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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 11:09

La « francité » disparaît et est remplacée par une sorte de balkanisation des enclaves qui ne communiquent pas les unes avec les autres…. ce n’est pas une bonne recette.

– Les élites françaises, avec leurs revenus disponibles et leurs loisirs culturels, s’enfermant dans leurs enclaves, ont moins de chances de comprendre l’impact quotidien de l’échec de l’immigration massive et du multiculturalisme.

– Les classes supérieures mondialisées, « bobos [bourgeois-bohèmes] » remplissent les « nouvelles citadelles » – comme du temps de la France médiévale – et votent en masse pour Macron. Elles ont développé « une façon unique de parler et de penser…. qui permet aux classes dominantes de se substituer à la réalité d’une nation soumise à un stress sévère et de mettre à rude épreuve la fable d’une société aimable et accueillante« . – Christophe Guilluy, Twilight of the Elites, Yale University Press, 2019.

« Quant à la France en 2019, on ne peut plus nier qu’une transformation capitale et hasardeuse, un ‘Grand Changement’, est en cours de réalisation », a observé le fondateur et président de l’Institut Jean-Jacques Rousseau, Michel Gurfinkiel. Il pleure « le décès de la France en tant que pays distinct, ou du moins en tant que nation judéo-chrétienne occidentale qu’elle était jusqu’à présent considérée comme telle ». Un article paru récemment en couverture de l’hebdomadaire Le Point l’appelait « Le grand bouleversement« .

Changement ou bouleversement, les jours de la France telle que nous la connaissions sont comptés : la société a perdu son centre de gravité culturel : l’ancien mode de vie s’estompe et est en voie de « disparition ». La « francité » disparaît et est remplacée par une sorte de balkanisation des enclaves qui ne communiquent pas les unes avec les autres. Pour le pays le plus touché par le fondamentalisme islamique et le terrorisme, ce n’est pas une bonne recette.

Le Grand changement de la France devient également géographique. La France apparaît aujourd’hui divisée entre « ghettos pour les riches » et « ghettos pour les pauvres », selon une analyse de la carte électorale par le plus grand journal français, Le Monde. « Dans le secteur le plus pauvre, 6 ménages nouvellement installés sur 10 ont une personne née à l’étranger », note Le Monde. Une sorte d’abîme sépare aujourd’hui la France périphérique – petites villes, banlieues et zones rurales – de la métropole mondialisée des « bourgeois-bohème », ou « bobos ». Plus les élites françaises, avec leurs revenus disponibles et leurs loisirs culturels, se cloîtrent dans leurs enclaves, moins elles ont de chances de comprendre l’impact quotidien de l’échec de l’immigration massive et du multiculturalisme.

Un récent sondage européen a reflété ces « deux Frances qui ne se croisent pas ou ne se parlent pas », a observé Sylvain Crepon de l’Université de Tours, en analysant le succès du Rassemblement National de Marine Le Pen lors des récentes élections au Parlement Européen. Le Pen et le président Emmanuel Macron, les deux lauréats de l’élection, parlent à des groupes sociologiques complètement différents. En banlieue parisienne – Aulnay-sous-Bois, Sevran, Villepinte et Seine-Saint-Denis – le Rassemblement national d’extrême droite connaît un boom. Dans les villes, Le Pen est largement en arrière : elle est cinquième à Paris, troisième à Lille, quatrième à Lyon. Selon Crepon :

« Ces villes seront protégées du vote du Rassemblement national par leur structuration sociologique. Il fait honneur au discours populiste qui diagnostique une élite déconnectée. Ce [point de vue] soutient l’idée d’une rupture sociologique, ce qui n’est pas complètement faux ».

D’un côté de cette rupture se trouvent des villes comme Dreux, que Valeurs Actuelles qualifie « de ville qui préfigure la France de demain » :

« D’un côté une cité royale, vestige d’une histoire plus que millénaire, de l’autre des cités gangrenées par les trafics et l’islam. Les bourgeois du centre-ville qui votent pour Macron, les “petits Blancs” déclassés qui ne jurent que par Le Pen. »

De l’autre côté, c’est Paris. « Toutes les métropoles du monde connaissent le même sort. C’est là que la richesse circule et que l’alliance entre les ‘gagnants de la mondialisation’ et leurs ‘serviteurs’, des immigrants venus servir les nouveaux maîtres du monde, garder leurs enfants, apporter leurs pizzas ou travailler dans leurs restaurants », a écrit l’éminent commentateur social Eric Zemmour dans Le Figaro. « Désormais », écrit-il, « Paris est une ville globale, pas vraiment une ville française ».

