cherche à retrouver le Jésus historique par-delà les formules convenues des milieux chrétiens. Son travail l’amène à vraiment considérer Jésus comme un juif authentique. Le professeur Satran, un de ses collègues à l’Université hébraïque et bon connaisseur de ses travaux déclare à son sujet : «Le professeur Flusser était assez remarquable par sa forte insistance sur le fait que non seulement Jésus a été un juif de sa naissance à sa mort, mais qu’il n’a rien fait qui pourrait être interprété comme une révolte contre les principes fondamentaux du judaïsme à cette époque ». En effet, David Flusser considérait Jésus comme un tsadik avec des vues spirituelles très profondes.Il retrouvait en lui des expressions semblables à celles d’Hillel dans le talmud ou à celles du Maître de Justice dans les manuscrits de la mer morte.

 

Au moment du jugement d’Eichmann, David Flusser déclare au jerusalem Post : « Je ne sais pas qui est le dieu au nom duquel Eichmann a juré. Mais je suis certain que ce n’est ni le Dieu d’Israël, ni le Dieu de l’Eglise chrétienne. Il devrait maintenant devenir clair aux juifs qui s’opposent le plus au christianisme que le plus grand crime contre notre peuple n’a pas été commis au nom de la foi chrétienne ». Il publie son livre « Jésus » en 1965 dont l’édition a été actualisée en 1998, deux ans avant sa mort.

Amos OZ (2004) écrit :

Je suis sûr mon cher petit, qu’on vous apprend à l’école à exécrer ce juif tragique et admirable, et j’espère bien qu’on ne vous apprend pas à cracher sur son image ou sa croix chaque fois que vous passez devant, m’avait-il dit un jour. Quand tu seras grand, mon cher enfant, tu liras le Nouveau Testament au nez et à la barbe de tes maîtres et tu t’apercevras que cet homme était de notre chair et de nos os, que c’était une sorte de juste ou de thaumaturge, un rêveur dépourvu de toute compréhension politique, qui trouverait parfaitement sa place au panthéon des grands hommes d’Israël !

Shalom BEN CHORIN (1983)

Le judaïsme pharisaïque du temps de Jésus est marqué par deux grandes écoles, Hillel et Shammaï, qui ont contribué à donner sa forme définitive à la Halakha. Je n’hésite pas à dire que je considère Jésus de Nazareth comme une troisième autorité à placer aux côtés des interprétations de Hillel et de Shammaï. Il me semble en effet qu’une tendance particulière se fait jour dans l’interprétation de Jésus : il s’agit de l’intériorisation de la Loi, où l’amour devient l’élément décisif et moteur.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 08:26
La réforme progressiste du pape François suscite des réactions négatives en interne, et des discussions sur un schisme
Juste après avoir été élu pape en 2013, François a prononcé une lamentation tristement célèbre lors d’un dîner avec les cardinaux qui venaient de voter pour lui. « Que Dieu vous pardonne pour ce que vous avez fait », a-t-il déclaré. 

Aujourd’hui, plus d’une décennie plus tard, un nombre croissant de dirigeants d’Églises partagent ouvertement ce sentiment, déplorant haut et fort la direction prise par le premier pontife né en Amérique du Sud. Cette tendance est alimentée par une série de réformes progressistes de la doctrine de l’Église promues par François. Parmi les plus controversés : les changements dans la manière dont l’Église traite les homosexuels, les personnes transgenres, les femmes et les divorcés.

Il y a eu de multiples schismes au cours des 2 000 ans d’histoire de l’Église catholique romaine, bien que les plus grandes ruptures que l’Église ait connues soient profondément dissimulées dans les livres d’histoire. Mais pour la première fois de mémoire récente, le mot en S » est évoqué dans certains cercles.

