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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 15:09
Velléda en sa tour

Velléda est une prophétesse gauloise du 1er siècle de notre ère. Comme la plupart des druidesses, elle était aussi guérisseuse et  thaumaturge. Le peu qu’on sait de son histoire m’a titillé. Alors j’ai dû me rendre à son époque.

Son nom s’écrit aussi Velleda, Veleda ou même Welleda. Il vient du gaulois veled, en irlandais filid, qui signifie le druide guérisseur — on le retrouve dans le vieux français file, le guérisseur, comme dans l’expression la truie qui file. Pour respecter cette étymologie il faudrait écrire Filéda, la guérisseuse. Mais l’orthographe la plus courante est Velléda, je l’ai reprise ici.

Les druidesses possédaient une science magique plus ancienne et plus terrible que les druides. C’est la raison pour laquelle l’église chrétienne des origines reconnaissait aux femmes le droit de célébrer la messe, comme il apparaît sur une fresque antique des catacombes de Rome.

Druidesse ou pythie, Velléda a vécu la période cruciale du premier siècle de notre ère, quand le christianisme de Jésus ne s’était pas encore imposé sur les autres religions chrétiennes, quand aucun des évangiles canoniques n’était encore écrit. La Gaule –ou plutôt les Gaules– étaient alors des terres de haute magie, où les mages, les druides et les enchanteurs rivalisaient d’adresse dans l’art de guérir et de prédire. On venait de très loin pour consulter les oracles gaulois, d’aussi loin que la Syrie, l’Inde ou l’Ethiopie. Les druides qui filent ou druides guérisseurs faisaient merveilles, accumulant des guérisons spectaculaires et même des résurrections. De nombreux charlatans profitaient de ce contexte pour berner les naïfs.

C’est du moins ce qu’on prétendait dans l’empire romain, qui cultivait alors la pire image des Gaules, pourtant phare culturel de ce coin du monde. Pour Rome, toute contrée non romanisée est forcément sauvage; les Gaulois pratiquaient des sacrifices humains, des tortures jusqu’à la mort et autres coutumes barbares. Tous ces faits ont été grandement exagérés par les tribuns romains, qui voulaient montrer ce peuple sous un jour détestable. Ainsi Rome se posait en sauveur et en civilisateur, ce qui justifiait la conquête par Jules César, à peine un siècle plus tôt.

La réalité était bien différente. La Gaule abritait depuis des siècles une civilisation raffinée, dont l’artisanat, les artistes et la mode étaient appréciés dans tout l’Empire, orfèvrerie, joaillerie et tissage qui faisaient école jusqu’en orient. Les fils de famille venaient de tout l’Empire étudier les sciences et le savoir caché dans les universités druidiques à la réputation élogieuse. Mais si Rome avait reconnu ces faits, son agression militaire contre les Gaules serait apparue sous son vrai jour : le pillage pur et simple. Vae victis,comme dit l’autre.

Velléda vivait donc dans une terre magique, la Gaule germanique. Un pays dont elle ignorait les paysages, enfermée à double tour par des parents soucieux de protéger ses intérêts… ou les leurs. Velléda était donc recluse dans une tour sur la Lippe, affluent du Rhin, dans la région de Dortmund. Voici ce qu’en dit Wikipédia, qui cette fois-ci n’est pas bavard, ni dans sa version française, ni dans sa version allemande.

« Fille de Segenax, elle était de la nation des Bructères et habitait une tour sur la Lippe. Elle exerçait une influence immense sur toutes les populations germaniques : ainsi Tacite rapporte que les habitants de Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) lui confièrent l’arbitrage de leur conflit avec les Tenctères, une tribu germanique habitant hors du limes, c’est à dire hors des frontières de l’empire romain. Considérée comme une déesse vivante, en communication constante avec les dieux Sucellus et Nantosuelte, les envoyés des deux parties ne furent pas admis en sa présence, et la prophétesse rendit son jugement » par l’intermédiaire de ses parents, comme elle le faisait à chaque fois qu’on demandait son oracle. « Dans une inscription trouvée à Augusta Rauricorum (Augst moderne), Sucellus est identifié avec Silvanus » (wikipédia)
 
« Tacite lui fait jouer dans le soulèvement des Bataves contre Vespasien en 70 un rôle aussi important que celui de Civilis, mais on ne sait si elle prophétisa simplement la rébellion ou eut un rôle plus actif. Une démonstration de force opérée par neuf légions sous le commandement de Gaius Licinius Mucianus mit fin à la rébellion. Le général Petilius Cerialis captura Civilis, mais il traita les rebelles avec clémence, et Velléda ne fut pas inquiétée. Un bref extrait de Stace permet d’établir que Velléda, prisonnière en 77 ou 78 du général romain Caius Rutilius Gallicus, fut amenée à Rome, où elle vécut, semble-t-il, quelques années. Une épigramme grecque retrouvée à Ardea, au sud de Rome, se moque de ses pouvoirs magiques. » (wikipédia)
 
C’est à peu près tout ce qu’on sait. Pour étoffer ces infos laconiques, il fallait que je me rende sur place. Voici le récit de ma quête. Velléda était adorée comme une déesse, et son  statut sacré était encore renforcé par son isolement dans cette tour. L’image d’une jeune vierge enfermée dans une tour sera reprise et développée dans bien des contes et légendes médiévaux. Ici nous sommes, semble-t-il, à l’origine de ce mythe. Je crois en effet que c’est Velléda qui a servi de modèle et d’archétype initial. Chaque tour, gardée ou non par un dragon, deviendra la tour de Velléda, que des parents sévères ont enfermée pour protéger sa vertu. En tout cas, cette légende romantique de la jeune et belle vierge dans sa tour a touché Chateaubriand au point qu’il la fit apparaître dans l’un de ses romans, Les Martyrs, écrit dans sa propriété de la Vallée aux Loups. Dans le livre, Velléda n’a qu’un tout petit rôle, mais Châteaubriand la kiffait grave. Dans sa propriété de la Vallée aux Loups, il fit bâtir une tour à laquelle il donna le nom de la prophétesse gauloise.
 
Les seules personnes admises auprès de Velléda étaient ses parents. Elle n’a jamais vu d’autres êtres humains que son père et sa mère, qu’elle confondait sans doute avec les dieux qui lui rendaient visite. En effet, la jeune sibylle passait ses journées dans un état d’euphorie que certains qualifieront de transe mystique. Sans doute les aliments et les tisanes préparés par ses parents y jouaient un rôle. Dans sa transe hallucinée, Velléda adorait le dieu gaulois Sucellos, que les Romains appellent Sucellus. L’amateur de la langue des Oisons préfère le nom gaulois. Sucellos était armé d’un marteau magique, encore un, et mériterait à ce titre de figurer au panthéon des divinités aux armes magiques. Ça commence avec Shiva et sa bombeYahveh et la sienne, puis ça se poursuit avec Zeus et son tonnerreOsiris et ses couronnes, Thor et son marteau, Cuchulainn et son Gae Bolga, et ça continue avec le preux Roland et sa Durandal, le Roi Arthur et son Excalibur !
 
