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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 20:32
Les personnages de la bible ont-il perdu leur identité ?

 

Après deux mille ans de culture chrétienne, il est bien difficile de se faire une idée exacte du nom originel des grands personnages bibliques.

 

En effet, la première qehila des disciples du rabbi Yeshouah a pris par la suite le nom d’ecclesia après l’arrivée massive des membres de culture hellénistique dans les communautés messianiques. Puis l’universalisation du mouvement de Jésus en direction de l’Asie mineure, de Rome et de la Grèce a transformé les noms hébraïques d’origine en noms hellénisés ou entièrement modifiés, à tel point qu’il faut faire une recherche pour retrouver les originaux.

La Bible Chouraqui s’est donné pour but de restituer la tonalité des noms et des expressions initiales. Quant aux psaumes, le travail bilingue de Patrick Calame et Frank Lalou nous restitue toute la saveur spirituelle de ces prières juives reprises quotidiennement depuis deux mille ans dans les communautés chrétiennes. Il vaut la peine également de découvrir le travail de Claude Tresmontant avec sa traduction des évangiles en fonction du texte hébreu primitif reconstitué.

Retrouvons le sens originel des noms bibliques :

Moïse est Moshè : sauvé des eaux (meshitihou expression correspondant aussi à un mot égyptien signifiant enfant).

Isaïe est Yeshayahou : Yahvé sauve. (Les protestants l’appellent Esaïe afin de ne pas le confondre avec le père de David Isaï, Jessé pour les catholiques).

Jérémie est Yirmyahou : celui que Yahvé a désigné.

Sophonie est Tsefanyah : Yahvé a protégé.

Néhémie est Nehemyah : Yahvé a consolé. (Même racine que Menahem, consolateur, qu’on retrouve dans Kfar nahum, le hameau du consolateur, où Jésus a habité).

Osée est Hoshea : Yahvé sauve. La racine hosh se retrouve dans Yehoshua et dans l’appel Hoshanna (hosanna).

Josué est Yehoshuah : Yahvé sauve. Contracté en Yeshouah, c’est ce qui a donné Iesous en grec puis Jesus en latin.

Juda est Yehuda : Yahvé est loué, remercié. 4ème fils de Jacob et Lea, appelé ainsi en remerciement à Dieu ; Yehuda donnera son nom à la Judée. Le juif est celui qui remercie Dieu (au contraire des païens qui amadouent les divinités instrumentalisées). La même racine (odeh, merci et yehodot, remercier) donnera sa désignation initiale à l’eucharistie (action de grâces) des disciples de Jésus, appelée « toda » dans sa version hébraïque première.

Jacob, puis Jacques : Yaacov. Il a tenu son frère par le talon. Ce nom a pris le sens de Yahvé soutient. C’est le patriarche qui recevra le nom d’Israël. Il y a plusieurs Jacques dans le Nouveau Testament. Un des premiers disciples, avec son frère Jean, les deux travaillant comme pêcheurs sur le lac Kinnereth avec leur père Zabdaï.

Jean est Iohanan : Yahvé fait grâce. Il y a plusieurs Jean, c’est un nom courant. Le 4ème évangile porte ce nom, mais les exégètes doutent fort que l’auteur soit le même Jean que le disciple des récits évangéliques. Un Jean célèbre est le Baptiste, prêtre fils de Zakarie, qui purifie en signe de teshuva au bord du Jourdain au lieu d’officier au temple tenu par les Sadducéens.

Zakarie est Zekharyah : Yahvé garde en mémoire. Le zakhor est plus qu’un souvenir du passé, c’est une actualisation d’un événement pour aujourd’hui. Jésus a institué son mémorial pascal d’action de grâces comme un zakhor.

André est Amotz : fort et courageux. Frère de Simon Pierre, son nom dans les évangiles est grec : André, de andros, viril. C’est la traduction du nom hébreu Amotz.

Philippe : nom grec, qui aime les chevaux. On ignore son nom hébraïque d’origine. Il est ami d’enfance de Pierre et André (ou Shimon et Amotz).

Marc est en fait le surnom romain d’un Yohanan. Le livre des Actes l’appelle Jean-Marc. Marcus signifie marteau, c’est la traduction du nom hébreu maccabi, comme un certain Yehuda maccabi, résistant du temps de l’occupation séleucide d’Antiochus Epiphanos en terre d’Israël.

Luc vient du grec leukos, brillant, ou du latin lux, lumière. C’était soit un païen converti soit un juif de la diaspora. Son nom hébreu serait logiquement Elior, Le Seigneur est lumière.

Pierre est le surnom donné par Jésus à Shimon bar Yona (Simon fils de colombe). Shimon est de la même racine que shema : qui est à l’écoute. Son nom hébreu originel était Eben, Pierre, traduit dans un second temps en araméen par Kepha.

Marie est Myriam. C’est d’abord le nom de la sœur de Moïse et Aaron, première prophétesse. C’est elle qui prend le tambourin pour chanter le Chirat hayam, le chant de la mer, après la traversée salvifique du peuple d’Israël. Il y a plusieurs sens possibles à ce nom : ainsi, mar évoque le maror, l’amertume, signifiée par les herbes amères dans le seder pascal en souvenir des épreuves endurées. Yam est la mer. C’est le nom de la mère de Jésus, Yeshouah. L’ange Gabriel la salue : « shalom, lekh Myriam ! ».