Les classes supérieures mondialisées, « bobos », selon l’un des auteurs les plus respectés de France. Christophe Guilluy, remplissent les « nouvelles citadelles » — comme dans la France médiévale — et votent en masse pour Macron. Ils ont développé « une façon unique de parler et de penser…. qui permet aux classes dominantes de se substituer à la réalité d’une nation soumise à un stress sévère et de mettre à mal la fable d’une société aimable et accueillante ». Guilluy a été critiqué par certains médias français pour avoir abordé cette réalité.

Le récent mouvement des « gilets jaunes » – dont les manifestants protestent tous les samedis à Paris, depuis des mois, contre les réformes du président Macron – est un symbole de cette division entre la classe ouvrière et les progressistes gentrifiés.

Giulio Meotti : Le suicide de la France

Selon Guilluy, c’est un « choc social et culturel« . Ce choc, selon le philosophe français Alain Finkielkraut, consiste en la « laideur de la France périphérique et ses effets sur la vie concrète, la tristesse de ces classes populaires qui ont perdu non seulement un niveau de vie mais aussi un référent culturel ». En France, le sentiment de « dépossession«  est aujourd’hui omniprésent.

Le parti de Marine Le Pen a remporté plus de deux fois plus d’élections que celui de Macron. Le Pen a gagné dans les régions déprimées et désindustrialisées du nord, du centre-sud et de l’est de la France qui ont donné naissance aux gilets jaunes.

« Depuis mon arrivée en France en 2002, j’ai vu le pays accomplir une révolution culturelle », a récemment écrit Simon Kuper dans le Financial Times.

« Le catholicisme a presque disparu (seuls 6 % des Français assistent habituellement à la messe), mais pas autant que son rival de longue date, le communisme. La population non-blanche n’a cessé de croître ».

Macron, explique Kuper, est le symbole d’une « nouvelle société individualisée, mondialisée, dépourvue de religions ».

La disparition du catholicisme en France est tellement évidente qu’un nouveau livre, L’archipel français : Naissance d’une nation multiple et divisée, de Jérôme Fourquet, a décrit l’échec culturel de la société française en tant « qu’ère post-chrétienne«  : Le déplacement de la société française de sa matrice catholique est devenu presque total. Le pays, selon Fourquet, est en train de mettre en œuvre sa propre déchristianisation. Et il n’y a qu’un seul substitut à l’horizon. Il y a déjà aujourd’hui, selon une nouvelle étude académique, autant de musulmans que de catholiques parmi les 18-29 ans en France, et les musulmans représentent 13% de la population des grandes villes françaises, soit plus du double de la moyenne nationale.

Parfois, les sentiments musulmans de solidarité communautaire semblent avoir profité de cette fragmentation pour créer leurs propres « ghettos soumis à la charia« . Un rapport de l’Institut Montaigne, « L’usine islamiste« , a détaillé la radicalisation de la société musulmane française. Au lieu de l’intégration, de l’assimilation et de l’européanisation, les extrémistes musulmans en France poursuivent le multiculturalisme, la séparation et la partition. Les enclaves d’immigrés à la périphérie des villes françaises, pose Gilles Kepel dans son livre La Fracture, fomente « une rupture des valeurs avec la société française, et une volonté de la subvertir ». « Les gens ne veulent pas vivre ensemble », a déclaré l’ancien ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans des commentaires rapportés par Valeurs Actuelles.

Cette « fracture » a été relevée à nouveau dans la même publication : « Quatre garçons sur dix en Seine-Saint-Denis ont des prénoms arabo-musulmans ». Le sondeur Jérôme Fourquet a révélé dans une nouvelle étude que « 18% des nouveau-nés en France ont un nom arabo-musulman ».

Le « Grand bouleversement » de la France est en cours de réalisation. Comme l’a récemment écrit le philosophe Alain Finkielkraut : « L’incendie de Notre-Dame n’est ni un attentat ni un accident, mais une tentative de suicide. »

Source: The Gatestone Institute, le 24 juin 2019Traduction par Nouvelordremondial.cc

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