Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 mars 2023 7 19 /03 /mars /2023 08:33
Abdelaziz Baraka Sakin, La Princesse de Zanzibar : l’esclavage sous Léopold II

Quand, à l’époque de Léopold II, le fils d’un chef africain, sexe coupé, est destiné à frotter le dos de la Princesse musulmane de Zanzibar, quand d’autres Noirs esclaves castrés se tuent au travail ou sont emmenés, nus, dans une prison souterraine où ils vont mourir de faim, de soif, de saleté, des Français, des Anglais tentaient d’occuper cette région, des Belges ont perdu la vie pour avoir voulu mettre fin à cette indignité.

À l’école ou dans les médias, on ne nous parle plus de cet esclavage, on n’aborde que le rôle négatif des colonisateurs, on a oublié les chefs traditionnels qui, au Congo par exemple, ne voulaient pas de l’indépendance en 1960 parce qu’ils connaissaient l’histoire grâce à la tradition…

Je pense à ce passé horrible pour l’Est de l’Afrique quand je lis que des centaines d’« ouvriers » noirs et bruns sont morts récemment au Qatar pour la construction d’un stade de football climatisé de très grand luxe et je suggère à ceux qui n’ont que critiques pour les colonisations, pour Léopold II, de se renseigner sur le passé – La Princesse de Zanzibar est un livre intéressant – et on peut aussi se renseigner sur le monde actuel, la vie des Congolais travaillant dans les mines par exemple… Et s’il est bien vrai que les esclaves ne sont plus  castrés, que chaque pays d’Afrique a pu bénéficier des progrès de la civilisation – voyez les écoles, les routes, les hôpitaux, les industries, les centres de recherche agricole en 1960 – que nous avons la chance infinie de ne plus vivre à l’époque de la Princesse de Zanzibar, une question me  vient : sommes-nous tous capables de profiter de cette chance ?

À leur époque, les esclaves libérés de Zanzibar n’en étaient pas capables : à peine libérés par le colonisateur anglais, ils ont cessé de travailler, ils se sont mis à détruire, ont erré sans but dans l’île et étaient bien malheureux. L’auteur ne nous cache pas cette réalité et on lui pardonnera volontiers quelques erreurs ne concernant pas Zanzibar mais qui ont du succès. (1)

Ce livre est une belle introduction, agréable et facile à lire, pour ceux qui aiment connaître l’histoire. Il montre une situation réelle de manière romancée… et donnera envie d’en savoir plus !

Un petit extrait :

Il faut d’abord remercier Dieu, puis les esprits de nos ancêtres, et aussi la bénédiction des mères du village, les sorciers qui ont protégé nos jeunes, les maîtres du savoir qui leur ont appris la vraie vie, celle du labeur, de l’obéissance et de la connaissance, je remercie aussi le chef de ces courageux jeunes hommes, Mwana wa Mbwa. C’est un tout jeune garçon mais l’âme de son ancêtre est entrée dans son corps, elle est aussi ancienne que le baobab, merci aux courageux jeunes hommes du village. Un jour, mes fils, ce sera vous qui dirigerez le pays, le corbeau ne cède pas le nid à la cigogne, car il est plus gros et plus noir qu’elle, sa voix est plus forte et son bec plus puissant, il n’a de cesse de la combattre jusqu’à ce qu’elle s’en aille. Tant que tu ne te courbes pas, on ne montera jamais sur ton dos, et si tu veux profiter de la lumière du soleil, il faut quitter ta hutte, or désormais nous la voulons, la lumière du soleil. (p.176)

Mia Vossen

(1) Comme tant d’autres, l’auteur du livre a pris pour argent comptant le livre d’Adam Hochschild qui parle de 10 millions de Congolais tués sous le règne de Léopold II. Il ignore qu’à l’époque seuls 1 700 Européens travaillaient au Congo, que le Congo de Léopold II – l’EIC – bien peuplé près du fleuve, comptait peut-être 5 millions d’habitants à l’intérieur du pays, chiffre invérifiable, avancé par des explorateurs qui ont traversé cet intérieur (Théodore Luyckx par exemple). Hochschild cherchait le succès, il l’a obtenu et même des professeurs d’Université lui font confiance….

Partager cet article
Repost0
19 mars 2023 7 19 /03 /mars /2023 06:27
Les missiles de Cuba : légitime défense et devoir d’agressivité

La crise des missiles de Cuba du 14 au 28 octobre 1962 tient au fait que les Soviétiques installèrent des têtes nucléaires sans consulter les Américains sur l’île de Cuba, castriste. Cette hostilité manifeste donna lieu à une crise paroxystique où les USA menacèrent l’URSS d’une guerre nucléaire. La tension fut extrême. Au passage, les Soviets n’auront commis aucun autre crime que d’installer du matériel pour défendre Cuba et explicitement mettre les Américains sous pression, au cas où il leur viendrait à l’esprit de liquider le régime castriste, allié des Soviets. 

Pourtant, alors qu’il n’y a aucun acte de guerre explicite, le monde entier reconnaîtra aux Américains le droit de faire jouer leur légitime défense et de l’exprimer par une extrême agressivité et des menaces explicites. La négociation se terminera par le retrait des missiles de Cuba et le retrait de quelques missiles positionnés en Turquie et en Italie, avec la garantie de ne pas intervenir à Cuba.

L’affaire ukrainienne est à front renversé. Mais qui peut nier raisonnablement que les USA sont dans le rôle des Soviets de 1962 ? On étend son influence aux frontières de la Russie, on positionne des missiles un peu partout autour des frontières russes, on active l’Ukraine et on crée les conditions d’une tension extrême. Les Russes expriment leur mécontentement comme les Américains cinquante ans plus tôt. Tout est identique dans les réactions parfaitement prévisibles de telles puissances. 

