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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 07:11

Votre aura a-t-elle besoin d'être restaurée ? Cherchez-vous le salut par le tantra primal, ou caressez-vous le rêve secret de passer une nuit de pleine lune en compagnie d'un ange ? Alors ne cherchez pas plus loin, la petite ville-oasis de Sedona, Arizona, au coeur du Red Rock Country, est pour vous, avec sesdreamcatchers” qui se balancent aux fenêtres, ses ruelles ombragées, ses jardins qui résonnent de gongs et autres tambourins mystiques, ses effluves d'encens qui parfument les avenues.

Un adepte du New Age à la recherche de l'énergie tellurique, au vortex d'Airport Mesa, à Sedona. | PATRICK BARD

Un adepte du New Age à la recherche de l'énergie tellurique, au vortex d'Airport Mesa, à Sedona. | PATRICK BARD

Rien, semble-t-il, ne prédisposait cette charmante bourgade arizonienne blottie entre les falaises carminées de l'Oak Creek Canyon à devenir un repaire de doux dingues, aussi inoffensifs que nombreux. Jusqu'aux années 1950, l'endroit était essentiellement réputé pour la beauté époustouflante de ses paysages, dont la mémoire collective retenait qu'Hollywood y tourna maintesscènes de westerns dont le célèbrissime Johnny Guitar de Nicholas Ray.

Tout allait changer, pourtant, avec l'arrivée de Max Ernst, pape du surréalisme, qui s'installe à Sedona en 1946, avec sa compagne du moment, l'artiste Dorothea Tanning. Ernst n'a alors face à lui que l'immensité du désert peuplé des fantômes des Indiens, qui ont laissé dans les parages de nombreux pétroglyphes anthropomorphes. Sur une colline, il bâtit de ses mains une maison de bois qu'il habitera jusqu'en 1953, et y déploie son bestiaire insolite. Là, il crée même l'un de ses plus puissants chefs-d'oeuvre, Capricorne, une sculpture géante qu'il dresse, telle un totem, face à la vacuité du paysage.

Ce “chamane-chef de tribu” est aujourd'hui conservé à Beaubourg. Le surréalisme l'imprègne certes encore, mais il est impossible en l'admirant de ne pas songer aux gravures primitives que les Indiens Anasazi ont gravé sur les roches d'Arizona et du Nouveau- Mexique, des siècles auparavant. Fallait-il y voir l'annonce d'un retour aux croyances ancestrales de l'Amérique ? Toujours est-il qu'au tournant des années 1960, routards, hippies et autres mystiques de retour de leur périple à Katmandou s'installent à Sedona, sac au dos, et se réclament de l'artiste. Ils feront souche.

Retour au Sedona du XXIe siècle : à peine entré dans la maison qui abrite l'office de tourisme, un plan de la ville vous est remis, avec le sourire, par une jeune femme à tresses blondes vêtue d'un chemisier à motifs indiens. Sur la carte figurent, en gros et en gras, les emplacements des principaux vortex – entendez spirales d'énergie tellurique – afin qu'à peine arrivé, vous puissiez vous régénérer :Cathedral Rock, Airport Mesa, Bell Rock et Boynton Canyon, le choix est large.

“Le plus puissant, c'est le vortex d'Airport Mesa”, conseille à mi-voix Gregory Drambour, guérisseur chamanique et guide de vortex de son métier. Cet homme-là sait sans doute de quoi il parle. Va pour le vortex de l'aéroport… Là, un barbu en chemise à carreaux psalmodie, les yeux fermés, debout sur une plate-forme rocheuse qui domine le canyon. Afin de garder le contact avec la Terre-mère, il a oté ses Nike, mais conservé ses chaussettes. On ne sait jamais, avec l'énergie tellurique, le choc peut êtreviolent… Il allume un boisseau de copal et disperse la fumée dans l'air limpide du désert à l'aide d'un éventail en plumes d'aigle.

Au-dessus de lui, sur une autre plate-forme, quatre jeunes filles se tiennent par la main, assises en cercle, et zonzonnent comme une ruche affolée, tandis qu'un peu plus bas, un couple est allongé sur le dos, à même la roche, les bras en croix. Il ne vous reste qu'à entrer en contact avec les ondes bienfaitrices, allongé, vous aussi, sur le roc.

Lorsque vous êtes restés assez longtemps dans cette inconfortable position, vous vous relevez, régénérés et courbaturés, et ne pouvez que louer le vortex de l'aéroport. Il convient à présent de vouslivrer au bilan de l'aura. Vos chakras, les centres énergétiques de votre corps physique, sont sans doute dans un état déplorable.

Heureusement, vous êtes à Sedona. Pour la modique somme de 35 dollars, le Mystical Bazaar vous plonge dans une reposante obscurité. Le temps d'une photo dans le noir, et hop, votre aura apparaît sur l'écran. Oui, le truc verdâtre et vaguement rouge, là, autour de la silhouette sombre censée vousreprésenter, c'est bien votre aura. Bon, les couleurs ne sont pas très vives, d'accord. Diagnostic : ce manque de lumière indique une faiblesse énergétique. C'est grave, docteur ? La réponse tombe comme un couperet : un traitement s'impose.

Là, l'infini des possibles s'offre à vous : méditer contre un crâne de dauphin avec Linda Shay, une surfeuse initiée dans les vagues d'Hawaï. Prier le Grand Esprit avec Rondha Doerr, une métisse d'Indien pied-noir, ou encore vous infliger une thérapie hypnotique dans la chambre à sons de Tom Hunt, en forme de pyramide. Et si vous demeurez insensibles à ce traitement de cheval, il vous reste encore la bio-résonance, la relaxation myofaciale, le mariage dans l'eau au son du didgeridoo, cet instrument à vent des Aborigènes d'Australie, la méditation dans la spirale de pierre du jardin du “Center for the New Age”…

L'infini – puisqu'on vous le dit !– est à votre portée, et chaque tour de roue de vélo dans les rues de la ville vous en propose une version inédite. En dollars sonnants et trébuchants, car nous sommes au pays de la libre entreprise. À Sedona, en effet, une part non négligeable des emplois repose sur le boom de ce que l'on n'appelle plus “New Age”, mais plutôt “Développement personnel”, une version plus moderne qui fait florès, et pas seulement ici : le succès planétaire des spas en est le témoin. L'apparente prospérité de Sedona, ses allures coquettes, confirment au visiteur que le développement personnel est synonyme de développement économique. Normal, dit-on ici, car si Dieu a créé le Grand Canyon, c'est à Sedona qu'il a élu domicile.

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Published by Lazare
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commentaires

en savoir plus 25/08/2014 08:21

Je vous complimente pour votre éditorial. c'est un vrai état d'écriture. Continuez

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Lazare 25/08/2014 08:34

Merci beaucoup !

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