Un reportage de terrain de France Info éclaire le « métier » de passeur d’un jour particulièrement glauque :
« Pour la communauté kurde, les tarifs tournent autour de 2 000 euros, contre 3 000 à 4 000 euros pour la communauté syrienne. Pour les personnes soudanaises, les prix sont inférieurs », selon l’association Utopia 56, d’aide aux migrants. « Vous avez des communautés qui n’ont pas les moyens de payer le passage, alors les passeurs baissent les tarifs pour eux, de manière à être certains qu’ils traversent. La communauté vietnamienne dépense entre 10 000 et 20 000 euros et sera accompagnée dans la traversée. »
À l’échelle mondiale, le business des passeurs rapporte entre 4,7 et 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon les données d’Europol, agence européenne de police criminelle, datant de 2015.
« Ils ne s’intéressent pas à notre sort, ils ne veulent que notre argent », dénonce un migrant.
« Pour quelques milliers d’euros, ils sont prêts à sacrifier la vie de ces pauvres migrants », renchérit le maire du Portel (Pas-de-Calais).
« Ce sont des organisations criminelles qui n’accordent aucune valeur à la vie et à la dignité humaine. »
Kamel Abbas, avocat au barreau de Lille, défend depuis des années ces trafiquants de migrants. Sur le banc des accusés, ce sont principalement des Kurdes, des Irakiens, des Afghans et, plus à la marge, des Syriens qu’il retrouve dans les tribunaux du Pas-de-Calais. « Il s’agit essentiellement de petites mains ou de lieutenants qui finissent devant la justice française », assure l’avocat, qui a traité des dizaines de dossiers de passeurs. Les peines prononcées se veulent exemplaires et dissuasives : elles vont de deux ans à huit ans de prison, en fonction du degré d’implication dans le réseau.
Les « petites mains » du réseau sont les escortes qui s’occupent du transport de personnes ou d’objets, celles qui stockent le matériel nautique – souvent venu d’Allemagne – ou encore celles qui font monter les personnes dans l’embarcation avant de la mettre à l’eau. Nombre de ces « petites mains » affirment être elles-mêmes candidates à la traversée, le manque d’argent les contraignant à entrer dans le réseau pour la financer.
Dans les campements calaisiens, répartis sur plusieurs zones depuis le démantèlement de la « jungle », la présence de rabatteurs est également connue. Eux se chargent de convaincre les migrants de partir avec eux, puis forment des groupes d’une soixantaine de personnes par traversée. Au risque d’entrer parfois en conflit avec des filières de passeurs concurrentes, évoluant dans les mêmes secteurs. « On trouve dans ces dossiers des tentatives de meurtre, car les organisations se tirent dessus », a constaté Kamel Abbas dans différentes affaires. « Parfois, la violence est aussi dirigée contre les futurs migrants pour les contraindre à payer ou éviter que les personnes ne deviennent trop exigeantes sur les conditions de traversée. »
« Les campements sont des zones de non-droit, il y a des armes à feu, de la violence et une police qui ne fait rien, à part déloger les exilés. »
Fin février, Europol a annoncé avoir démantelé un des réseaux de passeurs les « plus importants », organisant des traversées de la Manche. L’enquête a révélé que le réseau pouvait organiser « jusqu’à huit départs par nuit », le prix des places sur le navire de fortune oscillant entre « 1 000 et 3 000 euros ». Lors de cette opération, 19 personnes ont été interpellées en Allemagne.
Mais les chefs de réseau, les « gros bonnets », eux, sont les grands absents des tribunaux français. « Ils sont soit dans leur pays d’origine, soit en Angleterre », avance Kamel Abbas. Plus pour longtemps, a promis la ministre de l’Intérieur britannique Yvette Cooper. Au lendemain du naufrage ayant entraîné la mort de 12 personnes, début septembre, Mme Cooper a promis de lutter contre les « gangs de passeurs » jusqu’à ce qu’ils soient démantelés. Dont acte ? Depuis des décennies, les autorités anglaises ferment les yeux sur ce trafic…
Une réponse insuffisante pour les associations immigrationnistes, qui voient dans le développement d’une voie migratoire régulière et sûre la seule manière de mettre fin à ces réseaux mortifères. Une manière insane, puisqu’elle aboutira à ouvrir plus grandes les pompes aspirantes de l’immigration, et à doubler les canaux légaux par un accroissement des canaux illégaux.
La seule manière de mettre fin à ces trafics d’être humains est celle qui a fait ses preuves depuis 2014 en Australie : c’est la méthode « NO WAY » :
Aucune organisation mafieuse ne « gère » depuis lors le passage de clandestins vers l’Australie et les autorités n’ont à déplorer aucun mort lors de traversées rendues matériellement impossibles.
L’Allemagne du chancelier SPD Olaf Scholtz, qui vient de remettre les contrôles aux frontières est-elle un pays fasciste ?
Henri Dubost
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