Mais avec une mauvaise foi très anglo-saxonne, sans doute héritée de la perfide Albion, les USA se disent étonnés de l’agressivité russe. Au lieu de négocier, preuve d’une volonté de guerre, les Américains poussent les Russes à exercer leur légitime défense jusqu’à se mettre en action. Tout est là parfaitement prévisible, le reste est un jeu de propagande et de manipulation. 

Aujourd’hui, les faits étant toujours les maîtres du jeu, l’opération a échoué. La mauvaise foi a perdu contre l’exercice d’une légitime défense qui ne plaît pas à un État-voyou-mafieux qui pense bien que ses victimes ne se plaignent pas, ne se défendent pas ou mal. 

Mais l’histoire va certainement retenir de cette affaire que les USA poursuivent inlassablement le même but depuis la chute des Soviets. Ils ont échoué au premier démantèlement à l’époque d’Eltsine et les riches ressources russes leur ont échappé. Aujourd’hui , certains diffusent bien les buts de la guerre : détruire la Russie, en faire des petits pays sous contrôle et s’emparer des richesses naturelles.

Voilà bien le signe qui confirme la cupidité sans borne des USA. Mais celle-ci témoigne d’un problème plus profond. Le capitalisme américain procède par l’accumulation de richesses et la dépossession des autochtones à leur profit. C’est l’État pilleur par excellence, et les ressources russes sont un objectif d’accumulation-dépossession explicite.

Toute cette aventure ne pourra que renforcer la Russie dans son opposition au bloc occidental, avec le risque géopolitique majeur d’avoir constitué un autre bloc très puissant réunissant les puissances eurasiatiques. Il se peut que durant l’année 2023, les élites américaines se déchirent entrer les cupides et les autres, car la conséquence de cette faute stratégique sera sans doute l’affaiblissement durable des USA, de ses alliés et de ses alliances, et le légitime sentiment de par le monde qu’il ne faut pas faire affaire avec cet État-voyou-mafieux, même si les autres ne sont pas des saints. Ce premier semestre sera riche. La défaite militaire est sans doute acquise, et il faudra précipitamment sortir l’Ukraine de l’ornière au prix d’un nouveau sacrifice à quelques centaines de milliards. 

Mais la révolte gronde en Angleterre, en France, en Allemagne. Peut-on dilapider l’argent de l’Europe au profit d’un seul pays et au détriment de pays de l’Est encore bien pauvres, sans parler des populations des pays qu’on déclare riches, mais dont une part croissante de la population s’appauvrit ? L’affaire ukrainienne aura été une faute stratégique et militaire, une faute géopolitique. Il ne faudrait pas y ajouter une dernière : celle de l’injustice au profit d’une société belliciste.

Pierre-Antoine Pontoizeau

Partager cet article
Repost0
19 mars 2023 7 19 /03 /mars /2023 04:29

Ou quand la vérité historique ne correspond pas à la vérité idéologique !

Mais bien sur chacun choisie la vérité qu'il préfère..........

Les États-Unis et d’autres États avaient refusé d'accueillir les juifs étrangers quand le gouvernement de Vichy leur en avait fait la demande...
Partager cet article
Repost0
19 mars 2023 7 19 /03 /mars /2023 02:13
La Traite des Slaves : l’esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle
Partager cet article
Repost0
19 mars 2023 7 19 /03 /mars /2023 00:07
20 septembre 1792 : victoire des « sans-culottes » au cri de « Vive la Nation ! »

Valmy, naissance de la République au cri de « Vive la Nation ! »

Le 20 septembre 1792, il y a 230 ans, se déroulait la bataille de Valmy, sans doute la moins meurtrière de notre histoire militaire et pourtant la plus symbolique, puisqu’elle signa la fin de la monarchie et la proclamation de la République française le 21 septembre 1792.

La victoire de Valmy est l’illustration du patriotisme républicain au cri de « Vive la Nation ! »

https://twitter.com/Vukuzman/status/1572131639085375488?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Etweet

Ce jour-là une armée de « sans-culottes », inexpérimentés mais déterminés, menés par les généraux Dumouriez et Kellermann, fait face à une coalition austro-prussienne de soldats aguerris, renforcée de nobles français s’étant exilés.

Cette coalition menée par les monarchies européennes contre la France révolutionnaire, entend libérer Louis XVI, emprisonné depuis le 10 août 1792, afin de le rétablir sur le trône.

Totalement désorganisée par le départ des officiers issus de la noblesse, l’armée française  accumule les revers militaires depuis des mois. L’heure est grave et le duc de Brunswick, qui conduit les troupes austro-prussiennes, marche sur Paris, après avoir enlevé les villes de Longwy et Verdun.

Mais face à la menace, les volontaires sont légion. Dumouriez et Kellermann parviennent à armer une force de 47 000 hommes, composée de professionnels et de volontaires, pour barrer la route au duc de Brunswick qui commande 34 000 soldats.

C’est sur le plateau de Valmy, en Champagne, qu’a lieu l’affrontement, qui se résume essentiellement à un duel d’artillerie. Au plus fort de la bataille, Kellermann harangue ses soldats au cri historique de “Vive la Nation !”, agitant le panache tricolore de son chapeau, dressé au bout de son épée. Un cri repris par les « sans-culottes », galvanisés comme jamais.

La canonnade se solde finalement par 250 morts dans chaque camp. Ce qui est peu au regard des batailles de l’époque, laissant régulièrement plusieurs milliers de morts et de blessés sur le terrain.

Si la résistance farouche de cette armée française peu aguerrie a pu surprendre le duc de Brunswick, c’est surtout le retrait précipité des forces austro-prussiennes qui surprend les historiens.

Aucune des deux armées n’ayant écrasé l’autre, et les pertes étant minimes, on se demande pourquoi le duc de Brunswick a décidé la retraite, sans vraiment combattre.

« Selon certains, le duc de Brunswick a été acheté par les Français : les diamants de la couronne de France ont été retrouvés dans son héritage. »

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article6563

Pour d’autres, le duc de Brunswick aurait voulu participer au partage de la Pologne, envahie au même moment par l’Autriche et la Russie.

