Dans un article du 4 juillet 2024, étonnant de contrition, le correspondant du Monde aux États-Unis Arnaud Leparmentier (son portrait sur OJIM) dénonce l’omerta des médias progressistes américains au sujet de l’état de santé de Joe Biden :
Les Américains sont furieux, ayant le sentiment d’avoir été bernés par la Maison Blanche et les médias. Le milliardaire Bill Ackman, suivi par 1,3 million d’internautes, sonne l’hallali et accuse les médias de complaisance : « “60 minutes” [émission sur la chaîne CBS] savait ; CNN savait ; MSNBC savait, les médias de gauche avaient un accès complet au président, ses équipes et son administration. Ils savaient tous, mais ils vous ont dit le contraire. Ils vous ont menti éhontément. » « Le New York Times doit s’expliquer. Il fait un revirement total sur une histoire majeure en un peu plus d’une semaine », s’agace aussi sur X Alex Tabarrok, professeur d’économie à l’université George Mason, à Fairfax (Virginie).
Leparmentier ironise sur la résipiscence du New York Times (journal de la même eau que Le Monde) après le 27 juin :
Le 21 juin, le New York Times dénonçait les vidéos mettant en scène le vieillissement de Joe Biden. « Comment les vidéos trompeuses traquent Biden, alors qu’il lutte contre les doutes liés à son âge », titrait le quotidien new-yorkais, dénonçant, à juste titre, « une série de clips récents, dont beaucoup ont été édités ou manquent de contexte ». C’était avant le 27 juin, jour du calamiteux débat de Joe Biden face à Donald Trump, qui a mis en évidence les faiblesses du président sortant. Le 2 juillet, avec le zèle de ceux qui ont longtemps nié, le quotidien mène l’enquête. « Les défaillances de Biden seraient de plus en plus fréquentes et inquiétantes », titre un nouvel article.
Associated Press, CNN, MSNBC, CBS, Intercept, et l’ensemble des gros médias savaient et n’ont rien dit. Seul le Wall Street Journal réputé proche des républicains a publié début juin 2024 une longue enquête sur l’état de santé de Biden. L’article a été vilipendé : partisan, majorant les troubles de Biden qui a son âge, certes, mais qui est en bonne forme, pure désinformation, etc. Nancy Pelosi, ancienne speaker démocrate de la chambre des représentants a vanté sans rire « la sagesse, l’expérience et la pensée stratégique » de Joe Biden…
Sur les malversations du fils Biden, Hunter, qui impliquent Joe lui-même, sur les fraudes massives lors des présidentielles américaines de 2020, la presse autorisée a été dans le déni total. Sur tous les sujets sensibles, l’omerta est son mode de fonctionnement standard. On se souvient qu’ils ont « découvert » le satyrisme de DSK au moment de l’arrestation spectaculaire à New York de celui qui était à l’époque directeur du FMI. On lira avec intérêt leurs éditos de contrition (exemple du Monde).
La corruption en Ukraine (l’un des pays les plus mafieux de la planète) est évoquée mezza voce et très partiellement. Dans quelles poches iront les 1000 milliards d’euros que l’occident s’apprête à donner à Zelensky pour la reconstruction de l’Ukraine ? Destination finale des flots d’armes offertes à l’armée de Kiev ? Etat d’esprit de la population soumise à une mobilisation générale de 18 à 70 ans, hommes et femmes ? Syrsky, grand stratège ou boucher de l’opération-suicide de Koursk (ici et ici) ?
Sur les récentes révélations, Outre-Rhin, de la correspondance électronique entre le Robert-Koch Institut (RKI), le ministère fédéral allemand de la Santé et divers autres organismes gouvernementaux : silence radio des gros médias. On relèvera – un dernier exemple, pour la route – que la condamnation de von der Leyen par la CJUE, fin juillet 2024, n’a pas fait les gros titres de cette même presse aux ordres.
Qui s’en étonnera ?
Henri Dubost
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