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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 11:56
Comprendre la destitution de Dilma Rousseff au Brésil en trois minutes

La présidente a été jugée en partie responsable du scandale Petrobras. Elle n'est pas suspectée de corruption, mais pour l'opinion, elle ne pouvait pas ignorer cette affaire

Ancienne guerrillera durant la dictature militaire, Dilma Rousseff représente le parti des travailleurs. Protégée de Lula, elle lui a succédé en 2011, puis a été réélue de justesse en 2015. Voici comment elle a été écartée du pouvoir en quatre chapitres.


Le mécontentement

Deux facteurs concentrent la morgue des Brésiliens:

  • La crise économique

Le Brésil est entré en récession en 2014 et le PIB a reculé de 3,8% en 2015. Les Brésiliens ont perdu du pouvoir d’achat. Pour tenter de relancer l'investissement, Dilma Rousseff a accordé de gros avantages aux entreprises telles que des exonérations fiscales. Elle a aussi accordé une baisse des tarifs de l'électricité. Ces mesures n'ont pas réussi à relancer l'économie mais ont creusé le déficit. 

  • Le scandale Petrobras

En mars 2014, une enquête nommée «Lava Jato» (lavage express) révèle un scandale de corruption de grande ampleur lié au groupe pétrolier public Petrobras et aux géants brésiliens du BTP (bâtiment et travaux publics). Ces derniers auraient formé un cartel pour se partager les principaux marchés publics et les surfacturer. Des pots de vin auraient été versés aux différents partis politiques et auraient servi entre autres à financer des campagnes électorales.

La présidente n’a pas été citée parmi les principaux coupables par le procureur général de la République et n’aurait pas bénéficié directement de cet argent. Mais elle a été ministre de l’Energie et présidente du conseil d’administration de Petrobras, et les Brésiliens jugent qu’elle ne pouvait pas ne pas savoir. Ils la jugent donc responsable, même si elle n’est pas directement coupable.

Le prétexte

En décembre 2015, le président de la chambre des députés, Eduardo Cunha lance une procédure de destitution contre Dilma Rousseff, son ancienne alliée. Il l’accuse de pédalage budgétaire, une pratique courante destinée à masquer la mauvaise santé des comptes de l’Etat avant les élections en faisant des emprunts. Eduardo Cunha aurait voulu se venger car le parti de Dilma Roussef avait refusé de le soutenir quand il fut accusé de corruption et de blanchiment dans le scandale Petrobras.

La maladresse

L'affaire Petrobras scandalise les Brésiliens qui descendent dans la rue demander le départ de Dilma Rousseff. L’enquête se rapproche de Lula, l'ex président et mentor de la présidente, soupçonné d’avoir touché des cadeaux des entreprises de travaux publics. Son domicile est perquisitionné et il est interrogé par la police.

Dilma Rousseff l’invite alors à rejoindre le gouvernement. Officiellement, pour qu'il l’aide à sortir le pays de la crise, mais cela lui permet en réalité d’échapper à d’éventuelles poursuites. Cette décision maladroite provoque de nouvelles manifestations.

Le coup de grâce

En mars de cette année, les députés du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), le principal allié de Dilma Rousseff au gouvernement, démissionnent pour sauvegarder leur réputation.

La présidente est devenue extrêmement impopulaire. Le 17 avril, plus des deux tiers des députés de la chambre basse votent sa destitution. Le Sénat a ouvert depuis le procès de Dilma Rousseff, en raison de ses manœuvres de pédalage budgétaire.

C’est le vice-président et président du PMDB , Michel Temer, qui a pris le pouvoir. Lui est cité directement dans le scandale Petrobras ainsi qu’une partie de ses ministres.


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