Quoi qu’il en soit, la bataille de Valmy reste le symbole de la République victorieuse des monarchies antirévolutionnaires. Le mythe du citoyen en armes est né. Ce sera le début du service national.

« Sur cette toute jeune armée planait quelque chose, comme une lueur héroïque », écrira Michelet, « c’était déjà l’armée de la République ».

« D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde », déclare Goethe, qui assiste à la canonnade.

« Une lueur héroïque », sans aucun doute. Car si Valmy fut la première grande bataille de la République, elle fut suivie de la fabuleuse épopée de la Grande Armée, menée par le plus prestigieux chef de guerre de tous les temps, face aux multiples coalitions européennes.

Quant au moulin de Valmy, deux fois détruit et reconstruit, il est toujours debout !

Jacques Guillemain

Partager cet article
Repost0
4 février 2023 6 04 /02 /février /2023 08:54
Jaurès, réveille-toi ils sont devenus fous

Les va-t-en-guerre à Davos sont sans appel : le temps n’est pas à la négociation mais à la guerre totale jusqu’à la reddition de Poutine, versus “la victoire finale de l’Ukraine”, etc. Dans ces conditions l’envoi de chars lourds par centaines outre le personnel pour leur maniement va nécessiter de les protéger de façon aérienne ; d’où à terme l’intervention officielle otanienne, et ensuite l’engrenage… qui est déjà là… À quand les premières frappes supersoniques sur la France ? Et l’envoi en prison (pour commencer) de ceux qui refuseront cet état de fait ?…

Les “nationalistes” français vont-ils faire la même erreur qu’en 14 soutenant mais sans le dire ce mouvement de guerre “patriotique européen” contre “l’ours/ogre russe”  au lieu d’appeler à des négociations seule solution au conflit du moins du point de vue français ? Déjà beaucoup de ralliements guerriers à cet effet, nombre d’écrits allant objectivement dans le sens anglo-saxon/otanien (comme la revue Conflits, malgré quelques critiques convenues) en considérant maintenant et pratiquement comme acquis à l’instar de la 1 ère ministre finlandaise à Davos que Poutine se voit en Staline et Pierre Le Grand réunis fantasmant pour une Grande Russie dominant l’Europe et le monde, c’est également la thèse des BHL et Bruckner… D’où une sorte “d’union sacrée”… mais à l’envers, comme le Roi Dagobert version Marx : une tragédie la première fois, une farce ensuite…

Il y a en effet là une étrange mais logique alliance entre profiteurs de désespoir. Les uns, les pseudo-nationalistes, se gavent de fromage bon marché mais de bon aloi façon “anti-immigration et théorie du genre” mais tombent dans le panneau puisqu’ils savent bien (comble de l’absurde) que ce sont justement l’UE la bande des quatre anglo-saxonne (USA, UK, Australie, NZ) et l’ONU qui poussent à la destruction des frontières et des différences nationales (au profit de l’Oumma consumériste pour les uns, djihadiste pour leurs alliés du Golfe) alors que la Russie de Poutine, telle qu’elle est et non pas telle que nous aimerions qu’elle soit, préconise à l’inverse une politique refusant en même temps la double destruction des spécificités nationales et de la nouvelle famille favorisant natalité autochtone et égalité homme-femme (idem en Hongrie, Pologne, celle-ci étant de plus en plus écartelée entre atlantistes et patriotes).

Mais qu’à cela ne tienne, ces soit-disant patriotes iront en fait soutenir les autres dans leur diatribe anti-poutinienne, tout ce galimatias créolisé au sens négatif ou comment imposer un universalisme de pacotille sous les oripeaux de l’humanisme chic associant injonctions et injections en veux-tu en voilà à l’ombre du djihadisme en fleur ou la Sainte Alliance, la Sainte Famille voyant des petits “libre penseurs” se mettre à la chasse des statues de la Vierge et des crèches tout en se taisant devant l’installation de 3 000 mosquées alors qu’il est interdit de construire une seule église, synagogue, pagode, en terre dominée par les arabo-musulmans, ce que les faux nationalistes ne disent mot sinon dans un vague combat “pour les chrétiens d’orient” mais bien plus factice que réel car autrement ils demanderaient la réciprocité dans la construction d’édifices religieux aux djihadistes chics ce dont ils se gardent bien.

C’est que ces faux nationalistes en réalité sont bien plus paganisâtes que chrétiens (Jésus comme Dreyfus est “juif”… À la différence de Bandera glorifié malgré les protestations) ; ils sont donc très heureux au fond  malgré leur protestation de façade contre l’immigration illégale (on n’a guère vu des RN, Patriotes ou Dieudonné à Callac) que les fondamentalistes musulmans fassent le “sale boulot” en refusant l’idéologie queer d’une part et la spécificité féminine non réduite à son rôle de mère d’autre part (l’homme, courtoisement, au biberon pourquoi pas ?) les uns voulant la voiler, les autres, à la gaute de la Nupes, l’effaçant au profit du mixte “non binaire”, les uns et les autres comme étant au fond les mosaïques multiples de la même médaille sectaire scientiste affairiste lancée en l’air par les docteurs Folamour anglo-saxon et néo-léninistes, les uns et les autres n’ayant également rien fait ou si peu à l’encontre du totalitarisme hygiéniste et réchauffiste.

