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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 12:11
Vladimir Poutine ne craint ni Joe Biden ni l’OTAN

Vladimir Poutine est actuellement enhardi par la faiblesse de Joe Biden et constate que les Américains sont mal dirigés. Il sait que la préparation militaire de dissuasion des Américains est mise à mal par un Secrétaire à la défense plus préoccupé par la «suprématie blanche » et l’inclusivité que par la défense de l’Ukraine. M. Poutine part du principe que les membres de l’OTAN ne sont pas prêts à intervenir pour aider l’Ukraine. S’il réussit prendre le contrôle de l’Ukraine, il sera tenté de continuer la même stratégie d’étranglement des États baltes.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Victor Davis Hanson*, paru sur le site de Townhall, le 27 janvier.

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Pourquoi Vladimir Poutine n’a pas été dissuadé

Les Américains souhaitent que l’Ukraine demeure autonome.

Ils espèrent que l’Occident pourra empêcher le président russe, Vladimir Poutine, de resserrer l’étau à la fois sur l’Ukraine et sur l’OTAN.

Pourtant, les Américains ne veulent pas que leurs soldats s’aventurent à l’autre bout du monde, dans l’arrière-cour de l’Europe, pour combattre la Russie, une puissance nucléaire, afin que l’Ukraine reste indépendante.

 

La plupart des Américains s’opposent à l’idée que la Russie puisse dicter l’avenir de l’Ukraine. Pourtant, ils acceptent à contrecœur le fait que l’Ukraine a historiquement fait partie de la Russie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été le théâtre sanglant des sacrifices conjoints des Russes et des Ukrainiens – plus de 5 millions de morts – pour vaincre l’invasion de l’Allemagne nazie.

Les Américains appuient publiquement l’OTAN.

Mais la plupart d’entre eux s’inquiètent en privé du fait que l’OTAN est devenue diplomatiquement et militairement impuissante – une sorte de Société des Nations moderne.

Les membres de l’OTAN ont un PIB collectif sept fois supérieur à celui de la Russie. Leur population cumulée est d’un milliard d’habitants. Pourtant, la majorité d’entre eux ne dépensent pas pour leur défense ce qui leur permettrait de dissuader leurs ennemis les plus faibles.

Le deuxième plus grand membre de l’OTAN, la Turquie, est plus proche de la Russie que des États-Unis. Ses habitants se disent anti-américains.

L’Allemagne est le membre européen le plus riche de l’OTAN et la plus importante puissance de l’Union européenne.

Pourtant, elle sera bientôt dépendante des importations de gaz naturel russe pour une grande partie de ses besoins énergétiques. Dans un récent sondage du Pew Research Center, 70 % des Allemands ont exprimé le souhait d’une plus grande coopération avec la Russie. La plupart des Américains pensent exactement le contraire.

Pire encore, 60 % des Allemands s’opposent à ce que l’on vienne en aide à un pays de l’OTAN en temps de guerre. Plus de 70 % d’entre eux qualifient leur relation avec les États-Unis de «mauvaise».

Nous pouvons traduire tous ces résultats inquiétants de la manière suivante : Les Allemands et les Turcs aiment la Russie et lui font plus confiance qu’à leur partenaire de l’OTAN, les États-Unis. Ils n’accepteraient pas de participer à un effort militaire conjoint de l’OTAN, même contre un envahisseur russe – même, ou surtout, s’il est mené par les Américains.

L’échec de la politique américaine de «réinitialisation» de la relation avec la Russie, la tolérance à l’égard des agressions russes lors des années Obama, ainsi que le canular de la «collusion russe», ont tous enhardi – et agacé – Vladimir Poutine. Il sait que Donald Trump, deux fois soumis à des procédures de destitution, a quitté ses fonctions et a perdu des appuis (à Washington). Il suppose donc qu’avec son départ, la dissuasion américaine contre la Russie a également disparu.

Le projet de Donald Trump, désormais mis au rancart, consistait à augmenter les défenses américaines et de l’OTAN, et à pomper le pétrole et le gaz pour faire chuter le prix mondial de la principale source de revenus des Russes.

M. Poutine était autrefois furieux que le Président Trump quitte unilatéralement un accord asymétrique entre les États-Unis et la Russie concernant les missiles.

M. Trump avait ordonné l’utilisation de force létale contre un grand nombre de mercenaires russes qui ont attaqué une installation américaine en Syrie. Il a vendu des armes offensives à l’Ukraine. Il a agi par la force en éliminant des ennemis terroristes tels que le général iranien Qasem Soleimani, l’islamiste Abu al-Baghdadi et ISIS.

Avec le départ de cet ennemi juré de M. Poutine, la Russie suppose que les années de tolérance de l’Administration Obama-Biden sont de retour. Comme en 2014, il peut, une fois de plus, agir contre ses voisins.

Enfin, il y a le rôle joué par les récents responsables du gouvernement ukrainien. Certains ont été profondément impliqués dans le feu vert donné à l’escroquerie au profit de la famille Biden afin de s’assurer une aide américaine importante. Certains expatriés ukrainiens et membres actuels du gouvernement ont travaillé avec la gauche américaine afin de faciliter la première tentative de destitution de Donald Trump.

Maintenant, les Ukrainiens sont exaspérés que leurs intrusions antérieures dans la politique américaine se soient retournées contre eux avec la désastreuse présidence Biden – et son apparente acceptation de facto d’une inévitable annexion russe.

Où ce gâchis place-t-il l’Amérique ?

En difficulté.

Vladimir Poutine est en train de saper une nation souveraine, de fissurer l’OTAN et, s’il réussit, il pourrait continuer la même stratégie d’étranglement dans les États baltes et ailleurs.

Pendant ce temps, la Chine a le sourire aux lèvres et espère que la même méthode pourra être utilisée contre Taïwan.

Les Américains, exaspérés, craignent que Poutine ne soit dissuadé ni par les sanctions ni par les ventes d’armes, mais qu’il se contente de poursuivre sa stratégie, guidé seulement par son analyse coût-bénéfice.

* Victor Davis Hanson est un historien militaire, auteur, et rédacteur en chef. Il est professeur émérite à l’Université d’État de Californie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Townhall

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