Nous nous souvenons tous des propos de Bruno Le Maire le 1er mars dernier qui clamait à qui voulait bien l’entendre : « Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe à travers les sanctions économiques occidentales ». « Le rapport de force économique et financier est totalement en faveur de l’Union européenne, qui est en train de découvrir sa puissance économique. » Allant jusqu’à trouver bon d’ajouter « Nous allons déclarer la guerre économique au peuple russe ».
Nos élites, sorties tout droit de l’Ecole Nationale des Ânes, section littéraire à défaut d’être experts en économie, nous en promettaient de toutes les couleurs, indiquant que « le peuple russe allait subir les effets des sanctions en raison de son dirigeant. On ne sait pas faire autrement ». Effectivement, Bruno Le Maire devait « mettre l’économie russe à genoux ». Il s’y voyait déjà, le bougre, se croyant sans doute à nouveau en septembre 1941 prêt à faire le siège, non plus seulement de Leningrad, mais de la Russie tout entière et tout ça pour faire rendre gorge à Vladimir Poutine. Décidément notre ministre d’opérette connaît bien mal les Russes…
Beau résultat s’il en fut puisque depuis c’est la France qui a plongé dans la crise, l’inflation et les pénuries en tous genres ; et ce sont les Français et non pas les Russes, qui payent l’incurie – pour ne pas dire la connerie – de leurs dirigeants.
Si l’on en croit en effet le baromètre de NielsenIQ, il manquait 5,7 % de produits en grande surface en août dernier. Des ruptures en linéaires qui représentent sur 12 mois un manque à gagner brut de 4,1 milliards d’euros tous hypermarchés et supermarchés confondus. Mais n’oublions pas que c’est la Russie qui manque de tout, et dont l’économie plonge !
Moutarde, huile de tournesol mais également de colza avaient totalement disparu des linéaires. Faits amusants, on trouvait de la moutarde de Dijon, estampillée « Made in France » dans tous les pays européens, Espagne en tête. Bien que les Espagnols aient cru bon de recouvrir l’étiquette d’origine par une « Made in Spain ». Seulement voilà, l’étiquette mal collée a laissé découvrir le pot aux roses. Par contre, on a vu arriver dans nos rayons une « moutarde de Dijon », « Rolesli », « Made in Pologne », en petits pots de 175 g à 3,99 € ! La Pologne aurait-elle eu un sur stock de moutarde à écouler sur le dos des Français ? Rassurons-nous, chez Leclerc ils vendent ces pots à raison de trois pour le prix de deux. Cette moutarde marronnasse est tellement infâme que plus personne n’en veut. Désormais d’autres produits, comme les pommes de terre, le miel ou le lait, pourraient à leur tour manquer ce qui explique sans doute l’envolée de leurs prix. A moins, – soyons mauvaises langues – que leurs fournisseurs ne spéculent allègrement sur ces derniers. Parmi les futurs « disparus » à prévoir, citons outre les huiles, les féculents, les farines, les pâtes, le riz et le lait, et la nourriture pour les animaux dont certaines références n’existeront plus en 2023 faute de matières premières pour les fabriquer.
Nos élites bien pensantes nous avaient en leur temps expliqué à grand renfort de médias que si l’huile de tournesol était le produit le plus frappé par les ruptures de stock, la pénurie était directement liée à la guerre en Ukraine puisque, a priori, 80 % des importations d’huile de tournesol venaient de Russie et d’Ukraine. Pourtant, du tournesol, on en cultive des milliers d’hectares en France. Alors, où vont-elles nos graines de tournesol ? Ah oui, c’est vrai, la sécheresse… Pourtant, des céréaliers interrogés sur les résultats des récoltes nous disaient que celles-ci n’avaient quasiment pas souffert. Celles de blé étant supérieures à 2021 et celles de tournesol quasi identiques également. Alors… OK, on ne nous dit pas tout, mais oserait-on nous mentir en plus ?
Et le lait ? La France, deuxième producteur de lait de l’UE, est pourtant autosuffisante et ne dépend pas des importations. Seulement voilà, la sécheresse qui a touché notre pays cet été menace la filière laitière. Ce qui fait que le fourrage pour les vaches se fait de plus en plus rare et que les prix explosent. Pourtant, dans certaines régions, du fourrage on en trouve à la tonne et les prix n’ont pas augmenté par rapport à 2021… Sans compter la hausse du prix de l’énergie et des emballages plastiques qui ne font qu’augmenter les coûts de production du lait, ce qui pourraient inciter les éleveurs à mettre la clé sous la porte. Et les médias aux ordres y sont allés à grands renforts de reportages sur les éleveurs qui vendaient une partie de leur troupeau. Seulement voilà, c’est normal. Les vaches, quand elles donnent moins de lait, elles sont transformées en vaches à viande dans les abattoirs ; viande que nous retrouvons sur les étals, et ce régulièrement. Mais si les éleveurs se détournent de leur activité, plus de lait dans nos supermarchés, ou il faudra en importer. En fait, tous les prétextes sont bons pour gruger l’idiot utile et plus c’est gros mieux ça passe !
Après l’envolée des prix de l’essence (c’est la faute à Poutine bien évidemment), maintenant c’est l’électricité qui va manquer. Le risque de pénurie augmente. 1 000 % d’augmentation en un an du prix de gros de l’électricité du fait que nous devons appliquer la tarification européenne. Et pourquoi d’ailleurs puisque nous en produisons à moindre coût ? Donc, cet hiver, le gouvernement va mettre en place un « délestage tournant ». Des coupures ponctuelles qui vont s’appliquer de façon tournante, localisées pour limiter l’approvisionnement en électricité pour éviter de mettre en danger l’ensemble du réseau électrique. Car le problème c’est que 28 de nos centrales nucléaires sont HS et que le gaz russe fait cruellement défaut pour alimenter les centrales au gaz. En plus, nous allons fournir du gaz à l’Allemagne pour qu’elle nous « prête » un peu d’électricité. C’est le serpent qui se mord la queue !
En attendant, face à la situation catastrophique de la France, voyons comment se portent nos amis Russes qui sont soi-disant « à genoux » face aux sanctions.
Pour éclairer nos lecteurs face aux « énormes » pénuries alimentaires dont les Russes souffrent actuellement « grâce » aux sanctions de Bruno Le Maire, notre ami Boris Karpov a eu la gentillesse de se rendre dans un supermarché Auchan à Moscou pour nous faire quelques photos des rayons vides et des manques, créant de futures disettes…







En voyant les prix affichés dans les rayons, je n’ai pu m’empêcher de penser que si Moscou n’était pas si loin, vu le taux du rouble actuellement d’environ 1/60ème d’euros, j’irais bien faire mes courses là-bas ! Pas vous ? Faites la conversion, je vous assure que ça laisse rêveur.
D’ailleurs en parlant du prix du rouble, j’aimerais décerner une mention toute particulière, « Palme d’or de l’indigence mentale », à un certain Gérard Roger74, soutien d’Emmanuel Macron, qui se dit également fervent défenseur de l’UE et qui a visiblement oublié qu’en Russie on payait en roubles et que 53 roubles pour du SP95 ne font pas 48 € mais seulement 0,88 €. Alors qu’en France nous payons le SP95 en moyenne de 1,77 à 1,96 €, soit le double. Il est certain qu’avec des soutiens de ce niveau, ce qui nous sert de président ne risque pas de voir l’économie française s’améliorer. C’est toujours ça de gagné pour la Russie !

Valérie Bérenger
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Economie : De Le Maire à Gérard Roger, " plus cons tu meurs "
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