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8 décembre 2022 4 08 /12 /décembre /2022 04:28
Poutine n’est pas entré dans cette guerre pour la perdre

“Poutine n’est pas entré dans cette guerre pour la perdre”

C’est la remarque la plus sensée que j’ai lue depuis le 24 février 2022, émanant d’un haut gradé français. Car depuis sept mois, l’Occident a totalement sous-estimé la détermination du maître du Kremlin et surtout le patriotisme russe, dont la force dans le cœur du peuple n’est plus à démontrer.

Après des mois de surenchère otanienne et de délires antirusses tous azimuts, la décision de Poutine de mobiliser 300 000 soldats supplémentaires devrait calmer les ardeurs des va-t-en-guerre qui utilisent allègrement les Ukrainiens comme chair à canon, selon la bonne vielle formule « Armons-nous et partez ! »

Les idiots d’Européens, qui s’imaginent détruire l’économie russe alors que ce pays est un grenier à blé et possède 20 % des ressources minières de la planète, vont très vite comprendre cet hiver où nous mènent ces sanctions stupides.

L’Union européenne va connaître des coupures d’électricité, pendant que les Russes chaufferont leurs appartements à 22 ou 23°. Bien joué, Bruno Le Maire ! Ces coupures d’électricité causeront sans doute des morts parmi les citoyens et notamment dans les hôpitaux dans les cas extrêmes.

Et le pire est que c’est l’Europe, après sept trains de sanctions pour « détruire l’économie russe », qui accuse Poutine de pratiquer un odieux chantage au gaz ! Mais oui, l’effet boomerang, ça existe. Il fallait y penser plus tôt !

Quant au soutien à l’Ukraine décidé par une quarantaine de nations soumises à Washington, il prend des proportions de plus en plus dangereuses, dès lors que les armes livrées à Kiev tuent de plus en plus de civils du Donbass, à l’aveugle, sans susciter la moindre émotion dans les médias occidentaux, pourtant si prompts à dénoncer les crimes de guerre russes avant toute enquête.

La Russie n’étant pas l’Irak ou l’Afghanistan et Poutine n’étant pas Saddam Hussein ou Ben Laden, il est évident que Biden s’est bien gardé d’envoyer ses légions en Ukraine.

Pour se frotter à l’Ours russe et ses 6 200 têtes nucléaires, il est plus prudent d’envoyer les Ukrainiens au casse-pipe, en leur promettant une victoire imaginaire, sans verser une seule goutte de sang américain, en dehors de celui des mercenaires et conseillers de tous horizons, venus la fleur au fusil casser du Popov au nom des valeurs occidentales.

La réalité est que Biden défend l’hégémonie des États-Unis contre la menace d’un monde multipolaire émergent. Le sort de l’Ukraine, qui s’en soucie ? Les valeurs occidentales et le droit international que défend l’Occident, c’est du pipeau. L’Amérique ne connaît qu’un droit depuis 1945 : la loi du plus fort.

Mais voilà que Poutine, très patient jusque-là face à l’ingérence occidentale, puisque l’Ukraine n’est ni dans l’Otan, ni dans l’UE, vient de siffler la fin de la récré. Et le monde entier observe.

« Si l’intégrité territoriale de notre pays est menacée, nous utiliserons bien sûr tous les moyens à notre disposition pour défendre la Russie et notre peuple. Ce n’est pas du bluff »a asséné le tsar.

Ce qui signifie que les quatre régions du Donbass, qui commencent à voter aujourd’hui pour leur rattachement à la Russie, Lougansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson, seront sous protection de la dissuasion nucléaire russe.

C’est le premier point.

Les Occidentaux peuvent brailler à tout-va et bêler à la violation du droit international, ce que fait Poutine c’est exactement ce qu’ont fait les Américains avec la Serbie, en l’amputant de sa province du Kosovo. L’intégrité territoriale de l’Ukraine, que revendique l’Occident, c’est un principe à géométrie variable.

Quand Xi Jinping va reprendre la 23e province chinoise de Taïwan, en revendiquant  l’intégrité territoriale de la Chine, est-ce que Biden va bêler cette fois contre ce principe défendu par Pékin et défendre le droit du peuple taïwanais à disposer de lui-même ? Taïwan, c’est un problème chinois.

Le deuxième point est le possible emploi de l’arme nucléaire tactique sur le champ de bataille.

https://www.pauljorion.com/blog/2022/09/22/il-faut-envisager-que-poutine-ne-bluffe-pas-par-alexis-toulet/

L’holocauste nucléaire suite à l’emploi d’armes nucléaires stratégiques cent fois plus puissantes que la bombe d’Hiroshima, personne n’y croit. Ce serait l’autodestruction de la planète avec 100 % de vaincus.

Mais il serait sage, côté ukrainien et occidental, d’admettre que Poutine ne bluffe pas.

L’usage d’armes nucléaires tactiques sur le champ de bataille n’a rien d’impossible, dès lors que la Russie fait face à une coalition qui veut sa défaite coûte que coûte, pour ne pas dire sa peau.

Et que ferait Biden ? Répliquerait-il avec une arme nucléaire tactique sur le Donbass ou sur le sol russe ? Je n’y crois pas.

Si l’Amérique a refusé, et elle a raison, d’envoyer ses légions en Ukraine, contrairement à ce qu’elle a fait en Irak et en Afghanistan, ce n’est pas pour affronter Poutine sur le terrain nucléaire. Ni Poutine, ni Biden ne veulent l’Apocalypse.

Cela dit, l’emploi de l’arme nucléaire tactique en Ukraine, qui serait une première depuis 1945 après 77 ans de dissuasion par la terreur, aurait un prix politique gigantesque pour la Russie. Pour en arriver à cette extrémité, il lui faudrait le soutien préalable de la Chine et de l’Inde, ce qui semble improbable.

Et d’ailleurs, Poutine possède suffisamment d’armes conventionnelles imparables et dévastatrices sans recourir au nucléaire. La menace nucléaire, c’est pour éviter que Biden s’engage davantage. Il serait prudent de ne pas acculer l’Ours russe.

Pas besoin de nucléaire contre l’Ukraine, d’autant plus qu’à ce jour l’essentiel des infrastructures ukrainiennes est demeuré intact. La destruction des infrastructures civiles et militaires, ainsi que des centres décisionnels ukrainiens, serait déjà un prix très lourd à supporter pour Kiev.

La conclusion de tout cela est que l’Occident doit maintenant œuvrer à la paix.

Étant donné que l’Ukraine ne vaut pas une escalade nucléaire et qu’il est illusoire de penser que Poutine reculera, la seule issue est la négociation… aux conditions de Poutine. 

Une partition avec les quatre régions qui veulent rejoindre Moscou et la neutralité de l’Ukraine.

C’est en mars qu’il fallait négocier sur la base des accords de Minsk.

Des dizaines de milliers de morts, des souffrances inutiles dans les deux camps, des milliards de dégâts, la ruine économique de l’Europe, la crise énergétique et alimentaire, tout cela pouvait être évité si Biden n’avait pas voulu mener sa guerre contre Poutine sur le dos de l’Ukraine.

Si l’Occident s’acharne, cette guerre pourra durer encore des mois. Mais à quel prix pour l’Ukraine et l’Europe, et à quel risque pour le monde ?

Jacques Guillemain

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