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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 17:24
Cardinal Walter Kasper, rabbin Zevulun Charlop, tenant le Talmud

Cardinal Walter Kasper, rabbin Zevulun Charlop, tenant le Talmud

Lors d’un symposium catholique-juif à Buenos-Aires en 2004, une déclaration officielle de l’Eglise catholique-romaine a marqué une étape nouvelle et significative dans la lutte globale contre l’antisémitisme. 10 ans déjà !

A l’époque, pratiquement occultée par les médias occidentaux, s’exprimait cependant une clarification importante dans les relations controversées entre Eglise catholique et Peuple juif, surtout vu le contexte international et l’hostilité orchestrée contre Israël depuis des décennies.

Les interlocuteurs en présence étaient d’une part la Commission pontificale pour les Relations avec le Judaïsme, avec le Cardinal Walter Kasper délégué du Pape, et d’autre part le Comité juif international pour le Dialogue interreligieux, sous la Présidence du Congrès Juif Mondial.

Cinquante trois personnalités catholiques et juives provenant de 26 pays ont donc travaillé ensemble à partir de dossiers d’actualité, avec le souci de définir une position claire avec des objectifs communs.

L’antisionisme, prétexte à banaliser la haine envers les Juifs en diabolisant Israël

Il en est ressorti une déclaration finale rejetant explicitement toute forme directe ou indirecte d’antisémitisme, y compris – et cela n’est pas anodin au regard de certains slogans médiatisés –l’antisionisme, prétexte à banaliser la haine envers les Juifs en diabolisant Israël.

Ce qui n’interdit pas toute critique du gouvernement israélien et de sa politique, comme on le ferait pour d’autres états. Mais ce qui était ciblé ici, c’est la mise en cause systématique de la légitimité reconnue à l’Etat hébreu par l’ONU en 1948, ainsi que la présentation partiale des événements du conflit palestino-israélien, propre à certains médias et milieux idéologiques, laïques ou chrétiens.

Pour les organisateurs de ce Forum, dénoncer l’antisionisme comme une variante de l’antisémitisme a véritablement été un moment historique : « L’Eglise catholique reconnaît dans l’antisionisme une agression non seulement contre les Juifs, mais contre le Peuple juif en tant que tel ».

Mais le symposium de Buenos-Aires ne s’est pas limité à des débats conclus par cette déclaration faisant figure de scoop. Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français précisait :

« Nous sommes passés d’un dialogue à une véritable coopération sociale, basée sur l’héritage commun du Mont Sinaï ».

Il est vrai qu’un centre social de secours aux déshérités de Buenos Aires fonctionnait déjà, géré conjointement par Caritas et une Organisation caritative juive. D’autres expériences du même type existent également dans les Territoires sous Autorité palestinienne, en Israël, et au Kosovo.

D’autres projets ont été élaborés pour que Juifs et Chrétiens offrent ensemble, au nom des valeurs bibliques, un service d’aide d’urgence aux plus démunis.

A une prise de position dénonçant l’antisémitisme et l’antisionisme, s’est donc ajouté un engagement commun très concret contre les fléaux de la pauvreté et de la discrimination sociale.

Autre volet connexe de la déclaration : le terrorisme.

Au Proche-Orient, des organisations se sont depuis longtemps spécialisées dans l’attaque de civils, envoyant des kamikazes se faire exploser au nom de l’islam. Le colloque de Buenos Aires l’a rappelé : « Le terrorisme est un péché contre l’Homme et contre Dieu ». Il est clair que le terrorisme est déjà injustifiable par lui-même, mais quand il s’exerce prétendument au nom d’un dieu, il est encore plus répugnant.

Globalement, on peut dire que cette déclaration catholique, selon laquelle l’antisionisme n’est qu’un masque de l’antisémitisme, n’est pas sans évoquer la prise de position de l’ONU en 1991 : l’Assemblée abrogeait alors solennellement un texte onusien de 1975 assimilant (par diverses contorsions idéologiques) le sionisme au racisme. Pour bien relever l’intention véritable de cette position disqualifiante imposée aux Nations Unies par le monde islamique, Koffi Annan avait qualifié cet étrange texte antisioniste de 1975 de « lamentable manifestation d’antisémitisme* ».

Abbé Alain René Arbez

* « antisémitisme » : mot inventé dans les années 1870 par le publiciste allemand antijuif Wilhelm MARR ; « antisémitisme » ne signifie pas hostilité contre les Sémites en général, dont les Arabes font partie. Il s’agit bien ici de la haine envers les seuls Juifs, ciblés dans une acception « ethnique » liée au contexte particulier de l’époque.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pour Dreuz.info.

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