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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 00:07
Déclin de l’Occident : Chine, Russie, BRICS en expansion ! (1)

« En 2049, date de son centenaire, la République populaire de Chine ambitionne d’être la première puissance mondiale dans tous les registres. »

Thomas Gomart, directeur de l’IFRI

« Il est temps pour nous de réaliser que, quelle que soit la considération que nous portons à notre système politique, la démocratie à l’américaine n’est pas nécessairement la meilleure forme de gouvernement pour les peuples d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, aux cultures et histoires entièrement différentes. »

Président Richard Nixon, Conférence au Bohemian Club de San Francisco, le 29 juillet 1967

« Il faut que les Occidentaux cessent de croire que leurs problèmes sont ceux du monde. »

Le ministre des Affaires étrangères indien à la Conférence du G20 à New-Dehli – 9 et 10 septembre 2023

Déclin de l’Occident et des États-Unis

L’Occident a perdu son monopole de pilotage économique et géopolitique. La planète est loin de converger autour du pôle américain en perte rapide d’influence. De nouvelles puissances apparaissent qui structurent la scène mondiale selon un schéma multipolaire. Le XIXe siècle fut européen et anglais. Le XXe siècle fut américain. Mais à l’évidence, le XXIe siècle sera multipolaire, ce qui signifie que les Occidentaux n’auront plus les moyens d’imposer aux autres civilisations leurs intérêts et leurs lubies idéologiques. Il serait temps que les Européens en prennent conscience, au lieu de continuer à se placer à la remorque d’un Oncle Sam de plus en plus vieillissant. Depuis l’écroulement du mur de Berlin et le 11 septembre 2001, le monde n’est plus bipolaire, ni unipolaire, mais bel et bien multipolaire.

Après la chute du Mur de Berlin, ce ne fut pas « la fin de l’histoire » de Francis Fukuyama ni le triomphe de la démocratie libérale, mais le début du déclin des États-Unis : invasion de l’Irak en 2003 avec la pitoyable fiole d’anthrax de Colin Powell et une catastrophe politique et humanitaire à la clé, l’intervention au coût de 1 000 milliards de $ en Afghanistan qui s’est terminée par la défaite et le retrait complet des forces de l’OTAN, l’intervention au Kosovo sans accord de l’ONU et le criminel bombardement des populations civiles serbes pendant 83 jours.

Un peu plus de trente ans après l’effondrement du soviétisme, les États-Unis semblent à leur tour connaître le déclin, donnant raison à Tocqueville qui soulignait que les démocraties meurent moins des défaites militaires que de la corruption de leurs institutions par les rêveurs, les démagogues et les idéologues, ainsi que de la perte du sens civique des citoyens, suite à un individualisme exacerbé.

 

Fractures et désintégration de la société américaine 

En dépit de leur puissance économique et militaire, les États-Unis risquent, dans la prochaine décennie, de subir une désintégration sociale accentuée par une immigration sud-américaine. Les conflits violents inhérents à toutes les sociétés multiethniques contribueront à accélérer le déclin des États-Unis. Les États-Unis n’ont jamais aussi mal porté leur nom. La société américaine est fracturée de toute part, mettant en péril une unité qui avait fait sa force tout au long de sa courte histoire.

Les revendications des minorités raciales et sexuelles, une forme de terrorisme intellectuel qui ravage les universités, une presse et des médias tétanisés par une pensée unique totalitaire, comme on a pu le constater lors de la non-réélection du président Trump. Dans l’autre camp on trouve les classes moyennes et populaires qui n’acceptent pas de voir leur univers et leur niveau de vie s’effondrer, les patriotes et les conservateurs[1].

La fin de l’illusion messianique des États-Unis

Depuis la création de leur pays par des protestants européens rigoristes, les Américains étaient convaincus d’être missionnés pour une « destinée manifeste ». Dieu leur aurait donné un rôle particulier, celui d’être le nouvel Israël. L’Angleterre avait en fait décidé de se débarrasser de quelques encombrants mystiques illuminés et leur avait demandé, dès le XVIIe siècle, d’exercer ailleurs leurs talents messianiques. C’est ce qu’ils firent dès leur arrivée sur la nouvelle terre promise.

1945 verra l’accomplissement de la vocation universelle du « modèle américain ». Le partage de l’Europe à Yalta permettra une mainmise idéologique et économique à peu près totale sur l’Europe occidentale. Les années soixante verront l’exportation de la libération sexuelle, du jean et du Coca-Cola, trois symboles de domination de « l’American way of life ».

Les premières fissures vont apparaître avec la guerre du Vietnam. L’apothéose de la domination américaine fut « la guerre des étoiles » lancée par Reagan et que l’Union soviétique ne pourra pas suivre. Le déclin commencera cependant paradoxalement après la chute du Mur de Berlin et l’invasion de l’Irak accélérera le processus car l’Amérique mentit publiquement pour ce qui fut l’intervention de trop.

En 2008, les Russes gagnèrent la manche en Géorgie, l’Amérique se refusant à bombarder le tunnel par lequel les chars russes passaient la frontière de l’Ossétie du sud. L’intervention en Libye par les valets Sarkozy et Cameron en 2001 fut tout aussi catastrophique qu’en Irak. Et les deux dernières tentatives en 2014 et 2022 pour dépecer la Russie se solderont par un nouvel échec en Ukraine, Poutine profitant du chaos pour récupérer la Crimée, le Donbass et Novorossia jusqu’à la Transnistrie.