Donc la guerre.  On peut reprocher beaucoup de choses à Jaurès, son “pacifisme” supposé, mais guère sa lucidité sur le fait que de toute manière la reprise de l’Alsace-Lorraine ne pouvait être possible qu’en sacrifiant des millions d’hommes (morts et blessés graves) et qu’il aurait sans doute mieux valu, déjà, ne pas tomber dans le piège autrichien à la gloire déchue en refusant l’automaticité des alliances, tout comme aujourd’hui cet empire anglo-saxon à la dérive (mais aux dents atomiques rappelait Khrouchtchev à Mao lorsque ce dernier parlait de “tigre de papier” s’agissant dudit impérialisme US) qui imposent de plus en plus la logique infernale de l’automaticité organique…

À croire que d’aucuns aimeraient planter ces “dents atomiques”, entre deux lignes d’amphé de coke et trois soumissions (pas toutes très catholiques) dans l’échine des mêmes, le peuple, les sans-dents les rien la piétaille sommée d’abandonner sa voiture thermique, tous ceux qui ne se connaissent pas, vivent chichement,  mais observent à 20 heures le faste orgiaque de la Gentry (SHAA) s’encanailler pour “sauver la planète” (en jet set) faire bombance en “urgence” à Davos, et ailleurs, dans des endroits plus feutrés, “sobres”, mais tout autant hypocrites…

Il serait bon que Molière se réveille aussi, et, pourquoi pas, Jeanne, ou Anne, sœur Anne, “ne vois-tu rien venir” ?…

Lucien Samir Oulahbib

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 06:15
Un siècle après sa naissance, le Liban est à l’agonie

Un siècle après sa naissance, le Liban est à l’agonie

On se souvient de la tentative de Macron de sauver le Liban du naufrage, en voulant s’immiscer dans les affaires inextricables de ce pays multiconfessionnel. Un échec cuisant. Il faut être bien naïf pour prétendre sauver un pays contre lui-même. Comment démêler un tel sac de nœuds quand les rivalités interconfessionnelles, les conflits d’intérêts et les ingérences étrangères sont innombrables ? C’est tout simplement mission impossible.

Né en 1920 d’un partage de la Syrie, entité alors administrée sous mandat français, le pays du Cèdre connut une belle période de prospérité après son indépendance en 1943, jusqu’à la guerre civile de 1975, qui a ravagé le pays durant 15 ans. 

Surnommé la « Suisse du Moyen-Orient » ou le « Coffre-fort du Levant », le Liban a longtemps été une référence de réussite économique et un modèle d’art de vivre dans la région.

Pour comprendre l’enchaînement des événements qui ont conduit à l’effondrement du pays, il faut remonter à 1967. Dans un excellent article, Jean-Jacques Lamy nous relate les faits essentiels.

« La débâcle des armées arabes face à l’offensive de l’armée israélienne, en juin 1967, changea la situation. En six jours les armées égyptienne, syrienne et jordanienne s’effondrèrent. L’Égypte perdit la bande de Gaza, qu’elle avait annexée en 1948, et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan, et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Les dirigeants arabes perdirent tout crédit aux yeux des masses arabes et des populations palestiniennes. Celles-ci se tournèrent vers les organisations nationalistes comme le Fatah de Yasser Arafat ou le FPLP de Georges Habache qui affirmaient leur volonté de ne pas baisser les armes, et de continuer la lutte armée. »

Chassés de Cisjordanie après la guerre des « Six jours », les Palestiniens se sont donc réfugiés massivement en Jordanie, formant peu à peu un véritable État dans l’État, les fedayins menant leur raids contre Israël depuis le royaume hachémite. En 1969, Yasser Arafat prend le contrôle de l’OLP et devient le leader de la lutte contre Israël.

Mais cette ascension du mouvement palestinien devenu de plus en plus puissant commence à inquiéter les dirigeants arabes, en priorité le roi Hussein de Jordanie qui décide d’en finir avec cette force décidément envahissante. C’est le « Septembre noir de 1970 ». Hussein lance son offensive militaire contre les fedayins et les camps de réfugiés en Jordanie.

Ces derniers furent écrasés. Chassés cette fois de Jordanie, les Palestiniens se réfugièrent au Liban.

Et ce fut le début de l’inexorable descente aux enfers pour la Suisse du Moyen-Orient.

https://www.linternaute.fr/actualite/guide-histoire/2576344-guerre-du-liban-resume-de-la-guerre-civile-de-1975-a-1990/

Le pays se déchire entre musulmans pro-Palestiniens et chrétiens nationalistes. La guerre civile va durer 15 ans, donnant lieu à d’innombrables et épouvantables massacres.

Les interventions de la Syrie, d’Israël, de la France, des États-Unis et de l’Iran n’y changeront rien. Seul l’Iran tirera les marrons du feu avec un Hezbollah surpuissant et surarmé.

La France et les États-Unis, quant à eux, y laisseront respectivement 58 et 241 de leurs soldats, tués dans des attentats-suicides du Hezbollah en 1983. L’ingérence occidentale se paie parfois très cher.

Aujourd’hui, le Liban n’est plus que l’ombre de lui-même. Le pouvoir se partage entre les différentes communautés, chrétienne maronite, musulmane sunnite et musulmane chiite pour l’essentiel, mais il n’y a aucune stabilité politique.

La crise économique et bancaire est catastrophique. Le choléra a fait son apparition.

Ceux qui le peuvent fuient le pays. 17 000 personnes l’ont quitté en 2020 et 79 000 en 2021.

80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté

Le taux de chômage atteint 30 %

La dette publique est égale à 150 % du PIB

L’inflation est à 200 % depuis janvier 2022

Les 3/4 de la jeunesse veulent fuir le pays. 

Tel est le résultat  du vivre-ensemble libanais, tel est le résultat du choc interconfessionnel entre chrétiens et musulmans. Rien de bien nouveau puisque les cultures ne se mélangent pas.

Le Liban est détruit à jamais.

La guerre civile a été une guerre de religion entre islam et chrétienté. Toutes les autres causes sont secondaires. Ce qui s’est passé au Liban se passe partout où l’islam devient assez fort.

Preuve qu’il n’y aura jamais de société multiculturelle paradisiaque, pas plus en France qu’au Liban.

