« Deux ans et demi d’ offensive russe ont décimé de nombreuses unités ukrainiennes. Les renforts sont rares et dispersés, laissant certains soldats épuisés et démoralisés. La situation est particulièrement désastreuse parmi les unités d’infanterie près de Pokrovsk et ailleurs sur la ligne de front orientale, où l’Ukraine a du mal à arrêter l’avancée rampante de la Russie. »
« CNN a parlé à six commandants et officiers qui combattent ou supervisent actuellement des unités dans la région. Tous les six ont déclaré que la désertion et l’insubordination sont devenues un problème répandu, en particulier parmi les soldats nouvellement recrutés. »
« Tous les soldats mobilisés ne quittent pas leurs postes, mais la majorité le fait. Quand les nouveaux arrivent ici, ils voient à quel point c’est difficile. Ils voient beaucoup de drones ennemis, d’artillerie et de mortiers », a déclaré à CNN un commandant d’unité qui combat actuellement à Pokrovsk. Il a également demandé à rester anonyme. « Ils se rendent une fois sur les lieux et s’ils survivent, ils ne reviennent jamais. Soit ils abandonnent leurs positions, soit ils refusent d’aller au combat, soit ils essaient de trouver un moyen de quitter l’armée », a-t-il ajouté. »
Quelques lignes qui donnent la tonalité de ce long article de CNN, une chaîne proche du parti démocrate et de l’Etat profond étatsunien. Un article dont on ne trouvera pas l’équivalent dans la presse française. Il décrit une armée et une population ukrainiennes exténuées par deux ans et demi d’un conflit sanglant.
L’offensive de Koursk avait un triple but : créer une diversion sur le front stratégique du Donbass pour y freiner l’avancée de l’armée russe, redonner du courage à la population en lui montrant que son armée pouvait reprendre l’initiative, et enfin prouver aux Occidentaux que l’armement et l’aide qu’ils fournissent en nombre à l’Ukraine étaient utilisés à bon escient. Triple échec : la pression russe dans le Donbass continue de plus belle et la levée du siège de Donetsk, le but ultime de cette « opération spéciale », ne semble plus qu’une question de semaines. Les revers subis par l’armée de Kiev dans l’oblast de Koursk seront de nature à saper le moral de la population. Quant aux Occidentaux, mis devant le fait accompli de l’aventure de Koursk, ils y regarderont peut-être à deux fois avant de confier des armes à longue portée au régime de Kiev.
L’effondrement des forces de Kiev est inéluctable. La fin du calvaire des deux peuples, l’Ukrainien mais aussi le Russe, touche à sa fin. L’hécatombe, de part et d’autre, se chiffre en millions de morts et de blessés. Les accords de Minsk I et II, signés en 2014 et 2015 auraient permis, s’ils avaient été appliqués, d’éviter ce conflit meurtrier. Nous savons par la bouche de ses promoteurs, François Hollande et Angela Merckel, qu’ils n’étaient dès l’origine que des chiffons de papier :
Les alliés n’avaient aucunement l’intention de les faire appliquer. Il s’agissait d’abuser la diplomatie russe et de donner à l’Ukraine le temps de s’armer. A force de provocations, les alliés ont réussi à déclencher l’offensive russe de février 2022, faisant ainsi endosser à Vladimir Poutine le rôle du méchant.
Henri Dubost
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