Sucellos porte un marteau magique, parfois remplacé par une faucille. La faucille et le marteau, déjà ! À l’aide de son marteau, Sucellos peut aussi bien tuer que guérir, rendre fou, donner l’éveil, et même ressusciter les morts, comme le faisait sa prêtresse Velléda. Le marteau de Thor est doué de la même magie. Selon moi, il s’agit d’armes technologiques, utilisant l’électronique, comme expliqué dans les articles précédemment cités en liens. Sucellos avait pour parèdre une certaine Nantosuelte. Ce dieu et sa déesse étaient, j’en ai peur, les propres parents de la petite, qui pour être voyante n’en était pas moins crédule. Le papa et la maman se déguisaient en Sucellos et Nantosuelte, et montaient l’escalier à vis de la tour sur la Lippe pour apporter à la pauvrette les aliments drogués et les requêtes de visions.
 
Le proconsul Maximus Minus veut savoir si la récolte de vinum sera bonum cette année. La veuve Caliquot veut savoir si son vinum blanc pétillant a de l’avenir. Le guerrier Marchandos veut savoir s’il va pleuvoir pendant la prochaine guerre, pour prendre un parapluie parce que la cotte de maille sous la pluie, ça rouille. Le préfet des Gaules veut savoir s’il a une question à poser, ça le tracasse depuis son plus jeune âge. Sa femme veut savoir à quelle heure il va rentrer dîner parce que ça commence à bien faire. Et moi je veux savoir ce que je fous là. Bref, tout le monde veut savoir, Velléda est au bout de son pouvoir, la pauvre folle n’en peut plus de Sucellos, de son père, elle a dans la tête toujours la même image, une tour dressée près de sa Lippe natale.
 
A cet instant j’ai compris que je venais d’absorber une pleine écuelle de bouffe droguée destinée à la voyante recluse. Du coup j’ai piqué du nez dans la langue des Oisons juste avant de perdre connaissance. Ça ne fait rien, oubliez le dernier paragraphe, le reste est meilleur, je l’avais écrit avant mon coma.
 
Après trois ans
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
 
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
 
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
 
Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

 

Paul Verlaine

Source: http://eden-saga.com/

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 18:20
Mansour Ibn Sarjoun, alias Jean Damascène, 1er critique de l’islam (7ème et 8ème siècles)

Mansour Ibn Sarjoun, (Victor fils de Serge) appelé par la suite Jean Damascène, est né en 676 à Damas dans une famille chrétienne syriaque. Son grand-père était un célèbre administrateur fiscal mandaté par l’Empereur de Byzance Héraclius.

 

Lorsque les armées arabo-musulmanes s’emparèrent de la région en 635, l’occupant exigea que ce haut fonctionnaire continue d’assumer ses tâches, mais au service du nouveau pouvoir islamique. Nombre de chrétiens furent enrôlés de la même façon, soit dans l’administration, soit dans les traductions d’ouvrages à partir du grec.

Le père de Jean Damascène fut également au service des califes pour l’ensemble de la Grande Syrie, dans la collecte obligatoire des taxes et de la djizia. Jean Damascène devint Yuhanna al Demashki, il reçut une éducation très complète sur une base biculturelle, mais où le grec était l’élément essentiel. Il vécut le passage de la culture hellénistique à la culture arabe en Orient. Son précepteur, Cosmas, était un religieux byzantin de Sicile que son père avait racheté à grand prix d’une mise en captivité par les Arabes lors d’une razzia. Formé à diverses disciplines, Jean Damascène devint érudit en arithmétique, astronomie, géométrie, ainsi qu’en musique et théologie.

Ayant les mêmes compétences que son grand-père et son père, Jean reçut la charge de receveur fiscal pour toute la région de Damas, à une époque où se mettait en place le système de la dhimmitude. Les chrétiens étaient divisés entre Eglises aux options opposées, ce qui faisait le jeu de la progression islamique dans tout le Proche Orient occupé. Les taxes très lourdes incitèrent des familles chrétiennes à se convertir à l’islam. Peu à peu les chrétiens furent chassés de l’administration contrôlée par le pouvoir musulman.

Jean abandonna ses charges et devint moine à la laure de Saint Saba à Jérusalem. C’est là également qu’il fut ordonné prêtre en 735.

L’intérêt de son témoignage, c’est qu’il est le premier à réagir depuis l’intérieur de la société islamique et des mutations en cours. Il écrit plusieurs traités, toujours en grec. Son analyse de l’islam est contenue dans une vingtaine de pages ciblées avec courage.

Jean offre ainsi la toute première description chrétienne de l’islam et la réfutation de cette doctrine qu’il qualifie d’hérésie. Ce terme n’est pas à interpréter comme déviation à partir de la position chrétienne, mais comme une mouvance sectaire erratique. Il conteste radicalement la validité de la « révélation » de Mahomet.

Citons quelques passages-clé de son pamphlet :

Il y a chez les Ismaélites (=Arabes) une superstition trompeuse toujours agissante, et qui sert de précurseur à l’Antéchrist !

Un faux prophète survint au milieu d’eux, il s’appelait Mohamed. Il créera lui-même sa propre hérésie.

Il fit croire au peuple qu’il était un craignant-Dieu et fit propager la rumeur qu’une Sainte Ecriture lui avait été apportée du ciel. Et il mit par écrit des sentences qu’on ne peut que railler.

Il affirme que les Juifs voulaient crucifier Jésus et après l’avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même n’a pas été crucifié et n’est pas mort.

Il introduisit dans cet Ecrit beaucoup d’autres absurdités dont on ne peut que se moquer, mais il insiste que cela lui a été apporté du ciel par Dieu !

En outre, ils nous appellent « associateurs », car, affirment-ils, nous introduisons un associé aux côtés de Dieu en disant que le Christ est le Fils de Dieu.

Vous nous appelez « associateurs » ? Nous, nous vous appelons « mutilateurs » de Dieu.

Ils nous accusent injustement d’être idolâtres parce que nous vénérons la croix et qu’eux la méprisent. A cela nous répondons : comment se fait-il que vous vous frottiez à une pierre à laquelle vous exprimez votre vénération en l’embrassant ?

Jean Damascène rédige également quelques réflexions permettant aux chrétiens de répondre aux objections courantes des musulmans. A la différence de la tendance actuelle propice au relativisme et à la confusion, il ne se prête pas à un « dialogue » avec l’islam, qu’il connaît de l’intérieur. Son but n’est pas que le chrétien s’ouvre à une autre religion, qu’il estime pernicieuse. Il expose à partir de ses convictions ce qu’il estime être des vérités premières, il ne réfute pas l’islam parce qu’il serait à ses yeux inférieur mais parce que ses fondements lui apparaissent irrecevables et faux.

