L’exemple même, les réactions face à la fermeture de la dernière usine Saupiquet en France qui va déménager au Maroc et en Espagne !
Ouest-France en a fait relation le 15 juillet dans un article court et significatif.
« Alors que le groupe Bolton Food* s’apprête à fermer, fin 2024, la dernière usine historique de la marque Saupiquet à Quimper (Finistère), les socialistes locaux soutiennent les 155 employés sur la sellette. Ils demandent à Bolton Food « des solutions humaines et durables pour les salariés de l’usine Saupiquet de Quimper ». »
(* Le groupe italien a racheté Saupiquet en 1999)
La suite dans Ouest-France.
Pour résumer l’affaire :
Les usines Saupiquet ont fermé les unes après les autres, le groupe Bolton ayant des difficultés à garder ses débouchés. Cinq millions d’euros de pertes en 2023 sur la seule usine de Quimper…
Aucun repreneur annoncé !
La conséquence de la baisse du marché des conserves de poissons en France et en Europe, dit-on, ce qui n’est pas totalement faux, les habitudes de la société changent. Mais aussi la concurrence des marques de la grande distribution… grande distribution qui doit avoir une solution pour équilibrer ses comptes.
Autre question, pourquoi le transfert en Espagne et au Maroc s’il n’y a plus de débouchés ?
Les réactions des politiques :
Les socialistes – seule réaction politique connue – s’émeuvent de la délocalisation au Maroc et en Espagne.
Et leur communiqué de faire montre d’un soudain nationalisme industriel déplorant le sacrifice d’un symbole de notre territoire.
Et de se lamenter sur les sentiments d’humiliation et de déclassement qui en résulteront pour les salariés licenciés et leurs conditions de vie futures. Et d’en appeler à « Bolton Food [pour] proposer des solutions humaines et durables aux salariés de l’usine Saupiquet de Quimper ».
Rien n’est dit sur les autres conséquences, parmi lesquelles la difficulté accrue pour la pêche française et ses pêcheurs…
Mais qu’attendent les politiques pour proposer des solutions capables d’éviter ces délocalisations et fermetures au lieu de tout attendre des entreprises ?
Tous nos politiques connaissent la concurrence des pays aux salaires peu élevés, aux charges sociales réduites (sans parler du dumping fiscal comme le pratique l’Irlande au sein de l’UE).
Ne pensez-vous pas que leur travail serait de trouver les solutions nécessaires au lieu de se fendre de communiqués… ?
La droite, elle, postule une baisse importante des charges sociales et par voie de conséquence, la réduction des aides sociales « open bar ». La France est le pays d’Europe, si ce n’est du monde, où la part du PIB consacré au social est la plus élevée, ce n’est pas sans pertinence.
Certes, rétablir la résistance française à la concurrence mondiale est une nécessité, mais il est à craindre que cette solution soit insuffisante, voire remise en cause rapidement par les bons apôtres de la solidarité avec l’humanité entière. Autrement dit, rien de nouveau dans le logiciel fondamental de la droite !
Nous n’avons pas d’idées : regardons ce que font les autres pays européens.
Pardonnez-moi de revenir à ma marotte, un pays que j’admire, le Danemark.
Une balance commerciale toujours excédentaire depuis 1987, ceci après des décennies de déficit, c’est-à-dire une situation dans laquelle se trouve la France aujourd’hui !
Le résultat est celui de réformes comme ces gens du Nord sont capables de s’en imposer, par un réalisme qui n’a rien d’idéologique ! Ces réformes n’ont pas payé immédiatement, une dizaine d’années ont été nécessaires pour sortir d’un déficit chronique depuis la fin de la guerre… et enfin améliorer la situation des Danois.
Pour la petite histoire, en 2022, ce petit pays de 5,9 millions d’habitants* était inquiet, sa balance était tombée à 3,3 milliards d’€ d’excédent, elle est remontée à 9,4 milliards en 2023. Ouf !
Le budget de l’État trouve moyen d’être excédentaire de plus 3 % ! La dette d’État est passée au-dessous des 30 % !
* À comparer avec La France ⇒ multiplier par 11 !
En conclusion, la responsabilité et le réalisme paient…
Pour ne traiter que d’un aspect, quelle est la méthode lui ayant permis de résister à la concurrence et même de s’imposer ? Le transfert des charges sociales du travail sur la consommation. Pour résumer, aucune charge imposée sur l’emploi, toute la contribution se fait par un seul taux de TVA élevé. Les importations contribuent au social, la concurrence est rétablie. Ajoutez à cela le réalisme social à l’inverse de ce que pratique la France.
Le Danemark a tout intérêt à son modèle économique, ses échanges concernent plus de la moitié de son PIB, ses ports ont proportionnellement un volume d’échanges incomparable dans le monde.
Quelle solution pour la France qui n’est pas le Danemark ?
Une solution restreinte, tout au moins dans un premier temps et donc plus facile à atteindre, serait de transférer les charges sociales du travail sur la consommation, uniquement sur la production de valeurs, pas sur les services… Bien sûr, à la clef une augmentation de la TVA pour le moins de base…
Des secteurs, comme le sujet dont traite cet article, verraient des revenus et retraites plus décents, dont aux agriculteurs et pêcheurs, sans préjudice pour le secteur ouvrier, au contraire.
La France retrouverait une certaine compétitivité face à la concurrence, redévelopperait son secteur industriel…
En conclusion :
Ce ne sont pas les seules réformes que devrait s’appliquer la France. Je ne traite pas des relations sociales, il y a beaucoup à faire sur le sujet (Danemark : taux de syndicalisation supérieur à 80 %, tout se passe au niveau des entreprises, l’État n’intervient en rien… Et les Danois sont les plus satisfaits au monde de leurs conditions de travail).
L’État n’organise qu’une base de protection sociale, le complément est négocié et responsabilisé…
Jean-Paul Saint-Marc
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