Beaucoup de gens ignorent qu’Israël fabrique ses propres drones de combat. Dotés de spécifications non divulguées, avec des systèmes d’armes multiples, ils sont adaptés aux frappes chirurgicales en milieu urbain. Lorsqu’on apprend qu’un chef terroriste a été liquidé, c’est la plupart du temps grâce à un de ces petits aéronefs sans pilote.
Le Liban n’est plus un État souverain
Le Conseil de Sécurité des nations désunies a admis dans sa résolution 1701 de 2006 que la présence militaire du Hezbollah au sud de la rivière Litani était hors du contrôle de l’État libanais. De même que Beyrouth la capitale, partagée entre diverses factions indépendantes sinon hostiles.
Au sortir de la guerre civile en 1991, le Parlement libanais avait voté une loi permettant aux chefs de milice et aux auteurs de crimes de guerre de ne pas avoir à en répondre devant la justice. Cette amnistie est une des raisons pour lesquelles, plus de trente ans après, les mêmes miliciens et chefs communautaires sont au pouvoir.
Dès lors les attaques contre l’organisation terroriste ne violent pas la souveraineté du Liban puisqu’elles ont lieu sur des zones qui échappent à son contrôle. Les forces armée libanaises, comme la FINUL (Force intérimaire de l’ONU au Liban) ne gèrent plus rien du tout.
Macron affirme que nous serions au bord d’une nouvelle guerre en Orient. Mais où était-il pendant toutes ces années quand le Hezbollah progressait en direction du sud et renforçait ses infrastructures militaires ? Comment la France en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité a-t-elle pu voter pour le renouvellement du mandat de la FINUL comme s’il ne se passait rien sur le terrain ?
Pour Netanyahou, la guerre au Liban n’a pas encore commencé !
Nasrallah a tort de croire que Tsahal serait incapable de se battre sur deux fronts, à Gaza et au Liban. Il s’imagine que l’opposition politique à Netanyahou pourrait paralyser le gouvernement de Jérusalem et son armée. Or quelles que soient leurs divergences, lorsque leur nation est menacée, les Israéliens savent oublier les dérisoires querelles de la politique politicienne.
Les bipeurs, les talkies-walkies, les drones et les missiles qui ont dispersé quelques émirs du Hezbollah n’étaient que des amuse-gueules. La kémia comme on dit en Orient. Pour faire patienter les convives jusqu’aux plats plus consistants en sirotant l’araki.
Néanmoins, Israël se demande si une guerre ouverte au Liban serait une option valable. À quoi bon risquer la vie des soldats de Tsahal, et perdre du matériel, contre un ennemi qui a l’avantage de la connaissance du terrain, sait utiliser le moindre recoin pour monter des embuscades et court au devant de la mort avec un esprit kamikaze ?
Les islamistes mènent une guerre dissymétrique. Pas seulement contre Israël mais contre tout l’Occident. Ils savent frapper fort et vite, à l’improviste, et se noyer dans la population qui leur sert de bouclier humain.
Le contre-terrorisme a trop longtemps souffert des scrupules imbéciles de quelques « humanistes ». Complices des djihadistes, seulement stupides, ou un peu des deux ? Ils ne voient pas ou ne veulent pas voir que, contre des ennemis protéiformes, insaisissables, déguisés, dissimulés, il faut utiliser les mêmes armes qu’eux. Être rapides, imprévisibles, impitoyables.
C’est le seul langage qu’ils comprennent. La secte coranique leur enseigne que « Allah n’aime que les forts ». Avec pour corollaire : « Embrasse la main que tu ne peux pas mordre ».
Dans ma jeunesse, les livres d’histoire glorifiaient l’œuvre civilisatrice de la France. Affirmant avec une naïveté déconcertante que les émirs avaient rendu les armes, subjugués par la supériorité de notre culture et de notre civilisation. Bande de bouffons intellectuels ! Quiconque a vécu dans une de nos anciennes colonies sait que les indigènes ne se tenaient tranquilles que parce qu’ils craignaient nos forces armées. Quand la contrainte s’est relâchée, ils se sont rebiffés. Et la faiblesse de la France n’a pu que les encourager à commettre les crimes les plus abominables.
