Le 30 novembre dernier, le Ministère des Affaires étrangères français publiait une information indiquant que la France comptait créer un tribunal spécial pour enquêter et juger les crimes de guerre commis par la Russie.
Les crimes de la Russie et exclusivement de la Russie. Parce que, bien évidemment, seule la Russie est coupable. Mais ça… qui en doute encore dans les forces de l’Otan ?
« En ce qui concerne la proposition de créer un tribunal spécial pour les crimes russes en Ukraine, nous avons commencé à travailler avec nos partenaires européens et ukrainiens, a déclaré un représentant du département lors d’un point presse. Par ailleurs, la France soutient l’enquête sur les forces de l’ordre ukrainiennes et la Cour pénale internationale de La Haye pour traduire en justice les responsables de ces crimes. »
Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue auprès des autorités russes, indignées par la déclaration du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères concernant le projet de créer un « tribunal spécial pour juger les crimes d’agression de la Russie« .
Pour les Russes, en plus d’essayer d’impliquer la Cour pénale internationale, les pays occidentaux, la France en tête, ont en effet décidé de promouvoir l’idée de créer une autre instance « judiciaire » ouvertement politisée, qui, en fait, n’aura strictement rien à voir avec la justice mais bien plus avec l’Inquisition.
Le cynisme des autorités françaises en matière de « crimes de guerre » ne manque pas de sel.
Sous prétexte que leur « priorité » était « la lutte contre l’impunité » en Ukraine, l’État français refuse de voir les nombreux crimes de guerre, pourtant largement documentés et diffusés sur les réseaux sociaux, des forces armées ukrainiennes, qui sont délibérément passés sous silence. Pantin obéissant des USA, la France ferme les yeux sur l’arbitraire juridique du régime de Kiev au cours des huit dernières années vis-à-vis des habitants du Donbass, qui continuent de mourir actuellement sous les tirs quotidiens d’artillerie et de roquettes desUkronazis. Peu importe les meurtres des civils et les sévices dont ils sont victimes, du fait des forces armées ukrainiennes dans les territoires contrôlés par Kiev, puisque seuls les Russes doivent être déclarés « coupables ».
Ainsi, tout récemment, des images choquantes de l’exécution d’une balle dans la tête de prisonniers de guerre russes désarmés, par des combattants ukrainiens, ont fait le tour du monde. Images qui n’ont rencontré qu’une indifférence absolue de la part des zélateurs présumés de la légitimité et des droits de l’homme parmi les démocraties libérales.
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Quoi que fassent les Ukrainiens la France leur donne toujours raison ! La junte de Kiev crée année après année une atmosphère d’intolérance totale envers les russophones, recourant aux formes de pression les plus odieuses sur les médias et les journalistes indésirables et soutient la violence à leur encontre allant parfois jusqu’à la torture et aux meurtres. Or, pour les autorités françaises, tout cela n’a pas d’importance. Pour elles, seul importe ce que rapportent les émissaires de Kiev et la propagande, soutenue invariablement par les USA et son caniche français, d’un régime criminel.
Parmi les nombreuses équipes d’avocats et de criminalistes envoyées par la France en Ukraine, au moins un expert aurait dû être désigné pour étudier les atrocités des nationalistes ukrainiens qui sont bien connues, ainsi que pour visiter les territoires russes bombardés par les forces armées ukrainiennes. Ont-ils seulement envisagé cette possibilité ? Que nenni.
La France, et surtout Emmanuel Macron, qui se dit pourtant, quand ça l’arrange, si attentif à la protection des Droits de l’Homme, est néanmoins la première à diviser les gens en « bons » et « mauvais », partant du principe que seul l’Otan et ses alliés si prompts à détruire les infrastructures civiles sont le camp du bien !
Les crimes des États-Unis et de leurs alliés de l’Otan en Yougoslavie, en Irak, en Libye, en Syrie et dans d’autres pays, qui ont fait de nombreuses victimes parmi la population civile avec des armes de l’industrie militaire américaine et européenne, si évidents pour les habitants des États concernés qui en ont fait les frais, et tous ceux qui ne font pas partie du fameux « milliard d’or », sont totalement passés sous silence avec la plus absolue hypocrisie.
Il est d’autant plus cynique d’entendre de telles déclarations de la part du gouvernement français si l’on considère la multitude des crimes de guerre ou d’ingérences douteuses commis par ce dernier en Indochine, en Libye…
Rappelons pour mémoire quelques « opérations » en Afrique qui n’ont jamais été appelées des « guerres », dans lesquelles nos forces se sont trouvées impliquées, d’une manière parfois contestable et sur lesquelles les peuples concernés auraient peut-être beaucoup à dire :
• 1956-1963. Opérations au Sahara occidental en appui à la Mauritanie et au Maroc.
