Alors que Zelensky doit rassembler les derniers débris de son armée pour faire face à la pression russe dans le Donbass, les forces de la Fédération de Russie sont de nouveau à l’initiative dans l’oblast de Koursk. Jeudi 12 septembre, Moscou a annoncé avoir repris dix villages de la région. « Au cours d’opérations offensives, les unités du groupement de troupes Nord ont libéré 10 localités en deux jours », a déclaré le ministère russe de la Défense sur Telegram.
« Les Russes ont lancé des actions contre-offensives », a renchéri Volodymyr Zelensky tout en assurant que cette réplique des forces de Moscou « est conforme avec le plan ukrainien [sic…] ». Le président ukrainien en a profité pour dénoncer « le retard » des Occidentaux sur une éventuelle levée des restrictions sur l’utilisation de leurs armes afin de frapper en profondeur la Russie, au lendemain des négociations à ce sujet avec de hauts responsables américain et britannique. « Nous devons être francs: le retard dans le processus d’utilisation des armes dont vous parlez (…) contre des cibles militaires sur le territoire de la Fédération de Russie (…) conduit à ce que la Russie déplace ces cibles militaires plus en profondeur » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
L’OTAN de son côté, sonne le tocsin. En visite en Pologne, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a rencontré jeudi les principaux dirigeants des pays voisins de l’Ukraine. Une visite qui avait pour but de s’assurer de la coordination des efforts avec la Pologne – il serait temps… – principal point d’entrée logistique pour le soutien militaire occidental à l’Ukraine.
Pour les alliés, les carottes sont apparemment cuites. A moins d’un engagement des forces otaniennes au sol – hors de propos malgré les mouvements de menton de Macron il y a quelques mois – on ne voit pas comment l’armée ukrainienne, exsangue, pourrait résister au rouleau compresseur russe sur un double front, Donbass, Koursk.
La parenthèse de Koursk est en train d’apparaître pour ce qu’elle est : un bluff monstrueux qui aura coûté plusieurs dizaines de milliers d’hommes à une armée ukrainienne déjà à l’os.
Ces revers militaires expliquent sans doute le départ de nombreux ministres du gouvernement :
Dont celui du très populaire ministre des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, qui se verrait un destin post-Zelensky. Le retour de la paix – même avec un territoire amputé du Donbass et de la Crimée – peuplés de russophones et de russophiles – est évidemment une excellente nouvelle pour un pays meurtri par deux ans et demi d’un âpre conflit.
Henri Dubost

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