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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:51
Quand le cardinal Bergoglio défendait Mahomet contre Benoît XVI

24/03/2013 – 15h30
BUENOS AIRES (NOVOPress) – Il y avait d’abord eu la manière dont le cardinal Bergoglio, en qualité d’archevêque de Buenos Aires (ci-dessus), avait torpillé la célébration de la messe traditionnelle dans son diocèse, même après que le motu proprio Summorum Pontificum de 2007 eut reconnu que son interdiction n’avait aucune légitimité.

Il y avait eu ensuite le témoignage de l’évêque anglican d’Argentine, Gregory Venables, sur la réaction du cardinal Bergoglio, quand Benoît XVI avait créé des ordinariats pour accueillir les anciens anglicans revenus au catholicisme : « Il m’a dit très clairement que l’Ordinariat n’était nullement nécessaire et que l’Église avait besoin de nous en tant qu’anglicans ».

Le Daily Telegraph de Londres apporte à présent une nouvelle pièce à verser au dossier de l’attitude prise par le cardinal Bergoglio sous le pontificat de son prédécesseur. Il s’agit de sa prise de position après le discours de Ratisbonne du 12 septembre 2006, dans lequel, on s’en souvient, Benoît XVI, pour illustrer les rapports entre foi et raison, avait cité l’empereur byzantin Manuel II Paléologue : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ». Le grand quotidien londonien rappelle que « réagissant quelques jours après et s’exprimant à travers son porte-parole dans l’édition de Newsweek en espagnol », le cardinal Bergoglio « avait qualifié les propos de Benoît XVI de “malheureux” ».

Plus précisément, l’abbé Guillermo Marcó, « porte-parole du cardinal Jorge Bergoglio », selon son titre usel [son titre officiel était « directeur de la salle de presse de l’archevêché de Buenos Aires », NDLR], avait accusé Benoît XVI d’oublier que « l’islam a et a eu un très grand nombre de bonnes choses, et a apporté un très grand nombre de bonnes choses à l’histoire de l’humanité ». Il avait tranché brutalement : « Ces paroles du Pape ne me représentent pas ». Et, pour mieux critiquer Benoît XVI, il lui avait opposé Jean-Paul II, adepte du dialogue avec le monde musulman : « Si le Pape [Benoît XVI] ne va pas reconnaître les valeurs de l’islam et que les choses en restent ainsi, il me semble qu’il aura détruit en vingt secondes ce qui a été construit en vingt ans ».

L’article du Daily Telegraph, qui comporte plusieurs inexactitudes, se réfère à l’article alors publié dans le quotidien de gauche Página 12 par le journaliste Horacio Verbitsky. Celui-ci écrivait le 15 octobre 2006 : « La dégradation des rapports entre le Vatican et l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, […] a atteint la semaine dernière un niveau presque sans précédents ». « La réaction pontificale à l’attaque de Bergoglio a été foudroyante ». À titre d’avertissement, un proche de Bergoglio, l’évêque de Puerto Iguazú, Joaquín Piña Batlevell, lui aussi jésuite, qui avait décidé de se lancer en politique, fut contraint à la démission immédiate. « La tension est si grande que Bergoglio a annulé son voyage prévu à Rome, où Benoît XVI a convoqué le second synode des évêques de son pontificat » [en réalité, il s’agissait du Conseil post-synodal, NDLR].

Verbitsky est un journaliste militant et controversé, connu par ailleurs comme auteur, en 2005, d’El Silencio, ouvrage qui accuse Jorge Mario Bergoglio, alors provincial des jésuites argentins, de collusion avec la dictature militaire pendant la grande répression de 1976. Contrairement au Daily Telegraph, on ne croira donc pas sur parole toutes ses affirmations. Mais le quotidien indépendant Clarín, le plus grand quotidien d’Argentine, avait lui aussi consacré un article à l’affaire sous le titre : « Le Vatican est furieux contre le porte-parole de Bergoglio ». Citant des sources vaticanes, le correspondant de Clarín affirmait que les déclarations de l’abbé Marcó avaient été considérées comme une attaque « inouïe » contre le pape.

« Comment est-il possible que son porte-parole fasse des déclarations pareilles et que le cardinal Bergoglio ne se sente pas tenu de le désavouer et de le démettre immédiatement de ses fonctions ? », avait déclaré à Clarín un prélat du Vatican. Ce silence de l’archevêque, avait-il conclu, « a affaibli sa position ici ».

On comprend la satisfaction des responsables musulmans argentins à l’annonce que le cardinal Bergoglio devenait le pape François. Interrogé par le Buenos Aires Herald, Sheik Mohsen Ali, directeur de la Maison pour la diffusion de l’islam, a assuré que le cardinal Bergoglio « s’était toujours montré un ami de la communauté musulmane. Il a renforcé nos relations en visitant la mosquée At-Tauhid, à côté de Floresta, et l’école arabo-argentine Ali Ibn Abi Talib ».

Le secrétaire général du Centre islamique de la république d’Argentine (CIRA), Sumer Noufouri, qualifie pour sa part Jorge Mario Bergoglio de personne « respectueuse, pour le dialogue, qui connaît l’Islam ». « Pour illustrer la personnalité du nouveau pape », il raconte cette anecdote. « Lorsque Bergoglio est venu au CIRA pour déjeuner avec le conseil d’administration, il nous a dit que, lorsqu’il avait parlé à Rome de ses relations avec les musulmans et qu’il avait dit qu’il venait au CIRA et que nous lui adressions nos félicitations pour Noël, ils ne pouvaient pas le croire, ils étaient choqués » – et Dieu sait pourtant que, en matière de dialogue islamo-chrétien, le Vatican ne se choque plus facilement… Pour Noufouri, « l’Argentine est un modèle de dialogue et de coexistence qui, Dieu aidant, pourrait être exporté dans le monde entier ».

Le dialogue islamo-chrétien a de beaux jours devant lui…

Flavien Blanchon

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