(chiffres JDD)

Jacques Guillemain

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 11:16
Quelques mois avant d’être assassiné, Kennedy dénonçait les sociétés secrètes
 
 Le discours de Kennedy vient de la vidéo de Robert Jensen, traduit par mes soins du néerlandais en français (sous- titrée en néerlandais). Si toutefois vous vouliez en vérifier la conformité, il suffira de trouver quelqu’un comprenant l’américain. Je vous joins les liens de tout ça. (Ma traduction comporte de ci de là quelques approximations, mais je garantis la conformité au sens général). Concernant le discours de Kennedy, il me semblait correct de citer la source, Robert Jensen Pays-Bas, puisque c’est lui qui l’a déterré… il débute autour de la minute 35, en anglais et sous-titré en néerlandais. Titre de la vidéo : Ze proberen ons te slopen)
 
 
« Comme peuple, nous sommes historiquement et intrinsèquement contrecarrés par des sociétés secrètes, des serments et des procédures. Nous  sommes contrecarrés partout dans le monde par une conspiration implacable et unie, diffusant son influence au moyen de procédés secrets, dans les domaines de l’infiltration en lieu et place de l’invasion, du désordre à la place des élections, de l’intimidation à la place du libre choix. C’est un système qui a déployé d’énormes moyens aussi bien humains que matériels, en vue de bâtir une machine fort efficiente, formée d’une combinaison de moyens militaires, diplomatiques, du renseignement, ainsi que d’opérations économiques, scientifiques et politiques. Ses préparatifs sont cachés, non diffusés. Ses fautes sont glissées sous le tapis au lieu d’être mises en évidence. À ceux qui pensent différemment, on impose le silence au lieu du mérite. Pas une seule publication (information) n’est mise en doute, pas la moindre rumeur ne reçoit le moindre écho, pas le moindre secret n’est divulgué. C’est pourquoi le législateur Athénien Solon décida que à chaque citoyen correspondait un crime, afin de maintenir la controverse. Mais je vous demande votre aide dans cette tâche énorme pour informer et alerter le peuple américain. Confiant qu’avec votre aide, l’homme pourra devenir ce pourquoi il est né : être libre et indépendant ». (fin de citation Source robert jensen.nl ) Avant d’aller plus loin,  une petite question : de quel dangereux complotiste est ce délire évoquant des sociétés secrètes agissant dans l’ombre ? C’est bon ?… Vous donnez votre langue au chat ?… 
  
Il s’agit d’un discours tenu de John F. Kennedy, New York city, le 27 avril 1961, s’adressant aux représentants de The American Newspaper Publischers Association. 
 
Au moment où un ex-banquier propre sur lui préside la France, finalisant une sorte de coup d’État qui ne dit pas son nom via des « comités de défense » pour fixer la politique de temps à venir, hier pour raisons sanitaires, aujourd’hui énergétiques, demain climatiques, à l’abri de poursuites pénales ultérieures durant 50 ans, ce que garantit le secret-défense, évoquant lui même un grand basculement dont la parenté avec le Great Reset est frappante, Great Reset que le néerlandais Rutte, Premier ministre, ancien cadre ressources humaines d’Unilever, fait mine de ne pas connaître lorsqu’il est interpellé par un membre de l’opposition devant les parlementaires néerlandais, mentant comme un arracheur de dents, eh bien, nous pouvons nous considérer à l’instant T comme carrément mal barrés. Car évoquer le Great Reset est paraît-il complotiste, dixit l’histrion ex-ressources humaines d’Unilever devant son Parlement. 
 
Ce ne sont pas tant les énormités assénées par des opportunistes égarés en politique, endossant à l’occasion les habits, beaucoup trop vastes pour eux, d’un Churchill, de Gaule ou Kennedy, et, ce faisant, ressemblant furieusement à cette petite fille plantée dans les hauts talons de sa mère, cent fois trop grands pour elle, les lèvres hideusement bariolées de rouge à lèvres maternel, se pavanant ainsi devant la glace, ce ne sont pas tant ces énormités, disais-je, que l’apathie qu’elles semblent susciter auprès de populations entières, qui paraît le  plus inquiétant. CNR pour Conseil National de Re-fondation, comme précédemment CNR pour Conseil National de la Résistance… Et pourquoi pas FFI comme Forces Françaises Incompétentes torchés à la va-vite sur des voitures officielles sillonnant à la hâte la capitale en vue débusquer et tondre les pécheresses non vaccinées ?
 
Ils ont tellement perdu le sens du ridicule qu’ils en deviennent inquiétants. Certes, symptômes en même temps du degré avancé de lobotomisation des gouvernés. Il fallait le voir, Vulcain, dans un numéro de claquettes suintant la mise en scène de longue date et le cabinet conseil, s’époumoner auprès de Biden au dernier G7, accourant au rapport devant des caméras fort opportunes : « Joe ! Hé Joe ! j’ai appelé le gars du Qatar (ou des Émirats ?) pour le pétrole ! C’est bon, il est d’accord ! ».« Prends ça Poutine ! » Est maintenant sommé de clamer le contribuable sous sa douche, froide pour le coup, suivant la dernière bouffonnerie européenne d’une quelconque impayable commissaire. 
 
II y a de l’eau dans le gaz, camaradeUne Europe qu’illustre à merveille cette femme à barbe vainqueuse (langage inclusif) il y a quelques années de l’Eurovision. Je n’ai désormais plus honte d’avoir honte, sentiment que j’exècre pourtant, brandi par la bien-pensance de gauche. Non, je revendique ma honte et ris à m’en étouffer en compagnie du reste du monde, Poutine, Maghreb et Afrique noire inclus. Il y a de l’UE dans le gaz… Dire que Kennedy avait vu venir le complot. Ne pas s’étonner dès lors qu’il ait été descendu : ils sont désormais en mesure de censurer en direct un président américain en exercice. Historiquement plus discret. À mon avis, Rutte et Vulcain ne risquent rigoureusement rien. Ce sont en fait des feuilles déjà mortes que trimballe le vent de l’histoire.
 