Jean traite la question déterminante de la liberté humaine face à Dieu. Pour l’islam, le libre-arbitre n’existe pas, tout est prédestiné par Allah, le bien comme le mal. Jean met en lumière la contradiction entre cette vision et la justice de Dieu. Si l’homme n’est pas responsable, il ne peut être coupable. Pas de faute, pas de rédemption, pas de miséricorde divine, pas de projet humain. Jean insiste sur la différence entre l’engendrement naturel et l’engendrement spirituel, réalité inconnue des musulmans.

En dehors de ces propos réactifs et apologétiques adaptés à une situation bien précise, Jean Damascène rédige un traité important intitulé « Une présentation exacte de la foi orthodoxe ». A son époque, l’Eglise chrétienne est indivise, même si des interprétations théologiques suscitent de sérieux conflits internes. C’est ce qui fait que Jean Damascène a été reconnu comme saint dans l’Eglise orthodoxe et dans l’Eglise catholique. Sa mémoire est fêtée dans les deux communautés.

Le témoignage tonique de Jean Damascène, issu d’une génération confrontée à la première mise en place du pouvoir islamique en Orient, peut nous apporter certaines lumières pour réfléchir à la situation des idées et des forces en présence en Occident au début du 21ème siècle.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 08:18
Massacre d’Oradour-sur-Glane : les auteurs SS jamais emprisonnés

Le boucher d’Oradour-sur-Glane, Heinz Lammerding, né le 27 août 1905 à Dortmund et mort dans son lit, le 13 janvier 1971 à Bad Tölz, n’a pas fait une seule journée de prison pour le massacre de plusieurs centaines de civils dans des souffrances atroces.

En cette période d’hommage aux jeunes résistants français, via des livres bien documentés

https://fr.blastingnews.com/opinions/2020/08/les-editions-de-lastronome-retracent-lepopee-du-maquis-de-richemond-et-des-resistants-003185516.html

l’actualité se fige sur Oradour-sur-Glane, avec des tags sur le mémorial.

Et là, Emmanuel Macron fait très fort dans la récupération d’un fait divers.

Pour redorer son blason, Emmanuel Macron assure que “tout sera fait” pour poursuivre les auteurs des tags inscrits sur le centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, lieu du massacre de 642 personnes en 1944 par des soldats allemands.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/d%C3%A9gradations-du-site-doradour-sur-glane-emmanuel-macron-assure-que-tout-sera-fait-pour-poursuivre-les-auteurs/ar-BB18fF43

Mais depuis la fin de la guerre, les différents présidents de la République et leurs ministres n’ont jamais réussi à faire emprisonner les coupables de cet odieux massacre. Et, à plusieurs reprises, les généraux et officiers SS de la division “Das Reich” ont nargué l’État français et sa justice, notamment lors des obsèques du général Lammerding en 1971, avec leurs propos négationnistes.

https://www.lemonde.fr/archives/article/1971/01/21/aux-obseques-du-general-lammerding-l-ancien-chef-de-la-division-das-reich-est-qualifie-de-victime-tardive-de-l-affaire-de-tulle_3063389_1819218.html

Alors, on veut aujourd’hui mettre des moyens policiers et gendarmiques énormes pour retrouver les auteurs des tags de l’autre nuit sur le centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, alors que l’État français n’a rien fait, depuis 1944, pour emprisonner les responsables et auteurs de ce massacre de 642 personnes. Comme pour le massacre du Bataclan d’ailleurs !

Certes, le général SS Lammerding n’était pas le seul officier impliqué. L’officier SS Adolf Diekmann dirigeait sur place les SS qui ont commis le massacre d’Oradour-sur-Glane, pire crime nazi en France. Tous ces responsables ont mené une vie paisible en Allemagne, après la guerre, et les gouvernements allemands ont toujours refusé leur extradition.

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Rainer-Diekmann-Mon-pere-etait-le-bourreau-d-Oradour-568652

Les mêmes individus avaient procédé à des massacres identiques sur le front russe.

https://ww2gravestone.com/waffen-ss-obergruppenfuhrer-heinz-lammerding/

Alors, qu’est-ce qui est le plus grave ?

Que des jeunes alcoolisés viennent taguer le mémorial un soir de beuverie ?  À moins que ces actes odieux aient été perpétré par un survivant de la division “Das Reich” de passage dans la région…

Ou que les auteurs de ce massacre soient restés impunis depuis 1944 ? Et les derniers survivants de la division “Das Reich” vont bientôt mourir dans leur lit, suite à l’inaction de tous les responsables de l’État français depuis 1944 !
https://www.nouvelobs.com/societe/20070814.OBS0469/l-assassin-d-oradour-sur-glane-est-mort.html

Francis GRUZELLE
Carte de Presse 55411

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 21:17
Johan Ickx : L’aide apportée par le Vatican aux Juifs a été massive

Source : Lesalonbeige

Dans un livre-événement s’appuyant sur des milliers de documents inédits et intitulé Le Bureau. Les Juifs de Pie XII, l’archiviste du Vatican, Johan Ickx, révèle l’ampleur de l’activité du Saint-Siège en faveur des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il a accordé un entretien au Figaro Magazine.

[…] La perception positive portée sur Pie XII juste après la guerre a été balayée par la pièce de Hochhuth, Le Vicaire, une création des services secrets soviétiques qui a joué un grand rôle dans le retournement de l’opinion publique dans tout l’Occident. Tous les historiens ont pris l’acte d’accusation de cette invention théâtrale – ami des nazis, Pie XII aurait sciemment détourné le regard et gardé le silence sur la persécution et l’extermination des Juifs – comme point de départ pour construire leur «vérité», mais sans connaître les pièces essentielles et originales que j’expose et développe dans mon livre. Sans compter qu’ils se sont souvent appuyés sur un seul document, étudié à la loupe quand celui-ci semblait aller dans le sens de leur «cause».

Le livre est plein d’éléments nouveaux, mais je voudrais en mentionner trois en particulier. D’abord, la réalité d’une aide constante du Vatican aux Juifs de toute l’Europe – individus ou familles, via l’action d’un desk officer de la secrétairerie d’État, à qui avait été spécifiquement confiée cette mission quotidienne: Mgr Dell’Acqua. Et il est à noter qu’il y a seulement quelques mois, cette personne chargée de sauver les Juifs a subi soudain une campagne de diffamation et a été traité d’antisémite… C’est une diffamation lourde, même post mortem. Cela montre bien combien on continue à «créer» de l’Histoire sur Pie XII. C’est la même technique depuis cinquante ans: délégitimer auprès du grand public les personnages autour de Pie XII pour projeter indirectement une ombre accusatrice sur le pape.