 

L’US Air Force abandonne son programme de missile hypersonique

L’armée de l’air américaine n’utilisera pas l’arme hypersonique développée par Lockheed Martin. Ce missile capable de voler à plus de 6 000 kilomètres par heure aurait pourtant dû entrer en service en 2023. Dès 2021, le programme a subi trois échecs de lancement consécutifs causés par de nombreux problèmes techniques lors de la phase de développement. Un dernier test a été effectué le 13 mars 2023, mais ce dernier n’a pas réussi à convaincre les officiers américains.

 

L’armée américaine n’est plus assez puissante pour protéger Taïwan

Selon un rapport de la Brookings Institution, l’armée américaine n’aurait plus la puissance nécessaire pour intimider l’armée chinoise. La République populaire possède déjà la plus grosse marine militaire au monde en nombre de navires de guerre. La flotte chinoise peut notamment se targuer d’avoir 350 bateaux et sous-marins alors que la marine américaine ne possède que 293 bâtiments. En 2035, la Chine disposera de 475 bâtiments quand Washington pourra disposer au mieux de 317 navires. L’Armée populaire est en train de tester son troisième porte-avions, le « Fujian ».

La Chine dispose de 13 chantiers navals d’une capacité dix fois supérieure à l’ensemble des chantiers navals américains. Un grand nombre de chantiers chinois peuvent produire à eux seuls plus que tous les chantiers américains réunis. Cela représente une menace pour les États-Unis, d’autant plus qu’ils ont déjà du mal à maintenir en état leurs navires actuels tels que les vieux sous-marins « Los Angeles ».[2]

L’US Navy et l’US Air force ne sont pas en mesure d’aider Taipeh car les missiles chinois détruiraient tous les navires et avions qui s’approcheraient trop près du champ de bataille. Pire encore, les bases américaines situées dans l’océan Pacifique seraient attaquées et pourraient même être détruites a reconnu dans un rapport David Ochmanek, un ancien haut responsable du Pentagone. Il est probable que la Chine ne se lancerait pas dans une invasion de Taïwan, mais plutôt dans un blocus pour isoler économiquement Taïwan.

De plus, selon le sénateur Ted Cruz et de nombreux élus républicains, l’armée américaine devient une armée « woke », émasculée, favorisant l’idéologie d’égalité et de diversité, au détriment de la virilité et de la cohésion interne. Le recrutement recule dans les forces armées américaines lorsque ces dernières lancent des campagnes publicitaires présentant une soldate avec ses deux mamans, alors que les Russes préfèrent les combattants au crâne rasé, avec des muscles saillants et tirant avec leur fusil.

La montée en puissance de la Chine

La Chine souhaite refermer la parenthèse d’un siècle et demi d’humiliations occidentales, ouverte avec les deux guerres de l’opium, à partir de 1839, qui virent l’Empire du Milieu déclinant, dépecé par les Européens et la Russie, ce que les Chinois appellent « les traités inégaux ». Deng Xiaoping appelait la Chine émergente à faire profil bas, à « attendre son heure ». Le moment semble venu pour Xi Jinping qui fait preuve d’un activisme international sans précédent.

Selon Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France, le rejet du confucianisme en Chine pendant près d’un siècle signifiait en fait une perte de confiance des Chinois en eux-mêmes face à la puissance technologique, industrielle et militaire de l’Occident. Le Président Xi Jinping a beaucoup contribué à restaurer l’importance de le cette culture traditionnelle, ce qui a contribué à parachever le renouveau de la nation chinoise.

Pékin a décidé d’augmenter son budget militaire à 225 milliards de dollars pour l’année 2023. Cela fait du budget militaire chinois le deuxième plus important du monde, après celui des États-Unis, plus de trois fois supérieur. Des officiers américains ont mis en garde Washington quant à l’avancée de la Chine dans le développement des armes hypersoniques. Le Dongfeng-17, un missile muni d’un nouveau transporteur furtif et capable de frapper une cible à 7 000 kilomètres par heure, serait la pièce la plus menaçante de l’arsenal chinois.

La Chine produit douze fois plus d’acier que les États-Unis ; elle a utilisé entre 2011 et 2013 autant de ciment que les USA durant tout le XXe siècle. Selon Graham Allison, professeur à Harvard, auteur du best-seller « Vers la guerre. L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide », la Chine qui atteignait 2 % du PIB mondial en 1908, 16 % en 2020, devrait atteindre 30 % du PIB mondial en 2040, tandis que les États-Unis qui atteignaient 50 % du PIB mondial en 1945, 22 % en 1980, n’atteindront plus que 11 % en 2040, soit trois fois moins que la Chine[3]. (À suivre)

Marc Rousset – « Notre Faux Ami l’Amérique/Pour une Alliance avec la Russie » – Préface de Piotr Tolstoï – 370 p – Librinova – 2024

 

[1] Antoine de Lacoste – Les fractures inédites de la société américaine – Boulevard Voltaire- 6 avril 2021

[2] Informations communiquées par le site « The Drive » en juillet 2023 et confirmée par l’US Navy

[3] Graham Allison : « La crise sanitaire pourrait radicaliser la rivalité Pékin-Washington » – p.19 – Le Figaro du 28 mai 2020

 

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