Silvio Molenaar
Partager cet article
Repost0
3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 23:59
1000 ans de guerre résumés en 5 minutes
l'Histoire du Saint Empire romain germanique

 

Le Saint Empire romain germanique remonte au sacre du duc de Saxe Otton le Grand, le 2 février 962, à Rome. Le duc reçoit ce jour-là du pape le titre d'«Empereur et Auguste» en récompense des services rendus à la papauté et de ses victoires sur les envahisseurs hongrois.

Sans infrastructures ni administration autre que celle de l'Église, le nouvel empire est une très pâle copie de l'empire romain, disparu depuis près de 500 ans, et de l'empire carolingien disparu depuis un demi-siècle.

À l'est des «quatre fleuves» : Escaut, Meuse, Saône et Rhône, il inclut le royaume d'Allemagne et le royaume d'Italie (la Francie orientale). Sa troisième composante est le royaume d'Arles et de Vienne, précédemment royaume de Bourgogne et de Provence. C'est ce qui reste de la Francie médiane ou Lotharingie.

Ce Ier Reich (1er Empire d'Allemagne) est autrement dit constitué de toute la partie orientale de l'ancien empire carolingien, lui-même héritier du Regnum francorum de Clovis.

Il s'appelle d'abord empire d'Occident puis Saint Empire. Sous le règne de Frédéric III, au XVe siècle, il prend le nom sous lequel on le connaît aujourd'hui : Saint Empire romain germanique (ou plus précisément «de la Nation allemande»), Heilige Römische Reich Deutscher Nation en allemand.

Son titulaire est couramment appelé empereur d'Allemagne ou empereur allemand. Il est élu à la Diète de Francfort par une poignée de Grands Électeurs germaniques (évêques et seigneurs). Il prend alors le titre de roi de Germanie et «roi des Romains». Dans un deuxième temps, la tradition veut qu'il aille à Rome recevoir du pape le sacre et le titre impérial.

Rodolphe 1er de Habsbourg, élu en 1273, n'a cure d'entrer dans les querelles italiennes et se satisfait du gouvernement de l'Allemagne et dédaigne de faire le voyage à Rome.

Les conditions de l'élection sont fixées en 1356 par l'empereur Charles IV dans une «Bulle d'or» qui limite à sept les Princes Électeurs. Important : l'approbation du pape n'est plus requise pour valider l'élection. Il va s'ensuivre un affaiblissement du titre impérial, livré autant sinon plus qu'avant aux marchandages et aux rivalités entre Électeurs...

À partir de la Renaissance, le titre impérial échoit sans discontinuer à la famille des Habsbourg. L'empire se cantonne à l'Allemagne et son titulaire n'a véritablement d'autorité que sur les possessions héréditaires des Habsbourg. Devenus purement honorifiques, le titre impérial et le Saint Empire romain germanique seront abolis le 12 juillet 1806 par Napoléon 1er.

Le dernier titulaire, François II de Habsbourg-Lorraine, devient alors empereur d'Autriche sous le nom de François 1er, l'«empire d'Autriche» en question rassemblant les possessions héréditaires des Habsbourg de Vienne.

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 03:30
La Rafle du Vel’d’Hiv : rétablissons les faits

«…le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français répondaient aux exigences des nazis… On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards – dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France – jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la préfecture de police… Pour toutes ces personnes arrêtées commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ? La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux… »                      

 (Extrait du discours de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995).

Pour moi, jusqu’à mes 46 ans, le 16 juillet aura été symbole de gaîté et de bonne humeur, c’est, en effet, le jour de mon anniversaire. Non que l’idée de prendre un an de plus chaque année me réjouisse – avancer irrémédiablement vers la vieillesse me rendrait même plutôt morose – mais ma famille et mes amis se chargeaient de rendre cette journée agréable : je recevais généralement des livres et quelques bonnes bouteilles, ce qui suffisait amplement à mon bonheur.

Parfois, on m’offrait en plus un accessoire de moto ou un gadget de parapente et, bien que je n’aime pas particulièrement les festivités à date fixe, j’étais comblé.

Et puis, et puis, tel Zorro dans la chanson d’Henri Salvador, Chirac est arrivé.

À peine élu Président par des voix de droite, ce démagogue radical-socialiste a voulu ratisser large et il a osé ce que ce satrape de Mitterrand a toujours refusé : affirmer la responsabilité entière de la France dans la Rafle du Vel’d’Hiv  les 16 et 17 juillet 1942.

Il est vrai que Mitterrand, décoré de la francisque par le maréchal Pétain(1), était mal placé pour attaquer trop frontalement le gouvernement de Vichy, mais jusqu’à lui, tous les présidents de la République (y compris de Gaulle) allaient déposer une gerbe sur la tombe du maréchal Pétain pour honorer le vainqueur de Verdun. Jacques Chirac, lui, était plus soucieux de complaire au CRIF (2).

Il n’est pas dans mon intention de nier, de minorer, d’excuser ou d’expliquer l’horreur de la Rafle du Vel’d’Hiv  mais, plus je vieillis, plus  j’en ai marre de tous ces gens qui se chargent de réécrire l’histoire pour la rendre « politiquement correcte ».

Dans un article récent, Jean-Marc Berlière, professeur d’histoire contemporaine, a rétabli la vérité sur la Rafle du Vel’d’Hiv (3). Sans avoir ses compétences, qu’il me soit permis d’en remettre une couche. Je n’entends pas dédouaner le gouvernement Vichy mais je voudrais qu’on sorte des clichés tout aussi simplistes que réducteurs, voire carrément faux. Arrêtons de charger la barque !

Commençons par l’étoile jaune imposée aux Juifs. Chirac, puis Hollande, puis Macron, et tant d’autres qui occupaient des fonctions moindres, affirment que c’est Pétain qui a imposé aux Juifs le port de l’étoile jaune. Ces historiens de pacotille font semblant d’oublier qu’en juin 1940, la France a subi l’une des plus mémorables raclées de son histoire, pourtant riche en défaites cuisantes.