Deuxième élément, très important, qui mérite d’être étudié par les spécialistes: la rupture diplomatique définitive entre l’Église catholique et le gouvernement nazi le 17 mars 1943, après la découverte d’une note du Saint-Siège critiquant la persécution religieuse pratiquée en Allemagne et dans les territoires occupés. Resté secret jusqu’à aujourd’hui, c’est un fait important parce qu’à partir de cette date, le Saint-Siège, qui a été diplomatiquement déclaré en guerre, est mis hors-jeu dans tous les pays occupés par les nazis. À partir de cette date, la «guerre froide» entre le Vatican et le régime nazi a commencé.

Enfin, j’ai trouvé la confirmation du fil rouge qui lie la Seconde à la Première Guerre mondiale: ses figures cardinales (Hitler, Pacelli, certains cardinaux et les Juifs qui ont servi leur patrie pendant la Grande Guerre), certaines réalités (déportations et camps de concentration), la pensée même du futur pape autour du peuple juif (expliqué dans un document officiel du Saint-Siège en 1916 et considéré, par le Comité juif américain à New York comme «encyclique»!), quand il était le ministre des Affaires étrangères du Vatican. Il est surprenant de voir comment tous ces éléments retracent ou trouvent leur genèse dans et pendant la Première Guerre mondiale. […]

On découvre dans votre livre le haut degré de persécutions subies durant la guerre par l’Église catholique. Vous attendiez-vous à cela?

J’étais au courant de cette persécution de l’Église catholique, déjà entamée en Allemagne dans les années 1930, avec notamment des décapitations de prêtres, mais je dois avouer que les dimensions réelles lors de la Seconde Guerre mondiale racontées par les documents des Archives historiques m’ont laissé perplexe. À l’Est en particulier, d’innombrables innocents, hommes, femmes et enfants ont été confrontés à l’horreur des tortures et des massacres, d’abord perpétrés par les Soviétiques puis par les nazis. Il me semble que dans l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale il existe encore une lacune à cet égard. Je raconte dans un chapitre le danger constant pour n’importe quel fidèle catholique et l’élimination des classes intellectuelles et savantes dans les territoires occupés, surtout en Pologne. Le réseau d’informateurs, des hommes qui souvent méprisaient la mort, est remarquable. Du début de l’invasion en Pologne les massacres commis par les nazis sur la population sont rapportés soit par l’ambassade de Pologne près du Saint-Siège, soit par des membres du clergé et des catholiques polonais. Ils décrivent une cascade de terreur et de massacres sur la population catholique.

Peut-on mesurer le niveau d’aide apportée par le Vatican aux Juifs, et le rôle précis de Pie XII dans cette aide? A-t-il fait, à vos yeux, tout ce qu’il pouvait faire?

L’aide du Vatican a été massive. Ma réponse peut surprendre le lecteur, mais il faut voir la réalité. Le Saint-Siège a mis en branle un réseau international d’aide et de secours qui a continué à fonctionner là ou d’autres organisations ont cessé d’agir (par impossibilité) 24 heures sur 24. De plus, les nonces et les représentants diplomatiques du pape Pie XII ont cherché, non sans suivre les instructions directes, à trouver toutes les voies possibles pour sauver des Juifs. Le mot-clé dans tout cela est «possible», car celui qui vivait la réalité du nazisme féroce ne «pouvait» presque rien faire. […]

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 19:22
Histoire de Lucilius Quintus
Après l’engagement de Pierre et de Paul à Rome au 1er siècle, et leur mort en martyrs de la foi, le christianisme se répand dans tous les milieux romains en raison de son message d’espérance. Des proches de l’aristocratie au pouvoir, tout comme de simples dockers du port et des esclaves se convertissent au Christ, et se réunissent secrètement dans des assemblées présidées par des anciens pour la parole de Dieu et la fraction du pain eucharistique. Dans les premiers siècles, des chrétiens se réfugient dans les catacombes de Rome pour les célébrations devenues dangereuses.

 

Au 3ème siècle, Hippolyte est un soldat de la garde impériale, chargé de la surveillance de Laurent, un diacre de l’Eglise clandestine, enfermé dans une des prisons de Rome. Il attend son sort sereinement, incarcéré avec beaucoup d’autres, arrêtés à la demande de l’empereur Valérien dans le cadre d’une féroce répression. Impressionné par la foi communicative de Laurent, Hippolyte se convertit au christianisme et se fait baptiser par le diacre Laurent avec 19 personnes de son entourage. Laurent puis Hippolyte seront mis à mort par ordre de l’empereur.

 

Dans la même période, Lucilius Quintus est un jeune homme qui cherche sa voie dans une société romaine en déclin moral. Il a entendu parler du témoignage de Laurent et d’Hippolyte, et il promet au Christ de consacrer sa vie à faire le bien. Dénoncé par un de ses amis, il s’enfuit à la campagne, loin de Rome, de crainte d’être mis aux fers avant d’avoir pu commencer à agir, et le soir venu, il cherche où passer la nuit. Il aperçoit l’entrée d’une grotte dans un lieu désert où il sera en sécurité.

La nuit tombe et Lucilius s’installe dans un coin de la grotte, il fait très sombre et Lucilius entend comme un gémissement, une sorte de râle. Il tâtonne et s’approche, pour découvrir dans un rayon de lune, qu’un lion est étendu au sol, fiévreux, avec une énorme épine plantée dans la patte. Lucilius retire délicatement l’épine et verse un peu d’eau sur la plaie pour nettoyer le sang. Puis il s’endort, apaisé d’avoir peut-être sauvé la vie de cet animal. Le lendemain matin, Lucilius se demande s’il n’a pas rêvé, car le lion n’est plus présent dans le fond de la grotte. Il a disparu durant la nuit.

Reprenant sa marche, Lucilius se rend chez des amis, puis au bout d’un temps il retourne à Rome pour visiter ses vieux parents. Entre temps, l’empereur Valérien a durci sa politique envers l’Eglise naissante. Il publie un décret décidant que les évêques, les prêtres et les diacres seront immédiatement mis à mort. Il précise que les fonctionnaires impériaux confessant la foi chrétienne seront dépossédés de leurs biens et arrêtés. C’est sur son chemin qu’une patrouille militaire intercepte Lucilius et l’enchaîne pour le conduire en prison. Il s’y retrouve avec une dizaine de chrétiens de tous âges que l’empereur a décidé de faire mourir en fin de semaine dans le grand amphithéâtre. Tous prient le Notre Père pour illuminer leur âme dans les ténèbres glaçantes de la prison.

