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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 01:20
La loi « azote » : vers une explosion sociale aux Pays-Bas ?

Les Pays-Bas connaissent actuellement une situation sociale extrêmement tendue. En cause : la loi « azote » du gouvernement néerlandais visant à réduire de 70% les émissions d’azote – et d’ammoniac – d’ici 2030. L’azote et l’ammoniac sont, à l’instar du CO2, deux gaz « à effet de serre ». La réaction à la loi « azote » est particulièrement violente chez les agriculteurs et éleveurs néerlandais, directement touchés. La ministre néerlandaise de l’ « Environnement et de l’Azote » [sic !], Christianne van der Wal, a annoncé que 30% des agriculteurs du pays devront abandonner leur exploitation dans les prochaines années. Les agriculteurs « réfractaires » encourent l’expropriation pure et simple par l’État, sans indemnités. Avec 53.000 exploitations, les agriculteurs forment une partie importante de la population des Pays-Bas qui sont le deuxième exportateur agricole mondial, derrière les États-Unis. L’agriculture est tenue pour responsable de 16% des émissions néerlandaises de gaz à effet de serre, en particulier via les engrais et le purin.

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L’azote (NO2), qu’on trouve dans les gaz d’échappement des voitures (depuis 2019, les limitations de vitesse pour les voitures sont passées de 130 à 100 km/h sur les autoroutes du pays), est essentiellement issu des engrais et des effluents d’élevage lors du pâturage. L’ammoniac (NH3), autre gaz en ligne de mire du gouvernement Rutte, provient quant à lui des déjections des animaux.

La loi « azote » du gouvernement Rutte est en droite ligne issue du « Pacte vert pour l’Europe »European Green Deal  —, un ensemble de mesures coercitives décidées en 2019 par la Commission européenne, sous l’impulsion de sa présidente fraîchement élue, Ursula von der Leyen, dans le but de rendre l’Europe « climatiquement neutre » en 2050.

Le 29 juin dernier, les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept se sont accordés sur un certain nombre de mesures visant à réduire de 55 % les émissions de CO2 d’ici à 2030. L’azote, autre gaz à effet de serre, est également dans le collimateur de la Commission qui procède depuis plusieurs années à la mise en jachère de terres agricoles. Au moins 10% des terres agricoles européennes seraient concernées.

En Pologne, le gouvernement Morawiecki vient d’opposer une fin de non-recevoir à cette décision démente, alors que le spectre de la pénurie alimentaire et de la famine se profile dans de nombreux pays du monde.

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Depuis trois ans, des dizaines de milliers d’agriculteurs néerlandais descendent régulièrement dans la rue pour manifester leur colère, bloquant l’accès à de nombreux centres commerciaux des principales villes du pays, avant d’être violemment repoussés par les forces de l’ordre.

Le 22 juin dernier, à Stroe, ville agricole située à une soixantaine de km à l’est d’Amsterdam, 30.000 agriculteurs venant des quatre coins des Pays-Bas ont, pour la quatrième fois depuis trois ans, manifesté contre les plans du gouvernement.

Alors que la police a annoncé un durcissement des mesures prises à l’encontre des manifestants, les agriculteurs bénéficient d’un large soutien de l’opinion publique néerlandaise. Les antimondialistes néerlandais espéraient que cette manifestation ferait plier le gouvernement Rutte. Apparemment en vain : le Premier ministre et la ministre van der Wal se réfugient naturellement derrière la Commission européenne. A l’exception de la droite patriote, l’ensemble des partis politiques néerlandais sont pro-UE.

La situation s’est aggravée en début de semaine. Des centaines d’agriculteurs ont bloqué lundi les routes d’accès aux entrepôts des grands supermarchés avec des balles de foin, provoquant des pénuries dans certaines enseignes. Plus de 20 grands centres commerciaux du pays ont été touchés. Les agriculteurs ont été rejoints par des pêcheurs et des marins qui bloquent les ports et mettent ainsi en danger les chaînes d’approvisionnement déjà fragiles. Le gouvernement, pour sa part, a fait appel à des véhicules blindés de transport de troupes.

Les agriculteurs allemands ont rejoint leurs collègues néerlandais et ont pris part aux rassemblements aux passages frontaliers.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, des éleveurs ont franchi une barrière de police avec leurs tracteurs et ont aspergé la maison de la ministre avec du purin. A Heerenveen (nord du pays), la police a fait feu sur un conducteur de tracteur, le manquant de peu :

«Il y a eu les bonnets rouges, les gilets jaunes, le convoi de la liberté, et maintenant cela : nous sommes entrés dans l’ère des soulèvements», commente Michel Maffesoli pour Le Figaro, attribuant la même cause à tous ses mouvements : «C’est la manifestation du désaccord contre une élite démocratique qui impose des règles de manière abstraite, sans concertation aucune». Ici, ce sont «les normes européennes imposées de manière verticale», au service d’une «écologie politique», que ces mouvements populaires remettent en cause, lesquels témoignent une nouvelle fois du «décalage entre le peuple et les élites», analyse le sociologue.

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La loi « azote » choque d’autant plus l’opinion publique néerlandaise que sur certaines exploitations agricoles expropriées, le gouvernement a ostensiblement installé des camps pour migrants.

Le député Flevo Niek Beenen (membre du parti JA21) a partagé sur Twitter un document officiel qui montre que c’est déjà le cas à Noordoostpolder, une commune de la province de Flevoland. « Dans ce pays, les familles d’agriculteurs qui produisent de la nourriture sont échangées contre des demandeurs d’asile » proteste Beenen.

Constat partagé par Geert Wilders, chef du PVV (Parti pour la Liberté) : « Voici la preuve. Cela dit tout. L’agriculteur doit s’en aller parce qu’ils veulent construire un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile sur ses terres. Ils détruisent complètement les Pays-Bas. Nos agriculteurs sont mis à la porte, les migrants les remplacent. Pas étonnant que les gens soient furieux ! » dénonce Wilders.

Brent Hadderingh, président du FVD (Forum pour la Démocratie), commente pour sa part : « Les agriculteurs sont expropriés, les demandeurs d’asile prennent leur place. Vraiment, toutes les caricatures ont été dépassées. Sans vergogne. »

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Vous avez dit « Grand Remplacement » ?…

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https://freewestmedia.com/2022/07/07/no-longer-a-conspiracy-theory-dutch-farmers-must-make-way-for-asylum-seekers/

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

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