Le dernier développement est que quelque 90 penseurs éminents de l’Église – dont plus d’une douzaine sont originaires des États-Unis ou ont des liens étroits avec l’Église américaine – ont signé  la semaine dernière une lettre ouverte adressée à « tous les cardinaux et évêques de l’Église catholique ». 

La lettre appelle François à retirer sa déclaration de décembre  « Fiducia supplicans », qui donne aux prêtres catholiques le pouvoir discrétionnaire de bénir les couples de même sexe. 

François a 87 ans et est en mauvaise santé, ce qui signifie que ses détracteurs devront attendre la fin de son pontificat et se contenter de critiques depuis le banc de touche.

Infiltration des institutions sur le modèle marxiste ?

La guerre pour l’avenir de l’Église est loin d’être terminée : la prochaine bataille portera sur le successeur de François. Cependant, plus le temps passe, plus il est probable que le prochain pontife soit au moins partiellement aligné sur François sur les questions doctrinales. Pourquoi ? Parce que François a prévu son coup.

  • Un nouveau pape est élu au cours d’un conclave composé de 130 « cardinaux électeurs », le groupe des cardinaux actifs de moins de 80 ans.
  • À la mi-février, François avait nommé 95 cardinaux électeurs,
  • Contre seulement 27 en 2007 par son prédécesseur bien plus conservateur, le pape Benoît XVI,
  • et huit par le pape Jean-Paul II.
Quel avenir ?

Le modèle américain montre que partout où la mission confiée à chaque catholique est prise au sérieux, l’Église a un avenir et se développe, et partout où la foi s’adapte à l’esprit du temps, et que l’Église est réduite à une « ONG caritative », la foi commence à dépérir.

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 06:19
Analyse du fondamentalisme

“Une brillante analyse de l’évangélisme, rédigée par un protestant.” – Alain-René Arbez.

Dreuz reproduit cette analyse de Gilles Bourquin publiée sur son blog.

 

Le fondamentalisme peut être défini comme une forme excessivement rigide de la pensée humaine, qui se fige sur un certain nombre de concepts estimés fondamentaux et inaliénables, en excluant toutes les autres formes de pensée. Il s’agit d’une étroitesse d’esprit à la fois psychologique, cognitive, sociale et culturelle qui peut apparaître dans n’importe quel domaine de l’existence humaine, mais qui se manifeste surtout sur les plans religieux, politiques et scientifiques, en combinant parfois plusieurs de ces aspects.

Il existe un fondamentalisme scientifique, qui jette son dévolu sur la science au point de manifester de l’hostilité envers toute croyance religieuse. Le nouvel athéisme, qui se développe surtout dans les pays anglo-saxons, prétend tout expliquer à partir des sciences physiques et biologiques, et considère les paradigmes et les hypothèses nécessaires à la science comme des vérités définitivement acquises. Inversement, le fondamentalisme protestant prétend tout expliquer à partir de la Bible, en refusant toute influence des découvertes scientifiques sur sa vision du monde. L’amalgame avec le fondamentalisme politique peut donner lieu à des formes dangereuses d’intégrisme culturel et nationaliste.

Le fondamentaliste pense que sa manière de vivre et de penser est la seule vraie. Il se montre incapable d’apprécier les valeurs d’autres cultures que la sienne. Il considère que si tout le monde adoptait son point de vue, tous les problèmes de l’humanité seraient résolus. En soi, le fondamentalisme nous guette tous, dans la mesure où nous avons de la difficulté à reconnaître les manquements de notre propre système de valeurs, et nous critiquons trop radicalement les autres modes de vie. Il existe un fondamentalisme anti-fondamentaliste, qui réagit contre toute affirmation de convictions religieuses, scientifiques ou politiques. Dans le monde protestant, les divisions entre fondamentalistes et libéraux ont causé depuis deux siècles bien des blessures, et nul protestant n’en est complètement indemne.