Le jour de l’exécution arrive, les chrétiens sont poussés dans le cirque, sous les cris et les huées de milliers de spectateurs, assemblés sur les gradins pour se délecter du spectacle que les fauves affamés vont leur offrir.

La grille est levée, les fauves se précipitent dans l’arène. Lucilius se tient prêt à donner sa vie. Un énorme lion se lance vers lui, Lucilius remet son âme à Dieu, mais étonnamment, il ne se passe rien : le lion s’est agenouillé devant lui et lui lèche les mains. C’est alors que Lucilius aperçoit une énorme cicatrice dans la patte de l’animal qui le regarde sans aucune agressivité…

Devant un tel prodige, Lucilius est gracié par l’empereur, et libéré, il reçoit le baptême, devient diacre, et met dès lors toutes ses forces à réunir de nouveaux convertis venus des quartiers pauvres de Rome, mais aussi provenant de familles de notables. Au plus fort de la répression, des chrétiens de culture gréco-romaine et d’autres de culture hébraïque se retrouvent pour chanter, quoi qu’il arrive, la gloire du Dieu trois fois saint !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 04:07
Clément, un juif parmi les premiers évêques de Rome
Eusèbe de Césarée et Epiphane donnent une liste précise des 15 premiers évêques de Jérusalem jusqu’au choc de 135, lorsque l’empereur Hadrien vient écraser la révolte juive et débaptiser la ville sainte en Aelia Capitolina.

 

Or ces quinze premiers évêques de l’Eglise-mère, à la suite de Jacques et de Simon son frère, sont tous juifs observants. Ils sont circoncis, pratiquent le shabbat et prient au Temple, jusqu’à sa destruction en l’an 70 par Titus fils de Vespasien. Le dernier de ces évêques hébreux est Jude, qui sera mis à mort en 135 avec beaucoup d’autres juifs massacrés par Hadrien.

 

On a peu de détails historiques sur ce qu’était la vie des premières communautés judéennes disciples de Jésus ressuscité. Les Actes des Apôtres, le livre attribué à Luc, nous donne une version remaniée en faveur des Gentils devenus majoritaires dans l’Eglise. Le ministère de Shaoul Ha Qatan, (Paul), actif auprès des juifs de diaspora et des païens convertis, y trouve une place plus significative que Pierre, dont le nom hébreu est « Eben », pierre de construction, de proximité linguistique avec « ben » = fils, ou prolongation.

La vie des juifs de Judée adeptes de « la Voie » (pas encore appelés « christianoï ») est assez peu décrite, car éloignée des milieux qui seront rédacteurs du Nouveau Testament et adaptateurs de la foi originelle à la culture grecque.

On est frappé par la diffusion fulgurante du messianisme christique en Asie mineure dans la diaspora, dès le 1er siècle, par l’adhésion massive des rabbins de sensibilité universaliste. Une foi nouvelle qui s’est d’abord diffusée à partir de Jérusalem, en Judée, Samarie, et Galilée, jusqu’à Rome où résidait une importante population juive. 

Jérusalem, la cité sainte, va bien sûr rester la référence symbolique de l’Eglise-mère, mais Rome prend peu à peu paradoxalement de l’importance, tout en étant à la fois centre de l’Empire persécuteur et référence fondatrice lors du martyre de Pierre et Paul, source d’autorité doctrinale. (Ce n’est pas qu’une vision catholique, car parmi d’autres, le théologien protestant Oscar Cullmann valide l’historicité de la mort de Pierre et Paul à Rome entre 62 et 67).

A Rome, Clément, ce membre de la communauté juive locale, va jouer un rôle décisif, car il sera en responsabilité épiscopale de 92 à 99 dans une période très agitée. Il est parfois appelé « pape », pour dire « successeur de Pierre », ce qui est anachronique, puisque l’appellation « pape » est un terme grec qui n’apparaît que plus tard, pour être ensuite attribué globalement et rétrospectivement à tous les évêques de Rome.

Clément est né à Rome, c’est un citoyen romain, comme Paul. On le considère comme le 1er père apostolique, car dans la seconde moitié du premier siècle, il adresse une lettre célèbre à la communauté des Corinthiens, un document intitulé « Lettre de l’Eglise de Rome à l’Eglise de Corinthe », qualifié par Eusèbe de Césarée de « puissante missive, pleine d’autorité ecclésiale ».

Clément est vénéré comme saint par l’Eglise catholique, l’Eglise orthodoxe, l’Eglise copte et l’Eglise anglicane. Irénée de Lyon (2ème s.) mentionne Clément dans sa liste des successeurs de Pierre, en insistant sur le fait que ce chef d’Eglise a côtoyé les apôtres, qu’il s’est entretenu avec eux, fortement marqué par leur prédication et leur catéchèse du Christ. Irénée souligne le fait que la « Tradition (transmission du kerygme originel) des Apôtres » est présente en permanence à l’esprit de Clément pour accomplir son ministère de présidence.

La lettre de Paul aux Philippiens (4,3) témoigne de la présence de Clément parmi les collaborateurs de Paul. Parlant de deux femmes Evodie et Syntyche, Paul demande qu’on leur vienne en aide « elles qui ont combattu pour l’évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d’œuvre dont les noms sont dans le livre de vie »

Eusèbe de Césarée précise que Clément est encore évêque de Rome lorsque Trajan succède à Nerva en 98. Autre témoignage, le « Pasteur d’Hermas », un document chrétien ancien dont la version finale date du début du 2ème siècle mais qui comporte des éléments antérieurs contemporains de l’époque de Clément.

En effet, un passage du texte dit : « Voici un petit livre à donner aux élus de Dieu… » Puis le visionnaire auteur de l’ouvrage ajoute : « Quand j’aurai tout rédigé, tu le feras connaître à tous les élus. Tu enverras une copie à Clément, et Clément l’enverra aux autres villes, c’est sa mission ! Tu le liras à la ville en présence des presbytres qui dirigent l’Eglise ». On a discerné dans cet extrait la trace de l’organisation hiérarchique de l’Eglise primitive, avec une mission particulière de Clément dans la fonction qui lui est propre.

Selon certains récits postérieurs, Clément est mort en martyr, condamné à   être exécuté comme beaucoup de juifs et de chrétiens (la différence confessionnelle n’existe pas encore aux yeux des autorités romaines). C’est une condamnation « pour athéisme », accusation résultant du refus de diviniser l’empereur de Rome et de brûler l’encens devant son effigie. Des récits racontent que face au refus de l’évêque Clément d’honorer les dieux officiels, l’empereur Nerva décida de l’envoyer aux travaux forcés pour extraire du marbre à Chersonèse. Malgré la tâche exténuante, sa foi lumineuse fit des conversions parmi ses compagnons de bagne. Puis Trajan arrivé au pouvoir s’irrita de l’aura acquise par Clément et il décida d’attacher une ancre de marine au cou de l’évêque et il le fit précipiter dans la mer Noire.