Ils oublient aussi qu’après l’effondrement de nos armées, sous la présidence d’Albert Lebrun, le dernier gouvernement de la IIIe République, dirigé par le maréchal Pétain, demanda un armistice.

Celui-ci fut signé le 22 juin 1940. On peut toujours philosopher des heures, comme le font certains auteurs, pour savoir si cette demande d’armistice était opportune : l’offensive de mai-juin 1940 se soldait, pour le camp français, par environ 90 000 morts,  200 000 blessés, autant de disparus et 1,8 million de prisonniers. Et il était plus facile d’inciter nos troupes à se battre… derrière un micro de la BBC  que sur le terrain (4), dans la poche d’Haubourdin, en Lorraine ou sur la Loire.

N’oublions pas que, selon les termes de l’armistice, la France conservait un gouvernement sur la « zone non occupée » de son territoire. C’était le seul pays vaincu par l’Allemagne dans ce cas !

Dans la « zone occupée », l’Allemagne s’attribuait les pouvoirs définis par la Convention de La Haye de 1907. Les ordonnances allemandes avaient force de loi. Les fonctionnaires et les pouvoirs publics français devaient donc les appliquer sans discussion. Bien sûr, il est facile, 80 ans après, de dire qu’il suffisait de ne pas obéir !  Jouer les matamores après coup est à la portée de n’importe qui.

Ce sont donc les Allemands et non le Gouvernement français (qui n’a aucun pouvoir en « zone occupée ») qui vont imposer le recensement des Juifs en octobre 1940. Ils imposeront des cartes d’identité frappées d’un tampon « JUIF » qui seront à retirer dans les commissariats, la création d’un fichier juif à la Préfecture de police, plusieurs mesures antijuives et, le port de l’étoile jaune auquel les autorités françaises refuseront de se prêter de décembre 1941 à la fin mai 1942.

Notons que cette mesure ne sera jamais appliquée en « zone non occupée », y compris après son occupation en novembre 1942, contrairement à ce qu’affirme un certain nombre d’historiens des « heures les plus sombres de notre histoire » (6).

Durant l’automne 1941, des attentats contre l’occupant sont menés par des communistes dont certains sont juifs. En représailles, les Allemands procèdent à des arrestations de Juifs. Le 15 décembre 1941, Von Stülpnagel demande à ce que Vichy impose aux Juifs le port d’un signe distinctif (car seule une loi de Vichy est valable pour les deux zones). Darlan refuse catégoriquement d’imposer un signe distinctif aux Juifs. La conséquence de ce refus est qu’il n’y aura pas de port de l’étoile en France, sauf si les Allemands légifèrent par ordonnance, mais alors ce ne sera valable que pour la « zone occupée ». L’ambassadeur Otto Abetz s’oppose à l’ordonnance et espère que Vichy assouplira sa position.  Après son retour au pouvoir, Pierre Laval se refuse lui aussi au port de l’étoile. Abetz abandonne son opposition, et c’est donc seulement fin mai que la 8e ordonnance oblige les Juifs de la « zone occupée » à porter l’étoile jaune à partir du 7 juin. En « zone occupée » Vichy  ne peut pas s’y opposer mais le Gouvernement français n’acceptera jamais cette obligation en « zone non occupée » même après son invasion en novembre 1942. C’est une vérité qu’il est bon de rappeler !

Venons-en à la rafle proprement dite : elle était prévue les 13 et 14 juillet, mais finalement, les arrestations se dérouleront les 16 et 17 juillet. Le 15 juillet, Knochen écrit : « La police française conduira l’action d’arrestations de façon autonome et sous sa propre responsabilité ».

À Paris et dans la région parisienne (où sont concentrés 110 000 Juifs), c’est la Préfecture de police qui est chargée des opérations. La  sous-direction « des étrangers et des affaires juives » sélectionne les personnes à arrêter : 28 000 fiches sont réparties entre les 1392 équipes d’« agents capteurs ». Ces derniers vérifient que les gens « captés » sont bien juifs.

Puis 50 autocars de la « Société des Transports en Commun de la Région Parisienne » vont conduire les célibataires et les couples sans enfants au camp de Drancy, et les familles avec enfants au Vélodrome d’Hiver. Et c’est la police municipale parisienne – les gardiens de la paix des différents arrondissements – qui assure l’essentiel des opérations.

Jacques Chirac en 1995, François Hollande en 2015 et Emmanuel Macron à Pithiviers le 17 juillet dernier, ont lourdement insisté sur la responsabilité de la France.

Il est exact  que les Allemands n’ont pas voulu apparaître sur le terrain, mais ceci n’enlève rien à leur responsabilité. Comme l’écrit  Jean-Marc Berlière : « … l’essentiel étant de viser Vichy. Le peuple criminel c’est le peuple français. Hitler ? Connais pas ! Une auto-flagellation surprenante qui caractérise tous les discours politiques depuis celui de Jacques Chirac en 1995. »

Personne ne peut nier que la Préfecture de police a fait preuve d’une indifférence coupable, d’une désorganisation totale et parfois d’un zèle intempestif. Rien n’était prêt, au Vel d’Hiv, pour recevoir plus de 8 000 personnes (dont        4 115 enfants). Mais des fuites venues de policiers ont permis à une majorité d’hommes d’échapper aux arrestations. Ces fuites expliquent la différence importante entre le nombre d’hommes (3118) et de femmes (5 919) arrêtés. De nombreux policiers croyaient que seuls les hommes étaient visés par les rafles. Il est également indéniable que, si des policiers ont fait preuve d’un zèle coupable, beaucoup d’autres ont permis à des familles de fuir.