 

Signalons enfin que l’être humain, au-delà de sa nature biologique, a besoin de fondements cognitifs pour vivre, son cerveau devant être formé par l’éducation. Cette configuration culturelle de base est nécessaire, mais elle peut à l’âge adulte induire un manque de flexibilité. Une forme positive de « fondamentalisme » constitue donc toute vie humaine, mais dans son usage courant, le terme désigne plutôt une attitude problématique, qui s’apparente au fanatisme, à l’intégrisme, au terrorisme, au totalitarisme, au scientisme, au littéralisme, au biblicisme, au revivalisme, au créationnisme, etc.

Ressorts psychologiques et sociaux du fondamentalisme religieux

La plupart du temps, l’attitude fondamentaliste n’est pas consciemment choisie. Elle représente une forme naïve de piété, qui provient soit d’un manque d’expérience, à la suite d’une conversion soudaine, soit d’un vécu de longue durée, notamment depuis l’enfance, dans un milieu religieux fermé et donc mono-culturel. Par la suite, les crises religieuses liées à certaines épreuves de la vie peuvent remettre en cause les croyances établies. Surmonter sa peur de l’inconnu, pour un chrétien, consiste par exemple à découvrir la valeur spirituelle de la méditation d’inspiration bouddhiste, ce qui ne signifie pas devenir bouddhiste.

Le fondamentalisme est fréquemment lié à un intense besoin de se rassurer. Dans ce cas, la moindre contestation de son système de croyances est source d’angoisse et de rejet. Malheureusement, la Bible chrétienne se prête facilement à une lecture fondamentaliste, car ses visions englobent l’ensemble de la vie humaine : Jésus est à la fois celui qui dirige ma vie, qui m’instruit dans la vérité, qui me révèle qui je suis, qui me pardonne, qui me sauve du mal et de la mort, qui m’aime infiniment et me conduit au Père dans la vie éternelle. En elles-mêmes, ces vérités de la foi sont éminemment positives. C’est ce qui les rend captivantes, émotionnellement et intellectuellement. Que peut-on vouloir de plus que Jésus ? Mais à ce stade, le piège fondamentaliste peut se refermer. La personne se convainc désormais que toutes les autres valeurs sont vaines : La philosophie, la psychologie, les arts, l’histoire des civilisations et des religions, les sciences, les techniques, la médecine, les recherches académiques, l’esprit démocratique, etc. font pâle figure face à la toute-puissance de Jésus.

 

En théorie, on peut considérer que les groupes religieux élaborent des codes rituels et linguistiques pour se comprendre et partager leur foi. Dans ce sens, la Bible aussi est un code. Par conséquent, entre les divers codes religieux, l’échange devient plus délicat, comme entre personnes ne parlant pas la même langue. Ainsi naît la tentation soit de s’enfermer dans sa croyance sectaire, soit d’imposer sa croyance aux autres par la force.

Caractéristiques du fondamentalisme protestant

Trois principes intimement reliés permettent de définir un canevas du fondamentalisme protestant, utile à sa compréhension, mais qui ne correspondra pas à tous les points de vue de chaque croyant en particulier. Il ne faut pas identifier le fondamentalisme protestant avec les Eglises évangéliques, qui manifestent entre elles de grandes différences de doctrine et de piété. Mais il est vrai que les idées fondamentalistes se retrouvent plus fréquemment et plus intensément dans les milieux ecclésiaux dit « évangéliques ». Historiquement, le terme « fondamentalisme » remonte à 1920, lorsque l’éditeur baptiste américain Curtis Lee Laws désigna comme fondamentalistes les défenseurs du contenu théologique de douze fascicules parus entre 1910 et 1920 intitulés The Fundamentals : A Testimony to the Truth (fr. Les fondamentaux : Un témoignage à la vérité), publiés en réaction aux théologiens libéraux, et notamment à leur acceptation de la théorie de l’évolution de Charles Darwin.

