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8 décembre 2022 4 08 /12 /décembre /2022 02:14
Zelenski, le nouveau Saddam Hussein ?

Je propose ici au lecteur un modeste bilan des œuvres destructrices des USA, lors de la guerre Iran/Irak ; car les parallèles sont grands. Zelenski ne vit-il pas la même aventure que Saddam Hussein, serviteur zélé d’une guerre fratricide, puis homme frustré et dangereux, sans victoire et devenu embarrassant ?

Iran/Irak et Ukraine/Russie, même stratégie US

Tout le monde a oublié la guerre qui opposa l’Irak à l’Iran au début des années 80. Saddam Hussein y jouait exactement le même rôle que Zelenski aujourd’hui en Ukraine. Faisons un petit rappel de la stratégie américaine à l’époque de cette guerre Iran/Irak pour mieux comprendre sa répétition et son échec probable aujourd’hui en Ukraine.

Résumé stratégique : Irak/Iran 1980-1988

Nous sommes un an après la prise de pouvoir de l’ayatollah Khomeini renversant le shah d’Iran. Les Américains y voient une menace et souhaitent mettre un terme à cette révolution chiite. Saddam Hussein y voit aussi une menace du fait d’incidents frontaliers répétés. Les Iraniens auraient commis, de 1979 au 26 juillet 1980, quelques 244 actes de violation de frontières. Craignant une invasion chiite, il prend les devants. Il pense aussi solder des conflits territoriaux à son avantage, dont le déplacement de la frontière sur la rive orientale du Chatt-el-Arab, assurant une meilleure sécurité à la région de Bassorah ou se voir restituer les trois îles du détroit d’Ormuz, annexées par le Shah en 1971, faisant du détroit un domaine partagé. Rappelons le rapport de force : l’Iran est alors un pays trois fois plus peuplé et quatre fois plus vaste que l’Irak.

Les deux pays sont des puissances régionales pétrolières importantes. Avec le soutien des USA, l’Irak attaque l’Iran et bombarde des bases aériennes iraniennes le 20 septembre 1980. Une première avancée se fait en terres iraniennes. L’Iran réagit et la guerre va se fixer sur une ligne de front, à la manière de la guerre de 14, pendant 8 ans. Les deux pays financent leur guerre par l’accroissement des exportations pétrolières.  Cette guerre de tranchées va tuer 500 000 soldats et sans doute autant de civils, soit environ 1 million de victimes, sans aucun résultat politique et territorial à l’arrivée. Signalons que l’Irak recevra à l’époque des armes chimiques des USA, de l’Allemagne et de la France qui seront utilisés sur le champ de bataille et contre des civils iraniens dont l’expérimentation du cyclosarin.

Les USA soutiendront l’effort technique et militaire irakien. Les États-Unis ont lourdement armé l’Irak dans les années 1980 (lemonde.fr) Ils procéderont, autant que possible, à l’isolement de l’Iran. De part et d’autre, des milices                 « étrangères » viennent soutenir leur partenaire : les moudjahiddines du peuple iranien s’allient à l’Irak baassiste, et de l’autre côté les milices kurdes irakiennes du Parti démocratique du Kurdistan et de l’Union patriotique du Kurdistan combattent aux côtés des forces armées iraniennes. Ces milices sortiront, pour une grande partie, largement affaiblies à l’issue du conflit. L’Irak ne parvient pas à faire céder l’Iran et ce dernier part à l’offensive en 1981-1982, reprenant ses territoires et visant la chute de Saddam Hussein. L’appétit vient en mangeant. La guerre prend un tournant religieux (Kerbala), les Iraniens en faisant une affaire entre chiites et sunnites.

Les estimations économiques incluant les dépenses mais aussi les pertes de croissance, et l’effort de reconstruction se compte en centaines de milliards de dollars pour les belligérants. N’entrons pas dans les détails, mais 1 million de personnes périrent parce que les USA voulaient cette guerre. Nous savons qu’après cet échec, Saddam Hussein a pris ombrage de cet échec, et les USA aussi. La suite est connue jusqu’à l’extermination du chef d’État irakien.

