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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 10:43
L’Otan va bien, mais le ver dans le fruit, c’est la Turquie

 

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Depuis que Donald Trump a décidé de sortir de l’Accord sur le climat et de l’Accord sur le nucléaire iranien, Macron, qui n’a jamais encaissé cette humiliation, ne cesse de harceler le Président américain, faisant tout pour le faire passer pour  le bad boy du monde occidental.

https://ripostelaique.com/trump-consacre-vingt-fois-plus-a-la-defense-de-son-pays-que-macron.html

Croyant peser sur l’échiquier international, notre Président n’a toujours pas compris qu’il est totalement isolé et qu’il ne fait que s’exposer aux représailles de l’hôte de la Maison-Blanche.

Je ne vois vraiment pas en quoi l’Otan serait en « état de mort cérébrale » et je vois encore moins l’intérêt pour la France de taxer seule les Gafa. Ce cavalier seul, dont Macron est coutumier pour focaliser les projecteurs sur sa personne, risque de nous coûter cher et de pénaliser certaines filières économiques.

Vu du côté américain, c’est de la provocation. Il ne faut donc pas s’étonner que Trump ait jugé les déclarations de Macron « très insultantes et très, très méchantes vis-vis-des 28 autres pays de l’Alliance ». Des attaques « émanant d’un pays qui ne va pas du tout économiquement ». La claque est sévère.

Le sommet de l’Otan à Londres, qui marque les 70 ans de l’organisation née en 1949, pour contrer la menace soviétique, étale au grand jour les divisions entre Trump et Macron d’une part, et entre les 29 partenaires d’autre part. La photo ci-dessus illustre à merveille l’ambiance chaleureuse de ce sommet…

Quand Macron juge à tort que l’Otan est en état de mort cérébrale, Trump juge au contraire que c’est « un rempart pour la paix internationale », ce qui est une évidence que seul Macron ne perçoit pas.

Non seulement l’Otan a sauvé l’Europe occidentale de l’ogre soviétique, mais elle a permis à l’Occident de gagner la guerre froide après quarante années de course aux armements et de crises multiples, sur fond de déflagration nucléaire potentielle. Sans l’Otan, la France serait aujourd’hui un satellite soviétique.

Et c’est bien pour cette raison que les pays de l’Est, qui ont l’expérience du paradis soviétique, tournent le dos à Macron et  restent des inconditionnels de l’Alliance atlantique, tout comme l’Allemagne d’ailleurs, qui n’a jamais cru à une Europe de la défense.

Il est quand même paradoxal que Macron veuille faire la loi au sein de l’Otan, remettant en cause sa stratégie, alors qu’il ne respecte pas le premier critère d’efficacité de cette Alliance, qui est de porter le budget Défense à 2 % du PIB. Ce sont les États-Unis qui supportent seuls l’essentiel du fardeau, avec un budget militaire égal à 20 fois celui de la France !

Quand on refuse de payer, on se tait. Macron sera en mesure de demander des éclaircissements quand il portera le budget des armées à 50 milliards. On en est loin. Il préfère augmenter les dépenses sociales qui représentent  20 fois le budget  militaire.

Trump n’a pas tort. Pourquoi l’Amérique devrait-elle assumer la défense d’une Europe qui fait passer le social avant sa propre sécurité ?

Certes, on peut reprocher au Président américain d’avoir annoncé brutalement le retrait de ses soldats de Syrie, sans consulter ses alliés et en laissant la voie libre à Erdogan pour attaquer les Kurdes de Syrie, nos alliés contre Daech. Mais cela ne remet nullement en cause le fonctionnement de l’Alliance et notamment  le principe de défense collective en cas d’agression d’un de ses membres. L’Otan ne va pas en mourir.

Le vrai problème est celui de la Turquie, membre de l’Alliance pratiquant le double jeu. Et sur ce volet, Macron a raison.

Membre de l’Otan depuis 1952, la Turquie a rejoint la coalition internationale contre l’État islamique en 2014, mais tout en laissant transiter sur son sol les candidats au jihad venus d’Europe. Soupçonnée d’armer les combattants de Daech, la Turquie a toujours nié, affirmant qu’il s’agissait d’aide humanitaire.

Mais le vrai combat mené par Ankara, c’est celui contre les Kurdes, qu’ils soient du PKK turc ou des unités syriennes de l’YPG. La hantise d’Erdogan, serait une partition de la Turquie, consécutive à la naissance d’un grand Kurdistan réunissant  les Kurdes de Syrie et de Turquie. Et le fait est que la Turquie n’a jamais bombardé les combattants de l’EI, mais seulement les Kurdes…

Le second double jeu que pratique Erdogan concerne l’Otan.

Quand un F-16 turc a abattu un Sukhoi-24 russe en novembre 2015, au motif de défendre l’espace aérien turc contre une incursion russe, Erdogan, craignant une riposte de Poutine, s’est empressé d’appeler Obama pour demander le soutien de l’Otan, en vertu de l’article 5 du traité, qui prévoit une défense collective au profit de tout allié menacé.

Et aujourd’hui, les relations russo-turques s’étant bien réchauffées, Erdogan ne trouve rien de mieux que d’acheter des missiles S-400 russes pour sa défense aérienne.

En représailles, Washington écarte Ankara du programme F-35, le chasseur de dernière génération de Lockheed Martin, convoité par l’armée turque.

Il est clair qu’Erdogan ne conçoit l’Otan que comme un soutien à sens unique, une protection des alliés à son seul profit.

Et pour faire bonne mesure, Erdogan menace d’opposer son veto au plan de défense des pays baltes et de la Pologne, actuellement à l’étude, si l’Otan refuse de classer les unités YPG et le PYD comme groupes terroristes.

Un chantage insupportable de la part d’un membre de l’Alliance qui ne respecte pas ses alliés, mais auquel le secrétaire général Jens Stoltenberg pourrait bien céder.

Il vient en effet de déclarer que cette option était à l’étude, ce qui serait une aberration, une seconde trahison envers nos alliés kurdes. À suivre…

La Turquie, pays peu fiable et contre-modèle de démocratie, qui vient de trahir les Occidentaux en attaquant les Kurdes de Syrie qui sont nos alliés dans la guerre contre Daech, est un cheval de Troie dans l’Alliance atlantique.

Ce pays  n’a donc rien à faire dans l’Europe, que Erdogan  qualifie de « Club chrétien », pas plus que dans l’Otan, dont  le sultan d’Ankara ne partage ni les règles, ni l’éthique.

Jacques Guillemain

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