LA LETTRE DE L’EGLISE DE ROME A L’EGLISE DE CORINTHE, signée Clément.

L’épître de l’évêque Clément aux Corinthiens a été rédigée en 95, à la fin du règne de Domitien. Elle est considérée comme le premier document d’Eglise non canonique mais contemporain de la rédaction du Nouveau Testament. Elle est envoyée aux chrétiens de Corinthe avant même que soit publiée la version finale de l’évangile de Jean (109).

La communauté chrétienne de Corinthe était en proie à de graves divisions internes, en raison, semble-t-il d’une contestation par la base, du ministère des presbytres en charge pastorale. Conflit de générations, ou tiraillements entre cultures juive et grecque, revendications charismatiques, divers éléments expliquent le fait que des groupes aient démis de leurs ministères des pasteurs irréprochables. C’est avec une bonté paternelle et un souci équitable que Clément demande le rétablissement des pasteurs légitimes dans leurs fonctions et l’apaisement dans les relations communautaires. La formulation de la lettre démontre que l’organisation hiérarchique de l’Eglise est déjà en place mais pas encore fixée, les presbytres et les épiscopes ainsi que les diacres n’ayant pas atteint un statut bien défini au sein des assemblées. Pour appuyer sa conciliation, Clément, connaisseur de la culture biblique, fait abondamment appel à des passages du Premier Testament (dont la place tient un quart de toute l’épître). Parmi les références retenues par Clément on trouve : Caïn, Esaü, Hénoch, Noé, Abraham et bien d’autres. On reconnaît dans les passages cités la version biblique de la Septante, mais la judéité de Clément s’exprime par des expressions comme avinou Abraham, avinou Yaacov, notre père Abraham, notre père Jacob. Le nom de Dieu est remplacé par « Il » en signe de respect du Tétragramme, mais on décèle aussi des références à des traditions apocryphes juives connues à l’époque (ex : l’assomption de Moïse). Certains échos de la Règle de Qumrân y sont également repérables, pour évoquer le rôle de chacun dans la communauté.

En conclusion, ce document, est très proche de l’époque apostolique et de la mise en œuvre mémorielle de la Tradition vivante sous la forme des Ecrits canoniques du Nouveau testament. Cette épître de Clément est la première manifestation de la préséance de l’Eglise de Rome dans le concert des communautés en croissance. Le rôle de l’évêque de Rome apparaît comme un service de l’unité et un rappel des fondamentaux de la foi judéo-chrétienne. Etonnamment, si l’auteur du 4ème évangile vivait encore à Patmos, c’est plus lointainement, de Rome, que venait l’exhortation adressée aux Corinthiens.

Origène présente Clément de Rome comme « disciple des Apôtres ». Il y a un texte du grand Irénée de Lyon, au 2ème s. , qui s’est battu contre les menaces de scission de groupes dissidents et qui a rappelé la nécessité d’un pôle d’autorité. Il écrit : « La grande Eglise très ancienne et connue de tous, a été fondée et constituée à Rome par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul. La tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle a annoncée aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques. C’est donc avec cette Eglise de Rome, en raison de sa puissante et légitime autorité de fondation, que doit nécessairement s’accorder toute Eglise ».

Tertullien (fin 1er s.) écrit que Clément a reçu sa mission par imposition des mains de Pierre lui-même.

Certains spécialistes estiment que Clément est aussi l’auteur de la lettre aux Hébreux. On retrouve dans la lettre aux Corinthiens des emprunts facilement reconnaissables et le style est le même dans les deux documents.

Clément évêque de Rome nous a laissé une épître de l’époque apostolique où transparaît le profil d’un judéo-chrétien passionné dans ses convictions bibliques et modéré dans ses exhortations fraternelles. Un témoin du Christ qui est allé jusqu’à donner sa vie par amour pour le monde à venir.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 22:15
Arte : « la traite négrière a débuté au VIIe siècle ». Qu’est ce qui est né, aussi, au VIIe siècle ?
Très intéressante série documentaire sur « L’Histoire de l’esclavage », diffusée mardi sur la chaîne de télévision « ARTE », et il est bien dommage que tous ceux qui prétendent accuser les négriers « Blancs », et réclament leur repentance, ne l’aient probablement pas visionné.

 

Ils auraient appris, mais je suppose qu’ils le savent mais préfèrent l’occulter, que « l’esclavage noir » est bien loin d’être une création des « Blancs ».

 

Avant même que le premier blanc ait mis un pied en Afrique, l’esclavage se pratiquait déjà sur une très grande échelle, bien avant même le Moyen-Age.

Cette série documentaire retrace, pour la première fois, la tragédie de la « traite négrière » et, comme par hasard, c’est au VII° siècle, avec l’émergence d’un Empire arabe, que la véritable traite négrière a débuté.

C’est au rythme des conquêtes de cet Empire arabe que se met en place un immense réseau de traite d’esclaves qui, du Mali, dans un premier temps, puis vers l’intérieur du continent, convergent vers Bagdad de longues caravanes pour déverser sur d’immenses marchés, les esclaves noirs, remis par les chefs des tribus ou enlevés directement de force.

Ces longues caravanes partent de Tombouctou et se dirigent, via Le Caire, en Egypte, pour atteindre leur destination finale.

Mais, lors de chaque étape, les esclaves se vendent, tout au moins ceux qui arrivent à destination, car la mortalité, compte-tenu de la durée (des mois) et des conditions déplorables, pour ne pas dire effroyables, de ces très longs trajets, éliminaient 50% de cette « marchandise humaine ».

Cette première traite d’esclaves « noirs » s’est donc prolongée du 7° jusqu’au 14° siècle et uniquement grâce à l’organisation et au profit exclusif des Arabes.

C’est à cette époque que les navigateurs portugais se dirigent à leur tour vers l’Afrique Equatoriale.

En principe ils convoitaient l’Or, mais se rendent compte que le trafic d’esclaves est, dans un premier temps, bien plus facile et plus rentable.

Ils descendant plus bas, jusqu’au Congo, et installe sur l’Ile de Sao Tomé, au large du Gabon, une véritable usine d’esclaves, destinés à la production dans les plantations sucrières.

Ils fondent ainsi les premières sociétés esclavagistes mais, c’est après la découverte du Brésil, en 1516, que s’ouvre, pour eux, les nouvelles routes de l’esclavage, vers les Amériques.

La plus grande déportation de l’histoire de l’humanité, près de trois millions de « nègres » sont ainsi transplantés d’un continent vers un autre.

Imitant le modèle portugais, très rentable, l’Angleterre, l’Espagne, la Hollande et la France, qui se disputaient « Les Caraïbes », pour y exploiter la canne à sucre, vont provoquer la multiplication des convois d’esclaves, à grand renfort d’investissements et la complicité des banquiers.

