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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 10:29
L’ultimatum d’Abbas à Trump : une Jérusalem palestinienne ou la guerre

Le Palestinien Mahmoud Abbas a riposté après avoir compris qu’il était confronté à un plan de paix américain ordonné et soutenu par les Arabes, qui ruine toute sa stratégie.

Abbas réalise à présent qu’il est acculé par son ennemi juré : Trump –  la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, n’était pas seulement un caprice unique, mais une composante de « l’accord du siècle », que le président américain et ses conseillers avaient conçu au cours de ces derniers mois, en connivence avec le président égyptien Abdel-Fatteh El-Sisi, le prince héritier saoudien Muhammed bin Salman et le dirigeant des EAU, le cheikh Muhammed Bin Ziyad.

La première difficulté du leader palestinien était de savoir comment expliquer au public palestinien et arabe ce qui est arrivé à sa stratégie maîtresse des 25 dernières années, employant l’opinion mondiale pour contraindre Israël à ingurgiter une solution de paix pro-palestinienne. Il n’y a pas si longtemps, Abbas se vantait d’être sur le point de le réaliser. À l’heure actuelle, il s’affale devant leurs yeux. Il ne suffit pas de hurler que «l’affaire du siècle» est la «gifle du siècle».

Par ci par là, il pourrait trouver des piliers internationaux pro-palestiniens, mais les portes se ferment lorsque les fonds des Nations Unies et des ONG se tarissent. Même les Européens, qui n’aiment pas Trump et sympathisent avec les Palestiniens, commencent à réfléchir deux fois avant d’adopter une ligne directe contre les États-Unis et Israël. Ils sont réticents à se débarrasser des partenaires des deux alliés, les dirigeants saoudiens et émirats riches en pétrole, un luxe qu’ils peuvent difficilement se permettre en ces temps de profond déclin économique.

Une grande partie de la critique du plan de paix américano-arabe est motivée par une mauvaise compréhension. Le plan est fortement basé sur une solution à deux États qui offre aux Palestiniens leur propre état et nie l’État binational israélo-palestinien. Mais les frontières diffèrent de toute proposition de paix antérieure. Les lignes de guerre d’avant 1967, qui étaient la condition sine qua non d’Abbas, ont définitivement disparues. Selon quelques fragments divulgués au sujet de la nouvelle proposition, qui est toujours sur le banc de travail, cet État palestinien se créera sur un territoire actuellement gouverné par l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie. Sa colonne vertébrale serait formée par la chaîne des villes palestiniennes allant de Naplouse au nord à travers Ramallah et Bethléem et jusqu’à Hébron au sud. Cette chaîne rejoindrait la bande de Gaza et acquerrait des parties du nord du Sinaï, vraisemblablement Rafah et El Arish.

Selon ce plan, le gouvernement et la population du nouvel État palestinien seraient orientés principalement vers le sud, de sorte que Jérusalem ne serait pas pertinente comme capitale. Il y aurait encore Ramallah et peut-être Abu Dis, à l’extérieur de Jérusalem, où le gouvernement et les enceintes parlementaires ont été installés il y a longtemps, après l’une de plusieurs initiatives de paix mort-née.

Ce plan pour un État palestinien n’a rien à voir avec l’objectif de la lutte palestinienne vieille de 50 ans. Le mouvement national palestinien a toujours aspiré à un état qui engloutirait Israël et éteindrait la vision sioniste. Cependant, l’État palestinien contemporain envisagé dans le nouveau plan dépendra de sa force et de sa survie de l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, qui maintiennent une bonne sécurité et des liens économiques avec Israël.

Pour Mahmoud Abbas, cette perspective est anathème. Il est tellement hors de lui qu’il a maudit dimanche la maison du président américain Donald Trump devant le comité central de l’OLP. Mais, lundi 16 janvier, Trump a sorti son arme ultime et a réduit l’aide à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, la faisant passer de 165 à 60 millions de dollars.

Pendant de nombreuses années, l’UNWRA a été un puissant sponsor politique de tout groupe palestinien désireux de rejoindre la « lutte » contre Israël. Son personnel était au même niveau que les fonds versés par les membres de l’ONU, contrairement à l’Autorité palestinienne, souvent à court d’argent, à Ramallah. Trump a donc décidé que la clé pour mettre sur pied le plan de paix américano-arabe serait de couper le flux d’argent à ses adversaires. C’est un fait peu connu où il a été rejoint dans cette entreprise par les Saoudiens, les Émiratis et même le Qatar, qui ont tous commencé il y a quelques semaines à débloquer des fonds d’aide à l’Autorité palestinienne. L’Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas se sont donc retrouvés coincés dans un blocus américano-arabe qui laisse trois options à Abbas :

  1. Réaliser que leur dos est au mur et qu’ils n’ont d’autre choix que d’accepter « l’affaire du siècle ».
  2. Face au fait d’être évincé par le reste de la direction palestinienne et remplacé par un successeur qui est prêt à parvenir à une entente avec l’administration Trump, Le Caire, Riyad et Abu Dhabi.
  3. Régresser de la doctrine de la lutte armée de Yasser Arafat – pas seulement contre Israël mais aussi contre des cibles américaines. Abbas a indiqué qu’il était sur le chemin de la guerre quand il a défié le président Trump dans un discours féroce qu’il a prononcé au Caire mercredi 17 janvier. Il a hurlé, « Jérusalem ne serait une porte de paix que si elle était la capitale de la Palestine. Mais c’est aussi une porte pour la guerre, l’insécurité et l’instabilité. Trump doit choisir ».

Son ultimatum contre le président américain était accompagné d’une rumeur selon laquelle ses acolytes ont commencé à faire circuler une accusation contre  l’administration de Trump de comploter pour renverser Abbas comme président de l’AP. Le leader palestinien se retrouve ligoté par deux handicaps : le manque de fonds pour acheter des adeptes et son âge avancé. À 82 ans, il peut choisir une quatrième option, se retirer volontairement et laisser la place à un chef plus jeune.

Thérèse Zrihen-Dvir

https://theresedvir.com/fr/

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

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