L’illusion d’un conflit de basse intensité avec les djihadistes
Des dizaines de missiles plus ou moins bricolés visent tous les jours Israël, même si 98 % sont déviés ou détruits en vol, et il ne se passe guère de semaine sans que des civils soient enlevés, flingués ou égorgés.
Si les islamistes ne commettent pas plus de dégâts, c’est par manque de moyens ou de compétences. Malgré tout l’arsenal que l’Iran leur fournit, ils ne parviennent pas à bien coordonner leurs forces. Se contentant d’escarmouches, d’embuscades, de pièges, faute de mieux. Mais ils ont appris et sont devenus plus performants. D’autant que des « conseillers » iraniens participent aux opérations. Et ceux-là, ils ne sont pas des gardiens de chèvres à qui on a mis une kalach entre les mains.
Les attaques ciblées de ces derniers jours sont des réponses aux tirs incessants du Hezbollah sur les habitations civiles du Nord de la Galilée, profitant du fait qu’une partie de Tsahal est aux prises avec le Hamas dans la bande de Gaza. Les médias occidentaux gangrenés par les pétrodollars et prompts à prendre le parti des islamistes minimisent ou taisent les agressions et assassinats commis par les djihadistes.
Israël ne pouvait pas rester sans réponse. Il fallait faire comprendre au Hezbollah, en éliminant ses cadres, ses caches d’armes et en paralysant ses moyens de communication, qu’il allait au devant de gaves déboires. Il y a un seuil au-delà duquel les plus fanatiques hésitent. Ce seuil est-il atteint ? L’avenir nous le dira. Sinon, il faudra taper encore plus fort. Israël en a les moyens.
L’élimination à Dahieh, la banlieue sud de Beyrouth, de Ibrahim Aqil, le chef des opérations spéciales du Hezbollah, ainsi que d’une brochette de ses commandants, signifie qu’Israël ne restera pas les bras croisés en attendant une riposte après les attaques par bipeurs et talkies-walkies. Les terroristes ne seront plus en sécurité nulle part. Où qu’ils aillent, la mort venue du ciel peut les frapper.
« Nous assistons à une nouvelle phase des opérations au Liban, a dit le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, avec des frappes qui se poursuivent aussi bien dans le sud du pays qu’à Dahieh. » Le Hezbollah est fragilisé. Ses cadres survivants sont sous pression constante, ils ont des difficultés à communiquer et à coordonner leurs actions, et vivent dans la peur de quelque nouvelle arme fatale des Israéliens. Les terroristes sont terrorisés. Cela fait partie du but à atteindre.
Tout le monde a noté le ton plutôt modéré du discours prononcé jeudi par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
On en revient toujours au facteur psychologique. Ceux qui savent comment les mahométans fonctionnent ont compris que ses glapissements de vengeance étaient un moyen de se défouler et de regonfler le moral de ses troupes. Il s’est engagé à être encore plus solidaire des frères assassins du Hamas, mais nul ne sait comment il pourrait s’y prendre. Le Hezbollah a besoin de temps pour se reconstruire. Une guerre ouverte avec Israël finirait par l’achever.
C’est là que transparaît la conviction des mahométans, invariable depuis 1400 ans. Quoi qu’il advienne, le temps joue pour eux. Une guerre perdue, dix de retrouvées. Poitiers, la Reconquista, Lépante, l’éradication des pirates en Méditerranée, les déboires contre les Hindous, les batailles gagnées par les Chinois, et les raclées infligées par Israël ne sont que des épisodes sans conséquences qui retardent juste un peu l’objectif final : l’islamisation de la terre entière.
En attendant, Israël se redéploie en fonction de l’évolution du champ de bataille. Les terroristes de Gaza ont été en grande partie éradiqués. Même s’il reste encore beaucoup à faire. Les opérations au sud ont atteint aujourd’hui une phase moins intensive, une partie des forces armées dont la 98e division peuvent être redéployées vers le nord.
Tsahal vise un plus grand nombre de cibles dans le sud du Liban, de façon plus percutante, assorties d’attaques technologiques. Le Hezbollah sous pression doit décider s’il veut continuer à attaquer Israël sans relâche lors d’incessantes escarmouches comme il le fait depuis le 8 octobre. Ou s’il doit reconsidérer sa stratégie d’usure en cessant les combats et en se retirant de la zone frontalière.
Christian Navis
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