Entre 1600 et 1790, près de 7 millions d’Africains traversent l’Océan Atlantique, alors que se poursuit toujours, en parallèle, la traite d’esclaves vers les pays du Moyen-Orient.

Un nouveau marché ne tarde pas à s’ouvrir au capitalisme mondial, celui des Etats-Unis d’Amérique et cela pour satisfaire à son besoin de matières premières, en pleine révolution industrielle.

Et l’Europe se lance alors dans de nouvelles conquêtes coloniales afin de mieux organiser et s’approprier ce marché.

Et c’est justement à l’époque où la traite légale est interdite que la déportation d’esclaves africains se multiplie. Ces conquêtes dirigent environ 2,5 millions d’esclaves « noirs » vers l’Amérique du Nord.

Cela fait des années que je l’écris, que je l’explique, et cela est confirmé, si c’était nécessaire : les premiers responsables de la traite négrière ont été les « noirs » eux-mêmes et les Arabo-musulmans. Ce sont eux qui organisaient cette traite d’êtres humains (qui d’ailleurs n’étaient pas considérer comme totalement des « êtres humains » par les musulmans) et proposaient cette « marchandise » aux acheteurs, dans un premier temps, situés uniquement au Moyen-Orient puis, dans un second temps, au Brésil, par les Portugais et, enfin, aux Caraïbes et Amérique du Nord, par les autres pays européens.

Il est, pour moi, incompréhensible, que tous les descendants, réels ou présumés, de l’esclavagisme, s’en prennent directement et exclusivement aux « acheteurs blancs » et non pas à ceux qui leur proposaient le produit à vendre. Ne sont-ce pas eux les premiers et principaux responsables de cette traite abominable négrière ?

Et, surtout, qu’on ne les entende pas se « révolter » contre la vente actuelle d’esclaves « noirs », aux enchères et à des prix variant de 300 à 1000 dollars, comme le prouve des « vidéos » diffusées dans ce reportage, et comme cela est affirmé par de nombreuses organisations internationales. Quelle hypocrisie !

Pour conclure, il me paraîtrait très souhaitable, qu’après une série documentaire aussi détaillée et intéressante, ARTE nous propose une série identique, consacrée cette fois à « l’esclavage blanc », organisé depuis le Maghreb et la Turquie par les « Ottomans » et les Arabes, et cela depuis le XV° siècle jusqu’en 1830, date de la conquête destinée à mettre un terme définitivement à cette « traite méditerranéenne » et non plus « Atlantique ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 12:08
L’Amérique noire avant Colomb

En recoupant plusieurs sciences modernes, un universitaire montre que l’Amérique précolombienne était en partie un continent africain.

Pathé Diagne est professeur d’université aux Etats Unis et en Afrique de l’ouest. Spécialiste des langues et cultures africaines, il étudie depuis longtemps les Amériques précolombiennes.

 Pendant des millénaires, les populations africaines ont colonisé l’Amérique, qu’ils appelaient Tarana. Utilisant le couloir des alizés, les mool-mariniers d’Afrique de l’Ouest – pays des Yoroubas – ont hardiment traversé l’océan pour peupler Tarana.

Ils ont développé outre-atlantique des civilisations urbaines, agraires, spirituelles et artistiques. Cette colonisation africaine du continent américain s’est poursuivie suffisamment longtemps pour laisser des vestiges architecturaux, culturels, linguistiques, toponymiques et génétiques indiscutables.

Dans son ouvrage, l’universitaire accumule des similitudes entre noms de lieux, de villes, rituels, vocabulaire, croyances, et le lecteur vaincu se rend à l’évidence… 

On a longtemps cru que les Africains n’étaient pas des navigateurs de haute mer. Par racisme, on les a cru incapables de traverser l’océan atlantique. Il est vrai que dans l’Antiquité la navigation hauturière était inconnue des marins d’Europe et de Méditerranée qui ne pratiquaient que le cabotage.

Nos historiens en ont conclu que les Africains ne savaient pas non plus, et qu’ils ne l’avaient jamais su. C’est toujours ce fâcheux mythe du progrès linéaire qui nous met dedans.

Pourtant, en pleine préhistoire, on trouve trace de traversées transatlantiques : des instruments de navigation hauturière, des cartes transcontinentales très anciennes, et même les vestiges d’un navire sur les côtes brésiliennes.

Nos lointains ancêtres ne portaient pas des slips en peau de bison, ils ne vivaient pas dans des grottes en poussant des grognements gutturaux comme on nous l’a fourré dans la tête ; ils étaient beaucoup plus civilisés que les Romains ou les Grecs antiques. 

On découvre aujourd’hui que la préhistoire, telle qu’on nous l’a dépeinte, doit être reculée dans un passé bien plus lointain. Une nouvelle période historique est venue s’intercaler entre l’histoire et la préhistoire : la protohistoire, l’histoire avant l’histoire. Elle ne ressemble à rien de connu. « Pendant des millénaires, durant la protohistoire, des populations natives africaines ont contribué au peuplement des Amériques, à côté des migrations océano-eurasiennes » écrit Pathé Diagne.

« Tout le lexique spirituel, géopolitique, culturel et artistique du continent américain renvoie aux communautés Yoruba, Fon, Mina, Lebu-Wolof, Bantu, Maratana, Mandeng-Soninké ou Akan Baoulé. »En effet, on retrouve le vocabulaire africain de Tarakasum/Alaska à Taragoni/Patagonie ; des Gaytimara du Guatemala et des Andoras du Honduras aux Gayrifunia de Californie. « L’Afrique nourrit la toponymie du Toro-Silla ou Pérou-Chili, du Baragwa/Paraguaï et du Burugwa/Urugwaï »

Diagne parle de « monarchies transatlantiques », véritables colonies de peuplement africain établies en Amérique. On voit émerger une sorte d’Afrique colonialiste, solidement établie dans ses possessions américaines, exerçant son autorité sur les populations indigènes rouges, avec lesquels les Noirs ont cohabité durant des millénaires… Ils ont maintes fois traversé l’Atlantique, et sont allés plus loin encore, puisqu’on retrouve la trace des mool-mariniers jusque sur la côte pacifique !

Le corridor nord-équatorial emprunté par Christophe Colomb était connu depuis toujours. Le roi africain Bakari II l’a utilisé plus d’un siècle avant Colomb… Au même moment que nos Templiers, donc… Pathé Diagne nous explique que ce corridor des alizés est marqué par l’empreinte des mool-mariniers Lebu nord-Bantu de l’ouest atlantique. Ces « peuples de la mer » (Geejawaay) ont construit l’un des plus grands réseaux portuaires qui couvrait les deux côtes de l’Atlantique et le Pacifique américain.