Le bilan de la rafle du Vel d’Hiv est de : 13 152 personnes arrêtées : 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Il est inférieur aux prévisions de la Préfecture de police qui tablait  sur 24 000 à 25 000 le 10 juillet, mais il n’en est pas moins terrible. Rappelons cependant que ni les flics, ni leurs victimes ne pouvaient imaginer ce qu’il y avait derrière ces arrestations.

Ils ignoraient totalement la « solution finale » et l’existence des camps de la mort.

Le triste spectacle d’une foule de Juifs arrêtés, encadrés par des flics honteux de ce qu’on leur faisait faire, a provoqué un électrochoc dans la population parisienne, qui jusque-là, se moquait éperdument  du sort des Juifs. On peut d’ailleurs en dire autant de la province.

Les SS, eux, étaient furieux du résultat. Louis Darquier, le Commissaire général aux questions juives, note le 23 juillet : « Des conversations que je viens d’avoir aujourd’hui avec les autorités occupantes m’ont permis de constater chez eux un très vif mécontentement… Le nombre de trains prévus par les autorités allemandes à cet effet correspond au transport de 32 000 Juifs. Il est donc nécessaire que les arrestations suivent le rythme du départ des trains prévus.» (9).

En clair, les autorités et la Préfecture de police se sont livrées, les 16 et 17 juillet 1942, à une très sale besogne imposée par l’occupant. Mais la France et son peuple ne sont ni responsables, ni coupables de la barbarie nazie. Nous n’avons pas à battre notre coulpe en permanence.

Arrêtons toutes ces culpabilisations stériles, tous ces prétextes à repentance :

Chaque 21 mars, la France célèbre la « journée contre le racisme et l’antisémitisme », puis, le dernier dimanche d’avril,  la « Journée de la déportation », puis, le 16 juillet, on commémore la rafle du Vel’d’Hiv. Ce n’est jamais que le troisième exercice de repentance à l’égard des Juifs de l’année. Sans parler du dîner annuel du CRIF où il est de bon ton d’être vu et de faire une nouvelle séance d’auto-flagellation. Peut-être suis-je naïf mais il me semble que la recrudescence de l’antisémitisme virulent  qui sévit dans la France  du XXIe siècle n’a RIEN à voir avec celui  des années 40.

Si nos politiciens cherchent des sujets d’indignation, ils peuvent condamner plus fermement la « christianophobie » : même si je déteste ce terme, en France à l’heure actuelle, trois ou quatre églises catholiques sont vandalisées par semaine  et ça n’émeut personne ou presque.

Ils peuvent aussi commémorer le génocide vendéen – le « populicide » selon Gracchus Babeuf – commis sous la Révolution : 200 ou 300 000 personnes passées par les armes – hommes, femmes, enfants, vieillards – dont le seul tort était de vouloir garder leur roi et leurs curés.

Si les Républicains purs et durs veulent se repentir des actes commis par leurs aïeux, je les invite à méditer la célèbre citation du général François-Joseph Westermann après la terrible bataille de Savenay : « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là n’enfanteront plus de Brigands.

Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. » (11).

On peut me rétorquer que c’était une époque où les mœurs étaient rugueuses. Certes, mais je peux aussi parler d’une histoire atroce et plus récente : l’abandon de nos harkis et de leurs familles : 120 à 150 000 personnes, selon l’estimation d’Ahmed Ben Bella, torturées et massacrées par le FLN avec la complicité du pouvoir gaulliste ;  j’en ai parlé dans plusieurs articles et livres (12).

Mais dans la « start-up France » d’Emmanuel Macron, qui s’intéresse encore à des « ventres-à-choux » catholiques et royalistes, et à des « bougnoules » qui ont cru à l’Algérie française ? 

Quelques vieux réactionnaires – dont je suis – qui s’imposent un devoir de mémoire.

Eric de Verdelhan

1) Sous le n° 2202, après avoir prêté serment à la personne du maréchal Pétain en déclarant : « Je soussigné, François Mitterrand, déclare être Français de père et de mère, n’être pas juif, aux termes de la loi du 2 juin 1941,  et n’avoir jamais appartenu à une société secrète… etc. »

2) Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) fédère les différentes tendances politiques, sociales ou religieuses présentes dans la communauté juive de France. Chaque année, le CRIF organise un grand dîner où vont se montrer des personnages politiques de tous bords, au nom de… la laïcité républicaine, vous l’aurez compris.

3) Article publié dans « Causeur » le 10  août 2022.

4) Je conseille aux lecteurs que cette période intéresse de lire, entre autres, l’œuvre monumentale (5 volumes) écrite par Roger Bruge sous l’intitulé générique « Les combattants du 18 juin » (Fayard, de 1982 à 1989).

6)  «  lExpress » du 25 septembre 2018, « Comment Vichy a imposé l’étoile jaune » (sic).

7) La police municipale est assistée de policiers en civil et d’élèves de l’École de police.

8) Dans « Vichy-Auschwitz », Serge Klarsfeld, peu suspect de sympathie pour le régime de Vichy, cite un rapport allemand du 18 juillet 1942 : « Des côtés les plus divers, on a rapporté au bureau IVJ qu’une partie considérable des Juifs apatrides avait eu connaissance de l’action et s’était cachée. Des fonctionnaires de la police française auraient dans plus d’un cas fait part de l’arrestation projetée aux personnes qu’ils devaient arrêter ».

9) Serge Klarsfeld, « Vichy-Auschwitz », déjà cité.

10)  Lire, de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, « Le sang des communistes » ; publié chez Fayard.

11) Maigre consolation, ce salopard a été guillotiné à Paris le 5 avril 1794.

12) Entre autres dans « Hommage à NOTRE Algérie française » publié chez Dualpha.

https://ripostelaique.com/la-rafle-du-veldhiv-retablissons-les-faits.html

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le Blog de Lazare
  • : Etude des Prophéties, Fin des Temps et préparation à l'ère nouvelle.
  • Contact

Recherche Dans Le Blog