L’attaque du village de Jit, en Samarie, ce jeudi 15 août, qui a fait un mort et un blessé grave, dans un contexte de violence exacerbée depuis le 7 octobre, prouve une nouvelle fois que le rêve de deux Etats pour deux peuples vivant côte à côte en bonne intelligence n’est qu’une fumisterie
« Je condamne fermement le pogrom de ce soir en Samarie », a écrit le président israélien Isaac Herzog dans un message posté ce 15 août sur X, en utilisant le nom de la province biblique correspondant au nord de la Cisjordanie. Herzog a ainsi qualifié l’attaque de « pogrom », un terme habituellement utilisé pour désigner des violences antisémitiques. Un mot fort, donc. Oui, mais dans le même temps, il utilise le mot de Samarie pour localiser le village de Jit où ont eu lieu ces « pogroms ». Or parler de « Samarie » au lieu de « Cisjordanie » est caractéristique du vocabulaire utilisé par ceux des Israéliens qui considèrent cette terre comme leur. Même s’il condamne les violences qui ont endeuillé le village de Jit, la plus haute autorité – morale – du pays revendique clairement l’appartenance de la Cisjordanie à Israël.
Le président israélien a également parlé d’une « minorité extrémiste qui porte préjudice à la population des colons respectueux des lois, à la colonisation dans son ensemble, et à [la réputation] d’Israël dans le monde, pendant une période particulièrement sensible et difficile », rejoignant le ministre des Finances d’ « extrême droite » Bezalel Smotrich – l’un des plus chauds partisans de l’annexion de la Cisjordanie (Judée-Samarie) à Israël – qui a assuré que les « émeutiers » de Jit n’avaient rien à voir avec « la colonisation et les colons ». Les militaires présents sur place parlent pour leur part « de dizaines de civils israéliens, dont certains masqués, [qui] sont entrés dans […] Jit, ont incendié des véhicules et des infrastructures dans la zone, et lancé des pierres et des cocktails Molotov ». L’armée confirme également à l’AFP que des soldats et des membres de la police aux frontières « ont évacué les civils israéliens de la ville ». En revanche, « un civil israélien ayant pris part à la violente émeute a été appréhendé et transféré à la police israélienne pour un interrogatoire ». Une seule arrestation, alors qu’il y a eu un mort et un blessé grave, c’est un peu maigre…
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est quant à lui contenté de dire qu’il prenait « au sérieux les émeutes qui ont eu lieu ce soir dans le village de Jit »… Le service minimum de la part d’un Premier ministre.
Toute allusion à la situation européo-européenne ne serait pas que purement fortuite. Nous laissons le soin au lecteur d’extrapoler dans le bon sens la situation israélo-palestinienne à celle des quartiers de l’immigration qui « léopardisent » le Vieux Continent. Là aussi, la supercherie cosmopolite apparaît pour ce qu’elle est : une fable criminelle qui s’achèvera par un « white flight » continental et/ou dans des fleuves de sang.
A noter que la « bonne » presse occidentale qualifie d’ « extrême droite » les partis ultra-religieux qui composent l’actuelle majorité dont dispose Benjamin Netanyahu à la Knesset. Falsification sémantique qui a pour but d’éviter de parler de leur religion, ce qui pourrait être interpréter comme de l’antisémitisme. Ce sont des méchants, donc ne mettons surtout pas en avant le fait qu’ils croient en Yahvé, le Dieu d’Israël. La même presse qualifie d’ « ultraconservateurs » les mollahs iraniens, alors que, là aussi, le qualificatif idoine est « ultrareligieux ». Faire allusion à la religion des enturbannés pourrait être taxé, dans ce cas, d’islamophobie…
Henri Dubost
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