Zelenski dans la position de Saddam Hussein ?

Où en est Zelenski en Ukraine. Il semble qu’il y ait beaucoup de points communs. La probabilité est élevée que nous dénombrions des cadavres par dizaines de milliers comme en Irak. Cent mille ? Bientôt 150 000 ? Peut-être plus si la guerre continue entre les invalides de guerre et les morts. La mise en terre des soldats ukrainiens d’Izioum susciterait d’ailleurs le courroux ; car on peut dénombrer les morts. Or, pour Zelenski, il ne faut pas qu’on puisse dire que ce sont les morts de la guerre ; ils sont alors nécessairement les victimes d’une opération affreuse et inhumaine avec son charnier. La logique de taire la boucherie est imparable.

Le coût de la guerre et du soutien du pays va s’élever à plus de 100 milliards de dollars sur 12 mois, peut-être même 120 ou 140, sur la base des 84 décomptés en 6 mois. Les financiers de la guerre, à ce prix-là, attendent autre chose que des lamentations et des demandes encore et encore. Ils attendent des résultats qui tardent à venir. Même 6 000 kilomètres carrés repris ces dernières semaines ne font pas un renversement des 120 000 conquis par les Russes. Et le prétendu aveu de faiblesse de l’apport de quelques centaines de milliers de réservistes est une très mauvaise nouvelle pour l’Occident. La victoire s’éloigne.

D’où cette autre ressemblance, l’enlisement progressif sur une ligne de front, à l’identique de l’Irak face à l’Iran. Guerre bloquée, guerre d’usure, guerre des nerfs, mais guerre usante car elle va coûter encore plus et fatiguer les nations occidentales. Les deux lutteurs vont devenir coupables, car la communication ne pourra pas sauver indéfiniment Zelenski. Sacrifice de ses populations, crise sanitaire durant l’hiver certainement, crise alimentaire peut-être. Le regard va inévitablement se nuancer ou changer malgré le matraquage médiatique. Les enquêtes montrent déjà que les populations veulent la paix, et même Macron est obligé de parler de paix, même s’il vend des armes. La guerre de la communication tourne aussi.

Finalement, Zelenski a toutes les chances de terminer l’affaire sans succès autour d’un accord inévitable qui pourrait bien acter la partition de l’Ukraine. L’Occident hurlera, mais la Crimée est russe depuis 2014. Rien n’a bougé à part les effets de manche. Devant une telle situation qui risque de s’installer durant l’hiver, Zelenski va devenir le loser. Et passer de Churchill au loser, la chute est violente. Viendra donc le temps des reproches et des ressentiments et des petits chantages. Pour sauver la mise d’une Ukraine amputée et ruinée, il deviendra inévitable de tourner la page. Ce ne sera peut-être pas le piège d’une autre guerre tendue à Saddam Hussein pour l’abattre, mais l’Ouest ukrainien fut polonais, hongrois. Peut-être bien que certains envisageront d’autres options pour gagner du temps en proposant de rattacher ce qui reste de l’Ukraine à l’Europe : Pologne pour une bonne part.

Éliminer Zelenski ainsi que ceux qui ont massivement détourné les armes et ruiné les chances de victoires serait une solution pour se dédouaner de ses responsabilités. Il serait même habile de faire en sorte que les peuples de l’Est demandent un référendum de rattachement, ironie du sort, à la Pologne et à la Hongrie. Cela fixerait les territoires, cela accélérerait l’élargissement à l’Est malgré tout. Cela mettrait Poutine au contact direct de nations déjà dans l’OTAN et l’UE. La poussée vers l’Est aurait malgré tout lieu. Tout le monde aurait gagné, et le clown sortirait de la piste, inutile pour un avenir où chaque partie aurait gagné du terrain en sacrifiant l’Ukraine. N’a-t-on pas sacrifié l’Irak et Saddam Hussein, le grand allié des Américains au début des années 80 ? Qui l’eût cru en ce temps-là ? Personne.

Pierre-Antoine Pontoizeau

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