Perfection et auto-suffisance de la Bible

Le premier principe concerne le rapport à la vérité. Dans une perspective fondamentaliste, Dieu seul révèle sa vérité au croyant, par conséquent, elle est pour lui une certitude objective qui ne doit pas être discutée, mais affirmée. La Parole de Dieu n’est pas seulement le Christ, comme il est écrit dans le prologue de l’Evangile de Jean que « la Parole a été faite chair », mais elle s’applique à l’Ecriture elle-même. La Bible devient un Christ en papier. Elle doit être crue comme on croit le Christ, dans sa perfection et son auto-suffisance. Par conséquent, une lecture critique des textes bibliques n’est plus possible. On ne peut pas remettre en question l’historicité de certains récits, en particulier ceux qui relatent des miracles, ni différencier les approches théologiques d’un livre biblique à l’autre.

Le fondamentalisme se situe dans une logique de tout ou rien. Etant donné que la Bible est divine, elle ne peut contenir aucune erreur (inerrance), aucune imprécision (pas même une virgule), ni aucune difficulté de compréhension. Ainsi, la réflexion théologique ne peut pas être acceptée, car elle suppose que quelque chose n’est pas entièrement explicite dans les Ecritures, et qu’il faut donc se mettre à les étudier pour les comprendre. Tout se passe comme si les fondamentalistes considéraient la Bible comme l’unique livre « scientifique » par excellence, contenant déjà tout ce que les sciences modernes essayent de découvrir par des moyens humains, c’est-à-dire faussement. Sans se rendre compte de leur anachronisme, les fondamentalistes appliquent à la Bible les principes d’exactitude expérimentale des sciences modernes, qui étaient méconnus des auteurs bibliques.

Miracles bibliques versus science moderne

Leur conception « scientifique » de la Bible conduit les fondamentalistes à considérer les miracles comme des faits historiques objectifs. Ceux-ci manifestent la force surnaturelle de « la main » de Dieu sur le monde. Les miracles sont donc tout autant incontestables que les lois physiques. Toute réflexion intellectuelle à leur sujet est perçue comme une contestation d’emblée verrouillée par le raisonnement circulaire selon lequel les miracles sont vrais puisqu’ils sont écrits dans Bible, qui est elle-même confirmée par les miracles.

De ce fait, le débat avec les sciences modernes se réduit à une lutte du supranaturalisme biblique contre le rationalisme moderne, incapable de saisir la puissance et l’autorité de la Parole de Dieu. Tout écart avec les sciences modernes se solde d’emblée, sans discussion, en faveur de la vérité biblique. Il s’ensuit un dialogue impossible, la plupart du temps biaisé, notamment dans les domaines sensibles de la physique fondamentale, de l’astrophysique, de la biologie évolutionniste, de la médecine, de la psychiatrie, de la psychologie, des sciences sociales, de l’histoire des religions et de l’histoire politique.

 

Si l’insistance du fondamentalisme au sujet des miracles est si centrale et incontournable, c’est parce que par essence, il tend systématiquement à confier à Dieu la résolution surnaturelle des problèmes de la vie, car seule une complète soumission à la volonté divine est source de salut. Les sciences modernes se trompent donc de méthode, en cherchant des solutions expérimentales aux problèmes humains. Seule l’intelligence divine est pertinente, la pensée humaine se fourvoie constamment dans ses recherches.

Fin du monde et extrémisme politique

La conséquence politique de cette défiance fondamentaliste envers toutes les facultés humaines est sa perte complète de confiance en l’avenir des sociétés modernes laïcisées, lesquelles, sans Dieu, courent à leur perte. Il est logique, désormais, que la fin du monde soit proche, et que les prédictions des prophéties apocalyptiques de la Bible soient sur le point de se réaliser. Plus le monde s’écarte de Dieu, plus le retour du Christ est imminent.