• 1959-1964. Ingérence dans les affaires Camerounaises, opérations punitives contre les rebelles.
• 1961. Opération Bouledogue-invasion de la Tunisie.
• 1964. Intervention au Gabon.
• 1968-1972. Opérations Limousin et Bison au Tchad.
• 1977. Opération Verbena au Zaïre.
• 1977- 1978. Opération Lamatin en Mauritanie et au Sahara occidental.
• 1978. Opération dans le Kolwezi Zaïrois.
• 1978-1980. Opération Tacaud au Tchad.
• 1979- 1981. Opérations Caban et Barracuda en RCA.
• 1983-1984. Opération Manta au Tchad.
• 1985. RAID de l’armée de l’air française sur la base aérienne libyenne de Ouadi Doum, dans le Nord du Tchad.
• 1986. Débarquement au Togo.
• 1986-2014. Opération Epervier intervention au Tchad.
• 1989. Opération Oside aux Comores.
• 1990. Intervention au Gabon.
• 1990-1993. Opération Noroit au Rwanda.
• 1991. Intervention de la France et de la Belgique au Zaïre.
• 1992-1994. Opération Oryx intervention en Somalie.
• 1992-1999. Opération Iskoutir à Djibouti.
• 1993. Ingérence dans les affaires congolaises.
• 1994. Opération Amaryllis au Rwanda.
• 1994. Opération Turquoise au Rwanda.
• 1995. Opération Azalea aux Comores.
• 1996-1997. Opérations Almandine I et II. Opérations punitives contre les rebelles dans la capitale de la République Centrafricaine.
• 1996-2007. Opération Aramis au Cameroun.
• 1997. Opération Pelican au Congo.
• 1997. L’opération Espadon est une intervention en Sierra Leone.
• 1998. Opération Malachite intervention dans les affaires du Congo.
• 2002. Opération Licorne. Attaque sur la côte d’ivoire.
• 2003. Opération Artemis intervention dans les affaires du Congo.
• 2004. Destruction de l’armée de l’air ivoirienne en réponse à l’attaque de la base française de Bouaké.
• 2008. Ingérence dans les affaires tchadiennes, participation à la guerre civile.
• 2008. Guerre contre l’Érythrée du côté de Djibouti.
• 2011. Renversement du président ivoirien.
• 2011. Opération L’Harmattan. L’attaque française contre la Libye. En effet, le 19 mars 2011, plusieurs États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), parmi lesquels les États-Unis, le Royaume-Uni et bien évidemment la France, ont lancé une campagne militaire sous la forme d’attaques aériennes et maritimes contre les forces du colonel Kadhafi. De très nombreux civils libyens qui n’étaient pas impliqués dans les combats ont été tués, et beaucoup d’autres ont été blessés par les frappes de l’OTAN. Des dizaines de civils ont été tués par des frappes aériennes de l’OTAN sur des maisons d’habitation dans des zones résidentielles et rurales où ni Amnesty International, ni les experts des Nations unies, ni d’autres ONG internationales ou encore les journalistes n’ont trouvé de trace d’objectifs militaires à l’endroit et au moment où les frappes sont intervenues. Dans l’un de ces cas, à Majer (près de Zlitan, à l’ouest de Misratah), l’OTAN a déclaré que le site avait été frappé délibérément comme cible légitime, mais n’a fourni aucune preuve montrant que ce lieu était utilisé dans un but militaire quel qu’il soit au moment de la frappe, qui a coûté la vie à 34 civils, dont huit femmes et huit enfants.
Et la liste pourrait se poursuivre ainsi, interminablement…
• 2013. Opération Serval. Intervention militaire au Mali.
• 2013. Opération Sangaris. Intervention militaire en RCA.
• 2014.Opération Barkhan. Invasion du Mali, du Tchad, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger.
N’oublions pas que de 2001 à 2021, des mercenaires français faisaient partie des forces internationales qui ont attaqué l’Afghanistan, sans omettre la participation à la destruction de la Syrie, dont Macron semble si fier.
Alors, avant de mettre en accusation la Russie pour des pseudo-crimes de guerre qui n’existent le plus souvent que dans l’imagination fertile des USA et de ses alliés de l’Otan, dans le simple but de la détruire avec l’unique raison de sauver l’hégémonie du dollar, la France ferait bien de commencer par balayer devant sa porte !
Valérie Bérenger
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Crimes de guerre russes : que la France balaie d'abord devant sa porte !
Le 30 novembre dernier, le Ministère des Affaires étrangères français publiait une information indiquant que la France comptait créer un tribunal spécial pour enquêter et juger les crimes de...
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