Presque une semaine après que 14 nations, dont quatre membres permanents des Nations Unies, ont voté en faveur d’une résolution demandant à Israël de cesser ses activités d’implantation dans les territoires réclamés par les Palestiniens pour y construire un futur état, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que la question palestinienne était relativement « marginale ».

 

Prenant la parole lors d’une cérémonie de remise des diplômes pour des pilotes des Forces aériennes militaires sur la base Hatzerim vingt-quatre heures après que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ait averti que l’entreprise d’implantation israélienne ruinait toute chance de paix, Netanyahu a expliqué que “avec tout le respect que je dois à ceux qui parlent du coeur du conflit au Moyen Orient”, la plus grande et la plus authentique catastrophe reste “l’étendue de la destruction des états et des villes [voisines], le massacre en masse d’innocents, le flot sans fin de réfugiés qui afflue vers les autres continents” – une référence à la guerre civile qui fait rage en Syrie – et non “notre conflit avec les Palestiniens, qui reste un problème relativement marginal”.

La vraie question, a affirmé Netanyahu, est “l’effondrement de nations entières, d’états entiers dans la guerre civile et les guerres menées par l’Islam radical pour l’avenir du monde arabe et musulman”.

“En seulement quelques mois en Syrie, au Yémen et dans le Sud-Soudan, plus de gens ont été tués qu’en cent ans de conflit avec les Palestiniens… [Et ces meurtres] n’ont rien à voir avec nous”, a-t-il dit, ajoutant que “nos coeurs sont aux côtés des civils innocents qui souffrent des maux de la guerre”.

Sans l’Etat d’Israël, a estimé Netanyahu, les développements survenus dans le monde arabe au cours des dernières années – révolutions, coups d’état et violences – se seraient déversés sur cette terre” aussi, et les Palestiniens auraient été touchés.

“Israël n’est pas une source d’instabilité dans la région”, a dit le Premier ministre. “Israël est un amarrage pour la stabilité et la sécurité dans la région. C’est une force qui empêche une avalanche supplémentaire, et un grand nombre de personnes dans le monde – et bien sûr aussi aux Etats Unis – comprennent cela ».

Dans le même discours, Netanyahu a également baissé d’un ton face aux Etats Unis, rappelant la relation “forte” entre l’état juif et les Etats Unis malgré leurs différences d’opinion.

Cette déclaration survient après une semaine d’emportement quotidien contre l’administration Obama dans le sillage de l’abstention du géant américain lors du vote d’une résolution anti-implantations au Conseil de Sécurité de l’ONU vendredi dernier.

Le Secrétaire d'Etat John Kerry donne un discours consacré à la paix au Moyen Orient au Département d'Etat, à Washington, le 28 décembre 2016. (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)

Le Secrétaire d’Etat John Kerry donne un discours consacré à la paix au Moyen Orient au Département d’Etat, à Washington, le 28 décembre 2016. (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)

“Je suis reconnaissant envers le peuple américain, envers le Congrès et envers le Gouvernement pour l’aide à la défense accordée à Israël, dont les deux F-35 que nous avons reçus”, a-t-il expliqué.

“L’alliance entre nos pays est forte même lorsqu’il y a des désaccords entre nous. Je suis impatient de travailler avec la nouvelle administration pour renforcer encore davantage la sécurité de nos deux nations », a-t-il ajouté.

Les commentaires de Netanyahu surviennent également au lendemain de sa dénonciation d’un discours de John Kerry qu’il avait qualifié de ‘partial” sur le processus de paix au Moyen Orient, dans lequel le Secrétaire américain posait les principes d’une solution à deux états à apporter au conflit israélo-palestinien.