Ici, ce n’est pas la critique en tant que telle des sociétés modernes qui est contestable, mais sa radicalité, son jugement entièrement négatif des sociétés en perdition. L’individualisme, qui caractérise la modernité démocratique, est garant de la liberté d’opinion, d’expression et d’entreprise, ainsi que des droits fondamentaux des personnes, mais il est aussi en partie responsable de l’indifférence à autrui, de la mauvaise répartition des richesses sur Terre et des conséquences écologiques du néocapitalisme. Cependant, peindre l’avenir totalement en noir n’est pas la bonne solution, car il y a aussi des acquis positifs.

La vision entièrement dégénérative de l’histoire mondiale a deux conséquences sur le plan politique. Dans un premier temps, le repli sur soi des Eglises fondamentalistes est renforcé, car il paraît vain à leurs membres de gaspiller leur temps et leur énergie à tenter d’infléchir le cours de l’histoire humaine, voué de toute manière à son proche anéantissement. Cependant, dans un second temps, le fondamentalisme religieux, quel que soit son horizon culturel, tend à accorder plus de crédit aux politiques autoritaires, plus ou moins expressément anti-démocratiques, car leur esprit moralisateur et réprobateur s’accorde mieux avec le radicalisme religieux. Il faut toutefois préciser que les membres des Eglises de tendance fondamentaliste restent partagés sur ces questions, certains d’entre eux se tournant davantage vers le socialisme et l’écologisme militants que vers l’extrême droite.

Il n’en reste pas moins que l’allégeance croissante des milieux fondamentalistes religieux, notamment aux Etats-Unis et en Russie, à des politiciens populistes, qui s’érigent en guides rassembleurs et restaurateurs de la nation et nourrissent les réflexes religieux et dictatoriaux les plus primaires, constitue une réelle menace pour la paix dans le monde.

Alternatives au fondamentalisme protestant

Il convient de clore cette analyse du fondamentalisme protestant en présentant quelques alternatives à une lecture fondamentaliste de la Bible, et en particulier de l’Evangile. Trois aspects de l’attitude de Jésus, telle qu’elle est décrite dans les quatre Evangiles du Nouveau Testament, s’écartent clairement d’une disposition religieuse fondamentaliste.

  • Premièrement, Jésus a enseigné une interprétation personnelle et originale de la Bible juive. Il ne l’a pas du tout appliquée à la lettre, mais a cherché à en dégager l’essentiel « en esprit et en vérité », n’hésitant pas à en critiquer certains aspects, et à ajouter de nouvelles dimensions spirituelles, comme le don de soi, la priorité accordée aux exclus de la société, la condamnation du moralisme, la lutte contre l’autoritarisme religieux, la guérison des maladies physiques et psychiques, la proximité de Dieu et l’espérance en la vie éternelle.
  • Deuxièmement, Jésus a invité les personnes qu’il rencontrait à s’affranchir de leurs héritages religieux, culturels et familiaux, lorsque ces derniers représentaient une entrave à leur développement personnel. Il a rendu le gens libres et responsables de (re)construire leur vie en tenant compte de leurs limites et de leurs talents. Il est fort probable que cette indépendance spirituelle que Jésus a manifestée vis-à-vis de sa propre tradition religieuse soit à l’origine de son rejet par les élites. Il est notoire que les responsables de sa condamnation à mort ne sont ni les athées ni les agnostiques, mais les éléments les plus fondamentalistes du judaïsme de son époque.
  • Troisièmement, au travers de son activité de guérisseur et d’exorciste, Jésus a développé une vision de l’être humain qui réunit les dimensions corporelle, psychique et spirituelle. Il a notamment montré comment la culpabilité ou le rejet, lorsqu’ils dominent une vie, peuvent conduire à la dépression, à la maladie et à l’infirmité. Dans ce sens, Jésus figure au nombre des précurseurs de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité modernes, prenant en compte les divers aspects de l’humain dans un esprit d’attention et de libre investigation.

© Gilles Bourquin

 
 
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