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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 22:42
La sexualité comme médecine

Sous les Tang, l’art de la chambre à coucher fut définitivement classé comme une branche de la science médicale. Comme on l’a dit en introduction de cette recherche, il semble évident que les chinois, appréhendant l’Homme à travers les trois foyers, aient cherché à tous les « nourrir » et les soigner de la meilleure façon. Ainsi la discipline sexuelle fait partie de la médecine traditionnelle chinoise au même titre que le Qìgōng (action par le foyer supérieur via le Souffle) et la pharmacopée (action par le foyer moyen par l’ingestion de différentes substances).

On a largement développé ses fonctions générales de conservation du Jing et de Yuán Qì, et la technique de nourrir le cerveau, mais il faut savoir que cette médecine peut se montrer aussi très spécifique dans ses indications.

See-ma Xiang-jou écrit par exemple dans Mei ren fu « Histoire d’une femme très belle » : « elle se dévêtit de sa robe de dessus, et ôta son vêtement de dessous, révélant son corps tout blanc, à la fine ossature et à la tendre chair. Quand ensuite nous nous fîmes l’amour l’un à l’autre, son corps était doux et moite comme un onguent. Après quoi, le sang dans mes veines se trouva calmé, et mon cœur assagi dans mon sein ». On trouve alors un effet bienfaisant de l’acte sexuel comme régulateur de la circulation sanguine et détente du système nerveux. Mais les prescriptions vont beaucoup plus loin dans les manuels du sexe, puisque ils décrivent des positions à pratiquer plusieurs fois par jour pour soigner des maux particulier.

Dans le Tong-hsuantze, « L’ars amatoria de maitre Tong-hsuan » il est écrit en section IX : « Le Maître Tong-hsuan a dit : une investigation attentive a montré qu’il existe trente positions principales pour consommer l’union sexuelle. » Nous ne ferons pas de liste exhaustive ici, et invitons le lecteur à se reporter au Sù Nǚ Jīng ainsi qu’aux livres de Mantak Chia.

Voici quelques exemples de bénéfices décrits dans le Yu-fang-pi-kiue en fonction des positions pratiquées :

– concentrer la semence de l’homme et guérir les saignements de la femme – reposer l’esprit et guérir les refroidissements du vagin – faire du bien aux organes internes – fortifier les os et guérir les congestions – harmoniser la circulation du sang.

– Accroître le sang et guérir les irrégularités menstruelles – Augmenter la moelle, et les humeurs – Régler l’organisme physique. Il existe aussi une thérapeutique souvent évoquée qui consiste en trois zones dont découlent des fluides bénéfiques pour celui qui les absorbe. Il s’agit de la Grande Médecine des Trois Pics :

– le plus élevé, le Pic Rouge, concerne la médecine de la Fontaine de Jade, elle tire sa source des deux cavités situées sous la langue de la femme, elle est de couleur grise. Il faut que l’homme l’avale afin qu’elle humecte ses cinq organes et produise du sang nouveau.

– Le pic médian s’appelle Pic du Double Lotus, et sa médecine Pêche d’Immortalité, elle tire sa source des deux seins de la femme.

Elle est de couleur blanche, de goût sucré et plaisant. Si l’homme la suce et la boit, elle nourrira sa rate et son estomac, et aidera la circulation du sang chez la femme. De plus elle augmente toutes les humeurs du corps. « C’est d’une femme qui n’a pas encore porté d’enfant et qui n’a pas encore de lait dans ses seins que l’on tirera le plus grand bienfait ».

– Plus bas, le Pic de l’Agaric Pourpre, ou Grotte du Tigre Blanc, médecine du Plomb Blanc, tire sa source des profondeurs du vagin. « Sa porte est d’ordinaire fermée, mais quand le coït excite la femme à la volupté, lui met le rouge aux pommette et fait expirer sa voix, cette porte s’ouvre et il en découle une abondante sécrétion de liquide ».

L’homme doit « pomper » l’essence de la femme, profitant ainsi à son « Yáng originel » et nourrissant son esprit. On retrouve là une nouvelle fois les trois champs de cinabre, le shàng dāntián « supérieur » avec le recueil de salive, le zhóng dāntián « moyen » au niveau des seins et le xià dāntián « inférieur » au niveau du bas ventre.

Nous avons évoqué jusqu’à présent différentes techniques, différentes approches philosophiques et intellectuelles, mais la sexualité est loin de se limiter à la raison, puisque dans le sens le plus communément admis, elle tient d’avantage de la passion. Qu’en est-il de l’approche émotionnelle de la sexualité ? Quelle place accorder au sentiment amoureux ?

Extrait de Anaïs-Languebien-Sexualité-entre-Tao-et-Chaos-Eros-et-Thanatos

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© 2015, Recherche et transmission par Michel / Arcturius.
Partager en toute liberté en citant la source et Les Chroniques d’Arcturius

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Published by Lazare - dans Santé
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