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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 01:42
Les Iraniens ne regrettent pas Soleimani

Contrairement à ce que montrent les médias occidentaux, l’élimination de Qassem Soleimani est loin de causer du chagrin à la population iranienne dans son ensemble.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit ce texte d’opinion du journaliste Sever Plocker, paru le 8 janvier sur le site de YnetNews.

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Concernant l’Iran : on s’arrête et on respire profondément

Ne croyez surtout pas que Qassem Soleimani était aimé par le peuple iranien, ou que ce dernier n’est pas conscient de la cruauté avec laquelle les Gardiens de la Révolution ont écrasé les protestations populaires. L’Iran est un pays en grande difficulté économique dont le pouvoir ne doit pas être surestimée.

Moins d’une semaine après l’assassinat du général Qassem Soleimani, j’ai l’impression de devoir dire à tout le monde – s’il vous plaît, détendez-vous, respirez.

Contrairement aux prévisions, les marchés boursiers ne se sont pas effondrés, en fait, ils ont à peine évolué en dehors des fluctuations normales. Les prix du pétrole n’ont pas atteint un sommet, ils ont augmenté de 2,8 $ le baril – encore une fois, c’est une fluctuation parfaitement normale.

Mais surtout, sur une population de 81 millions d’habitants, seule une fraction des Iraniens a pris la peine de montrer publiquement sa profonde tristesse à la mort de Soleimani, qui selon les présentateurs télé était le « dirigeant vénéré que tout l’Iran pleure ».

Tandis que le cortège funèbre du défunt quittait Bagdad pour Téhéran, il ne comptait que quelques centaines de milliers de membres d’organisations pro-iraniennes.

Le fait que les médias occidentaux n’aient pas pu interviewer quiconque se réjouissait de la mort de Soleimani, un homme cruel qui avait sur les mains le sang de milliers d’Iraniens et de centaines de milliers de Syriens, reflète l’incompétence de ces médias plutôt que d’être indicatif de l’opinion publique.

La population iranienne a souffert sous le régime des ayatollahs. À part en 2015, date de la signature de l’accord nucléaire, l’Iran est entré dans une spirale économique descendante. Au cours des deux dernières années, son PIB a baissé d’au moins 10 %.

À la fin de 2019, l’économie iranienne était inférieure de 100 millions de dollars à ce qu’elle aurait pu être si les sanctions américaines n’avaient pas été en vigueur.

L’inflation a dépassé 40 % par an et le marché noir atteint maintenant des proportions monstrueuses.

Les exportations de pétrole et de gaz se sont effondrées, et toute reconstruction des champs pétrolifères a cessé.

Le chômage a atteint 15 %, et le nombre de jeunes chômeurs iraniens est deux fois plus élevé ; malgré cela, beaucoup quittent leur emploi et trouvent des revenus dans des postes à temps partiel sans papiers et avec des salaires non déclarés.

Contrairement à la ruine financière des Iraniens normaux, la classe dirigeante des chefs religieux et militaires a accumulé une immense richesse.

Le Corps des Gardiens de la Révolution est plus qu’une organisation militaire. C’est un conglomérat qui possède des avoirs dans la plupart des secteurs de l’économie iranienne et qui est responsable d’une grande partie de la corruption.

Les membres des Gardiens sont détestés par l’Iranien moyen, qui les considère comme les gardiens d’un régime oppressif.

Il serait faux de croire que les Iraniens instruits ne sont pas conscients du rôle meurtrier joué par Soleimani et ses hommes dans le massacre des rebelles syriens, ni de la cruauté avec laquelle les protestations populaires iraniennes ont été récemment écrasées.

Les Iraniens sont bien conscients de ces faits, et c’est pourquoi si peu de gens ordinaires – qui ne sont pas des employés du gouvernement ou des responsables du parti – étaient en fait dans les rues pour pleurer le commandant mort.

Certains commentateurs américains ont qualifié l’Iranien tué de « génie militaire », ce qui est loin de refléter fidèlement les nombreux échecs de ses militaires en Syrie.

En dépit du meurtre brutal de civils, ce ne sont pas les milices des Gardiens de la Révolution qui peuvent être créditées de la victoire d’Assad. Ce sont les bombardements massifs effectués par les Russes qui ont consolidé la victoire du régime syrien.

Le règne des ayatollahs en Iran ne doit pas être sous-estimé, mais il ne doit pas non plus être perçu comme étant plus que ce qu’il est.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

 

Source :

https://www.ynetnews.com/article/S1n1bTexL

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