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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 06:57
Gaz : panique chez les Fritz qui envisagent de détourner Nord Stream 2 de Gazprom

Le gazoduc Nord Stream, d’une longueur de 1224 km, relie par les fonds de la Baltique (en traversant les eaux territoriales de la Russie, de la Finlande, de la Suède, du Danemark et de l’Allemagne) la station russe de compression de Portovaïa, près de Vyborg (nord-ouest de Saint Pétersbourg) au port allemand de Greifswald, dans le Land de Mecklembourg-Poméranie, à 80 km à l’ouest de la frontière polonaise :

Lorsqu’il débitait à pleine charge, Nord Stream – qui se compose de deux lignes, l’une a été opérationnelle en septembre 2011, la seconde en août 2012 – transportait 55 milliards de mètres cubes de gaz par an. Depuis plusieurs semaines, la Russie diminue peu à peu les volumes qu’elle émet vers l’Allemagne : https://ripostelaique.com/depuis-ce-mardi-lallemagne-privee-de-40-de-gaz-russe.html

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Le géant gazier russe Gazprom a achevé à la fin de l’année dernière le gazoduc Nord Stream 2 (en pointillés jaunes sur la carte) qui devait doubler Nord Stream. Fin février dernier, le chancelier allemand Olaf Scholz annonçait que Nord Stream 2 ne serait pas mis en service, dans le cadre des sanctions imposées à la Russie par l’Union européenne à la suite du conflit russo-ukrainien.

Ce conflit aura eu un effet inattendu : révéler au monde – et sans doute aux Allemands eux-mêmes – que leur opulente économie s’appuie pour une part essentielle sur le gaz russe : plus de « gaz popov » et l’industrie allemande, prise à la gorge, doit d’urgence trouver d’autres sources d’approvisionnement, quitte à se livrer à de curieuses… acrobaties.

C’est ainsi que le ministère allemand de l’Economie envisage d’ « exproprier » au profit de l’Allemagne la partie de Nord Stream 2 située sur le territoire allemand (la partie finale du gazoduc) et de la couper du reste du gazoduc afin de relier Greifswald à des sites non russes de compression. Une information rapportée ce vendredi 24 juin par le magazine Der Spiegel qui ne précise pas quels seraient les sites concernés.

 

Problème : Nord Stream 2 est la propriété du russe Gazprom, qui ne l’entend pas de cette oreille. L’expropriation de la partie de Nord Stream 2 situé sous les eaux territoriales allemandes s’apparenterait à une spoliation pure et simple, et Moscou a prévenu Berlin que si l’Allemagne mettait son projet à exécution, la Russie porterait l’affaire devant les tribunaux internationaux. La Russie est membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2012 : on sait le poids de la Chine et de l’Inde, deux alliés de la Russie dans l’affaire ukrainienne, dans cette institution.

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Parallèlement à ce type de carambouille, l’Allemagne cherche d’urgence des sites de réception pour le gaz naturel liquéfié (GNL) acheté sur le marché mondial au comptant. En mai, elle a par ailleurs affrété quatre unités flottantes de stockage et de regazéification (UFSR) afin de réduire sa dépendance à l’approvisionnement russe. L’Allemagne prévoit la construction sur la Baltique d’un site de réception de GNL par voie maritime, qui viendrait s’ajouter à ceux de Wilhelmshaven et Brunsbüttel, en mer du Nord.

Pour faire face à une pénurie de gaz très préjudiciable à son industrie, l’Allemagne, qui se veut pourtant un parangon de vertu en matière écologique (le parti « Die Grünen » compte quelque 107.000 adhérents !)  a également décidé de rouvrir ses vieilles centrales à charbon hyper-polluantes :

Privés de gaz russe, les Européens paniqués relancent le charbon

et d’acheter du gaz de schiste américain – une horreur écologique –, qui plus est pour un prix nettement supérieur à celui du gaz russe.

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Quant à la Russie, depuis le début des sanctions censées la frapper, elle a engrangé plus de 93 milliards d’euros de l’exportation d’énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon). Moscou a largement profité de la hausse mondiale des cours de l’énergie. Globalement, les sanctions de l’UE contre la Russie sont beaucoup plus préjudiciables à la première qu’à la seconde. Ubu n’aurait pu imaginer scénario plus loufoque.

Si certains pays ont fait des efforts importants pour réduire leurs importations de gaz russe (Pologne, Finlande, pays baltes), d’autres ont au contraire augmenté leurs achats : Chine, Inde, Émirats arabes unis ou même… France, selon le Center for Research on Energy and Clean Air (CREA).

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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