 

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Le réseau part de Mennfari/Memphis, Salse/Saïs, Lebuta/Leptis, Tanisis-Tanit/Tunis, Kusta/Ceuta, Tingita/Tanger. Il associe Taratakas/Carthage et Taratakas/Caracas. Ce réseau portuaire fut la très antique réalisation de la civilisation noire nubo-égyptienne, responsable des portulans de Piri Reis et autres cartes marines d’origine inexpliquée… Les populations natives africaines urbanisées des Amériques se désignaient elles-mêmes comme des Mara, Maya ou Maura.

Elles se nommaient aussi les Marana ou Marroun, Maratana ou Maradona, des Maranayba ou Maranaïbo. « Etablies depuis des millénaires des deux côtés de l’océan, ces populations noires se sont vu contestées en tant qu’indigènes par les migrations européennes. L’état colonial les a marginalisées avec l’aide de l’Eglise et du Code Noir. L’état Euro-Américain raciste les traite avec condescendance à travers deux codes discriminatoires, le Code Noir et le Code Métèque dont l’objectif est de maintenir ces populations natives dans un état de sujétion par rapport à la race blanche, dominatrice de droit divin. »  

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 11:01
Algérie.François Mitterrand dans le rôle de l’assassin

La «guerre de l’histoire» continue entre Paris et Alger. Le rappel du passé trouble de l’ancien président est le dernier épisode de ce conflit mémoriel.

 

 

La France a mis cinquante-trois ans pour découvrir que François Mitterrand était un boucher. François Mitterrand et la guerre d’Algérie
[éd. Calmann-Lévy], le livre choc de François Malye et Benjamin Stora, déconstruit le mythe de Mitterrand, qui se révèle sous son véritable visage d’ordonnateur de la guillotine. Quarante-cinq martyrs algériens sont passés à l’échafaud par la seule volonté d’un homme qui fut président de la France.

On savait Mitterrand pétainiste, ma­chiavélique et ardent défenseur d’une guerre totale contre les Algériens et leur représentant, l’ALN (Armée de libération nationale). Mais on découvre, dans les limbes des archives exhumées par les deux auteurs, un Mitterrand garde des Sceaux [de 1956 à 1957] qui, pendant seize mois, a refusé 80 % des demandes de grâce des militants algériens. Il s’est fait un sinistre devoir de signer les billets d’exécution sans broncher. Une réalité bien lointaine du Mitterrand qui a aboli la peine de mort dès son investiture en 1981 et qui a été, pour cela, célébré comme un chantre des droits de l’homme par les socialistes et le peuple de gauche. Ce livre n’est que le début d’une histoire qui transparaît au compte-gouttes.
Pas un mot sur la responsabilité connue de Mitterrand dans l’exécution de Larbi Ben M’hidi malgré le témoignage accablant du général Paul Aussaresses, renvoyé dans ses foyers sans la légion d’honneur. Enseveli dans la fosse commune de l’Histoire le témoignage du juge Bérard, qui a servi de courroie de transmission à l’ordre d’exécution signé par Mitterrand.

Cela va sortir. Ce pan de l’histoire doit sortir. A l’horizon 2012, alors que l’Algérie fêtera les 60 ans de son indépendance, Paris prépare également son inventaire de mémoire en fêtant la “colonisation positive”. Celle souhaitée par le duo Sarkozy-Guaino [conseiller du président] et célébrée par les hordes nostalgiques de l’extrême droite et des harkis. Le mot repentance va refaire surface, au grand dam de Nicolas Sarkozy, et les deux nations vont s’emparer de leurs symboles comme des étendards. Et c’est à celle qui écrira le mieux l’histoire la plus vraisemblable de ses héros. La mémoire de Mitterrand en a pris un coup. Son mythe a été écorché. Mais Paris ne laissera jamais dire que c’était un assassin de sang-froid. La guerre de la mémoire est loin d’être terminée.

 
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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 08:49
Quand les Arabes ont envahi l’Algérie, que firent-ils des juifs vivant-là bien avant eux ?
En Palestine, tout comme en Algérie, les juifs étaient implantés bien des siècles avant l’arrivée des envahisseurs arabes et non pas, comme ils tentent de le faire croire, après 1492, où, très nombreux, ils furent contraints de quitter l’Espagne et le Portugal pour ne pas accepter de se convertir à la religion catholique.

 

Des dizaines de milliers se sont alors installés en Algérie, surtout dans le Constantinois, rejoignant les « Anciens », où ils furent très bien accueillis, non pas par les Arabes, mais par les Turcs, qui apprécièrent leurs connaissances financières, économiques et artisanales.

Bien entendu, ils furent considérés comme des « dhimmis » (catégorie sociale non musulmane, donc inférieure) et durent payer l’impôt qui frappait très lourdement les étrangers non musulmans.

C’est pour cette unique raison que les Turcs ne souhaitaient surtout pas que les juifs se convertissent.

Ces juifs réfugiés étaient pour le plus grand nombre des commerçants, artisans, fonctionnaires et professions libérales.

 

Ils jouèrent par la suite un rôle particulièrement important d’intermédiaire entre musulmans et chrétiens.

Le quasi monopole du commerce urbain était entre leurs mains.

Tous bien entendu parlaient parfaitement l’arabe et le pratiquaient même dans leur vie courante, entre eux et en famille.

Après le départ des Turcs, suite à la conquête du pays par l’armée française, les Arabes, bien que méprisant les juifs, entretenaient avec eux de réels relations professionnelles et les préféraient comme médecins, avocats, conseillers, plutôt qu’à leurs coreligionnaires musulmans jugés trop souvent corrompus et malhonnêtes.

Plus tard, les espagnols s’y s’installèrent à leur tour, au 19e siècle, après la conquête française, pour fuir la misère de leur pays. Surtout dans la région d’Oran qui avait été espagnole au 15e siècle.

Il s’agissait de maçons, artisans ou ouvriers agricoles, rejoints par les Alsaciens, dès 1870, qui fuyaient l’occupation allemande.

Tous ces agriculteurs étrangers étaient appelés « colons ».

Parmi les Arabes et les Kabyles se trouvaient de nombreux propriétaires terriens mais en général ils louaient leurs terres et ne travaillaient pas.

Un Arabe riche ne devait pas travailler car le « travail était signe de roture ».

 

Comme leurs terres étaient loués elles rapportaient bien moins car les « locataires » étaient payés par 1/5e des récoltes, selon le droit musulman, d’où le nom de « Khames », qui veut dire « le cinquième ».

Ce procédé occasionnait de très nombreuses « chicanes », devenues le sport favori des Arabes et des Kabyles en entraînait des procès interminables. La défense de leurs intérêts, confiée le plus souvent à des professionnels juifs, présentée devant la justice française qu’ils considéraient comme impartiale et honnête, contrairement à la leur.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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