Paul est Schaoul. Hébreu né d’hébreux, comme il se définit lui-même. Paulus signifie petit. C’est donc Schaoul Ha Katan, son nom originel. Il parcourera de nombreuses régions pour faire l’annonce de la résurrection, en particulier dans les synagogues de la diaspora.

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commentaires

Anwen 27/11/2018 15:58

Isaïe : (Yesha-Yahou) 740 à 710
Isaïe, de la tribu de Juda, vivait dans le IIème siècle qui précéda la captivité de Babylone. Elle éleva la parole pendant que quatre Melek (Rois), Osias, Joathan, Achas et Ezéchias, se disputaient la royauté.
L'idée fondamentale qui règne dans son livre, c'est que l'autorité morale de la femme est méconnue par l'homme
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Jérémie : Jérémie, née vers 650 à Anathoth, près de Jérusalem, était issue d'une famille de Prêtres (ou Prêtresses). Elle vécut avant et pendant la captivité de Babylone et fut témoin des plus tragiques événements.
On la regarde comme un des chefs du Sanhédrin, ce qui prouve que le Sanhédrin, avant la captivité, était encore un conseil de Femmes.
Son livre renferme des fragments historiques qui ont servi à la compilation du Livre des Rois.
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Néhémie : (Néhémya) 444 ou 447
Onze ans après le retour d'Esdras, Néhémie, Juif influent de la cour d'Artaxercès, échanson du roi, obtint la permission de retourner en Judée en qualité de gouverneur.
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Osée : Les grandes Prophétesses sont : Isaïe de Jérusalem, Jérémie et Ezékiel. Puis on cite douze petits prophètes, dont Osée, de la tribu d Issachar, qui vivait du temps d'Isaïe.
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Juda : Pendant 516 ans, c'est-à-dire depuis la mort de Myriam jusqu'à la mort de Salomon (975 ans avant notre ère), le peuple d'Israël ne forma qu'une nation.
Son gouvernement matriarcal avait répandu sur le monde un vif éclat malgré les luttes incessantes qu'il ne cessa jamais de soutenir contre les attaques des hommes.
Au milieu des menaces qui surgissaient à tous moments et des attaques sous lesquelles la puissance féminine devait finir par sombrer, le peuple oubliait le Sépher et la loi morale dont les Sociétés secrètes seules gardaient la tradition ; la nation s'agitait dans des convulsions intestines qui amenèrent la révolte des tribus de Juda et de Benjamin qui se séparèrent du peuple d'Israël. C'est ce qu'on appelle « le schisme de Juda ».
Après le schisme de Juda, on masculinisa l'histoire. Le nom de Juda et ses dérivés furent mis partout. Judaeus signifia de la Judée ; Judaei, les Juifs ; Judex, juge.
Donc on a changé le nom de ceux qui dirigeaient les tribus à cette époque. On a aussi changé leur histoire dans le même esprit.
…[…]…
Myriam : c'est la grande femme dont le nom brille dans l'histoire du peuple d'Israël, comme une resplendissante lumière qui éclaire plus de dix siècles ; c'est elle qui est l'auteur d'un livre de science, le Sépher, qui servira à faire le premier Livre de la Bible, la Genèse, qui en sera la caricature.
C'est la grande prophétesse dont on fera une sœur de Moïse, quand on inventera Moïse pour la cacher, ne pouvant pas la supprimer tout à fait.

…[…]…
David (Daud) : Lorsque Renan, dans le cours qu'il professait au Collège de France, arrivait au verset 12 du chapitre XVI du premier livre de Samuel, où il est dit : « Elle était blonde et belle de visage », il s'arrêtait et, avec son air de paternelle bonhomie, disait au public qui l'écoutait : « Quelle bizarrerie ! tous les adjectifs qui qualifient David sont au féminin. Pourquoi belle ? »
Puis il faisait lui-même à sa question cette étrange réponse : « C'est sans doute parce que la beauté est un attribut féminin... Les Hébreux ne devaient pas employer ce mot au masculin. » (1)
En effet, dans la Bible hébraïque, tous les adjectifs qui qualifient David sont au féminin, et Renan ne s'apercevait pas qu'il s'agissait d'une femme, alors que lui-même, dans son Histoire du Peuple d'Israël, écrivait ceci : « David est un charmeur, prodige de grâce, d'élégance et d'esprit, capable des sentiments les plus délicats ; dès qu'on le connaissait, on s'attachait à lui, son type de figure tranchait sur les visages basanés de ses contribules. Il avait le teint rose, des traits fins et aimables, une parole douce et aisée. De très anciens textes le présentent comme habile cithariste et poète exercé. »
Tels sont les traits caractéristiques de sa féminité qu'on n'a pas pu lui ôter. Son sexe qu'on a voulu cacher se révèle à chaque ligne du livre qui parle d'elle.
…[…]…
Moïse : C'est Philon d'Alexandrie qui, quelques années avant notre ère écrivit la légende de Moïse, telle que nous la connaissons.
Son livre intitulé « De vita Mosis » était un roman sans aucune base historique et dans lequel il avait introduit les mœurs nées du Droit romain.

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